Συγγραφέας:Διεθνές Συμπόσιο
 
Τίτλος:Actes du Colloque International, Historicité de l’ enfance et de la jeunesse
 
Τίτλος σειράς:Ιστορικό Αρχείο Ελληνικής Νεολαίας
 
Αριθμός σειράς:6
 
Τόπος έκδοσης:Αθήνα
 
Εκδότης:Γενική Γραμματεία Νέας Γενιάς
 
Έτος έκδοσης:1986
 
Σελίδες:709
 
Αριθμός τόμων:1 τόμος
 
Γλώσσα:Γαλλικά
 
Θέμα:Βιβλιογραφία
 
Διεθνή Συμπόσια
 
Κοινωνική ενσωμάτωση
 
Μαθητεία και εργασία
 
Νεανικά έντυπα
 
Νεανικές οργανώσεις
 
Νοοτροπίες και συμπεριφορές
 
Παιδεία-Εκπαίδευση
 
Τοπική κάλυψη:Ευρώπη
 
Περίληψη:Πρόκειται για μετάφραση στα γαλλικά των Πρακτικών του πρώτου επιστημονικού συμποσίου, που διοργάνωσε η επιτροπή του ΙΑΕΝ σε συνεργασία με την Εταιρεία Μελέτης Νέου Ελληνισμού. Το συμπόσιο, με θέμα «Ιστορικότητα της παιδικής ηλικίας και της νεότητας», έγινε στο αμφιθέατρο του Εθνικού Ιδρύματος Ερευνών από τη 1 έως τις 5 Οκτωβρίου 1984.
 
Άδεια χρήσης:Αυτό το ψηφιοποιημένο βιβλίο του ΙΑΕΝ σε όλες του τις μορφές (PDF, GIF, HTML) χορηγείται με άδεια Creative Commons Attribution - NonCommercial (Αναφορά προέλευσης - Μη εμπορική χρήση) Greece 3.0
 
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RENA STAVRIDI-PATRIKIOU

LA "COMPAGNIE ÉTUDIANTE" (1910) ET LE PROBLÈME DE L'APPROCHE DES MOUVEMENTS D'AVANT-GARDE

En 1910 est fondée à Athènes une association estudiantine sous le nom de Φοιτητική Συντροφιά (Compagnie étudiante), avec le but, d'après les statuts publiés, "de contribuer à l'avènement de la langue grecque vivante dans tous les genres de notre littérature écrite"1. Il s'agit donc d'une initiative collective organisée de jeunes partisans du démotique, qui se manifestent pour la première fois dans un milieu particulièrement sensible et de toute façon ouvertement hostile vis-à-vis du mouvement "démoticiste": l'Université.

L'association, tributaire de la mobilité et du renouvellement de personnes, propres aux unions étudiantes, cessera ses activités pour réapparaître deux fois encore sous le même nom, en 1915 et en 1921, et maintenir alors sans interruption sa présence au moins jusqu'en 1929. Il faudrait cependant réviser les dates plus ou moins connues de l'activité de la Compagnie étudiante, puisque des éléments ont été découverts prouvant qu'une association estudiantine a existé sous la même appellation dans les années 1931, 1932 et 1933. Il résulte aussi des mêmes témoignages que l'activité de la Compagnie étudiante s'est développée dans un espace plus large: il semblerait qu'en 1931, la même association ait fonctionné à l'Université de Salonique.

C'est donc d'abord dans une période dépassant les vingt ans qu'il faudra rechercher les éléments qui permettent de recenser l'activité et évaluer l'importance de cette association étudiante, qui a toujours gravité autour de l'idéologie du mouvement démoticiste. Cet axe idéologique

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1. V. le texte complet des statuts dans la revue Noumas, n° 380, 21 février 1910, p. 1. Le texte est signé, dans l'ordre, par Philippos Dragoumis, Miltos Koundouras, Costas Charitakis, Vassilis Rotas et Timos Ioannidis.

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qui, cependant, impose une référence permanente à l'histoire même du mouvement démoticiste, la variété des réactions sociales et politiques vis-à-vis de ce mouvement ainsi que le caractère fragmentaire de la présence et de l'activité de l'association rendent normale, au moins dans une première étape, une approche et une étude par périodes.

Pour les raisons mentionnées ci-dessus, cette brève présentation ne concerne que la première période de fonctionnement de l'association et se propose avant tout d'établir les moyens de rechercher et de concevoir les dimensions réelles des manifestations d'avant-garde signalées en Grèce dans la première décennie du 20ème siècle.

Quant au cadre temporel de la première période d'activité de la Compagnie étudiante, il y a une certitude: les statuts portent la date du 17 février 1910 et, en ce qui concerne la première interruption de son activité, un témoignage contemporain publié par l'un de ses membres la situe en été 1911 2. Il ne s'agit donc que d'une activité recouvrant un an et demi à peine.

C'est une association non reconnue. Les associations, avant le vote de la loi de 1914, étaient créées par décret royal édicté par le ministre de l'Intérieur. Le décret en question ainsi que les statuts étaient publiés au Journal Officiel. Les statuts de la Compagnie étudiante que nous connaissons, publiés dans la revue Noumas et écrits en langue démotique, n'auraient aucunement pu être présentés, au moins sous cette forme, à l'autorisation du ministre de l'Intérieur. L'hypothèse selon laquelle d'autres statuts auraient été présentés en langue «catharévoussa» (langue puriste) de manière à obtenir la constitution légale de l'association a aussi été examinée: les numéros du Journal Officiel de l'année 1910 ne mentionnent aucun décret royal s'y rapportant. Nous devons donc admettre qu'il s'agit d'une association absolument informelle.

Trente-trois membres ont été recensés jusqu'ici pour cette première période. Cependant, parmi ces 33, la qualité de membre n'est indéniable que pour seulement 14, puisqu'elle est explicitement mentionnée dans les documents rédigés par la Compagnie étudiante elle-même à l'époque de son fonctionnement. Sur leur qualité de membre, en ce qui concerne les 19 autres, il n'existe que des témoignages écrits ou oraux ultérieurs. Rechercher des données chiffrées dans ce genre d'enquêtes équivaut, il est vrai, à une marche sur des sables mouvants. Déjà en février 1911, dans une lettre publiée dans la revue Noumas et signée «Compagnon»,

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2. V. G. Κ., «Για τα μέλη της Φοιτητικής Συντροφιάς», in Δελτίο του Εκπαιδευτικού Ομίλου, t. 3, 1913, p. 341.

