Συγγραφέας:Διεθνές Συμπόσιο
 
Τίτλος:Πρακτικά του Διεθνούς Συμποσίου «Οι χρόνοι της Ιστορίας για μια ιστορία της παιδικής ηλικίας και της νεότητας»
 
Τίτλος σειράς:Ιστορικό Αρχείο Ελληνικής Νεολαίας
 
Αριθμός σειράς:33
 
Τόπος έκδοσης:Αθήνα
 
Εκδότης:Γενική Γραμματεία Νέας Γενιάς
 
Έτος έκδοσης:1998
 
Σελίδες:399
 
Αριθμός τόμων:1 τόμος
 
Γλώσσα:Ελληνικά
 
Θέμα:Διεθνή Συμπόσια
 
Μαθητεία και εργασία
 
Νοοτροπίες και συμπεριφορές
 
Παιδεία-Εκπαίδευση
 
Περίληψη:Ο τόμος περιέχει τα πρακτικά του 3ου Διεθνούς Συμποσίου, που πραγματοποιήθηκε στην Αθήνα από τις 17 έως τις 19 Απριλίου του 1997, με θέμα «Οι χρόνοι της Ιστορίας. Για μια ιστορία της παιδικής ηλικίας και της νεότητας», διαρθρωμένο σε 4 ενότητες: Εκπαιδευτικοί μηχανισμοί, Εργασία και πολιτική, Στους χρόνους της Ανθρωπολογίας και των νοοτροπιών, Στον κόσμο της τέχνης, Ελεύθερος χρόνος και αθλητισμός.
 
Άδεια χρήσης:Αυτό το ψηφιοποιημένο βιβλίο του ΙΑΕΝ σε όλες του τις μορφές (PDF, GIF, HTML) χορηγείται με άδεια Creative Commons Attribution - NonCommercial (Αναφορά προέλευσης - Μη εμπορική χρήση) Greece 3.0
 
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TEMPS DE L'ENFANCE, TEMPS DU RECIT,

TEMPS DE DIEU DANS LES RECITS DE MIRACLES

DES XIIe-XIVe SIECLES

DIDIER LETT

Des travaux récents montrent l'intérêt que les médiévistes portent à l'histoire de la jeunesse et de l'enfance1. L'ensemble de ces ouvrages indique clairement que les positions de Philippe Ariès soutenues en 1960 sont fausses2: il est en effet désormais admis qu'au Moyen Age, "le sentiment de l'enfance" existe, le souci éducatif des pédagogues comme des parents est très fort, une terminologie précise est utilisée pour désigner tel ou tel enfant et les ages de l'enfance sont bien délimités et ne se confondent en aucun cas avec l'âge adulte.

Dans le cadre de ce colloque, il est inutile de revenir sur ces aspects. Il m'a paru plus important de montrer comment s'élabore l'histoire de l'enfance médiévale, quelles sont les méthodes utilisées et, en particulier, comment le temps de l'enfance peut être appréhendé à travers une source particulière: les récits de miracles.

Ce type de source a souvent été étudié par les historiens de la médecine, surtout pour répertorier les types de maladie dont souffraient les

1. Pour une bibliographie à jour, on peut se reporter à Pierre Riche et D. Alexandre-Bidon, L'enfance au Moyen Age, Paris, Seuil, BNF, 1994, p. 215-218 et à P.- A. Sigal, "L'histoire de l'enfant au Moyen Age; une recherche en plein essor", Histoire de l'éducation, 1998 (à paraître). On citera uniquement les principaux ouvrages parus ces deux dernières années: D. Alexandre-Bidon et D. Lett, Les enfants au Moyen Âge (Ve-XVe siècles), Paris, Hachette, 1997; Ε. Becchi et D. Julia dir., Histoire de l'enfance en Occident, t. 1, Paris, Seuil, 1998; R. G. Finucane, The Rescue of the Innocents Endangered Children in Medieval Miracles, St. Martin's Press, New York, 1997; D. Lett, L'enfant des miracles. Enfance et société au Moyen Age (XHe - XHIe siècles). Paris, Aubier, 1997; G. Levy et J.- Cl. Schmitt, Histoire des jeunes en Occident, Paris, Seuil, 1996.

2. Ces positions sont pourtant encore largement admises auprès d'un grand public et parfois même auprès de nombreux collègues non médiévistes. A cet égard, certains travaux contenus dans E. Becchi et D. Julia dir.. Histoire de l'enfance, op. cit., pourtant la synthèse la plus récente, sont particulièrement décevants.

