Συγγραφέας:Διεθνές Συμπόσιο
 
Τίτλος:Πρακτικά του Διεθνούς Συμποσίου «Πανεπιστήμιο: Ιδεολογία και Παιδεία»
 
Υπότιτλος:Ιστορική διάσταση και προοπτικές
 
Τίτλος σειράς:Ιστορικό Αρχείο Ελληνικής Νεολαίας
 
Αριθμός σειράς:19
 
Τόπος έκδοσης:Αθήνα
 
Εκδότης:Γενική Γραμματεία Νέας Γενιάς
 
Έτος έκδοσης:1989
 
Σελίδες:657
 
Αριθμός τόμων:2 τόμοι
 
Γλώσσα:Ελληνικά
 
Θέμα:Εκπαίδευση-Τριτοβάθμια
 
Παιδεία-Εκπαίδευση
 
Τοπική κάλυψη:Ευρώπη
 
Χρονική κάλυψη:13ος-20ός αι.
 
Περίληψη:Στους δύο τόμους του βιβλίου αυτού περιέχονται τα Πρακτικά του 2ου Διεθνούς Συμποσίου που διοργάνωσε το ΙΑΕΝ σε συνεργασία με την Εταιρεία Μελέτης Νέου Ελληνισμού, με θέμα Πανεπιστήμιο: Ιδεολογία και Παιδεία.Ιστορική διάσταση και προοπτικές. Το Συμπόσιο έγινε στην Αθήνα από τις 21 έως τις 26 Σεπτεμβρίου 1987 και συνέπεσε με τον εορτασμό των 150 χρόνων του Πανεπιστημίου Αθηνών.
 
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L'AFFIRMATION DE L'IDENTITÉ NATIONALE ET L'UNIVERSITÉ EN ALBANIE

JORGO BULO

Chaque peuple, conformément aux particularités de son développement historique, a trouvé sa propre voie pour affirmer son identité nationale en joignant à sa lutte pour son émancipation politique et sociale ses efforts pour sauvegarder ses particularités ethniques et développer sa culture nationale.

Dans des circonstances particulières, comme celles qui ont donné sa physionomie à l'époque du mouvement national des Albanais, époque qui occupe la deuxième moitié du XIXe siècle et la première décennie de notre siècle, la composante culturelle, englobant le progrès des institutions scolaires aussi, revêtait une importance primordiale et jouait un rôle décisif pour la formation de la conscience nationale des Albanais. Mais alors que les facteurs et les tendances du développement socio-économique et culturel intérieur favorisaient la réalisation de l'aspiration vitale des Albanais à la formation de leur État indépendant national sur la base de la communauté de leur vie économique et spirituelle, ethnique-linguistique et de l'unité territoriale léguée par l'histoire, des facteurs extérieurs s'opposaient à ce processus naturel.

Le siècle des mouvements nationaux balkaniques a trouvé les Albanais dans la condition d'une entité nationale formée, dotés d'une propre individualité ethno-culturelle bien marquée, préparés par une longue évolution historique à se présenter au monde comme une nation distincte, libre et indépendante.

À ce cours de développement normal pour un peuple s'opposaient certains facteurs spécifiques du peuple albanais par rapport aux autres peuples des Balkans. En premier lieu, il lui échut le sort de rester 

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intégré plus longtemps qu'eux dans l'Empire Ottoman, qui avait "simplifié de façon radicale la géographie et l'ethnographie" (K. Marx), qui avait dénié aux Albanais le droit d'utiliser leur propre langue dans l'enseignement, avait interdit l'ouverture d'écoles nationales et plongé le pays dans un état d'arriération et d'ignorance profonde.

D'autre part, les efforts du peuple albanais pour obtenir son indépendance nationale se heurtaient aux intérêts politiques des Grandes Puissances et des monarchies balkaniques; les idéaux de progrès et d'émancipation nationale et spirituelle des Albanais étaient confrontés à toute une série de préjugés médiévaux ataviques, ainsi qu'à un ensemble de motifs impérialistes et chauvins, qui gagnèrent en force lors de la Crise d'Orient et, plus tard, lorsque la bourgeoisie des États monarchiques abandonna les idéaux libérateurs et démocratiques, qui inspirèrent les révolutions nationales dans les Balkans; cette bourgeoisie aspirait à renforcer et à agrandir son propre État aux dépens des autres peuples, qui, pour des raisons historiques connues, ne devaient parvenir à créer que plus tard leur État national indépendant, comme c'était le cas des Albanais.

Toutes ces circonstances conféraient à la lutte pour l'affirmation de l'identité nationale des Albanais un caractère particulier et rendaient le développement de la culture et de l'enseignement national une nécessité impérative de l'époque.

Ce contexte historique et culturel détermina le processus du développement culturel dans les années de la Renaissance Nationale, les voies et les particularités de l'édification du système national d'enseignement, du développement des sciences et du savoir, qui devaient permettre de concrétiser le projet de fondation d'une Université Nationale en Albanie. Et ce ne fut pas là une aspiration éphémère, mais une idée qui demeura dans le programme du mouvement national des Albanais, et que formulait expressément le traité politique et social "L'Albanie, ce qu'elle a été, ce qu'elle est et ce qu'elle sera" (1899), œuvre de Sami Frashëri, l'éminent idéologue de la Renaissance Nationale Albanaise.

Certes, les phénomènes relatifs à la superstructure, et le programme culturel et éducatif de la Renaissance Nationale, n'étaient pas tous inspirés simplement par les idées des Lumières; ils étaient avant tout déterminés par les nouveaux facteurs politiques et économiques-sociaux, par la pénétration des rapports capitalistes en Albanie durant la deuxième moitié du XIXe siècle. Les intérêts de la nouvelle classe bourgeoise albanaise, exigeaient que les changements intervenus à la base fussent suivis de changements à la superstructure, susceptibles d'encourager

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le développement des nouveaux rapports et d'appuyer les efforts pour la constitution d'un État national unitaire en tant que condition indispensable de l'existence de la bourgeoisie nationale.

L'idée de la création d'une Université albanaise apparaît donc durant la lutte pour le développement indépendant de la société albanaise, comme une aspiration fondée sur la réalité historique qui avait mis à l'ordre du jour l'affirmation de la nation dans tous les domaines. Bien qu'elle n'eût pas été réalisée durant la Renaissance Nationale, époque qui s'acheva par la proclamation de l'indépendance en 1912, cette idée avait une base intérieure réelle dans le développement économique, culturel, de la pensée scientifique et pédagogique, ainsi que dans le développement du système d'enseignement de l'époque.