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ce qui laisse supposer un membre, il est question de 80 membres3. Dans une note de la rédaction de cette même revue sont mentionnés un mois après 110 membres4. L'écart est considérable entre ces 14 membres dont le nom est connu, qui apparaissent publiquement et ces 110, ce qui ne facilite en rien la recherche du pourcentage de la Compagnie étudiante dans le corps étudiant. Cependant, les chiffres d'origine officielle concernant ce groupe n'offrent pas une plus grande certitude.

Je n'ai pas pour autant l'intention de m'attaquer au problème des statistiques grecques et je tiens comme plus fiable le chiffre fourni par le bureau des statistiques du Ministère des cultes et de l'enseignement public pour l'année 1910-1911 (publié en 1912). Pour cette année-là, le total des étudiants de toutes les années dans les facultés de l'Université d'Athènes (rappelons que ce sont les facultés de Droit, de Théologie, de Philosophie, de Physique et Mathématique, de Médecine, ainsi que l'École de Pharmacie) était de 3358. Si l'on ajoute à ce chiffre les étudiants de l'École Normale —et il est probable que certains des membres de la Compagnie étudiante proviennent de cette école— ils sont 89 pour cette même année; on observe que le corps étudiant où la Compagnie étudiante puise ses membres est de l'ordre de 3.500 (3.467 pour être exact) étudiants. Si les membres de l'association sont bel et bien 110, il s'agit là d'un chiffre important qui implique certaines questions.

D'après ce que nous savons, le mouvement pour le démotique est, en 1910, tout sauf un mouvement de massé; le combat est toujours mené grâce surtout à des voix isolées de lettrés et d'intellectuels reconnus. Psicharis avait d'ailleurs publié en 1905 une liste des partisans du démotique, établie sur des critères assez lâches —ceux qui avaient fait paraître ne fût-ce qu'une traduction en démotique—qui ne comptait que 150 noms. Il notait même qu'il avait omis certains noms d'étudiants: «J'ai été obligé de rayer quelques noms», écrit-il «car on m'apprend d'Athènes qu'untel et untel sont en dernière année de Philologie, ils vont bientôt passer leur examen et, si nous imprimons leurs noms, ceci reviendrait à dire à leurs professeurs: frappez!... Des espions de XXX et de XXX enragent de savoir quels sont les étudiants de Philologie qui fréquentent les bureaux de Noumas»5.

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3. V. Noumas, IX, 1911, p. 141.

4. Ibid., p. 192.

5. G. Psicharis, «Τρομοκρατία», Ο Νουμάς, n° 133, 30 janvier 1905, p. 1. Ρόδα και Μήλα, t. E2, Athènes 1909, p. 33.

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De tels témoignages existent aussi pour les années suivantes et sont publiés dans Noumas, ce qui prouve que l'ambiance reste inchangée à l'Université d'Athènes jusqu'à l'année 1910, année où la Compagnie étudiante est fondée. Une telle ambiance nous laisse supposer que les 110 membres de la Compagnie étudiante ou plutôt les 96 d'entre eux qui continuent à se taire, se sentent avec raison menacés si leur appartenance à l'association «pour le démotique» venait à être connue. C'est probablement la raison pour laquelle il est aujourd'hui difficile de repérer leurs traces.

Néanmoins, si dans ce climat il n'y avait ne serait-ce que 110 «sympathisants» du démotique, il faut (1) penser que ce mouvement commençait à acquérir une base dans l'Université, qui n'était pas cristallisée mais consistait en une influence diffuse assez large et (2) nous demander si une différenciation n'avait pas commencé dans le corps étudiant lequel, au moins jusqu' alors, s'était montré fervent des conceptions scolastiques sur la langue exprimées par l'Université, ce qui était apparu de manière dramatique lors des batailles de la traduction en démotique des Évangiles et de l'Orestie.

D'après les éléments dont nous disposons —je cite à ce propos les statuts de la Compagnie étudiante réapparue en 1915 où la langue démotique n'est plus un but mais un instrument, les buts étant «...la propagation de la pensée libre et l'enracinement de la pure vérité dans la vie et l'éducation idéologique»— nous pouvons supposer qu'effectivement un processus s'était engagé sur la voie de l'élaboration d'idées de critique et de contestation sociale au sein de l'Université, ce qui néanmoins n'apparaîtra qu'ultérieurement, lorsque des groupes correspondants feront leur apparition en ce lieu.

Pour l'instant, il ne s'agit que d'un groupe de 14 étudiants connus, qui apparaissent et publient un «bulletin» accueilli par le combatif Noumas et développant une activité non seulement littéraire mais aussi parfois ayant un caractère d'intervention politique.

Il s'agit donc d'un groupe d'avant-garde. Mais par rapport à quoi? Comment peut-on décrire et étudier une avant-garde qui fait son apparition dans les conditions sociales de la Grèce au cours des premières quinze années du siècle? Un premier moyen, sans doute nécessaire, est d'étudier son action et ses textes: ce qu'elle a fait et ce qu'elle a dit. C'est la voie empruntée par la plupart des recherches qui ont un pareil objet, p.e. le mouvement démoticiste. On étudie le travail interne au sein d'un mouvement et on aboutit souvent à une description globale de celui-ci ou du groupe, des tendances diverses qui se manifestent à l'intérieur,

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des équilibres obtenus ou bien des ruptures apparues. Ces conclusions concernent normalement les idées et les conceptions qui ont dominé ou qui ont disparu dans le mouvement d'avant-garde même.

Il serait néanmoins plus urgent d'évaluer le caractère d'avant-garde d'un groupe «à l'envers», c'est-à-dire sur la base de la résistance opposée par la société à ce que le groupe en question exprimait et qui éventuellement troublait les équilibres sociaux et culturels existants.

Pour une telle investigation du cas de la Compagnie étudiante en tant qu'association d'avant-garde, je propose que les couples suivants soient étudiées: a) Compagnie étudiante et université, b) Compagnie étudiante et corps étudiant et c) Compagnie étudiante et opinion publique.