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gens du Moyen Âge. Or les récits de miracles représentent une documentation de toute première importance pour l'étude de la société et des mentalités en général et pour l'histoire de l'enfance et de la famille en particulier3. On les trouve dans des vitae (miracula in vita), des récits de translations de reliques, des recueils de miracles (souvent post mortem), des procès de canonisation ou des légendes hagiographiques. Ils présentent l'avantage, dans le but de montrer que le saint est un intercesseur pour tous, de diversifier les miraculés. Par conséquent, les auteurs de miracula présentent aussi beaucoup d'enfants, ces deux sexes, en donnant souvent leur âge. Il font état également de l'ensemble des réactions des proches auprès de l'enfant malade, accidente ou mort. A partir de la fin du Xlle siècle, la nécessité d'une enquête rigoureuse pour décider de la sainteté renforce encore la richesse de ce type de documents. Dans la lettre qu'Alexandre III adresse au roi de Suède en 1171 ou 1172 (Aeterna et incommutabilis), l'Église romaine se réserve le droit d'autoriser ou non certains cultes de saints. Et surtout, à partir de 1234, le Pape s'octroie le monopole de la canonisation. Se met alors en place la réserve pontificale. L'enquête officielle devient une nécessité (avec témoignages, dépositions des témoins qui doivent être enregistrées sous le sceau du serment) débouchant sur un procès de canonisation: les miracula (post mortem) fonctionnent beaucoup plus comme un document historique que dans les siècles antérieurs.

Comment étudier l'enfance à partir de ce type de document et surtout quels sont, pour rester dans la problématique générale du colloque, les temps de l'enfance qui apparaissent?

A un premier niveau de lecture, on voit apparaître le quotidien, le temps de l'enfance. Mais pour le transcrire en "réalité historique", en temps réel, il faut avoir conscience de deux autres temps: celui du récit et celui de Dieu. En effet, l'hagiographe inscrit son histoire dans le temps chrétien et le miraculum joue souvent comme une Bible actualisée; sous couvert de raconter des événements, le narrateur rappelle aux chrétiens des vérités scripturaires. Sous le temps de la narration se cache le primat du didactique et le temps de l'histoire chrétienne.

Comment élaborer une histoire de l'enfance et de la jeunesse à partir de ce type de source, particulièrement codé?

3. Pour une bibliographie récente sur les travaux réalisés à partir des récits de miracles, voir Ρ. Α. Sigal, "Les récits de miracles", dans Comprendre le XHIe siècle, Études offertes à Marie-Thérèse Larcin, P. Guichard et D. Alexandre-Bidon dir., PU de Lyon, Lyon, 1995, p. 133-144.

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Temps de l' enfance

Tout d'abord, on constate que les enfants sont beaucoup plus nombreux dans les récits de miracles que dans les autres types de document: sur 1214 miraculés étudiés dans des récits anglais et français des XlIe-XIIIe siècles4, j'ai dénombré 284 individus de moins de seize ans (sans compter les autres enfants mis en scène auprès des miraculés enfants ou adultes), ce qui représente plus de 23%. On remarque également que tous les âges et les deux sexes sont représentés. L'âge des enfants est beaucoup plus souvent mentionné que celui des adultes: 2% seulement de l'ensemble des miraculés et 36% si l'on ne prend en compte que les 284 enfants. De nombreux mots de vocabulaire en latin (infans, infantulus, parvulus, parvula, puer, puella, virgo...) sont employés et portent souvent sur des groupes d'âges bien spécifique; jamais un hagiographe n'est aussi précis (âge et vocabulaire) que lorsqu'il parle d'un enfant. Enfin, dans ce type de documentation, il ne s'agit pas, comme dans les traités ou les textes juridiques, d'un discours sur l'enfance mais d'une mise en scène d'enfants, une mise en situation, L'hagiographe pour être cru doit être crédible et donner à sa narration un «effet de réel». Le texte cité ci-dessous peut nous servir d'exemple pour illustrer notre propos. Il s'agit d'un récit de miracles attribués à Thomas Becket, rédigé par Benedict de Peterborough, moine de l'abbaye de Cantorbéry, vers 1172-1174:

«Un homme avait offert un fromage à l'épouse d'un dénommé William qui chargea sa fille Béatrice, encore très jeune, de le ranger. Cette dernière ayant posé le fromage, se livra à ses amusements et à ses jeux, comme il est d'usage à cet âge, oubliant aussitôt complètement le fromage. Quelques jours s'étaient écoulés lorsque le fromage revint à la mémoire de la fillette mais elle était absolument incapable de se souvenir où elle l'avait posé. Craignant d'être fouettée à cause du fromage oublié, elle confia son secret à l'un de ses frères à peu près aussi jeune qu'elle, qu'elle préférait aux autres et dont elle était particulièrement chérie, cherchant à savoir s'il se souvenait de cet événement ou de l'endroit où le fromage avait été posé. Il répondit qu'il l'ignorait. Alors qu'approchait le vendredi de la semaine suivante, comme ils avaient réellement peur que le fromage confié leur soit réclamé, ils passèrent et repassèrent chaque endroit au crible, ils mirent la maison sans dessus-dessous, cherchèrent le fromage et ne le trouvèrent pas. Pendant longtemps et très souvent, ils