La fondation de «La société d'impression en langue albanaise» (1879), qui a joué le rôle d'une institution centrale pour le développement de la culture et de l'enseignement national, l'ouverture en 1887 à Korça de la première école nationale en langue albanaise et plus tard d'une école normale (1909) qui formait les cadres nécessaires au réseau scolaire du pays, le progrès de la littérature artistique nationale et les efforts pour réaliser une langue nationale unifiée, les publications littéraires, scientifiques, folkloriques et didactiques, les progrès effectués dans les sciences, surtout dans les recherches philologiques et historiques, le développement de la presse, l'organisation de plusieurs congrès sur les problèmes de l'enseignement et de la langue albanaise, étaient autant de facteurs qui contribuaient non seulement à l'affirmation de l'individualité nationale et ethno-culturelle des Albanais, mais aussi à la réalisation du projet de fondation de l'université albanaise.

Il faut également prendre en considération le fait que le mouvement national albanais eut sa propre intelligentsia, laquelle, bien que formée dans les universités et les écoles étrangères tel que le lycée «Zosimea» de Ioannina, malgré le fait qu'elle vivait et œuvrait dans le pays comme à l'étranger, se rallia à un front politique et culturel national unique et a mis son esprit au service de la cause nationale. Cette intelligentsia comptait des personnalités éminentes comme Sami Frashëri, Président de «La société d'impression en langue albanaise», savant encyclopédique et illustre érudit de l'Empire ottoman, Hasan Tahsin, membre de cette société patriotique, savant diplômé en France, premier recteur de l'Université d'Istamboul, Naim Frashëri, poète national des Albanais, A. Z. Çajupi, juriste diplômé en Suisse et poète, Konstandin Kristoforidhi, philologue, lexicographe, Jéronim De Rada, philologue et poète, promoteur du mouvement patriotique des Albanais d'Italie, Ndre Mjeda,

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poète patriote, diplômé en philosophie et en théologie à Rome et professeur de logique et de métaphysique à l'Université grégorienne de Rome, Aleksandër Xhuvani et Sotir Peci qui terminèrent leurs études supérieures à l'Université d'Athènes et devinrent par la suite, le premier, un linguiste remarquable, le second journaliste et professeur, Theofan S. Noli, diplômé de l'Université d'Harvard, homme d'État, poète, historien, musicologue, traducteur, polyglotte, et d'autres intellectuels éminents.

Le développement des études sur l'Albanie et l'albanais, menées sur un plan scientifique, qui éveilla aussi par ses résultats l'intérêt de chercheurs connus comme F. Bopp, F. Miklosich, H. Schuchardt, G. Meyer, J. G. von Hahn, H. Pedersen etc. vint soutenir les efforts de cette pléiade d'intellectuels pour affirmer l'individualité nationale des Albanais.

Les idéologues de la Renaissance albanaise furent réalistes dans l'évaluation des facteurs positifs et négatifs qui déterminaient la résultante historique du mouvement de libération nationale. D'une part, ils s'efforcèrent d'écarter ou d'atténuer l'influence des facteurs divergents qui empêchaient le processus d'unification de la nation et d'affirmation de son identité. D'autre part, ils soutinrent et mirent à profit les facteurs convergents positifs dans le processus d'émancipation politique et spirituelle de la société albanaise. En conséquence, le mouvement de la Renaissance nationale albanaise eut un contenu progressiste, qui tenait à ses objectifs de libération, humanistes et démocratiques.

Le fait qu'il devait affronter une réalité religieuse différente des autres peuples balkaniques, constituait un problème spécifique du mouvement national et culturel albanais. Alors que le christianisme, religion unique, servait l'union nationale des Grecs, des Serbes, des Bulgares et des Roumains dans leur lutte pour se détacher de l'Empire islamique, pour les Albanais, l'existence des trois religions (l'islamisme, le catholicisme et le christianisme orthodoxe) porteuses d'influences politiques et culturelles contraires et étrangères aux Albanais par la langue de la liturgie aussi, agissaient objectivement comme un facteur de division. À ce facteur, les idéologues de la Renaissance nationale albanaise opposèrent l'idée de l'unité nationale supra religieuse, concrétisée de façon lapidaire dans le vers de P. Vasa «La religion de l'Albanais, c'est l'albanéité». Les promoteurs de la Renaissance nationale ont ainsi doté la culture et l'école d'un esprit national albanais, d'un caractère laïque et d'un contenu nouveau en la débarrassant du moisi de la scolastique

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médiévale et en l'orientant vers les idéaux humanistes et les valeurs de la civilisation universelle.

La culture albanaise avait suivi un long et difficile parcours pour sauvegarder la continuité de la tradition autochtone et former pleinement sa physionomie nationale unique qu'elle finit par acquérir durant la Renaissance. L'enseignement de la langue albanaise à l'école s'était heurté à la présence des écoles étrangères en Albanie et à la pression dénationalisatrice des langues et des cultures universelles des États et des églises sous la juridiction desquels les Albanais eurent pour lot d'être englobés durant leur histoire. Les idéologues de la Renaissance, partant de cette expérience séculaire, jugèrent la langue maternelle une expression de l'identité et de l'unité nationale. L'albanais devint non seulement la langue de la littérature, de la presse et de l'école nationale, mais on tenta aussi d'en faire la langue de la liturgie. C'était là une tradition aux origines lointaines, car, sous l'influence des idées de la réforme protestante, le prêtre Gjon Buzuku, cherchant à se débarrasser du carcan du latin dans la liturgie catholique, traduisit en albanais un «Missel» (1555). Cette tradition fut poursuivie, dans des proportions bien plus vastes et avec une claire conception politique et linguistique nationale, par K. Kristoforidhi et F. Noli, qui donnèrent à l'église orthodoxe en Albanie sa liturgie en langue albanaise.

C'est le contenu de sa vie et la langue qui exprimait ce contenu, mais aussi le substrat populaire sur lequel elle s'est développée, qui ont donné son caractère unitaire et son originalité nationale à la culture spirituelle du peuple albanais. L'idée de la base populaire de la culture nationale qui caractérise tout le programme culturel de la Renaissance albanaise, se raviva au XIXe siècle sous l'influence des idées du romantisme, qui influèrent positivement sur les mouvements balkaniques de libération nationale. Le développement, durant la Renaissance nationale albanaise, des études sur le folklore, l'ethnologie et l'ethnographie, les multiples publications dans ces domaines, étaient une autre manifestation de la lutte pour l'affirmation dé l'identité nationale des Albanais.

