Συγγραφέας:Διεθνές Συμπόσιο
 
Τίτλος:Πρακτικά του Διεθνούς Συμποσίου «Πανεπιστήμιο: Ιδεολογία και Παιδεία»
 
Υπότιτλος:Ιστορική διάσταση και προοπτικές
 
Τίτλος σειράς:Ιστορικό Αρχείο Ελληνικής Νεολαίας
 
Αριθμός σειράς:19
 
Τόπος έκδοσης:Αθήνα
 
Εκδότης:Γενική Γραμματεία Νέας Γενιάς
 
Έτος έκδοσης:1989
 
Σελίδες:657
 
Αριθμός τόμων:2 τόμοι
 
Γλώσσα:Ελληνικά
 
Θέμα:Εκπαίδευση-Τριτοβάθμια
 
Παιδεία-Εκπαίδευση
 
Τοπική κάλυψη:Ευρώπη
 
Χρονική κάλυψη:13ος-20ός αι.
 
Περίληψη:Στους δύο τόμους του βιβλίου αυτού περιέχονται τα Πρακτικά του 2ου Διεθνούς Συμποσίου που διοργάνωσε το ΙΑΕΝ σε συνεργασία με την Εταιρεία Μελέτης Νέου Ελληνισμού, με θέμα Πανεπιστήμιο: Ιδεολογία και Παιδεία.Ιστορική διάσταση και προοπτικές. Το Συμπόσιο έγινε στην Αθήνα από τις 21 έως τις 26 Σεπτεμβρίου 1987 και συνέπεσε με τον εορτασμό των 150 χρόνων του Πανεπιστημίου Αθηνών.
 
Άδεια χρήσης:Αυτό το ψηφιοποιημένο βιβλίο του ΙΑΕΝ σε όλες του τις μορφές (PDF, GIF, HTML) χορηγείται με άδεια Creative Commons Attribution - NonCommercial (Αναφορά προέλευσης - Μη εμπορική χρήση) Greece 3.0
 
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LA CONSTITUTION DE L'ANTHROPOLOGIE SOCIALE COMME DISCIPLINE SCIENTIFIQUE ET OBJET D'ENSEIGNEMENT

MAURICE GODELIER

Mesdames, Messieurs, mes chers collègues.

Je remercie les organisateurs du colloque de m'avoir invité à réfléchir avec vous sur les liens de l'Anthropologie Sociale et de l'Histoire et je le ferai d'une façon malheureusement trop rapide et difforme.

Je partirai d'une perspective qui peut sembler étrange à certains. La connaissance de l'Histoire n'appartient pas aux seuls historiens et l'Ethnologie ou l'Anthropologie Sociale comme l'appellent nos collègues anglo-saxons, est une discipline historique, une discipline complémentaire de l'Histoire, une discipline, qui avec l'Histoire, concourt à la connaissance des formes prises par les sociétés humaines au cours de leur évolution.

Chaque jour, le mouvement de la recherche dans les sciences sociales multiplie les approches et les éclairages dans l'analyse des processus historiques passés et présents et c'est cette diversité des formes de connaissance des sociétés qui constitue par leurs contradictions mêmes et dans leur unité provisoire, le procès de la connaissance de l'Histoire.

Quelle place occupe donc dans ce procès l'Anthropologie Sociale? À feuilleter les manuels de cette discipline, on est frappé par le caractère apparemment disparate de son objet. Des Bushmen du désert de Kalahari aux castes des Indes, d'une communauté villageoise bulgare aux tribus de Nouvelle-Guinée, on voit défiler un immense ensemble de formes d'organisation sociale, de systèmes de parenté, de systèmes de propriété, de systèmes de pensée, bref, une diversité profuse de manières de produire, de penser et d'agir dont on aperçoit mal l'unité. 

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*Το παρόν κείμενο προοριζόταν για τη Στρογγυλή Τράπεζα, γι' αυτό και δημοσιεύεται εδώ. Λόγω ανειλημμένων υποχρεώσεων του συγγραφέα, εκφωνήθηκα την πρώτη ημέρα του Συνεδρίου.

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Mais cette fresque confuse trouve vite son relief lorsque l'on s'aperçoit que toute cette matière disparate se regroupe autour de deux pôles; d'une part les sociétés non occidentales qui ont été progressivement «découvertes» puis dominées directement ou indirectement par l'Europe depuis les premières décennies du XVIe siècle et ceci en Amérique, en Afrique, en Asie et en Océanie. D'autre part, les formes anciennes d'organisation sociale qui, en Occident, ont pu continuer à se reproduire jusqu'à aujourd'hui dans l'agriculture, l'artisanat ou le commerce aux côtés des formes nouvelles engendrées par le développement du capitalisme d'abord marchand, puis industriel. Mais ces formes anciennes se retrouvent aujourd'hui à la fois conservées et transformées, remodelées dans leur fonction et dans leur poids social et celles survivant la plupart du temps sur une base matérielle et technique nouvelle qui leur est fournie ou imposée par le capitalisme industriel dominant.