4. L'étude complète de ce corpus se trouve dans D. Lett, L'enfant des miracles..., op. cit.

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cherchèrent des tactiques mais n'en trouvèrent aucune. Enfin, il vint à l'esprit de la fillette (idée bonne dans sa conception), de se rendre auprès de l'homme déjà cité, bien qu'il soit reparti, pour lui demander un fromage en tout points identique au premier. Mais le garçon (répondit): "Pas du tout, nous ferons ce qui doit être fait, avec l'aide de Dieu; j'ai entendu et c'est déjà répandu partout sur la terre, que le saint martyr de Dieu, Thomas, s'est illustré dans bon nombre de miracles. En vérité, si nous voulions avoir recours à son aide avec dévotion, nous n'aurons pas à nous plaindre d'un quelconque refus de notre demande. Prions donc sa clémence afin qu'il nous fasse savoir dans notre sommeil où se trouve le fromage". Cette tactique enfantine plut aux deux enfants et, ayant dit l'oraison dominicale, ils allèrent au lit.

C'est pourquoi, avec un air avenant et des manières gracieuses, le saint se présenta à la fillette endormie et dit: "Qu'est-ce qui t'afflige?" Elle donna la raison de son chagrin, la perte du fromage et la crainte du châtiment. Et le saint, ayant montré un très vieux pot dans lequel on avait l'habitude depuis quelques temps de figer et de confectionner le beurre: "Tu ne te rappelles pas, dit-il, que dit-il, que tu as posé le fromage dans ce vieux pot? Lève-toi, tu le trouveras là". S'arrachant au sommeil, elle accourut vers l'endroit désigné et saisissant le fromage, elle s'élança vers son frère, disant: "Hugues, assurément, j'ai trouvé le fromage''. L'enfant lui répondit: "A vrai dire, je sais où tu l'as retrouvé". Face aux exigences de sa soeur, il désigna le même endroit. La fillette admirant encore plus ses réponses: "Comment l'as-tu su?", demanda-telle. Et l'enfant: "Un homme de bel aspect et vêtu comme un prêtre s'est présenté à moi me demandant le motif de ma peine. Lorsque je lui ai dit, il me montra le fromage et me dit: "Lève-toi; tu le trouveras dans ce pot". "Vraiment", dit la petite fille, "alors que je dormais, le même homme m'est apparu et a utilisé les mêmes phrases". Se levant, ils dévoilèrent à leur mère cet événement extraordinaire; celle-ci le révéla au prêtre du village, Edric, qui, ayant fait venir tour à tour le garçon et la fille, entendit un seul et même récit des deux enfants, sans la moindre variante, et venant à Cantorbéry, fit rire presque tous ceux à qui il raconta cette histoire»5,

«Ce récit nous apporte de précieux renseignements sur la vie domestique,

5. Materials for the History of Archibishop Thomas Becket, rolls senese, dite par J. G. Robertson, no 67, vol. 2, 1875, Livre III, 51 ; traduit du latin par Cécile Treffort et Didier Lett.

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économique et religieuse anglaise de la fin du Xlle siècle. Il nous livre également des informations essentielles sur les jeux d'enfants, les qualités et l'autonomie des différents groupes d'âges dans le processus miraculeux, l'importance du lien frère-soeur, les modes d'éducation parentale, etc. Le temps de l'enfance est perceptible, temps libre et temps du jeu, temps de la maladie et de l'accident, temps de l'amour avec les proches. Mais si l'on s'arrêtait à ce premier niveau de lecture, on ne ferait pas un bon travail d'historien car on se laisserait piéger par sa source, au moins pour deux raisons: parce que le discours de l'hagiographe est complètement conditionné par la finalité du récit et parce que le temps du miracle se réinscrit dans le calendrier liturgique,

Temps du récit

Les récits de miracles possèdent une trame narrative similaire. Ils permettent donc de constituer des séries homogènes et de réaliser un travail sériel6. On peut, par exemple, calculer le temps écoulé entre le début du mal ou l'accident et l'invocation, le temps passé entre la demande d'intercession et le miracle ou encore la durée de Γ affection. Mais surtout, les récits de miracles se prêtent à un découpage en «plan-séquences»: la première séquence permet de voir de quelle manière l'enfant est présenté (dans le texte ci-dessus, pris comme exemple, la petite Béatrice est présentée par rapport à sa mère). La seconde séquence concerne les événements qui se déroulent avant l'accident, la maladie ou la perte (jeux des enfants); elle permet de repérer les personnages se trouvant autour de l'enfant dans ce qui est sans doute le plus proche de la «vie quotidienne», La troisième séquence porte sur l'événement qui va être à l'origine de la demande d'intercession (perte du fromage), La quatrième séquence est marquée par les vaines tentatives des personnages pour «régler le problème»: pose d'emplâtres ou d'herbes à valeur jugée curatives, absorptions de breuvages, visite chez un ou des médecins, déplacements dans d'autres sanctuaires, invocations d'autres saints (dans notre texte: recherche vaine du fromage). Le but de ces entreprises qui s'avèrent inutiles est de donner d'autant plus d'éclat au miracle qui va se produire. Tout personnage, quel qu'il soit, en entrant dans cette zone du récit, connaît des turbulences malignes qui annihilent ses actions. Les cinquième et sixième séquences offrent des renseignements sur les auteurs

6. Voir D. Lett, «Peut-on faire des miracles sur ordinateur ? Réponse avec quelques enfants du Moyen Age...», Hagiographie, hagiologie, Le Médiéviste et l'Ordinateur, no 34, Hiver 1996-1997, p. 24-3o.