Dans le cadre de la conception romantique et suivant l'idée que la culture et l'école doivent servir au raffermissement de la conscience patriotique, la connaissance scientifique des traditions historiques et leur reflet dans la création artistique constituaient un des points fondamentaux du programme culturel de la Renaissance albanaise. Les particularités de la constitution spirituelle et du développement historique du peuple albanais, reflétées dans le domaine de la pensée et de la culture, conféraient à la culture albanaise son originalité par rapport aux 

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cultures des autres peuples avec lesquels les Albanais étaient en contact.

Un autre trait du développement de la culture et de l'enseignement en Albanie durant la Renaissance nationale, consistait dans le fait que tout en luttant pour la création d'une culture et d'une école nationales, les idéologues de la Renaissance faisaient preuve d'un esprit ouvert et acceptaient d'intégrer dans ce développement les éléments culturels étrangers qui étaient positifs et répondaient aux tendances progressistes de l'émancipation politique et intellectuelle de leur peuple. C'est ce qui explique l'esprit internationaliste qui pénètre toute la pensée et la culture albanaise de l'époque.

Cet esprit qui émanait du contenu de libération anti-impérialiste, du mouvement national des Albanais, avait de profondes racines historiques. Traditionnellement, dans leurs relations avec les autres peuples, les Albanais n'avaient jamais manifesté de tendances expansionnistes et chauvines; au contraire, en maintes occasions ils avaient fait preuve d' esprit de sacrifice et de solidarité. Il suffit de rappeler que certains des idéologues et dirigeants de la Renaissance albanaise avaient combattu sur les barricades des révolutions en Europe, et notamment Naum Veqilharxhi, le premier idéologue de ce mouvement, qui prit part à la révolution roumaine de 1821, ou Pashko Vassa, poète de la Ligue albanaise de Prizren (1878-1881), qui participa à la lutte pour l'indépendance et l'union nationale de l'Italie dans les années 1848-49.

Dans le domaine des arts, le poème "Le véritable vœu des Albanais" (1886) de Naim Frashëri, grand poète national des Albanais, est un témoignage de l'esprit internationaliste qui caractérisait la culture de la Renaissance albanaise. Écrit en grec, une des langues anciennes de culture, cet ouvrage était, dans le même temps, une réponse à l'arrogance des Grandes Puissances et un message d'amitié adressé à la conscience des peuples voisins et en premier lieu du peuple grec à côté duquel le peuple albanais vivait depuis de longs siècles, avec lequel il avait versé son sang dans la lutte contre l'occupation ottomane et avait des intérêts communs pour mener à leur terme les processus d'émancipation et de développement indépendant national dans lesquels ces deux peuples anciens des Balkans s'étaient engagés depuis longtemps.

L'essence de ce message est synthétisée dans les vers:

Avec les Slaves et les Grecs, avec tous nos voisins

Nous voulons toujours vivre en harmonie comme des frères,

Pourvu que le droit de chacun toujours soit respecté.

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Tous ces traits de l'idéologie et de la culture de la Renaissance nationale ont trouvé leur expression dans le système d'enseignement, dans le contenu et les programmes des écoles de tous les niveaux, dans l'ensemble du processus de formation de l'école nationale en tant qu' école démocratique, laïque et rationaliste. Ce développement connut son apogée après le triomphe de la révolution populaire en Albanie (1944) avec la création d'un réseau d'institutions d'enseignement supérieur dans diverses régions du pays, de l'Université de Tirana et de l'Académie des Sciences. La mise sur pied de ces institutions supérieures a été fondée sur une profonde inspiration historique et a répondu aux exigences et aux perspectives du progrès général de la société albanaise actuelle.

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ΛΕΥΚΗ ΣΕΛΙΔΑ

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L'UNIVERSITÉ ET SON RÔLE DANS LE PROGRÈS SOCIAL ET L'ÉMANCIPATION SPIRITUELLE DE LA SOCIÉTÉ ALBANAISE

ALEKO MINGA

Avec une profonde reconnaissance nous tenons à remercier de l'invitation qui nous a été faite et la possibilité qui nous a été offerte de prendre part à ce colloque international qui vise à traiter un sujet si intéressant et nous faire connaître les expériences des divers pays. Cette occasion nous a été créée grâce au 150 anniversaire de l'Université d'Athènes, qui est un temple du savoir et de la culture d'une peuple talentueux, dont le génie créateur a brillé au fil des siècles. En venant dans la Grèce voisine et amie et devenant interprètes des sentiments de tous nos collègues et étudiants albanais, nous souhaitons à l'Université d'Athènes bien du progrès et un travail fructueux pour le bien de son pays, qui a été le berceau d'une civilisation éblouissante et à laquelle l'humanité tout entière doit tant.

La mise sur pied de l'enseignement supérieur en Albanie et de l'Université «Enver Hoxha» de Tirana en tant que l'institution la plus importante, le développement de cet enseignement et les traits particuliers qui distinguent ce développement ne pourraient être compris en dehors du contexte des circonstances historiques dans lesquelles ces transformations eurent lieu et non plus en dehors des liens avec les grands processus de transformations radicales qui se sont passées dans notre pays. Avec la libération du pays des nazi-fascistes et le triomphe de la révolution populaire (1944), l'ancien ordre socio-économique fut aboli et on ouvrit la voie à la construction d'une nouvelle société albanaise. Le renouveau, afin que celui-ci soit plus complet et plus harmonieux, ne

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pouvait ne pas toucher chaque cellule de notre vie et c'était à la fois un entrelacement de transformations dans chaque secteur de l'activité humaine, donc même dans le domaine de l'enseignement et de la culture. Sans les transformations socio-économiques l'Albanie ne pouvait entreprendre et continuer le grand bond qu'elle fit en matière d'enseignement et de culture, de même que sans ce dernier elle ne serait pas en état de consolider et de mener jusqu'au bout ces transformations et de marcher de l'avant dignement dans la voie qu'elle avait choisie.