L'opposition à l'intérieur de ces couples apparaît clairement dans deux exemples, puisés dans les événements politiques ci-dessous, survenus pendant la période d'activité de la Compagnie étudiante: en mars 1910, dans le cadre général de la revendication d'une épuration formulée par la «Ligue militaire» et conformément à la loi 3731/31.3.1910, il fut décidé d'étendre cette épuration au personnel professoral de l'Université d'Athènes. Par une mesure spéciale du Ministre de l'enseignement public, 17 professeurs sur 54 furent renvoyés trois mois après, mois pendant lesquels l'agitation fut vive.

La Compagnie étudiante a proclamé tout de suite, dès même sa première publication, qu'elle se déclarait en faveur de l'épuration6. La réaction des trois autres ensembles sus-mentionnés fut la suivante: l'Université a repoussé jusqu'à la possibilité offerte par la loi de constituer des commissions consultatives pour juger des cas, en déclarant qu'elle laissait le gouvernement assumer seul la lourde responsabilité d'un tel acte. Le corps étudiant ou une fraction de celui-ci, dont on n'a pu évaluer les effectifs, mais néanmoins assez importante pour provoquer des émeutes dans la rue, procéda à deux manifestations avec à leur tête le professeur G. Mistriotis, de la faculté de Philosophie, et présenta une pétition au Parlement et au ministère demandant le maintien des professeurs dans leurs fonctions.

Il est certainement plus difficile de décrire l'attitude de l'opinion publique. Il n'empêche que parmi les journaux athéniens, seul Acropolis, pro-gouvernemental, et le marginal Noumas livrèrent un combat pour soutenir cette action du gouvernement. Le reste des journaux, par exemple Athinai et Chronos consacrent en moyenne un article par

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6. V. Noumas, n° 384, 21 mars 1910, p. 4.

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jour deux mois durant, clouant au pilori la loi sur l'épuration de l'Université (notons entre parenthèses que pendant cette période d'autres lois sont aussi votées, concernant l'épuration d'autres services publics, par exemple de la Cour des comptes, qui pourtant ne provoquent pas une telle réaction). Dans les publications critiquant l'épuration de l'Université, une mention est faite à des étudiants qui ont manifesté leur admiration pour cette action du ministre de l'enseignement public. Le journal Athinai demande que ceux-ci «cessent d'être étudiants».

Le fait que la Compagnie étudiante se porte solidaire d'un acte gouvernemental ne doit pas prêter à confusion. L'épuration universitaire de 1910 offre un exemple caractéristique d'un phénomène qui n'est pas rare, où les résistances sociales se montrent plus puissantes que les décisions politiques. C'est ainsi que, dans les deux ans qui ont suivi et sous un gouvernement de E. Venizélos, la plupart des professeurs renvoyés furent nommés de nouveau.

L'autre exemple qui montre l'opposition entre la Compagnie étudiante et les trois ensembles sociaux et institutionnels mentionnés, ainsi que l'ampleur de la résistance que ceux-ci ont opposée, est offert par les événements de janvier-mars 1911 sur la consécration de la«catharévoussa» par la constitution de la IIe Assemblée de révision constitutionnelle.

Les positions des couples ci-dessus face aux événements étaient les suivantes: la Compagnie étudiante diffuse un tract, signé par un comité directeur de trois membres (Miltos Koundouras, Manos Vatalas, Mikhalis Ghionis) et daté du 28 février 1911, c'est-à-dire deux jours après l'ouverture du débat parlementaire sur l'article de la constitution concernant le problème de la langue. Il a pour titre «Protestation de la Compagnie étudiante» et porte en sous-titre «Au peuple». Cette protestation ne vise pas directement l'article de la constitution, mais elle constitue un manifeste où s'exprime l'indignation causée par les accusations portées contre la Compagnie étudiante, traitée d'organisation traître et anti-nationale, et qui affirme la foi en la «langue populaire». «Nous ne sommes pas l'instrument de l'étranger», écrivaient-ils, «ni ne touchons de l'argent de quiconque, mais nous soutenons la langue populaire par amour de la patrie... Nous chérissons notre Patrie et le Peuple, puisque nous écrivons la langue que le Peuple parle. Nous ne sommes pas des traîtres et des 'vulgaires' comme ne l'étaient évidemment pas ni Solomos ni Valaoritis».

Sans référence claire au débat qui se déroulait à la IIe Assemblée de révision constitutionnelle, il fut néanmoins distribué, comme il 

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résulte des éléments à notre disposition, pendant les manifestations étudiantes ou autres organisées à plusieurs reprises pendant le débat sur la langue. Noumas reprend même d'un journal de Patras un événement survenu lors de la distribution du tract de la Compagnie étudiante à une réunion ayant eu lieu à Patras à l'occasion de la visite de G. Mistriotis, alors en tournée dans les villes de province pour renforcer le sentiment populaire en faveur d'une protection constitutionnelle de la «catharévoussa».

Voici les réactions des trois ensembles devant les événements: a) L'Université: à l'initiative de G. Mistriotis est créé le «Comité de défense légitime de la langue nationale» avec pour présidents d'honneur deux métropolites, comme président Mistriotis même et comme membres, le procureur de la Cour de cassation, le doyen de l'université d'Athènes et d'autres professeurs de cette même université, b) le corps étudiant: est constitué le «Grand comité des étudiants» qui devient l'instigateur principal —surveillé par le comité de Mistriotis— des troubles qui ont lieu trois mois durant dans le but d'imposer à la constitution la clause sur la langue. La Compagnie étudiante est même désormais dénoncée ouvertement dans le document panégyrique publié dans les journaux par ce comité: «Les étudiants de l'Université nationale» peut-on lire, «restés aux premiers rangs pour la sauvegarde des reliques sacrées, la langue et la religion (...) désavouent avec indignation et livrent à l'anathème éternel de la patrie tous les adversaires et ennemis de notre langue nationale, ces représentants du peuple grec qui ont osé, du haut de cette tribune vénérée de l'Assemblée nationale, défendre le parler impur des «malliaroi», ainsi que la Compagnie étudiante, la honte de l'université nationale et de l'hellénisme tout entier»(...)7.