L'analyse ethnologique ne se limite pas à l'étude des manières de produire. Elle s'intéresse à tous les aspects de l'organisation dans une société locale aux représentations indigènes du corps et de la maladie comme aux formes d'héritage ou aux rituels funéraires etc. Ces sociétés locales ont été depuis des siècles, toutes subordonnées à des États et à des classes qui sont constamment intervenus dans le fonctionnement de leurs coutumes, pour les détruire ou pour les contrôler après les avoir interprétées dans le sens de leurs intérêts du moment ou de l'époque.

Par ailleurs, ces sociétés locales, européennes ou exotiques, incarnaient souvent chacune une identité sociale particulière souvent ethnique qui les différenciait des sociétés voisines ou des groupes sociaux qui les dominaient. Aussi pour les individus membres de ces sociétés locales, l'identité ethnique apparaissait souvent comme la source de leurs coutumes, comme une réalité qui les protégeait et qu'il fallait protéger.

Le matériel des ethnologues est donc constitué par des formes diverses d'organisation de la société, nées à des époques distinctes et parvenues après des bouleversements plus ou moins violents jusqu'à nous, mais après avoir toutes été prises au cours des deux derniers siècles, dans l'engrenage de l'expansion européenne. Celle-ci devait avoir sur elles des effets opposés mais souvent conjugués. Elle a soit accéléré soit engendré la décomposition de ces modes traditionnels d'organisation de la société. Et cette décomposition a abouti parfois à l'élimination pure et simple de ces formes devenues objets, de mémoire historique ou, au contraire, au maintien et à la reproduction sous des formes désormais travesties et non autonomes de ces modes de vie.

Pour ne citer qu'un aspect de ces processus de décomposition-

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destruction-reproduction, mentionnons la séparation devenue radicale au XIXe siècle, dans quelques pays d'Europe occidentale, les plus avancés sur le plan industriel, de l'agriculture et de l'industrie. Le lien organique qui liait l'agriculture à de multiples formes d'industrie rurale, villageoise, et d'industrie familiale, domestique, fut détruit par la concurrence des produits industriels. Cette destruction atteignit de plein fouet les fondements des sociétés locales. À la même époque, dans ce même contexte d'expansion de la production pour le marché et de changements technologiques dans l'agriculture et l'industrie allaient se dissoudre les formes de propriété commune du sol associées autrefois à diverses formes de propriété individuelle des terres de culture, association qui servait de support à diverses combinaisons d'agriculture et d'élevage. Par là, c'est tout un autre pan de la vie communautaire des sociétés locales qui allait s'effondrer.

Bref, on voit apparaître à travers ce rassemblement la matière première de l'ethnologie autour de deux pôles, l'un européen, l'autre exotique, un premier fait qui l'unifie: toutes ces sociétés sont ou ont été dans un rapport de subordination à l'Occident en expansion depuis quelques siècles et cette réalité continue et constitue le contexte permanent du travail de l'ethnologue, son présupposé historique et théorique.

Mais il existe une deuxième source d'unité de l'ethnologie qui ne vient plus de sa matière première mais des méthodes élaborées pour y accéder et pour l'analyser, au premier rang desquelles figure ce que l'on appelle communément l'observation participante. Et ici apparaît en toute clarté la différence entre l'ethnologie et l'histoire.

L'observation participante signifie que l'observateur s'immerge dans une société locale, qu'il en apprenne la langue, les coutumes, les traditions et qu'il y reste assez longtemps pour que sous ses yeux des phénomènes se reproduisent, le travail des champs, les rites de mariage, de mort etc. et que des événements surviennent qui lui fassent apparaître les contradictions, les intérêts divergents des individus et des groupes qui l'entourent. Bref, l'observation participante est une méthode élaborée pour connaître des sociétés qui n'avaient pas d'écriture et qui imposaient aux observateurs de toute espèce, d'aller y voir sur place et d'en consigner par écrit les aspects observés.

On comprend ainsi que les premiers matériaux de l'ethnologie se soient accumulés avant même que l'ethnologie n'existe. Ils sont consignés dans les récits des voyageurs, des missionnaires, des militaires, des fonctionnaires envoyés par divers pays occidentaux pour diriger le nouveau cours du monde colonisé. Puis, et c'est cette rupture que je vais

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tenter d'analyser maintenant, à partir du milieu du XIXe siècle, des ethnologues professionnels apparaissent avec l'œuvre des pères fondateurs que furent Morgan, Taylor et bien d'autres.