Il fallait défier le grand retard séculaire qu'on avait hérité du passé. Tout un peuple était laissé par les régimes du passé dans l'ignorance et la misère ou comme disait notre grand poète Fan Noli, «un peuple près du savoir mais non instruit». Les écoles étaient rares et les professeurs peu en nombres. L'Albanie était le seul pays d'Europe sans aucune institution universitaire.

Dans notre pays ruiné et se trouvant presque dans un état de collapsus économique à cause de la guerre, l'instruction du peuple fut estimée comme l'une des tâches principales et la lutte pour la culture fut égale à la lutte pour le pain. À la base du développement de l'enseignement et de la culture fut mis le principe de démocratisation. Naturellement que ce principe était entraîné logiquement par l'abolition de l'injustice sociale de l'époque où le savoir et la culture étaient le privilège d'une minorité. Mais cette démocratisation ne se posait pas comme une exigence à caractère illuministe. Le savoir ne devait pas être une parure comme non plus la culture un but en soi. «Nous avons besoin», soulignait notre guide Enver Hoxha lorsqu'il exposait le programme du premier gouvernement de la RPA, «d'une culture qui rende notre peuple plus apte à travailler et à produire et que cette culture et cet enseignement deviennent une arme aux mains des masses travailleuses».

En l'espace d'un temps très court fut disparue la plaie séculaire de l'analphabétisme, fut mis sur pied un réseau d'écoles; dense qui s'étendit jusqu'aux régions les plus reculées du pays, fut créé un système d'enseignement avancé et démocratique, fut élevé sur de nouveaux fondements scientifiques le contenu des disciplines scolaires, furent perfectionnées les méthodes de cours et d'éducation, furent institués de justes rapports et profondément humains entre les professeurs et les élèves. Dans les conditions d'un développement normal, un tel progrès aurait demandé des dizaines d'années.

Nous venons de citer tout ceci uniquement pour montrer qu'avec la même logique, sans attendre que les conditions propices soient mûries petit à petit, qu'une élite professorale soit créée, on procéda même à la

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mise sur pied de l'enseignement supérieur albanais. Le sommet de notre pyramide d'enseignement commença à se faire construire en 1946, donc deux ans après la Libération, avec la fondation d'un Institut de deux ans qui préparait des instituteurs. En 1951-54 furent mis sur pied certaines Instituts supérieurs, alors qu'en 1957 fut inaugurée l'Université de Tirana qui engloba toutes les institutions supérieures d'enseignement et scientifiques existantes, à l'exclusion des institutions d'agriculture.

La mise sur pied de l'Université albanaise était un acte audacieux mais qui était à la fois le couronnement logique de la lutte et des efforts incessants déployés par la Renaissance Nationale et d'une pléiade d'hommes illustres de la Nation, qui devinrent des porte-paroles authentiques des albanais aspirant à l'enseignement et au savoir.

Avec la fondation de l'Université on satisfaisait un besoin historique impératif. Elle devait préparer des cadres supérieurs dans tous les domaines de l'activité d'un pays qui visait à marcher au pas de l'époque, des cadres capables à diriger, selon une conception moderne, l'économie complexe, diversifiée qui était en train de ce voir le jour à des rythmes rapides. L'Université devait devenir le pilier principal du progrès scientifique, technique et technologique de l'Albanie, de sorte qu'on surmonte non seulement l'état arriéré hérité du passé, et qu'on atteigne un niveau contemporain satisfaisant, mais on devait aussi garantir ses propres rythmes de progrès en cohérence avec le dynamisme de la science et de la technique mondiale. L'Université devait prendre à tâche de butiner et d'étudier passionnément la langue albanaise, notre riche histoire, nos traditions, et le trésor culturel créé par notre peuple. Elle devait développer intensivement les sciences respectives et s'imposer avec l'autorité et le sérieux des résultats obtenus, à ce que le centre des études du monde albanais soit à l'intérieur du pays, abolissant ainsi la situation paradoxale où ce centre-là se trouvait en dehors de ses frontières.

L'Université devait devenir un point de contacts fructueux avec la culture des autres pays. Le développement indépendant en matière d'enseignement et de science, l'Albanie ne le voyait pas comme quelque chose renfermée en soi-même et en dehors des courants de la science et de la culture moderne mondiale. Elle sentait la nécessité d'assimiler profondément et sérieusement le grand trésor du savoir et cela elle l'estimait comme l'une des prémisses les plus fondamentales de son développement. Dans ce cadre, une place importante devait occuper le fait de tirer un profit réciproque des cultures des peuples voisins avec lesquels

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nous liaient les mêmes sorts historiques, l'affinité plus grande, la problématique identique, la communication plus rapide et plus facile.

De nos jours, ces désirs sont devenus une réalité. Tout le pays sent la contribution que fournit l'Université «Enver Hoxha» de Tirana et le rôle qu'elle a joué et joue dans notre progrès social et économique. De ses amphithéâtres sont sortis des milliers de spécialistes qui dirigent divers secteurs et ont à affronter la problématique compliquée scientifique et technique que pose à résoudre le développement d'une société moderne. À l'Université furent jetés les fondements de notre nouvelle tradition scientifique dans plusieurs domaines du savoir; elle a ses propres moments originaux quant au traitement et la solution des problèmes. L'Université devint la matrice d'un grand nombre d'institutions scientifiques et parmi les plus importantes du pays, lesquelles déploient leur activité en dehors de ses murs mais qui naquirent comme des noyaux ou centres scientifiques de recherche, esquissèrent la thématique et firent les premiers pas au sein de l'Université. Engagée à la solution des problèmes majeurs à l'échelle du pays, en coopération avec d'autres organismes spécialisée l'Université rayonne et influe puissamment sur les développements futurs techniques et technologiques, surtout dans le domaine des projets et des constructions hydrotechniques, la découverte et la mise à profit rationnelle des sources énergétiques, et des autres richesses du pays, les recherches et les synthèses géologiques, la prospection des matières premières du pays ainsi que leur mise à profit à des cycles fermés, et tout ceci rien que pour mentionner certains domaines. L'Université constitue le centre où s'effectue la grande majorité des études en matière de médecine et l'institution qui met en pratique et propage les nouvelles méthodes de diagnostic et de traitement. Elle s'occupe de la recherche dans les sciences de base et l'étude des bases théoriques des sciences appliquées. Quoique modestes, les résultats obtenus par nos hommes d'étude et présentés dans des forums scientifiques internationales ou publiés dans diverses revues étrangères ont été accueillis avec bien de l'intérêt. Bien qu'avec la création de l'Académie des Sciences le rôle joué par l'Université ait été tant soit peu réduit, sa contribution à la recherche et l'affirmation des valeurs nationales demeure encore sensible.