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de la décision et de l'invocation (Béatrice et Hugues), La septième séquence fait apparaître les personnages qui, lorsqu'il y a déplacement au sanctuaire, se rendent (avec ou sans l'enfant) auprès du tombeau du saint. La huitième séquence narrative permet de voir qui se trouve autour de l'enfant au moment où le miracle se réalise. Enfin, les deux dernières parties du récits mettent en lumière, le cas échéant, ceux qui ont remercié et/ou témoigné auprès des inquisiteurs ou des moines qui ont rapporté l'événement (Béatrice et Hugues). Le fait que tous les récits fonctionnent en respectant le même rythme invite donc à être prudent sur la manière dont on peut se servir des miracula pour reconstruire la réalité. L'enfance est prise en otage par le temps du récit; elle apparaît toujours soumise à la finalité du récit qui, à travers des schèmes hagiographiques stéréotypés, doit montrer l'efficacité du saint et, en dernier instance, la toute puissance de Dieu en s'inscrivant dans un troisième temps, un temps linéaire, un temps biblique.

Temps de Dieu

Le récit de miracle se présente sous la forme d'une suite d'événements; il raconte une histoire (fonction mimétique). Mais il figure aussi un sens chrétien, fait passer un message biblique (fonction idéologique). L'historien doit toujours chercher à déceler ce qui est de l'ordre de «la ruse du narrateur» pour «faire croire» et ce qui est la transcription de la réalité. Le récit de miracles ne vise pas vraiment à donner une information nouvelle aux lecteurs mais présente souvent des lieux communs, La fonction est d'inciter à se remémorer des vérités qu'il connaît déjà. Ce phénomène est appelé «paradoxe informationnel» par J, - M. Lotman7. Michel de Certeau confirme cette idée, lorsqu'il écrit, en parlant du discours hagiographique: «il illustre une signification acquise alors qu'il prétend ne traiter que d'actions»8.

Ce troisième temps n'apparaît pas de manière explicite dans le récit qui met en scène Béatrice et Hugues. Aussi, peut-on donner d'autres exemples. Le premier est extrait du même recueil de miracula: la comtesse de Clare vient d'avoir un enfant qui depuis l'âge de quarante jours souffre d'une hernie. Après avoir consulté en vain des médecins elle finit par se rendre au sanctuaire de saint Thomas Becket, alors que l'enfant

7. J.- M. Lotman, «L'art canonique comme paradoxe informationnel», Le problème du canon dans l'art ancien et médiéval, Moscou, 1973.

8. M. De Certeau, L'écriture de l'histoire, Seuil, 1975, p. 274.

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est dans sa deuxième année. Elle ne choisit pas n'importe quel jour pour solliciter l'intercession du martyr puisque «partant pour le lieu de sa sépulcre le jour où la Bienheureuse Marie, mère et vierge, avait elle aussi présenté son fils au temple (comme on le lit dans l'Écriture), elle prit soin de présenter son propre fils au martyr pour qu'il soit guéri»9. Elle opte donc pour le 2 février, date du calendrier liturgique (jour de le Chandeleur) où Marie a présenté Jésus au Temple quarante jours après sa naissance et, suivant le rite juif, elle a été soumise à une cérémonie de purification (les relevailles). Ainsi, la guérison de l'enfant se réinscrit dans le temps chrétien et apparaît comme une purification, La comtesse sait que c'est un jour particulièrement favorable pour une mère qui demande que son enfant recouvre la santé.

Le second exemple, toujours extrait du recueil des mir ocula attribués à Thomas Becket met en scène une jeune fille âgée de treize ans, Salerna, qui, pendant l'absence de sa mère, incitée par les domestiques, dérobe un fromage dans le garde-manger de la maison. Accusée et menacée, elle décide de se suicider en se jetant dans un puits. Mais Thomas Becket intercède auprès de Dieu pour sauver la jeune fille10. Lorsque l'hagiographe évoque l'intervention divine, au centre de son récit, il saisit l'occasion pour montrer, à travers de nombreuses références scripturaires, que la main qui se tend, à cet instant, pour sauver la jeune fille, est la main qui, en d'autres temps, est intervenue pour sauver d'autres hommes:

«Ainsi, la jeune fille, après avoir tourné pendant longtemps, est engloutie par trois fois au fond de l'eau. Émergeant la quatrième fois, elle vit saint Thomas lui dire: "Tu ne périras pas; tu remonteras du puits" [...] Et malgré la hauteur du puits, celle qui s'était précipitée dedans n'avait pas été blessée. En effet, la main divine déposa en travers du puits un morceau de bois qui permit à la naufragée munie d'un bâton de s'appuyer sur le bord du puits. Cette main est celle qui aida l'homme juste qui tombait, afin qu'il ne soit pas brisé. En effet, ainsi qu'il a été dit: "Il t'aidera, et il affermira son bras, afin que l'ennemi ne puisse le corrompre, et que le fils de l'iniquité ne puisse lui nuire"11. Cette main

9. Materials for the History.., op. cit., vol. 2, Livre IV, mir. 94 et vol. 1, Livre II, 68.

10. Ibid, vol. 1, Livre III, 3. Sur ce très beau texte, voir édition et commentaire dans D. Lett, «Le diable, la jeune fille et le saint; le suicide de Salerna», Le temps des jeunes filles, Clio. Histoire, Femmes et Sociétés, no 4, 1996, p. 197-202.

11. Psaumes Lxxxix, 22-23.

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est aussi celle qui conduisit les fils d'Israël hors de la servitude d'Egypte, qui sortit Jonas du ventre du monstre marin, Daniel de la fosse aux lions, Pierre de la prison, Paul de la profondeur de la mer. Et cette main qui créa le lierre pour ombrager le prophète étouffant de chaleur, créa le bois pour venir en aide à la jeune fille naufragée».

Le troisième et dernier exemple est issu des Miracles de Notre-dame de Chartres, rédigés par Jean le Marchant au milieu du XlIIe siècle12. Un enfant «de petit age», Guillot, assiste aux ébats amoureux d'une «damoiselle» et de son amant. Ce dernier, à la demande de la jeune fille qui craint que l'enfant ne sache pas taire ce qu'il a vu et la dénonce à son père, coupe une partie de la langue de l'enfant. Celui-ci va à Chartres, mendie et prie en attendant un miracle. Le prodige se déroule en deux étapes. Dans un premier temps, le troisième jour après Pâques, la Vierge rend la parole à l'enfant sans reconstituer la langue, se trouvant ainsi, durant quarante sept jours, dans une situation tout à fait marginale, anormale: il parle alors que physiologiquement il n'en a pas les moyens. Puis, dans un deuxième temps, le jour de la Pentecôte, Notre-Dame, «Qui volait la chose parfaire», rend à l'enfant sa langue.

L'enfant est donc miraculé en deux temps (celui de Pâques et celui de Pentecôte) dans un récit qui est une longue parabole: le chevalier et la pucelle sont Adam et Eve commettant la faute; Celle-ci qui est désobéissance au Créateur est donnée à voir à travers l'enfant muet qui est la conséquence directe de leur acte. Le mutisme de l'enfant, c'est le péché originel dont tout enfant (de Dieu) est porteur. Le temps biblique avant la venue du Messie, c'est cet enfant infirme et mendiant en attente d'un miracle, ne pouvant répondre aux questions qu'on lui pose. La parole recouvrée, c'est la résurrection du Christ, le troisième jour après Pâques, Les apparitions et les miracles s'inscrivent souvent dans le temps liturgique et sont particulièrement nombreux pendant les épreuves de Carême, jusqu'aux Rameaux c'est-à-dire, avec le salut définitif, jusqu'à l'entrée à Jérusalem et le début de la semaine sainte.

Pendant la période qui sépare Pâques de la Pentecôte, selon les Actes des Apôtres (1, 14) les apôtres prient, comme Guillot à Chartres (qui devient ici l'allégorie de Jérusalem). Le jour de la Pentecôte l'enfant recouvre la parole totalement. Ce deuxième miracle se déroule dans l'église, au moment où, en raison de la fête pour la descente de l'Esprit Saint,

12 Jean le Marchant, Miracles de Notre-Dame de Chartres, édité par Ρ. Kunstmann, Ottawa, 1973, IV.

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une foule nombreuse assiste à l'office. Cette référence aux temps de l'Evangile est ici explicite puisque Jean le Marchant, comme l'auteur latin dont il se sert, indique que le second miracle se produit:

«A icel j or et a celle eure Que le seint esperit desore Ses doze apostres envoia Li haus pères qui nos cria, En langues de feu embrassées, Et leur langues renouvelées Fist parler en noveax langages, Por aler en terres sauvages Preescher son non et sa gloire.,,».

Dans les Actes des Apôtres on peut en effet lire: «Ils (les apôtres) virent apparaître des langues qu'on eût dites de feu; elles se divisaient, et il s'en posa une sur chacun d'eux. Tous furent alors remplis de l'Esprit Saint et commencèrent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur ordonnait de s'exprimer [...] Chacun (la foule des habitants cosmopolites de Jérusalem) les entendait parler sa propre langue». Et ils se demandaient: «Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle?»13.