Quant à l'attitude de l'opinion, je ne mentionnerai pas dans son cas le recensement des publications de la presse dont résulte effectivement un grand nombre de textes demandant la reconnaissance de la «catharévoussa» dans la constitution, mais à un autre recensement, qui devra être effectué plus soigneusement qu'il ne l'a été jusqu'ici: il s'agit de l'évaluation du rapport des forces en présence dans la Ile Assemblée de révision constitutionnelle de 1911. C'est cette assemblée qui est créditée du fameux «compromis» sur la langue, justifié quatre ans plus tard, en 1915, par Venizélos en personne, en tant qu'indispensable au rétablissement de l'unanimité nationale, surtout en vue de la préparation des guerres balkaniques8.

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7. Journ. Χρόνος, numéro du 3 mars 1911.

8. Venizélos a fourni des explications sur son attitude à la IIe Assemblée de

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Cette interprétation semble plausible et plus ou moins imposée jusqu'à aujourd'hui. Il s'agit néanmoins d'un point de vue élaboré sur la base d'une analyse a posteriori de la tactique suivie par Venizélos à cette époque, afin d'assurer des conditions qui auraient permis la conduite des luttes nationales et renforcée, bien sûr, après les «confidences» qu'il a faites sur ce sujet à Alexandrie en 1915.

Cependant, le recensement des forces composant la IIe Assemblée de révision démontre que le «compromis» crédité à cette Assemblée et à Venizélos, en personne, ne concernait pas uniquement des forces politiques d'opposition mais aussi une grande partie du courant venizéliste. C'est-à-dire que si l'on regarde avec quelle ardeur les députés du parti libéral ont soutenu le vote de l'article de la constitution en question, et surtout combien et qui s'apposèrent à un règlement constitutionnel de l'affaire, on conclura que: a) la marche arrière n'a pas été faite seulement pour obtenir une unanimité au-dessus des partis, mais aussi pour sauvegarder la cohésion dans le parti et b) l'opinion qui a réclamé si fermement la reconnaissance de la «catharévoussa» n'a pas été façonnée uniquement par les éléments des vieux partis et la foule étudiante menée par G. Mistriotis, mais aussi par une fraction importante du monde venizéliste.

D'après les données chiffrées dont nous disposons sur la composition de la IIe Assemblée de révision, il résulte que le parti libéral exerçait pratiquement un contrôle total: sur un total de 346 sièges prévus, ce parti, suite à l'abstention de G. Théotokis, D. Rallis et K. Mavromikhalis, s'en est assuré 260. Pourtant, 18 seulement de ces 260 députés se sont manifestés contre le vote de l'article sur la langue, avec en tête les cinq députés du parti des «sociologues», élus bien sûr dans les listes venizélistes mais qui, d'après leur déclaration, maintenaient leur autonomie de parti. A part c'est-à-dire ce groupe de «sociologues», seuls 13 autres sur les 260 du parti libéral, ont combattu contre l'adoption dans la constitution de la clause sur la langue; leur trait commun étant qu'ils étaient tous élus pour la première fois au Parlement.

Il est évident que les forces qui s'opposèrent à la reconnaissance constitutionnelle de la «catharévoussa» étaient très peu nombreuses et par conséquent ne pouvaient à elles seules soutenir l'intention éventuelle de Venizélos de se dérober au vote de cet article. D'autre part, ces forces

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révision à un groupe de partisans du démotique qu'il a rencontré à Alexandrie en avril 1915. V. compte-rendu de cette rencontre dans la rev. Νέα Ζωή, t. 9, 1915, p. 379-382.

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étaient aussi tout à fait nouvelles non seulement dans l'arène politique, mais aussi pour les idées qu'elles exprimaient. Ceci, associé aussi au fait qu'une partie de ces idées provenaient du «corps étranger» constitué par les «sociologues» — doit avoir suscité de sérieuses réserves dans la grande majorité des députés de Vénizelos qui avaient derrière eux une longue vie parlementaire.

D'après donc ce qui précède, Vénizelos, mis à part ses adversaires politiques, les troubles étudiants et les positions véhémentes de la presse et de l'Église, a dû affronter un problème supplémentaire: un équilibre à maintenir parmi les libéraux, entre les forces nouvellement parues et les éléments bien plus nombreux des vieux partis qui l'avaient soutenu. Par conséquent, le poids de ces éléments ainsi que l'intention de Vénizelos de sauvegarder les équilibres et la cohésion dans le parti semblent avoir constitué les facteurs principaux qui l'amenèrent à une prise de position ambiguë au Parlement, qui a laissé le chemin ouvert au vote de la clause.

Ceci constitue le dernier exemple qui montre l'importance de l'évaluation du rapport réel des forces à chaque fois, afin de décrire et nous prononcer sur le caractère avant-gardiste des actions d'un groupe comme la Compagnie étudiante. Par ce moyen, nous découvrons des éléments d'avant-garde, non seulement dans les activités majeures déjà mentionnées de cette association, mais aussi dans ses activités secondaires.

Le même procédé devra amener à reconsidérer le terme de «compromis» utilisé, comme on le sait, si souvent dans la bibliographie pour décrire l'itinéraire par étapes et effectivement marqué d'hésitations du mouvement pour le démotique dans l'enseignement, auquel la Compagnie étudiante est indissolublement liée.

C'est d'ailleurs peut-être le seul et unique moyen d'éviter le risque d'approcher les phénomènes d'avant-garde d'autres époques avec des idées et images nées après-coup.

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ΛΕΥΚΗ ΣΕΛΙΔΑ

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GEORGES G. ALISSANDRATOS

LE «GROUPE ACADÉMIQUE» DE LA FACULTÉ DE PHILOSOPHIE DE L'UNIVERSITÉ D'ATHÈNES

Le «Groupe académique» de la faculté de Philosophie de l'Université d'Athènes (1925-1936) fut une association étudiante progressiste qui a évolué dans le cadre du mouvement démotique. Plusieurs de ces membres on offert plus tard des services éminents en tant que pédagogues, d'autres sont devenus des hommes de sciences et de lettres éminents.

Le «Groupe académique» fut créé le 21 janvier 1925 —date où ses statuts ont été autorisés— et fonctionna jusqu'en février 1936, onze années au total. Mais il y eut des intervalles assez longs, pendant lesquels l'association se trouva inactive ou inexistante. Les premiers statuts du «Groupe»1 nous apprennent qu'il avait pour but «le développement aussi bien scientifique en philologie que encyclopédique en général de ses membres» (art. 1) et que pour le réaliser il organisait des conférences ou des lectures «d'un contenu scientifique ou philologique» —je crois que ce dernier a le sens de «littéraire»— des excursions et tout ce qui pourrait être jugé utile (art. 2). Les conférences et lectures étaient données soit par des professeurs et autres savants et lettrés connus, soit par des membres du «Groupe». Les conférences étaient suivies d'un débat (art. 3).