Ainsi, dans un double contraste avec l'ethnologie, discipline traitant au départ, avant tout de sociétés dominées et pour la plupart sans tradition écrite, l'Histoire apparaît comme la science de sociétés dominantes qui ont accumulé sur elles-mêmes d'abord et sur les autres ensuite, des témoignages écrits associés à d'autres sources matérielles, monuments, ruines etc. Ce n'est donc pas un hasard si les sociétés qui ont produit le plus d'historiens et d'ouvrages d'histoire sont outre l'Occident, la Chine, l'Inde et le monde musulman.

On voit combien il est superficiel de continuer à distinguer l'anthropologie et l'histoire comme une science du présent et la science du passé. D'abord parce que l'anthropologie a été et reste encore l'un des plus puissants moyens d'éclairer des formes sociales passées à partir de formes sociales présentes que l'on suppose analogues. Ensuite, parce que, à l'inverse, sans un recul et une perspective fournis par l'histoire, on ne peut analyser correctement les formes présentes d'organisation sociale. Bien des phénomènes qui semblent archaïques sont faussement anciens et des sociétés locales qui semblent aujourd'hui repliées sur elles-mêmes et leurs traditions étaient il y a deux siècles des centres d'innovations industrielle et commerciale.

Au XIX siècle, dans le contexte des théories évolutionnistes unilinéaires, la place réciproque de l'histoire et de l'ethnologie dans la connaissance de l'évolution de l'humanité a été représentée sous une forme rigide et idéologique. Science d'un passé disparu ou science d'un présent condamné à disparaître, l'ethnologie s'opposait à l'histoire, science des grandes civilisations qui avaient pour elles encore un futur à condition qu'elles soient dirigées désormais par les progrès de la civilisation occidentale.

Il saute aux yeux aujourd'hui que ces oppositions traduisaient plus une visée idéologique de l'histoire qu'un jeu de correspondances établies scientifiquement. La critique de ces idéologies s'imposait et elle fut faite au début de notre siècle, qui a rejeté cet évolutionnisme unilinéaire et rigide. Mais dans l'opération on a presque jeté l'enfant avec l'eau du bain. L'idée même d'une évolution des formes d'organisation de la société a failli périr et avec elle, c'est l'hypothèse d'une certaine cohérence dans le développement de l'histoire qui sombrait. L'histoire devenait une succession purement contingente de formes de vie sociale plus ou moins arbitrairement organisées. Le relativisme culturel et anthropologique

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devenait un refuge ou une tentation, à laquelle d'ailleurs pas échappé l'approche structuraliste.

Pour illustrer ces étapes de la constitution de l'anthropologie nous avons choisi deux personnages, Maurer et Morgan.

MAURER (1790-1872)

Il fut l'un de ces fonctionnaires que dépêchaient les États européens pour recenser les coutumes locales des groupes ethniques qui composaient ces États et des sociétés paysannes qui en étaient encore l'assise. Maurer est bien connu en Grèce puisque, après des études de droit à Heidelberg et à Paris, il devint juge puis professeur de droit allemand et de droit français avant de devenir en 1833 conseiller d'État auprès d'Othon, roi de Grèce. Il devint alors responsable de l'organisation de la justice, de l'éducation et des rapports de l'État avec l'Église orthodoxe au sein du nouveau royaume. Il prend en charge alors de faire la collecte des coutumes locales grecques qu'il consigne en 1835 dans son ouvrage toujours utile «Das Griechische Volk». Puis, jusque à sa mort, il se consacra à l'étude de l'ancien droit allemand qu'il tenta de replacer dans la perspective de l'évolution (inégale) des peuples indo-européens. Son travail devait influencer des auteurs aussi distincts que Maine, le fondateur du droit comparé, ou Marx qui à partir de 1858 fait souvent référence à Maurer. L'idée partagée par tous alors était que l'Europe avait connu dans son passé diverses formes de propriété commune remplacées progressivement par diverses formes de propriété individuelle et que des sociétés dominées par la parenté à des sociétés dominées par des rapports de classe ou d'échange contractuel avaient succédé à des sociétés dominées par des rapports de parenté.

L'hypothèse fut même étendue à toute l'évolution de l'humanité mais ce fut pour constater qu'à part quelques exceptions du côté de la Chine ou du Japon, peu de sociétés avaient vu se généraliser la propriété privée du sol, marque ultime de la civilisation. Maurer représente donc une étape qui voit s'accumuler des matériaux ethnographiques et placés dans un schéma historico-logique relevant plus d'une histoire spéculative, d'une fausse histoire que d'une histoire fausse, la fausse histoire des schémas d'évolution de l'humanité qu'avait construits le XIXe siècle. Les présupposés idéologiques de l'Occident se trouvaient renforcés de cette comparaison universelle. C'est alors que Morgan vint qui sans échapper à ces schémas, a cependant accompli une rupture qui inaugurait l'ethnologie scientifique.