La coopération avec les institutions analogues des autres pays est devenus plus intensive. L'Université «Enver Hoxha» entretient des relations régulières avec plus de 30 universités étrangères, alors que sa bibliothèque avec environ 400 bibliothèques universitaires. C'est un grand plaisir de rapporter ici, et cela non par politesse, que sous cet aspect

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la coopération avec les universités grecques a été caractérisée par la promptitude, l'entente totale, les désirs d'agrandir les domaines de contacts à profit réciproque.

Chaque pays a sa propre conception sur le développement de l'enseignement, de la science et de la culture. Cette conception est fondée sur une idéologie déterminée. Cette idéologie chez nous est l'idéologie de notre Parti, qui s'est mis à la tête du peuple albanais dans les moments les plus difficiles de son histoire et qui le conduit depuis presque un demi-siècle. Selon notre conception, les peuples, qu'ils soient grands ou petits, sont les véritables sujets de tout développement, de là du développement culturel aussi. Les sciences et la culture ne peuvent être le monopole ni de quelques hommes ni de quelques États puissants. Nous sommes contre l'élitisme à l'intérieur du pays et contre l'hégémonisme qui soumet les petits pays sous la tutelle scientifique des autres pays. Les sciences ont un caractère universel, c'est pourquoi nous respectons la contribution de tout pays dans le trésor commun de toute l'humanité et nous nous efforçons d'en profiter. Nous avons la conviction que la mission naturelle de la science et de la culture est la rehaussement et l'ennoblissement de la vie humaine. D'ailleurs la science et la culture ne constituent pas des épiphénomènes isolés, mais elles représentent des phénomènes de la vie spirituelle de la société, profondément enracinées dans le terrain social, économique et politique. Cette conception a ouvert des horizons illimités au développement de notre science, de notre enseignement et surtout de notre culture, elle a contribué à la marche en avant et à la consolidation de l'Université de Tirana. Elle a beaucoup influé sur l'émancipation intellectuelle de la société albanaise, sur les grands motifs qui sont à la base de l'activité scientifique, sur la juste appréciation de notre tradition, etc.

Ces conceptions sont devenues des convictions pour l'intelligentsia. Notre nouvelle société exigeait une intelligentsia dotée d'un niveau professionnel élevé, d'une conception du monde avancée et d'un esprit patriotique. L'intelligentsia albanaise d'aujourd'hui est une couche issue du sein du peuple, laquelle met toutes ses connaissances au service du peuple. De là, elle occupe une position nouvelle dans la vie de la société. L'Université «Enver Hoxha» de Tirana a contribué largement à la création de cette intelligentsia. Si notre université a contribué à l'émancipation intellectuelle de notre société, elle l'a faite à travers son engagement militant contre les idéologies rétrogrades, contre les préjugés, contre les mentalités surannées, mais surtout au moyen du grand nombre de diplômés répandus dans les quatre coins du pays, lesquels étant

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eux-mêmes émancipés et luttant pour en rendre les autres, sont devenus une grande force instigatrice. Citons un exemple. Un grand nombre de filles ont fini les études à l'Université de Tirana dans toutes les spécialités. Elles se sont imposées partout par leur personnalité et, par leur autorité dans la société, elles en constituent un des témoignages les plus convaincants de la justesse de toute cette grande lutte, longue et complexe, menée en Albanie pour la libération de la femme, pour la rendre l'égale de l'homme dans tous les domaines, ainsi qu'un grand coup aux forces rétrogrades qui méprisaient la femme et qui s'efforçaient de fouler à pied ses droits. Il faut connaître la situation d'autrefois de l'Albanie afin de découvrir la valeur du fait que la moitié des étudiants qui suivent leurs études à l'université sont des filles, venues non seulement des villes mais aussi des régions les plus reculées où jadis régnait le fanatisme. L'Université est un reflet de la société albanaise d'aujourd'hui qui est constituée d'hommes délivrés d'une suite de chaînes lesquelles jadis pesaient lourdement sur son monde intérieur, une société qui ne connaît plus la vengeance, les divisions religieuses de la population, une société qui a rejeté le conservatisme et le patriarcalisme qui faisaient la loi dans la famille, etc.

Il n'a pas été facile de réussir. L'Université a été un endroit de confrontations et de luttes entre les idées nouvelles et les préjugés qui ont longtemps résisté. La victoire de cette lutte d'émancipation intellectuelle ne saurait ne pas influer dans tout le pays. Évidemment, la force et l'affirmation actuelle des idées nouvelles qui ont démontré leur valeur dans la pratique sociale, sont très grandes mais la lutte contre les récidives et les influences étrangères pervertissantes qui empêchent notre marche en avant et qui vont à l'encontre de nos idéaux, ne s'interrompt jamais.

Notre Université ne connaît pas quelques-uns des problèmes auxquels se heurtent les institutions analogues dans les autres pays. Chez nous il n'y a pas de conflits de générations. L'absence de ces conflits n'est pas la conséquence d'une discipline, comme quelqu'un pourrait le concevoir. Des contradictions pourraient même naître, mais lorsque les barrières des attitudes traditionnelles sont abolies et il existe une communauté stable d'intérêts, d'autres mécanismes agissent dans le sens de leur solution et ne permettent pas que ces contradictions dégénèrent en conflits. À cet égard a influé aussi le fait que notre université dès sa fondation s'est efforcé de devenir l'incarnation d'un idéal démocratique concernant la composition sociale des étudiants et des professeurs. Actuellement ces deux catégories, les étudiants et les professeurs, contiennent des contingents de provenance ouvrière, paysanne

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et des rangs de l'intelligentsia presque dans les mêmes rapports qu'avec l'ensemble (1/3). Au début il y a eu une prédominance d'étudiants et de professeurs d'origine intellectuelle, mais la démocratisation et l'élargissement massif de l'enseignement dans les villes et à la campagne, ont permis que la présentation des classes et des couches sociales à l'Université soit celle d'aujourd'hui.