Lors de sa création, le «Groupe» n'avait ni orientation politique ou sociale, ni parti-pris sur la langue. L'article 4 de ses statuts interdisait les manifestations politiques et sociales ainsi que les discussions sur la langue: «Le Groupe a pour unique but le développement de [ses] membres, et s'abstient de toute manifestation politique, sociale ou sur la langue. Toute discussion sur la question contemporaine de la langue

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1. Publié intégralement dans la rev. Δελτίον Ακαδημαϊκού Ομίλου Φιλοσοφικής Σχολής Πανεπιστημίου, n° 1, janvier 1926, p. 29-30.

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est interdite». D'après l'art. 5, le «Groupe» pouvait entrer en contact avec d'autres associations estudiantines, en particulier celles des étudiants de la faculté de Philosophie, «ce contact pourtant», ajoute l'article, «doit se borner au seul plan scientifique».

Ces clauses restrictives des statuts font évidemment preuve d'un conservatisme social et linguistique; il me faut cependant affirmer dès le début que, malgré les clauses en question, le «Groupe» laissait une liberté de langue absolue dans les conférences et les publications de ses membres. Ceci apparaît dans les études des quatre numéros de son Bulletin, 1926, (j'y reviendrai plus tard) et est confirmé par la note suivante du premier numéro de ce Bulletin (janvier 1926, p. 31): «Rappel nécessaire: Afin de progresser le plus rapidement possible vers son but, le Groupe a posé pour principe de rester étranger à toute manifestation politique, sociale ou sur la langue (v. Stat. art. 4). C'est pourquoi il n'a jamais voulu, par ses déclarations, ses documents, ses invitations, etc. aborder la question de la langue. Il l'a considérée comme question hors discussion dès le début, sans conclusion effective, et c'est pourquoi il l'a exclue des statuts. De même que, lors des réunions du groupe, les orateurs utilisent la langue qui leur convient, les études publiées dans le Bulletin seront pareillement écrites dans la langue préférée de l'auteur».

Malgré tout, le «Groupe académique» a, dès le début dans la question de la langue, penché vers le camp du démotique. Le titre de «Groupe académique» montre déjà l'influence du «Groupe pour l'enseignement» du mouvement démotique (1910 et suiv.) comme aussi le titre de sa revue, parue en 1926, Bulletin du Groupe académique, rappelle de Bulletin du Groupe pour renseignement (1911-1924, 11 vol.).

Il n'est pas exclu que les clauses restrictives mentionnées dans les statuts aient servi une arrière-pensée politique, c'est-à-dire de ne pas empêcher l'autorisation de l'Association dans une période difficile pour le pays. En effet, le climat politique et social à l'époque où fut créé le «Groupe», ainsi que sa première période (1925-1926) est très mouvementé et instable, marqué par des coups d'État répétés à la suite de la catastrophe d'Asie mineure en 1922: réfugiés, révolte de l'armée (Plastiras), exécution des Six, putsch métaxiste de Leonardopoulos et Gargalidis (octobre 1923), proclamation de la République par l'Assemblée le 25 mars 1924 (gouvernement Al. Papanastassiou) et finalement dictature de Théodore Pangalos (25 juin 1925 au 21/22 août 1926; il fut renversé par Condylis). A propos du climat culturel de l'époque,

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il suffit de citer l'affaire du "Maraslion" en 1925-1926 2. Mais nous allons reparler bientôt des opinions en faveur du démotique du "Groupe académique".

On peut distinguer 4 périodes dans les onze années que le groupe a duré: 1925-1926, 1928-1929, 1930-1933 et 1935-1936.

Première période: 1925-1926: le premier Bureau du Groupe -de cinq membres d'après ses statuts- fut constitué par Dionysios A. Zakythinos, Linos N. Politis3, Theophylactos Papaconstantinou, Marcos Tsouris4 et Alexandra Iliou. Le "Groupe" portait sur son sceau: "Groupe académique de la faculté de Philosophie -Athènes 1925". Il n'y avait pas besoin d'autres précisions -"de l'Université d'Athènes"- puisqu'il n'y avait pas alors d'autre université dans le pays (celle de Salonique a fonctionné en 1926). J'ignore si les compte-rendus de l'époque sont conservés -aucun parmi ceux à qui j'ai demandé n'a pu me renseigner- et je ne puis donc mentionner, à part les membres du Bureau, d'autres noms de membres de l'époque si ce n'est ceux de: N.P. Andriotis5, Sofia Mavroïdi6, Stylianos Kapsoménos7, Sofia Ghédéon, Evanghelos Fotiadis, Pandelis Formosis, Kostas Ftyaras et G. Sampson.

Dans la période 1925-1926, l'activité scientifique du "Groupe" consistait, on l'a dit, en conférences et lectures. Dans les quatre numéros de son Bulletin (1926) figurent, en tant qu'orateurs, le professeur Théophanis Kakridis, C. Amandos et A. Wilhelm (de l'université de Vienne),

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2. V. Τα Μαρασλειακά. Έκθεσις Γεωργίου Αντωνακάκη, αρεοπαγίτου. Athènes 1926.

3. Mort le 21 décembre 1982. V. Georges Kechayoglou, "Λίνος Ν. Πολίτης (1906-1982)", Ελληνικά t. 34, p. 7-22, où sont mentionnées toutes les publications sur sa mort.

4. Mort le 7 septembre 1982. V. Un collaborateur (=Georges G. Allisandratos), "Μνήμη Μάρκου Τσούρη (1904/1905-1982)", journ. Το Βήμα, 6 novembre 1983, p. 12.

5. Mort le 29 septembre 1976. V. Costas Roméos, "Νικόλαος Ανδριώτης", Νέα Εστία, t. 100, 1976, p. 1379-1381. Vassilis D. Foris, "Αντιχώρισμα στον καθηγητή Νικόλαο Π. Ανδριώτη", Νέα Εστία, ibid., p. 1584. Idem, "Νικόλαος Π. Ανδριώτης (1906-1976)", Ελληνικά, t. 29, 1976, p. 426-430. Stylianos G. Kapsoménos, "Νικόλαος Ανδριώτης", Βυζαντινά, t. 9, 1977, p. 513-524.