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MORGAN (1818-1888)

Il naquit dans l'État de New York, étudia le droit et s'installa comme avocat à Rochester en 1844. En 1855, il devint conseiller juridique d'une des compagnies de chemin de fer qui voulait relier le Michigan à la région des mines de fer du Lac Supérieur. Très jeune, il s'était passionné pour l'étude des coutumes indiennes et lié d'amitié avec Ely Parker, un indien Seneca, qui devait devenir commissaire des États Unis pour les Affaires Indiennes. Parker et Morgan décidèrent de lancer une grande enquête sur les coutumes des indiens Iroquois.

De ces recherches, sortirent plusieurs livres consacrés en 1846 aux formes de gouvernement, puis, en 1857, aux systèmes de parenté de ces tribus qui étaient matrilinéaires, fait difficile à comprendre pour les Européens. Plusieurs fois, Morgan mit ses talents d'avocat au service des Indiens menacés d'être dépouillés de leur territoire au profit de compagnies européennes et il fut pour cela appelé Tayadawahguh —celui qui se tient au travers, celui qui peut servir de trait d'union entre les indiens et les blancs— et adopté dans un clan de la tribu des Seneca, le clan du Faucon.

À partir de 1859, il visita près de 70 tribus d'Amérique du Nord, notant la terminologie et les règles de parenté existant dans chacune. Et préoccupé de démontrer les origines asiatiques des Indiens d'Amérique, hypothèse aujourd'hui vérifiée, il prépara lui-même le premier questionnaire systématique inventé pour recueillir des données sur les systèmes de parenté, questionnaire qu'il fit publier et diffuser fin 1860 par le Smithsonian Institution avec l'aide financière du Département d'État américain. Le questionnaire fut envoyé dans le monde entier auprès de missionnaires et fonctionnaires européens et des réponses lui parvinrent des Indes, d'Océanie, d'Afrique. En 1871, il publia la première synthèse de l'ethnologie scientifique sur les «Systems of Consanguinity and Affinity of the Human Family».

Pour la première fois des formes humaines de famille apparaissaient enchâssées dans et engendrées par des systèmes de rapports qui dépassaient la famille, les rapports de parenté. Parmi ces systèmes deux étaient clairement distingués, les systèmes matrilinéaires et les systèmes patrilinéaires, selon que la filiation passait par la mère ou le père.

Par ailleurs, pour comprendre la logique de ces systèmes, Morgan attirait l'attention sur la nature des termes utilisés pour désigner des parents. Il montrait l'existence d'une opposition entre les terminologies descriptives de relations de parenté qui utilisent des termes comme père,

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grand-père, arrière-grand-père pour décrire des relations entre un ego et l'un de ses parents comme c'est le cas dans les terminologies indo-européennes et les terminologies classificatoires que l'on rencontre en Afrique ou en Océanie etc. où le terme père par exemple désigne une classe d'individus posés dans le même rapport à ego, par exemple, le père et tous les frères du père sont appelés «père». L'hypothèse était même avancée par Morgan que les terminologies descriptives qui désignent des rapports entre individus et non des classes d'individus correspondraient à des sociétés où se serait individualisée la propriété du sol entraînant la dissociation de lignages issus des mêmes ancêtres.

En 1877, Morgan publiait un second grand ouvrage qui devait influencer Marx, Engels, Kovalewski et bien d'autres et devait devenir ensuite la cible de toutes les critiques qu'on adressa à l'évolutionnisme: «Ancient Society, or Researches in the Line of Human Progress from Savagery through Barbarism to Civilization». Les coutumes des Indiens d'Amérique venaient illuminer les textes légués par l'Antiquité sur le genos grec ou la gens latine et pour l'interprétation desquels les historiens pendant des siècles avaient peiné et s'étaient divisés. L'ouvrage était à la fois puissant et fragile: puissant puisqu'il cherchait derrière l'histoire des sociétés à reconstruire les étapes et les lois de l'évolution de l'humanité; fragile, parce cette évolution se résumait en trois stades: sauvagerie, barbarie et civilisation dont le mouvement prenait son départ dans la répression de la promiscuité sexuelle animale qui aurait caractérisé nos ancêtres pré-humains.

Dans cette grande fresque étaient laissées de côté comme irrationnelles, les diverses formes de religion, et dans cette élimination s'exprimait la philosophie déiste de Morgan qui était opposé aux églises et aux religions établies. Mais au même moment, le domaine des religions primitives commençait être analysé par un autre fondateur de l'ethnologie, Taylor.