Le procédé employé par Jean Le Marchant permet bien une lecture à plusieurs niveaux, procédant par analogie. Le but est de montrer aux chrétiens, à travers des exemples hagiographiques, que les grands événements de l'histoire du salut se répètent toujours. Ces références implicites invitent le lecteur ou l'auditeur à se remémorer les grands événements de l'histoire biblique.

Comme l'a très bien montré Alain Boureau, les récits médiévaux, quels qu'ils soient, en cache tous un: le récit chrétien. «La vie chrétienne enchaîne donc des séries de copies du récit dont la vie de Jésus est l'original. Mais l'imperfection nécessaire de chaque copie empêche la duplication de l'événement, que prépare pourtant son évocation sans fin»14.

Le temps du miracle, comme il s'inscrit dans un calendrier eschatologique et liturgique, est souvent très précis: «douze jours avant la Pentecôte», «quatre semaines après Pâques», etc. En revanche, le début du mal, l'âge du bénéficiaire, la durée de la maladie, qui sont à l'échelle d'une vie humaine, ont, somme tonte, peu d'importance au regard du

13. Actes des Apôtres, 2, 1-11.

14. Α. Boureau, L'événement sans fin, Paris, 1993, p. 11.

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temps de Dieu. Alors l'hagiographe les situe par un ab infantici, ou diuturna. Ce qui donne de l'éclat au miracle, n'est pas le fait de savoir que l'enfant miraculé a cinq ou dix ans, qu'il souffre d'une affection depuis deux ans ou trois ans mais que le miracle dont il a été le bénéficiaire s'est déroulé à la Pentecôte, à Pâques, à la Chandeleur ou à la fête de saint Michel, afin de mieux fixer le récit dans la mémoire des hommes. Le miracle doit servir le «récit efficace» de l'Église et rappeler les événements forts du récit premier, essentiellement la vie de Jésus. «La narration cléricale apparaît comme un dispositif où le didactique piège le narratif»15. L'hagiographe travestit, retravaille le temps de l'enfance en le soumettant au temps du récit et au temps de Dieu,

15. Id., «Narration cléricale et narration populaire. La légende de Placide Eustache». Les saints et les stars. Le texte hagiographique dans la culture populaire, études réunies par J.- Cl. Schmitt, Paris, 1979, p. 52.

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ΛΕΥΚΗ ΣΕΛΙΔΑ

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ΠΕΡΙΕΧΟΜΕΝΑ

Πρόγραμμα του Συμποσίου 7-15

Κατάλογος συνέδρων 16-24

Προσφωνήσεις 27-33

Οι εκπαιδευτικοί μηχανισμοί 35-72

Γιάννης Κόκκωνας, Ο "πολύτιμος καιρός" των μαθητών του Κεντρικού Σχολείου 37-53

Κωνσταντίνα Ζορμπαλά, Έλληνες φοιτητές στα γερμανικά Πανεπιστήμια κατά τον 19ο αιώνα 55-62

Βαγγέλης Καραμανωλάκης, Η εισαγωγή της φροντιστηριακής ιστορικής διδασκαλίας στο πρόγραμμα σπουδών του Πανεπιστημίου Αθηνών 63-72

Εργασία και πολιτική 73-137

Μαρία Παπαθανασίου, Η οικονομική λειτουργία των παιδιών στα φτωχότερα στρώματα της Αυστρίας (1880-1940). Σκέψεις για μια μικροϊστορία της παιδικής ηλικίας στη σχέση της με ιστορικούς χρόνους 75-87

Ζιζή Σαλίμπα, Η πολυτέλεια του φτωχού: Η καθαριότητα της νέας εργάτριας στον πατερναλιστικό λόγο του 19ου αιώνα 89-97

Μαρία Κορασίδου, Για την προστασία της υγείας των παιδιών τον 19o αιώνα 99-104

Τασούλα Βερβενιώτη, Η αναδιευθέτηση του χώρου και του χρόνου των νέων στην Ελλάδα του Μεσοπολέμου, από τη σκοπιά των κοριτσιών 105-116

Στρατής Μπουρνάζος, Στρατόπεδο Μακρονήσου, 1947-1950. Εθνική και αντικομμουνιστική αγωγή 117-137

Σελ. 395
http://www.iaen.gr/includes/resources/auto-thumbnails.php?img=/home/www.iaen.gr/uploads/book_files/51/gif/396.gif&w=600&h=91533. Πρακτικά Συμποσίου, Χρόνοι

Στους χρόνους της Ανθρωπολογίας και των νοοτροπιών 139-211

Αλεξάνδρα Μπακαλάκη, Ανθρωπολογικές προσεγγίσεις της ηλικίας 141-156 Μαρία Μήτσου, Παραμυθική αφήγηση. Η πορεία προς τον αρχέγονο χρόνο 157-164

Δέσποινα Δαμιανού, Το παραμύθι και οι επιλογές του εκπαιδευτικού Δημοτικισμού 165-172