6. Morte en 1976. V. Dimitris Yacos, "Σοφία Μαυροειδή-Παπαδάκη", Νέα Εστία, t. 100, 1976, p. 956-957. Aussi Eli Alexiou, Έλληνες Λογοτέχνες, Athènes 1982, p. 119-147 ("Σοφία Μαυροειδή-Παπαδάκη, ένας σπάνιος άνθρωπος").

7. Mort le 15 mai 1978. V. Emm. Kriaras, "Στέλιος Καψωμένος (1907-1978)" Νέα Εστία, t. 103, 1978, p. 823-825. Également [divers], Φιλολογικό μνημόσυνο Στυλιανού Καψωμένου (από τη Φιλοσοφική Σχολή του Πανεπιστημίου Θεσσαλονίκης), Thessalonique 1983.

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ainsi que Linos Politis, I. Sycoutris, Dionysios Zakythinos, I.T. Kakridis, Pyrros Bamichas et P. Kamarinéas. De nombreux professeurs et autres personnalités assistent à ces manifestations: Georges Sotiriadis, Christos Tsoundas, Théophanis Kakridis, C. Amandos, Antonios Kéramopoulos, Socratis Koughéas, Simos Menardos, Erricos Skassis, P. Lorendzatos, Adamantios Adamantiou, I. Kallitsounakis, Nicos Bées, Dim. Cambouroglou, Manolis Triandafyllidis, Alexandros Filadelfeus, Costis Palamas, P. Fourikis et A. Sigalas. Le «Groupe» organisait aussi des excursions sur des sites archéologiques et historiques, auxquels participaient et enseignaient les professeurs Georges Sotiriadis, Antonios Kéramopoulos —surtout lui— C. Amandos, P. Lorentzatos, Socratis Koughéas, Adamantios Adamantiou et Simos Menardos.

En plus de son activité sus-mentionnée, le «Groupe» publia en 1926 une petite revue philologique intitulée, comme nous l'avons vu, Bulletin du Groupe académique de la faculté de Philosophie de l'université. Celle-ci était une revue purement scientifique. Quatre numéros en tout sont parus, de janvier à mai 1926 (120 pages en tout) dans lesquels furent publiées trois études de professeurs: Christos Tsoundas, C. Amandos et A. Wilhelm, et six études de membres du «Groupe» ou de jeunes philologues (dans l'ordre de publication: I. Sycoutris, D. Zakythinos, Pyrros Bamichas, Sophia Ghédéon, Theophylactos Papaconstantinou et G. Sampson. De plus, une poésie de Palamas dédiée à I. T. Kakridis, trois poésies inédites de Lascaratos présentées par D. Zakythinos, ainsi que des notices bibliographiques de Ν. Ζ., Theophylactos Papaconstantinou, Linos Politis et I. Sycoutris. Des notes sont enfin publiées sur l'activité du «Groupe» et sur certains événements de la faculté de philosophie. La conception globale du Bulletin, ainsi que la qualité des études qui y sont publiées font immédiatement apparaître l'intention scientifique rigoureuse des membres du «Groupe».

Avec le numéro 4/5 du Bulletin (mai 1926), l'activité éditoriale du «Groupe» et peut-être aussi son fonctionnement prennent fin. Il ne semble pas qu'il ait fonctionné pendant les années 1926-1927 et 1927-1928.

Deuxième période: après plus de deux ans d'interruption, le «Groupe» a de nouveau fonctionné l'année 1928-1929. Le hasard ayant fait que j'ai été le dernier secrétaire de l'association (1935-1936), j'ai en ma possession les compte-rendus des années suivantes: il s'agit de deux registres, l'un allant du 16 décembre 1928 au 15 mars 1932 et l'autre

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du 23 mars 1932 au 25 février 1936, date du dernier enregistrement. Il résulte donc de ces livres que:

Une assemblée générale a lieu le 16 décembre 1928, qui fait élire un bureau d'administration composé de Georges Kalamatianos, comme président, Sophia Kallerghi, vice-présidente, Euthymios Kourouklis, secrétaire et comme membres, Andréas Euthymiadis, S. Lipovats ainsi que les étudiants E. Voria et I. Diamantopoulou. L'activité du «Groupe» s'est encore une fois manifestée par des conférences, des débats et des excursions. Parmi les orateurs sont mentionnés le professeur Socratis Koughéas ainsi que les étudiants C. Fotiadis, Euth. Kourouklis, Manolis Protopsaltis, A. Euthymiadis, N. Limbéris et G. Kalamatianos. Prennent part aux excursions les professeurs Kéramopoulos, Bées, Pezopoulos, Arvanitopoulos, ainsi que le folkloriste Dimitrios Loukopoulos.

En avril 1929, paraît un numéro du Bulletin du «Groupe» où collaborent les professeurs Amandos, Kéramopoulos et Antonios Sigalas (de l'Université de Salonique). Ils répondent tous les trois longuement à une enquête du «Groupe» sur la question de l'«analphabétisme» qui avait alors ému l'opinion à l'occasion des examens d'entrée aux deux universités (d'Athènes et de Salonique) en 1928. Y collaborent également le folkloriste Dim. Loucopoulos, ainsi que les membres du «Groupe», Georges Kalamatianos, Euthymios Kourouklis, Sophia Kallerghi et Andréas Euthymiadis.

Entre-temps pourtant, il s'est produit un changement considérable dans l'orientation sociale et sur la langue du «Groupe». Dans l'article 4 des statuts, reproduit avec d'autres encore dans le Bulletin d'avril 1929 (p. 47) ne figure plus l'interdiction des manifestations sur la langue qui existait auparavant, et ceci sans déclaration aucune sur une éventuelle modification survenue entre-temps. En plus, ce qui en dit beaucoup sur l'époque, il y a dans la «chronique» de ce numéro une note courageuse concernant la vice-présidente du bureau, Sophie Kallerghi, laquelle —je copie— «a été convoquée devant le Conseil universitaire..., afin de s'expliquer sur ses menées communistes!».