Mais Morgan ne fut pas seulement un savant et un homme d'affaires, il fut aussi député, puis sénateur du Parti Républicain. Il devint en 1875 membre de la National Academy of Sciences et président en 1879 de l'American Association for the Advancement of Science, au sein de laquelle il avait créé en 1875 la toute nouvelle section d'anthropologie. Avec Morgan, le pas décisif avait donc été franchi qui sépare l'ethnographie empirique, utile éventuellement à l'administration des hommes et des choses, de l'ethnologie comme discipline scientifique. Et avec celle-ci, analyse nouvelle et comparative de faits sociaux apparemment fort connus, la famille, la religion, la propriété, devait apparaître

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l'existence de logiques globales, semblables ou opposées, et qui pouvaient appartenir à des sociétés voisines ou étrangères dans l'espace ou dans le temps, bref on avait là une nouvelle manière de trouver de l'ordre dans la matière de l'histoire.

Le mouvement n'allait plus cesser. Mais aujourd'hui dans la deuxième partie du XXe siècle, ce mouvement commence paradoxalement à se tourner dans une direction inverse de celle qui fut la sienne lors de la naissance de l'ethnologie. À mesure que la discipline s'est affirmée plus rigoureuse dans ses méthodes et dans ses résultats, elle a créé les moyens d'aborder les sociétés pour lesquelles elle n'avait pas conçu à l'origine, les sociétés industrielles et urbaines. De l'exotique ou du périphérique, l'anthropologie du XXe siècle, revient vers les centres industriels et urbains du monde moderne. Mais ce mouvement n'est pas seulement indicatif d'une puissance accrue de ses instruments d'analyse, il est aussi sollicité, voire imposé par la disparition des empires coloniaux et des structures de domination qui avaient favorisé sa naissance.

L'ETHNOLOGIE DANS L'ENSEIGNEMENT ET LA RECHERCHE EN FRANCE

L'organisation systématique de l'enseignement de l'ethnologie et des recherches sur le terrain est un fait tardif en France puisqu'elle date des années 1950. Avant cela, au début du siècle, l'ethnologie était en France une sous-branche de la sociologie et la sociologie elle même était encore considérée comme dépendant directement de la philosophie. Des hommes comme Durkheim, Lévy-Brühl, Mauss, Halbwachs consacrent une partie de leur œuvre à réfléchir sur la mentalité primitive, le don comme fait social total ou le suicide dans diverses sociétés humaines. L'enseignement de l'ethnologie est au départ rattaché à l'enseignement de la philosophie comme certificat à option ou à l'enseignement de la sociologie lorsque celle-ci s'est séparée de la philosophie.

Les recherches de terrain se développèrent à partir du Musée de l'Homme, dirigé par Paul Rivet et qui s'était installé sur l'emplacement de la dernière exposition coloniale française. Un enseignement d'ethnologie était également dispensé à l'École d'Administration Coloniale qui produisait des fonctionnaires pour le Ministère des Territoires d'OutreMer. Après la Seconde Guerre Mondiale, fut créé à Paris le Musée des Arts et Traditions Populaires, qui sous la direction de Georges-Henri Rivière devint le centre le plus actif de collecte de données sur l'ethnographie des sociétés traditionnelles de la France.

Mais la France à la différence de la Grande-Bretagne procédait

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par administration directe et non indirecte des territoires coloniaux ce qui est un contexte beaucoup moins favorable au développement de l'anthropologie. Les Français qui cherchaient souvent à substituer leur droit aux coutumes locales pouvaient jusqu'à un certain point ignorer celles-ci. Les Anglais au contraire, devaient connaître avec précision ces coutumes pour s'appuyer sur elles et les faire servir à leur politique. Et en Angleterre à partir du séminaire de Malinowski à la London School of Economics, un enseignement complet et diversifié de l'ethnologie fut mis en place et reproduit également à Cambridge, Oxford, Manchester etc. Beaucoup d'anthropologues anglais reçurent commande de recherches du Colonial Office.

En France, un enseignement complet d'anthropologie se développa beaucoup plus tard dans quelques universités parisiennes (Paris V, Paris VII, Paris X) et à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales puis dans quelques rares universités de province (Aix-en-Provence, Bordeaux, Strasbourg, Toulouse principalement). L'enseignement fut organisé à la manière anglaise, mais les universités disposaient de peu de crédits de recherches. C'est le C.N.R.S. qui créa des emplois de chercheurs à plein-temps en anthropologie sociale et qui fournit l'essentiel des crédits pour des recherches sur le terrain. Aujourd'hui en France il existe à peu près 500 anthropologues, 250 au C.N.R.S., une centaine de professeurs et assistants dans les universités et peut-être 150 conservateurs de musées. Au total l'enseignement et la recherche en anthropologie sociale se sont trouvés à peu près organisés au moment où s'effondraient les empires coloniaux français et anglais et où la diversité des sociétés paysannes européennes tendait à s'effacer.