L'enseignement chez nous est planifié, c'est pourquoi notre jeunesse estudiantine n'est pas menacée du chômage intellectuel. Seuls les étudiants les plus doués peuvent suivre les études supérieures, mais dans les critères d'acceptation à l'Université on tient compte aussi de la primauté donnée au développement des régions relativement arriérées à l'intérieur du pays. Nous ne connaissons pas «l'exode de la cervelle», parce que tout spécialiste trouve en Albanie toutes les possibilités d'une activité créatrice et fructueuse.

L'Université «Enver Hoxha» de Tirana naturellement a ses problèmes. Elle est relativement jeune. La première phase de son développement, lorsque l'accomplissement des besoins urgents du pays en cadres supérieurs était un devoir impératif, maintenant est dépassé, c'est pourquoi ses problèmes actuels sont ceux de l'accroissement de la qualité de l'enseignement universitaire et post universitaire, de la formation accélérée de nouveaux professeurs d'un niveau scientifique contemporain, de l'intégration plus rationnelle dans les autres structures scientifiques, de son engagement toujours plus croissant à la solution des problèmes du pays. Le degré de responsabilité de l'Université s'est beaucoup accru parce que l'attention de toute la société à son égard est toujours plus grande.

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ΛΕΥΚΗ ΣΕΛΙΔΑ

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ΙΣΤΟΡΙΚΗ ΑΛΗΘΕΙΑ, ΒΑΛΚΑΝΙΚΟΙ ΠΑΤΡΙΩΤΙΣΜΟΙ ΚΑΙ ΕΘΝΟΓΕΝΕΣΕΙΣ ΣΤΗΝ ΠΑΙΔΕΙΑ

IVAN DJURIC

Υπερβολική φιλοδοξία θα μπορούσε να αποδώσει κανείς στον κάπως μακρό τίτλο της ανακοίνωσης αυτής, αν τον ερμήνευε διαφορετικά από μία ιδιότυπη διαγραφή άγραφης έρευνας. Ακριβέστερα, ειλικρινά θα επιθυμούσα να θεωρηθεί η συμβολή μου αυτή μόνο ως κίνητρο για εκείνο για το οποίο θα άξιζε, επίσης, τον κόπο να συλλογισθεί κανείς, τουλάχιστον από την οπτική γωνία του ιστορικού (που ασχολείται με την ιστορία στην πρακτική έρευνά της, στη διδασκαλία της και ειδικότερα ως βυζαντινολόγος και που αναρωτιέται κάποτε - κάποτε για το νόημα της τέχνης του) όταν γίνεται λόγος για την ιδεολογία και τον πολιτισμό.

Τη λέξη «πανεπιστήμιο» παρέλειψα σκόπιμα, μολονότι υπάρχει στην πρώτη σειρά της πρόσκλησης σ' αυτήν εδώ τη συνάθροισή μας, στην Αθήνα. Όχι γιατί τη θεωρώ ακατάλληλη αλλά γιατί είναι, κάνοντας «οικονομία» στις λέξεις, περιττή στην πλοκή εννοιών όπως «ιδεολογία» και «πολιτισμός», αφού συχνότατα είναι συνυφασμένη μ' αυτές ή συμπληρωματική. Έτσι τουλάχιστον είναι σ' όλες τις «δυτικές» (με την έννοια του Toynbee) σύγχρονες κοινωνίες. Εξ άλλου, αμφιβάλλοντας για λόγους αρχής για τις μεγάλες αρετές του σημερινού πανεπιστημίου ως αποφασιστικού και φερέγγυου εκπαιδευτικού και επιστημονικού κέντρου (αλλά χωρίς ν' αμφισβητώ σε καμία περίπτωση την εξαιρετική του σπουδαιότητα), οπωσδήποτε δεν είμαι από εκείνους που απλούστατα θα ήθελαν να το καταργήσουν. Θα προτιμούσα να περιμένω υπομονετικά να χαθεί το πανεπιστήμιο, μόνο του, από «φυσικό θάνατο» —για να επικαλεσθώ σχετικό διανοουμενίστικο αστείο απ' το Παρίσι πριν από 20 χρόνια. Όμως, ώσπου να συμβεί αυτό, το αντιμετωπίζω ως αναγκαία πραγματικότητα. Μια και ρέπω προς την ιστορική σκέψη αναζητώντας ιστορικές αναλογίες, στην κάθε σχετική θεώρηση εμπλέκω και ενθυμήσεις από το παρελθόν και την εξέλιξη αυτού του θεσμού.

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Εδώ, ανεξάρτητα από τις προσωπικές υποτιθέμενες μεσαιωνολογικές προτιμήσεις, μου φαίνεται ότι για την ενασχόληση με το περιεχόμενο του σημερινού πανεπιστημίου δεν ωφελούν άμεσα γνώσεις για τη μορφή και το χαρακτήρα της Σορβόννης ή του Πανεπιστημίου της Πάδουας στο μεσαίωνα, ή, αντίστοιχα, της Μεγάλης Σχολής (Πανδιδακτηρίου) της Κωνσταντινούπολης, για να μην αναφέρω άλλα. Μη αμφισβητώντας την ιδεολογική και πολιτισμική συνοχή που υπάρχει ανάμεσα σ' αυτά, εκεί όπου επέτρεψαν αυτό οι ιστορικές συνθήκες, το σημερινό πανεπιστήμιο στηρίζεται πρωταρχικά στις ιδέες της σύγχρονης εποχής ή ακριβέστερα στις ιδέες και τις κοινωνικές ανάγκες των κρατών του 19ου αιώνα, μιας εποχής δηλαδή που, λίγο - πολύ, την έχουμε περάσει. Εν τω μεταξύ, από βασική πηγή διαμόρφωσης ολιγάριθμης αλλά με σχετική αντικειμενικότητα συγκεντρωμένης "ελίτ", με σίγουρο και ούτως ειπείν με κρατική εγγύηση καθορισμένο μέλλον στην υπηρεσία των αρχών της κοινωνίας εκείνης της εποχής, το πανεπιστήμιο μεταβλήθηκε βαθμιαία σε πρότυπο δημοκρατικών ή και δημαγωγικών γλυκασμών που προσφέρει η πλειονότητα των κρατών της σύγχρονης Ευρώπης· καλύτερα θα ήταν να μην υπενθυμίσουμε με την ευκαιρία αυτή τις δυνατότητες που λιγότερο ή περισσότερο ανοικτές οι θύρες των πανεπιστημίων προσφέρουν σε πολλές κυβερνήσεις να επιδράσουν όσο είναι δυνατό στη δημογραφική έκρηξη, στην εθνική χειραφέτηση ή, για παράδειγμα στην Γιουγκοσλαβία, στην αναβολή του πλήγματος της μαζικής ανεργίας των νεότερων γενεών.