Troisième période: une activité nouvelle commence pour le «Groupe» le 23 février 1930; elle va durer jusqu'en novembre 1933, avec un moment fort pendant la période février 1932-mars 1933. (Je dois signaler que depuis l'année 1932-33, j'ai été moi-même étudiant et j'ai donc des souvenirs personnels). Nous rencontrons dans les compte-rendus les noms suivants des membres du «Groupe» qui ont été aussi par moments membres du bureau d'administration pendant les trois années d'activité interne: Georges Kalokérinos et Euthymios Kourouklis, qui l'ont quitté

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en 1930 après avoir fini leurs études8. Viennent ensuite par ordre chronologique: S. Lipovats, Manolis Chadzidakis, Nikos Svoronos, E. Voris, Vostandzis, Exarchos, Nicos Zafiropoulos (secrétaire pendant un long moment: 22 mars 1930-21 novembre 1931), Aglaïa Loucopoulou, Thanassis Lycoyannis (président pendant une longue période: 29 avril 1930-15 avril 1932), Farandatos, N.M. Kondoléon9, Spiros Khairetakis, Nicos Soulias, Pan. Dorbarakis, Christos Sot. Theodoratos10 (longtemps secrétaire et président: 27 novembre 1931-13 novembre 1932), K. Petraki, Panos Xenos, Apostolos Chadziemmanouïl, Sophia Kallerghi, Nassos Dedzordzis, Theophilos Papagheorghiou, Costas Dimacopoulos (longtemps président: 13 novembre 1932-1er novembre 1933), Babis Floratos11, Fani Zafiridou, Andonis Broussalis (pendant longtemps secrétaire: 13 novembre 1932-12 février 1933, date où il fut renvoyé de la Faculté12, Alexandra Pappa, Yannis Vassiliou13, Andonis Moraïtis14, Nicos Gatsos, Eleni Gazi, Efi Ferendinou et Pavlos Ioakimidis15.

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8. Euthymios Kourouklis eut ensuite une brillante carrière dans l'enseignement secondaire, mais fut exécuté par les troupes d'occupation allemandes en février 1942 à Salonique. V. Elli Alexiou, Βασιλική δρυς, t. II, Athènes 1981, p. 317-321 et 462. Anghelo-Dionysis Debonos, "Ο δάσκαλος... Ευθύμιος Κουρούκλης. Σαράντα χρόνια από το θάνατό του", Κεφαλονιά και Ιθάκη, n° de janvier-février 1982, p. 13-17. Georges Allisandratos, "Μνήμη Ευθυμίου Γ. Κουρούκλη (1909-1942)", même revue, n° mars-avril 1982, p. 5-8. Idem, "Συμπληρωματικό σημείωμα για τον Ευθύμιο Γ. Κουρούκλη", op. cit., n° mai-juin 1982, p. 15-16.

9. Mort en 1975. V. N.N. Drandakis, Νικόλαος Κοντολέων, Νέα Εστία, t. 98, 1975, p. 1119. [Divers, éd. E.K. = Eurydice Kondoléon], Στήλη, Athènes 1975.

10. Mort en 1974. V. Théodoros Xydis, "Χρίστος Σ. Θεοδωράτος", Νέα Εστία, t. 96, 1974, p. 1115-1116. Dim. S. Loukatos, "Χρίστος Θεοδωράτος (1910-1974)", Δελτίον της Ιονίου Ακαδημίας, t. Ι, Corfou 1977, p. 190-195.

11. Mort en 1982, V. Ν. Κ. Louros, "Χαράλαμπος Φλωράτος", Νέα Εστία, t. 111, 1982, p. 817-818.

12. Note rédigée après le colloque. Andonis Broussalis est mort le 14 novembre 1984. V. nécrologie anonyme dans le journ. Ριζοσπάστης, 15 novembre 1984, p. 1. Égal. un hommage du journ. Ρίζος της Δευτέρας, 19 novembre 1984, p. 16, avec de brefs articles de: Panos Xenos, G.C. Tsapogas, Vassos Cheorghiou et Spiros Marcandonis sur sa mort.

13. Tué pendant la guerre d'Albanie.

14. Mort en 1981. V. Costas Gheorgoussopoulos, "Αντώνης Μωραΐτης", Νέα Εστία, t. 110, 1981, p. 1616-1617. V. aussi le numéro de l'"Εταιρεία Σπουδών" de l'école Moraïtis "Μνήμη Αντώνη Μωραΐτη (1914-1981)", [Athènes 1982], où figurent des textes de Nicos Svoronos, Stella Marangoudaki, Alexis Dimaras, Nicos Chourmouziadis, Victor Th. Mélas, Elena Patrikiou et Mich. D. Stassinopoulos.

15. Mon compagnon d'études et ami précieux Alcibiade Margaritis, ayant assisté à mon discours, m'a fait savoir dans l'intervalle que Pavlos Ioakimidis fut exécuté

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On retrouve aussi en tant que simples membres: R. Cathariou, Andréas Euthymiadis, Picoulas, Tassos Gritsopoulos, Sotiriou, C. Iliopoulos, Karoukis, Vassos Rodakis16, I. Kouskounas, Sophia Anastassiadou, Papazafiri, Daskalaki, Constandondaki, C. Karavitou, Kalomiri, Sidiropoulou, Scoutari, Andonis Katsouros, Michalis Sakellariou, Papalambros, Babis Perdicaris, Paraskevaïdis, C. Moschopoulos, Anagnostopoulos, Grigoris Ikonomakos, Katsaréas, Georges Zevgolis, Manessis, Vamvoureli, Vassilis Laourdas17, Ioustinianis, Karvéla, Panos Rondoyannis, Alivizatos, Spyros Mourelatos, Laura Bachomi, Athina Vitsikounaki, Marika Strombouli, Charitaki, Froussios, Vassilis Moschovis, Mégaritou, Antoniadou, Mandzoros, Papagoulias, Ioannou, Georges Kodzioulas18, Costas Pavlidis, Costas Proussis, Krassoulis, Athanasios Floros, Papalexandris, Kalou, Channa, Molfeta, Diamantidou, Kokkotas, Costas Roméos, Sofika Doanidou, Iro Korbéti, Manolakou, Solon Voyatzakis19, Maïlis, Dimis Feretos, Katoussa Papadimitriou, Tassia Mikroni, Nitsa Gharvati et Stamatis Karadzas.