Pour conclure, nous reviendrons à nos propos de départ: toute recherche en science sociale doit avoir une perspective historique et être replacée dans l'histoire. Mais la connaissance de l'histoire n'appartient pas qu'aux seuls historiens, l'histoire et l'anthropologie sont deux disciplines complémentaires qui concourent à cette connaissance de l'histoire des sociétés humaines et qui doivent continuer à s'associer et à s'irriguer mutuellement pour permettre la découverte toujours à remettre en cause des logiques qui ont pu impulser le développement des sociétés et pour mesurer la part de hasard et de nécessité qui fait l'existence historique des institutions comme des individus.

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ΛΕΥΚΗ ΣΕΛΙΔΑ

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ΠΕΡΙΕΧΟΜΕΝΑ Α' ΤΟΜΟΥ

Πρόγραμμα του συμποσίου 8-30

Εναρκτήρια συνεδρία 31-54

Κ. Θ. Δημαράς, Ιδεολογήματα στην αφετηρία του ελληνικού Πανεπιστημίου 43-54

Οι απαρχές των Πανεπιστημίων στη Δυτική Ευρώπη 55-80

Alberto Tenenti, L'essor des Universités en Europe: XIIIe- XVIe siècles  57-65

Ρίκα Μπενβενίστε, Τα μεσαιωνικά Πανεπιστήμια: κοινωνικές όψεις και πολιτικός ρόλος 67-80

Οι πρώτες δεκαετίες του ελληνικού Πανεπιστημίου 81-147

Αλόη Σιδέρη, Εν Εσπερία τα φώτα 83-98

Στέριος Φασουλάκης, Γερμανικές καταβολές τον ελληνικού πανεπιστημίου και ελληνικές αμφισβητήσεις τον γερμανικού πανεπιστημίου 99-104

Σπύρος Τρωϊάνος, Το Πανεπιστήμιο Αθηνών το 1879/1880, όπως το είδε ένας Γερμανός επισκέπτης 105-111

Τριαντάφυλλος Σκλαβενίτης, Η βιβλιοθήκη του Πανεπιστημίου Αθηνών (19ος αιώνας) 113-119

Χρήστος Λούκος, Επίπεδο ζωής ενός καθηγητή Πανεπιστημίου στα μέσα του 19ου αιώνα: Αλέξιος Πάλλης 121-136

Κώστας Λάππας, Τα διδακτικό προσωπικό του Πανεπιστημίου Αθηνών τον ΙΘ΄ αιώνα 137-147

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Πανεπιστημιακές πραγματικότητες: Σχολές-ισορροπίες-οικονομικά 149-243

Αγγελική Φενερλή, Σπουδές και σπουδαστές στο Πολυτεχνείο (1860-1870) 151-166

Ελένη Καλαφάτη, Το Εθνικό Μετσόβιο Πολυτεχνείο στο γύρισμα τον αιώνα: επαγγελματικές διέξοδοι των αποφοίτων και θεσμικό καθεστώς του ιδρύματος 167-183

Γεράσιμος Η. Πεντόγαλος, Ιδεολογία καθηγητών και φοιτητών της Ιατρικής Σχολής του Οθωνικού Πανεπιστημίου 185-199

Αριστοτέλης Κ. Σταυρόπουλος, Γεωγραφία των ιδεών και διαμόρφωση της ιατρικής εκπαίδευσης στην Ελλάδα 201-213

Ρένα Σταυρίδη-Πατρικίου, Οι ενδοπανεπιστημιακές ισορροπίες και η ανατροπή τους (1910-1926) 215-222

Βάσω Θεοδώρου, Οι δωρεές των Ελλήνων του εξωτερικού στο Πανεπιστήμιο τον 19ο αιώνα: η εξέλιξη μιας πρακτικής 223-234

Αλίκη Βαξεβάνογλου, Άνθρωποι των επιχειρήσεων και Πανεπιστήμιο 235-243

Φοιτητές και φοιτητικά κινήματα 245-333

Χρήστος Λάζος, Ένοπλα φοιτητικά σώματα (1862-1897). Η περίπτωση της "Πανεπιστημιακής Φάλαγγας" 247-255

Nadja Danova, Les étudiants bulgares à l'Université d'Athènes 257-269

Σιδηρούλα Ζιώγου-Καραστεργίου, Φοιτήτριες στο Πανεπιστήμιο της Αθήνας (1890-1925): πρώτες προσπάθειες, κοινωνική σύνθεση, διεκδικήσεις 271-276

Γιώργος Μαργαρίτης, Πανεπιστήμιο και ηρωικός θάνατος (1897-1922): Ιδεολογία, συμβολισμοί, τελετουργίες 277-288

Γεώργιος Δ. Μεταλληνός, Ο αγώνας των φοιτητών της Θεολογίας το 1962 και το φοιτητικό κίνημα 289-298