Φυσικά, όσα έχουν ειπωθεί δεν είναι τίποτε άλλο παρά συλλογή "κοινών τόπων" από τους οποίους αποτελείται κάθε παρουσίαση που φιλοδοξεί να είναι αμερόληπτη με κάθε μέσο. Όμως, μόλις ένα τέτοιο πανεπιστήμιο, επινόηση της σύγχρονης εποχής και της θέσης της σχετικά με τη δημοκρατία, πολυάριθμο από την άποψη των ομήρων του και συχνά στείρο αναφορικά με τις εργασίες και τις γνώσεις που απαιτεί απ' αυτούς, λίγο "προλεταριοποιημένο" θα έλεγαν οι πιστοί του Marcuse, μπορούσε ν' αντικαταστήσει την αρχαία αγορά, τον ιππόδρομο, το δρόμο και την εκκλησία ακόμη, εστία δηλαδή ευρύτερων κοινωνικών ζυμώσεων, ενθουσιασμών και διαδικασιών. Γι' αυτό, ούτε με την επανάσταση του '68 ούτε με την πρόσφατη παρισινή του '86, ανεξάρτητα από τι σκέφτεται κανείς γι' αυτές, ανάλογα με τα αντανακλαστικά της ιστορικής συνείδησης, δεν χρησιμοποιούνται εισαγωγικά, είτε πρόκειται (όπως στην πρώτη περίπτωση) για ιδιότυπο τέλος, ή αντίστοιχα (όπως στη δεύτερη) για αναγγελία νέας ιστορικής διήγησης.

Συνεπώς, το "μαζικό" πανεπιστήμιο, αναμφισβήτητα υποτιμώντας την αξία των γνώσεων που προσφέρει, δεν είναι πια ούτε πάνω ούτε έξω από το "σχολείο", δηλαδή εκείνη την αλυσίδα θεσμοθετημένων μορφωτικών και παιδαγωγικών υπηρεσιών για τις οποίες ενδιαφέρονται το κράτος, το έθνος,

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η κοινωνία, ακριβέστερα εκείνοι που έχουν δυνατότητα εν ονόματι αυτών να διατυπώνουν και να επιβάλλουν κοινές ανάγκες. Παρενθετικά, με την πεποίθηση ότι η ετερογένεια των πηγών της μόρφωσης πρέπει κατά κανόνα να είναι γόνιμη, είναι χρήσιμο να υπενθυμίσουμε και το δεδομένο ότι, όσο είναι κάπου εμφανέστερη η τάση να διατηρήσει το σχολείο τη θέση του αποκλειστικού ή επίσημα δοκιμασμένου πληροφοριοδότη, τόσο είναι υπερτροφικότερος ο καταστρεπτικός ρόλος της δήθεν παιδαγωγικής επιστήμης στην υπηρεσία της προκαθορισμένης μαζικής μονολιθικής θεώρησης του κόσμου.

Όμως, χρησιμότερο είναι να γυρίσουμε στο πανεπιστήμιο που βρίσκεται στην απόληξη της αλυσίδας που αναφέραμε, διαφέροντας από το κλασικό σχολείο ακόμη μόνο (ή ακόμη και σήμερα) δυστυχώς με το όχι σπάνια επιβαλλόμενο καθήκον να ασχολείται παράλληλα και με την επιστήμη. Αυτή η επιστημονική αυθεντία (στην οποία πρέπει να προστεθεί και εκείνη η δημόσια αυθεντία πολλών εκπροσώπων του) φαίνεται σήμερα αποφασιστική για την παιδαγωγική αποστολή του. Γιατί, δεν πρέπει να παραβλέπουμε ότι το σχολείο (εδώ περιλαμβάνεται και το πανεπιστήμιο) από πολύν καιρό πια δεν έχει το μονοπώλιο στη γένεση και εμπλουτισμό αυτού που λέγεται σύνολο γνώσεων που διαθέτει είτε το παιδί είτε κάποιο ώριμο άτομο. Ένα από τα λογικά συμπεράσματα που θα μπορούσε να προκύψει απ' όσα έχουν λεχθεί, θα ήταν, στο μέτρο που εξαρτάται απ' αυτούς τους ίδιους, οι καθηγητές να βγαίνουν όσο το δυνατόν περισσότερο από το πανεπιστήμιο όχι στο δρόμο, αλλά παντού όπου υπάρχει η δυνατότητα για την επίδραση στην κοινωνική συνείδηση και την παιδεία —από τα μέσα μαζικής ενημέρωσης έως τη λεγόμενη «πολιτική» (κάθε ομοιότητα με τον Πλάτωνα είναι τυχαία: αυτός πίστευε στους φιλόσοφους και όχι σε επιστήμονες και καθηγητές), παρά το ότι κάτι τέτοιο, για πολλούς απ' αυτούς, θα ήταν η ανάξια ή απρόσιτη περιπέτεια. Για να τελειώσουμε παρόμοιες, αναγκαία απλουστευμένες σκέψεις για το σημερινό πανεπιστήμιο, νομίζω ότι είναι τελικά χρήσιμο να θυμηθούμε και ετυμολογικά τεχνάσματα. Μ' άλλα λόγια, όλα όσα έχουμε εκθέσει επιβεβαιώνουν σχεδόν οι διάφοροι όροι που, τη σύγχρονη εποχή, σημαίνουν αυτό το ίδρυμα. Ακούσια, και το νεοελληνικό «Πανεπιστήμιο» και τα παράγωγα από το «universitas» και, για παράδειγμα, το κροατικό «sveuciliste» (Πανδιδακτήριον) απεικονίζουν τις προσδοκίες, τις παρεξηγήσεις και τις πλάνες σχετικά με εκείνο που στο Βυζάντιο του 11ου αιώνα, αν και με πολύ αλλαγμένο περιεχόμενο, ονομαζόταν απλούστατα «Μεγάλη Σχολή» και ίσως (τουλάχιστον από την άποψη της ορολογίας) ήταν ακόμη πλησιέστερο προς το σύγχρονο πανεπιστήμιο.