Αναστασία Παπαδία-Λάλα, Παιδί και διοίκηση στις βενετοκρατούμενες ελληνικές περιοχές 173-180

Μιχαήλ Βαρλάς, Οι παράλληλοι χρόνοι. Ο κύκλος της ζωής στα πλαίσια της κοινότητας (Χίος 17ος-18ος αϊ.) 181-190

Άννα Ματθαίου, Οι διάρκειες των συμβόλων γύρω από την παιδική ηλικία. Ιστορία-Λαογραφία 191-200

Έφη Κάννερ, Φιλανθρωπικός λόγος, ορφανά και αποκρυστάλλωση κοινωνικών ταυτοτήτων στην ελληνορθόδοξη κοινότητα της Κωνσταντινούπολης (1861-1912) 201-211

Στον κόσμο της Τέχνης 213-270

Ηλίας Αντωνόπουλος, Παιδαριογέρων : Η απεικόνιση της πρώιμης σοφίας 215-231

Μαριέττα Σέρβου, Ανήσυχοι και νέοι γύρω στα 1845 233-241

Ράνια Πολυκανδριώτη, Οι χρόνοι της Ιστορίας στα αναγνωσματάρια και τα παιδικά διηγήματα τον Α. Π. Κουρτίδη 243-252

Αγγέλα Καστρινάκη, Νεαροί καλλιτέχνες στην ελληνική πεζογραφία. Η κουλτούρα του εγωτισμού και κάποιες "ελλείψεις" 253-263

Ελίζα-Άννα Δελβερούδη, Οι νέοι διασκεδάζουν: Ελεύθερος χρόνος και ψυχαγωγία στις κωμωδίες του ελληνικού κινηματογράφου 265-270

Ελεύθερος χρόνος και αθλητισμός 271-345

Χριστίνα Κουλούρη, Η ώρα του σώματος: Αθλητισμός, άσκηση και ψυχαγωγία στο ελληνικό κράτος (1870-1922) 273-286

Μηνάς Δημητρίου, Ο σχολικός αθλητισμός κατά την οθωνική περίοδο (1833-1862). Ανατομία μιας ατελούς απόπειρας μεταφύτευσης τον γερμανικού γυμναστικού συστήματος 287-292

Ελένη Φουρναράκη, Σωματική αγωγή των δύο φύλων στην Ελλάδα τον 19ου αιώνα 293-315

Σελ. 396
http://www.iaen.gr/includes/resources/auto-thumbnails.php?img=/home/www.iaen.gr/uploads/book_files/51/gif/397.gif&w=600&h=91533. Πρακτικά Συμποσίου, Χρόνοι

Γιώργος Κόκκινος, Υγεία, αλκή, καλοκαγαθία: Ορθόδοξη Εκκλησία και σωματική αγωγή. Οι αντιστάσεις και η βαθμιαία προσαρμογή 317-345

Στρογγυλή Τράπεζα 347-393

Ιστορία της παιδικής ηλικίας και της νεότητας: Οι Ιστοριογραφικές οπτικές και οι χρόνοι τους 349-369

Συντονιστής: Σπύρος Ασδραχάς

Εισηγητές: Φίλιππος Ηλιού, Didier Lett, Ελεωνόρα Σκουτέρη-Διδασκάλου, Bernard Vernier

Bernard Vernier, L'importance du nom et de la ressemblance supposée dans le destin affectif et social des enfants 370-383

Didier Lett, Temps de l'enfance, temps du récit, temps de Dieu dans les récits de miracles des XlIe-XIVe siècles 384-393

Σελ. 397
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ΛΕΥΚΗ ΣΕΛΙΔΑ

Σελ. 398
http://www.iaen.gr/includes/resources/auto-thumbnails.php?img=/home/www.iaen.gr/uploads/book_files/51/gif/399.gif&w=600&h=915 33. Πρακτικά Συμποσίου, Χρόνοι