Σπύρος Λουκάτος, Η φοιτητική κοινότητα στο β' μισό του 19ου αιώνα. Ιδεολογικοί προσανατολισμοί και οι σύμφυτες προς αυτούς δραστηριότητες, ενέργειες και γεγονότα 299-326

Αντώνης Λιάκος, Σκέψεις για την ιστορία του φοιτητικού κινήματος 327-333

Σελ. 652
http://www.iaen.gr/includes/resources/auto-thumbnails.php?img=/home/www.iaen.gr/uploads/book_files/32/gif/653.gif&w=600&h=91519. Πρακτικά Συμποσίου, Πανεπιστήμιο

ΠΕΡΙΕΧΟΜΕΝΑ Β' ΤΟΜΟΥ

Βαλκανικοί πατριωτισμοί 347-420

Vǎrban Todorov, Main Stages in the Development of Sofia University 349-359

Jorgo Bulo, L'affirmation de l'identité nationale et l'Université en Albanie 361-367

Aleco Minga, L'Université et son rôle dans le progrès social et l'émancipation spirituelle de la société albanaise 369-375

Ivan Djuric, Ιστορική αλήθεια, βαλκανικοί πατριωτισμοί και εθνογενέσεις στην παιδεία 377-385

Βικτωρία Γ. Σολομωνίδη, Ιωνικό Πανεπιστήμιο Σμύρνης: συμβολή στην ειρηνική συνύπαρξη 387-396

Σπύρος Μαρκέτος, Η ίδρυση του Πανεπιστημίου Θεσσαλονίκης: κριτική στο Πανεπιστήμιο της Αθήνας 397-420

Παιδαγωγικές και κοινωνικές όψεις 421-506

Αποστόλης Ανδρέου, Η μετεκπαίδευση των δασκάλων στο Πανεπιστήμιο Αθηνών (1922-1964) 423-444

Παναγιώτης Παπακωνσταντίνου, Το Πανεπιστήμιο Αθηνών και η παιδαγωγική κατάρτιση των εκπαιδευτικών της Μέσης Εκπαίδευσης (1880-1970) 445-460

Βάσιας Τσοκόπουλος, Επιλογή σπουδών και παραγωγικές δυνάμεις: μια περιοδολόγηση (1837-1930) 461-469

Ιωάννα Λαμπίρη-Δημάκη, Η συμβολή των νομικών σπουδών στη διαμόρφωση των ελίτ: από τα πορίσματα μιας έρευνας 471-481

Μαρία Ηλιού, Το διδακτικό προσωπικό των ελληνικών Ανωτάτων Εκπαιδευτικών Ιδρυμάτων: ταυτότητα και εξέλιξη 483-496

Σελ. 653
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Παρέμβαση: Χάρης Μπαμπούνης, Η τριτοβάθμια Εκπαίδευση στα βιβλία Ιστορίας της δευτεροβάθμιας εκπαίδευσης 497-506

Το παρελθόν που υποθηκεύει το μέλλον 507-538

Παναγιώτης Νούτσος, Η Φιλοσοφική Σχολή ως «Πανδιδακτήριον». Επιστημολογικές και ιδεολογικές συνιστώσες των προτάσεων για την αναμόρφωση των πανεπιστημιακών θεσμών στην Ελλάδα 509-515

Κώστας Β. Κριμπάς, Επιστημονική έρευνα στην ημιπεριφέρεια: ο μηχανισμός παρεμπόδισης από την μητρόπολη 517-531

Βασίλης Κρεμμυδάς, Δωρεάν Παιδεία ή η "εκπαίδευση" του Μεσοστρώματος 533-538

Λογοτεχνία, Πολιτική και Ιδεολογία 539-601

Παντελής Αργύρης, Πανεπιστημιακές έριδες: η περίπτωση του Δ. Βερναρδάκη και του Κ. Κόντου 541-556

Βενετία Αποστολίδου, Ο Κωστής Παλαμάς και το Πανεπιστήμιο 557-563

Ερασμία-Λουΐζα Σταυροπούλου, Το Πανεπιστήμιο και οι φοιτητές στη νεοελληνική πεζογραφία 565-586

Άννα Φραγκουδάκη, Η πανεπιστημιακή γλώσσα 587-591

Παναγιώτης Μουλλάς, Ποίηση και ιδεολογία: οι αθηναϊκοί πανεπιστημιακοί διαγωνισμοί (1851-1877) 593-601

Διδακτική και Ιστορία (Στρογγυλή Τράπεζα) 603-649

Εισηγητές: Σπύρος Ασδραχάς

Maurice Aymard

Έλλη Γιωτοπούλου-Σισιλιάνου

 José Gentil Da Silva

Ivan Djuric

Alberto Tenenti

Maurice Godelier, La constitution de l'Anthropologie Sociale comme discipline scientifique et objet d'enseignement 641-649