Για να μην επιμείνω αποκλειστικά σε γενικές διαπιστώσεις, θα τολμούσα να μιλήσω και για κάποιες συγκεκριμένες και αχρησιμοποίητες δυνατότητες χρήσης (αλλά και κατάχρησης) της δικής μου πανεπιστημιακής

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επιστήμης. Ως προς την καταγωγή και την παιδεία από τα Βαλκάνια, προς στιγμήν διαμένοντας σ' αυτήν την χερσόνησο, εννοείται αφ' εαυτού ότι είμαι και προδιατεθειμένος ν' ασχολούμαι μ' αυτά. Συγκεκριμένα, το πανεπιστήμιο του Βελιγραδίου (απ' όπου προέρχομαι) είναι ένα από τα αρχαιότερα ιδρύματα για τα βαλκανικά δεδομένα. Τον πυρήνα του από την αρχή (ας πούμε από το 1863) αποτελούσε η Φιλοσοφική Σχολή, της οποίας, πάλι, ο άξονας και με το μεγαλύτερο κύρος τομέας της ήταν το μεγάλο ιστορικό τμήμα. Στη σειρά εδρών του Τμήματος προστέθηκε το 1906 και το Βυζαντινολογικό Σπουδαστήριο, το πρώτο κέντρο βυζαντινών σπουδών σ' αυτήν την γωνιά του κόσμου. Εδώ πρέπει, παρενθετικά, να προστεθεί ότι τόσο τα κριτήρια, όσο και η μεθοδολογία της ιστορικής σχολής του Βελιγραδίου αναπτύχθηκαν αρχικά, και μάλιστα κατά τον πληρέστερο τρόπο, ακριβώς στον τομέα των μεσαιωνικών ερευνών. Από τις ιδιότητες που είναι, όχι μόνο στα Βαλκάνια, σπάνιες, και που διέκριναν τους ιστορικούς που πλάσθηκαν στο Βελιγράδι, δύο μόνο φαίνονται εξαιρετικά επαινετές. Εννοώ, δηλαδή, την προσπέλαση στην έρευνα της εθνικής ιστορίας που απαιτούσε όσο το δυνατό περισσότερη ανάλυση σε διεθνή πλαίσια. Αυτό πρέπει να εξαρθεί, παρά τις γνωστές και ευνόητες κατά καιρούς λανθασμένες εκτιμήσεις των επιδράσεων μερικών ξένων παραγόντων στη σερβική ιστορία. Εξ άλλου, έτσι και φθάσαμε στην επίγνωση ότι είναι δύσκολη η ανακάλυψη του εθνικού παρελθόντος και παρόντος χωρίς τη διείσδυση στο για μακρό χρονικό διάστημα εγκαταλειμμένο «σκοτεινό βιλαέτι» του βυζαντινού κόσμου, της βυζαντινής πολιτισμικής κληρονομιάς. Από την άλλη πλευρά, μέχρις ενός σημείου και αναγκαία, υπήρξε άρνηση, ασυνήθιστα επίμονη για τα βαλκανικά δεδομένα, να υπηρετεί η ιστοριογραφία, πολιτικούς και ψευδοπατριωτικούς σκοπούς. Αυτός ο αντιρομαντισμός που, επίσης, δεν είναι σωστό να του δίνουμε υπερβολικές διαστάσεις, κάποτε-κάποτε σε συγκρούσεις με την κοινή γνώμη, γνώριζε και υπερβολές προς την άλλη κατεύθυνση, αλλά όμως, στην τελική έκβαση, αποδείχθηκε έντιμος και αξιοσέβαστος και διαφύλαξε την επιστήμη ακόμη και στις εποχές που απαιτούσαν αξιωματικά ιδεολογική ομοφωνία. Παρόμοιοι έπαινοι, βέβαια, δεν μειώνουν την από μεθοδολογική άποψη εμμονή στην παράδοση, τη φοβία από τη διεπιστημονική έρευνα ή τη θεώρηση του παρελθόντος στο σύνολό του (για να μη αναφερθεί και η υπερβολική παρουσία θετικιστικής προσπέλασης, ή, κάτι ακόμη χειρότερο, θετικιστικού μαρξισμού). Συνέπεια αυτών είναι η ανεπάρκεια γνώσεων και ενδιαφέροντος για να τεθούν νέα ζητήματα του παρελθόντος. Ίσως πρέπει ν' αναφερθεί ότι, παραδειγματικά, η ιστορική δημογραφία, επιστήμη για την οποία κυριολεκτικά βοά ο γιουγκοσλαβικός χώρος, στην πράξη ακόμη δεν έχει καταλάβει την ανάλογη θέση στη διαμόρφωση των ιστορικών του Βελιγραδίου, και οι λόγοι γι' αυτό μόνο μερικά μπορούν ν' αναζητηθούν στην ιδεολογία.

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    19. Πρακτικά Συμποσίου, Πανεπιστήμιο

    L'AFFIRMATION DE L'IDENTITÉ NATIONALE ET L'UNIVERSITÉ EN ALBANIE

    JORGO BULO

    Chaque peuple, conformément aux particularités de son développement historique, a trouvé sa propre voie pour affirmer son identité nationale en joignant à sa lutte pour son émancipation politique et sociale ses efforts pour sauvegarder ses particularités ethniques et développer sa culture nationale.

    Dans des circonstances particulières, comme celles qui ont donné sa physionomie à l'époque du mouvement national des Albanais, époque qui occupe la deuxième moitié du XIXe siècle et la première décennie de notre siècle, la composante culturelle, englobant le progrès des institutions scolaires aussi, revêtait une importance primordiale et jouait un rôle décisif pour la formation de la conscience nationale des Albanais. Mais alors que les facteurs et les tendances du développement socio-économique et culturel intérieur favorisaient la réalisation de l'aspiration vitale des Albanais à la formation de leur État indépendant national sur la base de la communauté de leur vie économique et spirituelle, ethnique-linguistique et de l'unité territoriale léguée par l'histoire, des facteurs extérieurs s'opposaient à ce processus naturel.

    Le siècle des mouvements nationaux balkaniques a trouvé les Albanais dans la condition d'une entité nationale formée, dotés d'une propre individualité ethno-culturelle bien marquée, préparés par une longue évolution historique à se présenter au monde comme une nation distincte, libre et indépendante.

    À ce cours de développement normal pour un peuple s'opposaient certains facteurs spécifiques du peuple albanais par rapport aux autres peuples des Balkans. En premier lieu, il lui échut le sort de rester