ΤΑ ΠΡΑΚΤΙΚΑ ΤΟΥ Γ' ΔΙΕΘΝΟΥΣ ΣΥΜΠΟΣΙΟΥ

ΟΙ ΧΡΟΝΟΙ ΤΗΣ ΙΣΤΟΡΙΑΣ ΓΙΑ ΜΙΑ ΙΣΤΟΡΙΑ

ΤΗΣ ΠΑΙΔΙΚΗΣ ΗΛΙΚΙΑΣ ΚΑΙ ΤΗΣ ΝΕΟΤΗΤΑΣ

ΤΡΙΑΚΟΣΤΟ ΤΡΙΤΟ ΔΗΜΟΣΙΕΥΜΑ ΤΟΥ

ΙΣΤΟΡΙΚΟΥ ΑΡΧΕΙΟΥ ΕΛΛΗΝΙΚΗΣ ΝΕΟΛΑΙΑΣ

ΣΤΟΙΧΕΙΟΘΕΤΗΘΗΚΑΝ ΣΤΗ ΜΟΝΟΤΥΠΙΑ ΠΑΛΗΒΟΓΙΑΝΝΗ,

ΣΕΛΙΔΟΠΟΙΗΘΗΚΑΝ ΚΑΙ ΤΥΠΩΘΗΚΑΝ ΣΤΟ ΤΥΠΟΓΡΑΦΕΙΟ

ΜΑΝΟΥΤΙΟΣ ΤΗΣ ΑΛΕΞΑΝΔΡΑΣ ΧΡ. ΜΑΝΟΥΣΑΡΙΔΗ

ΤΟΝ ΝΟΕΜΒΡΙΟ ΤΟΥ 1999 ΜΕ ΕΠΙΜΕΛΕΙΑ ΚΑΙ ΔΙΟΡΘΩΣΕΙΣ ΓΙΑΝΝΗ ΚΟΚΚΩΝΑ

ΓΙΑ ΛΟΓΑΡΙΑΣΜΟ

ΤΗΣ ΓΕΝΙΚΗΣ ΓΡΑΜΜΑΤΕΙΑΣ ΝΕΑΣ ΓΕΝΙΑΣ

Σελ. 399
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ΛΕΥΚΗ ΣΕΛΙΔΑ

Σελ. 400
http://www.iaen.gr/includes/resources/auto-thumbnails.php?img=/home/www.iaen.gr/uploads/book_files/51/gif/401.gif&w=600&h=915

Εικ. 1

Σελ. 401
http://www.iaen.gr/includes/resources/auto-thumbnails.php?img=/home/www.iaen.gr/uploads/book_files/51/gif/402.gif&w=600&h=915

Εικ. 2

Σελ. 402
http://www.iaen.gr/includes/resources/auto-thumbnails.php?img=/home/www.iaen.gr/uploads/book_files/51/gif/403.gif&w=600&h=393

Εικ. 3

Σελ. 403
Φόρμα αναζήτησης
Αναζήτηση λέξεων και φράσεων εντός του βιβλίου: Πρακτικά του Διεθνούς Συμποσίου «Οι χρόνοι της Ιστορίας για μια ιστορία της παιδικής ηλικίας και της νεότητας»
Αποτελέσματα αναζήτησης
    Ψηφιοποιημένα βιβλία
    Σελίδα: 384
    33. Πρακτικά Συμποσίου, Χρόνοι

    TEMPS DE L'ENFANCE, TEMPS DU RECIT,

    TEMPS DE DIEU DANS LES RECITS DE MIRACLES

    DES XIIe-XIVe SIECLES

    DIDIER LETT

    Des travaux récents montrent l'intérêt que les médiévistes portent à l'histoire de la jeunesse et de l'enfance1. L'ensemble de ces ouvrages indique clairement que les positions de Philippe Ariès soutenues en 1960 sont fausses2: il est en effet désormais admis qu'au Moyen Age, "le sentiment de l'enfance" existe, le souci éducatif des pédagogues comme des parents est très fort, une terminologie précise est utilisée pour désigner tel ou tel enfant et les ages de l'enfance sont bien délimités et ne se confondent en aucun cas avec l'âge adulte.

    Dans le cadre de ce colloque, il est inutile de revenir sur ces aspects. Il m'a paru plus important de montrer comment s'élabore l'histoire de l'enfance médiévale, quelles sont les méthodes utilisées et, en particulier, comment le temps de l'enfance peut être appréhendé à travers une source particulière: les récits de miracles.

    Ce type de source a souvent été étudié par les historiens de la médecine, surtout pour répertorier les types de maladie dont souffraient les

    1. Pour une bibliographie à jour, on peut se reporter à Pierre Riche et D. Alexandre-Bidon, L'enfance au Moyen Age, Paris, Seuil, BNF, 1994, p. 215-218 et à P.- A. Sigal, "L'histoire de l'enfant au Moyen Age; une recherche en plein essor", Histoire de l'éducation, 1998 (à paraître). On citera uniquement les principaux ouvrages parus ces deux dernières années: D. Alexandre-Bidon et D. Lett, Les enfants au Moyen Âge (Ve-XVe siècles), Paris, Hachette, 1997; Ε. Becchi et D. Julia dir., Histoire de l'enfance en Occident, t. 1, Paris, Seuil, 1998; R. G. Finucane, The Rescue of the Innocents Endangered Children in Medieval Miracles, St. Martin's Press, New York, 1997; D. Lett, L'enfant des miracles. Enfance et société au Moyen Age (XHe - XHIe siècles). Paris, Aubier, 1997; G. Levy et J.- Cl. Schmitt, Histoire des jeunes en Occident, Paris, Seuil, 1996.

    2. Ces positions sont pourtant encore largement admises auprès d'un grand public et parfois même auprès de nombreux collègues non médiévistes. A cet égard, certains travaux contenus dans E. Becchi et D. Julia dir.. Histoire de l'enfance, op. cit., pourtant la synthèse la plus récente, sont particulièrement décevants.