Σελ. 654
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ΛΕΥΚΗ ΣΕΛΙΔΑ

Σελ. 655
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ΛΕΥΚΗ ΣΕΛΙΔΑ

Σελ. 656
http://www.iaen.gr/includes/resources/auto-thumbnails.php?img=/home/www.iaen.gr/uploads/book_files/32/gif/657.gif&w=600&h=91519. Πρακτικά Συμποσίου, Πανεπιστήμιο

Ο Β' ΤΟΜΟΣ ΤΩΝ ΠΡΑΚΤΙΚΩΝ

ΤΟΥ ΔΙΕΘΝΟΥΣ ΣΥΜΠΟΣΙΟΥ

ΠΑΝΕΠΙΣΤΗΜΙΟ: ΙΔΕΟΛΟΓΙΑ ΚΑΙ ΠΑΙΔΕΙΑ

ΙΣΤΟΡΙΚΗ ΔΙΑΣΤΑΣΗ ΚΑΙ ΠΡΟΟΠΤΙΚΕΣ

ΔΕΚΑΤΟ ΕΝΑΤΟ ΔΗΜΟΣΙΕΥΜΑ ΤΟΥ

ΙΣΤΟΡΙΚΟΥ ΑΡΧΕΙΟΥ ΕΛΛΗΝΙΚΗΣ ΝΕΟΛΑΙΑΣ

ΣΤΟΙΧΕΙΟΘΕΤΗΘΗΚΕ, ΣΕΛΙΔΟΠΟΙΗΘΗΚΕ

ΚΑΙ ΤΥΠΩΘΗΚΕ

ΣΤΟ ΤΥΠΟΓΡΑΦΕΙΟ Β. ΜΑΝΗ Ο.Ε.

ΜΕ ΕΠΙΜΕΛΕΙΑ ΚΑΙ ΔΙΟΡΘΩΣΕΙΣ

ΧΡΗΣΤΟΥ ΛΟΥΚΟΥ

ΤΟ ΔΕΚΕΜΒΡΙΟ ΤΟΥ 1989

ΓΙΑ ΛΟΓΑΡΙΑΣΜΟ ΤΗΣ

ΓΕΝΙΚΗΣ ΓΡΑΜΜΑΤΕΙΑΣ ΝΕΑΣ ΓΕΝΙΑΣ

Σελ. 657
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ΛΕΥΚΗ ΣΕΛΙΔΑ

Σελ. 658
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ΛΕΥΚΗ ΣΕΛΙΔΑ

Σελ. 659
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ΛΕΥΚΗ ΣΕΛΙΔΑ

Σελ. 660
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    Ψηφιοποιημένα βιβλία
    Σελίδα: 641
    19. Πρακτικά Συμποσίου, Πανεπιστήμιο

    LA CONSTITUTION DE L'ANTHROPOLOGIE SOCIALE COMME DISCIPLINE SCIENTIFIQUE ET OBJET D'ENSEIGNEMENT

    MAURICE GODELIER

    Mesdames, Messieurs, mes chers collègues.

    Je remercie les organisateurs du colloque de m'avoir invité à réfléchir avec vous sur les liens de l'Anthropologie Sociale et de l'Histoire et je le ferai d'une façon malheureusement trop rapide et difforme.

    Je partirai d'une perspective qui peut sembler étrange à certains. La connaissance de l'Histoire n'appartient pas aux seuls historiens et l'Ethnologie ou l'Anthropologie Sociale comme l'appellent nos collègues anglo-saxons, est une discipline historique, une discipline complémentaire de l'Histoire, une discipline, qui avec l'Histoire, concourt à la connaissance des formes prises par les sociétés humaines au cours de leur évolution.

    Chaque jour, le mouvement de la recherche dans les sciences sociales multiplie les approches et les éclairages dans l'analyse des processus historiques passés et présents et c'est cette diversité des formes de connaissance des sociétés qui constitue par leurs contradictions mêmes et dans leur unité provisoire, le procès de la connaissance de l'Histoire.

    Quelle place occupe donc dans ce procès l'Anthropologie Sociale? À feuilleter les manuels de cette discipline, on est frappé par le caractère apparemment disparate de son objet. Des Bushmen du désert de Kalahari aux castes des Indes, d'une communauté villageoise bulgare aux tribus de Nouvelle-Guinée, on voit défiler un immense ensemble de formes d'organisation sociale, de systèmes de parenté, de systèmes de propriété, de systèmes de pensée, bref, une diversité profuse de manières de produire, de penser et d'agir dont on aperçoit mal l'unité. 

    ———————

    *Το παρόν κείμενο προοριζόταν για τη Στρογγυλή Τράπεζα, γι' αυτό και δημοσιεύεται εδώ. Λόγω ανειλημμένων υποχρεώσεων του συγγραφέα, εκφωνήθηκα την πρώτη ημέρα του Συνεδρίου.