En ce qui concerne les effectifs pour cette période, nous possédons les données suivantes: Il y a 20 votants à l'assemblée générale du 21 mars 1930. 23 à celle du 8 avril 1930, 27 le 14 décembre 1930, 40 le 15 février 1931, 63 le 3 avril 1931, 37 le 15 novembre 1931, 35 le 13 novembre 1932 et 41 le 12 décembre 1931 et le 12 janvier 1933.

Entre-temps, l'activité du "Groupe" devient plus intense et plus nourrie, avec des orientations manifestement nouvelles. Une évolution interne prend corps parmi les membres, d'une nuance plus avancée en ce qui concerne la langue et la question sociale -on dirait même

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par les troupes d'occupation allemandes, ce que j'ai communiqué à l'auditoire.

16. Mort à Limnos le 24 février 1933. V. Μελέτη - Κριτική, n° 7, mars 1933, couverture, p. III.

17. Mort en 1971. V. Costas Tsiropoulos, "Βασίλιεος Λαούρδας", Νέα Εστία, t. 89, 1971, p. 477. C. Tsourcas et al., "Basil Laourdas (1912-1971)", in Balkan Studies, 12 (1971), p. 1-26; aussi John Papingis, "Basil S. Laourdas - Basic Bibliography", ibid., p. 27-40 (il existe un tiré à part de ces publications de Balkan Studies}. Emm. G. Protopsaltis, Βασίλειος Σ. Λαούρδας, (1912-1971). Μνήμη, [Le Pirée 1972]. Théodore Xydis, "Βασίλειος Λαούρδας (trois ans après sa mort)", Νέα Εστία, t. 96, 1974, p. 1328-1332. Ouvrage collectif Μελετήματα στη μνήμη Βασιλείου Λαούρδα, Thessalonique 1975, les pages 1-94. Κ. Mitsakis, Το φιλολογικό έργο του Βασίλη Λαούρδα (1912-1971). Έκδοση του Ιδρύματος Μελετών Χερσονήσου του Αίμου, Thessalonique 1976.

18. Mort, en 1956. V. Dimitris Yakos, "Γιώργος Κοτζιούλας", Νεα Εστία, t. 60, 1956, p. 1299-1300. M. D. Stassinopoulos, "Λίγα λόγια για τον Κοτζιούλα", ibid., p. 1439-1440. Π.Χ. [=Petros Charis], "Ένα χρέος", ibid., p. 1440.

19. Mort en 1942. V. Vas. Laourdas, "Σόλων Βογιατζάκης", Νέα Εστία, t. 32, 1942, p. 889-890.

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de gauche, sans pourtant généraliser. On organise comme toujours des conférences publiques sur des sujets philosophiques, philologiques, littéraires et sociologiques, qui sont assez nombreuses dans l'année 1931-1932; ont parlé, dans l'ordre: Thrasybule Vlissidis, N. Louvaris (deux fois), I. Chryssafis (trois fois), Panayotis Canellopoulos, Tellos Agras, Spyros Marinatos, I.N. Theodoracopoulos, P. Lorendzatos, Rosa Imvrioti, I. Sykrouttris, Stilpon Kyriakidis, et Emm. Kriaras20. Des réunions internes ont également lieu sur des sujets correspondants avec discussions intéressantes (deux cercles, philologique et philosophique), sans oublier les excursions scientifiques (Kéramopoulos, Ikonomou). Les idées nouvelles prédominent cependant de plus en plus.

Or, la question qui préoccupe avant tout le «Groupe» est sa «couleur» quant à la question de la langue. Cette question est posée pour la première fois à l'assemblée générale du 7 avril 1930, est débattue au bureau le 10 et 11 décembre 1930 pour être reconduite, avec une plus grande vigueur, lors de l'assemblée du 14 décembre 1930, sur proposition du secrétaire de l'association, Nicos Zafiropoulos. Une majorité se déclare en faveur du démotique, les conservateurs soutenant la catharévoussa (Iliopoulos, Farandatos, Kouskounas, Gritsopoulos, Ikonomakos); mais il y a aussi des progressistes qui ne désirent pas que le «Groupe» prenne parti, pour des raisons politiques. La question est de nouveau débattue au bureau (30 mars 1931), lequel propose enfin une modification des statuts lors de l'assemblée générale du 3 avril 1931. Le débat est vif et l'assemblée décide de modifier les statuts comme suit: «Le groupe a pour seul objectif le développement de ses membres, en s'abstenant de toute manifestation politique ou sociale [rien de nouveau là-dessus; c'est le reste qui change]. Quant à la question de la langue, il se range du côté du démotique. La langue démotique est l'instrument exclusif de ses membres, mais non pas un des buts du «Groupe»21. On peut lire dans le compte-rendu que «52 votèrent en faveur du parti pris pour la langue et 31 contre»— c'est le nombre le plus grand que nous rencontrons pour une assemblée générale.

Dans l'avant-propos du premier numéro de la nouvelle revue du «Groupe», Étude-critique, février 1932, p. 1 (j'y reviendrai par la suite) le changement d'attitude sur la langue est annoncé comme suit: «Dès le début de l'année 1930, notre association jette les bases d'une tâche

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20. V. revue Mελέτη - Κριτική, n° 1, février 1932, p. 24, n° 2, mars 1932, p. 24, n° 3 avril 1932, p. 24, n° 4, mai 1932, p. 27.

21. V. ibid., n°, 1 fév. 1932, p. 23.

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nouvelle. Son but reste toujours le même, poursuivre l'éducation scientifique de ses membres, mais c'est le moyen qui change. Cette éducation s'effectuera désormais par la langue démotique, la seule nationale». Et dans la page 23 de ce même numéro figure le commentaire suivant sur l'assemblée du 3 avril 1931: «Presque tous les membres avaient compris que le Groupe n'aurait pu vivre sans prendre position vis-à-vis de la question de la langue. Sa tradition était celle d'une association favorisant le démotique, malgré l'article relatif des statuts qui interdisait au Groupe de se mêler à la question. La question de la langue, n'en déplaise à ceux qui s'obstinent à professer, sans trop y croire, que ce n'est pas sérieux, est d'une importance nationale et sociale énorme, comme l'a souligné savamment le professeur Amandos dans une note éditoriale dernièrement parue dans le journal Politeia. Si le Groupe n'avait adopté cette position vis-à-vis de la vérité inébranlable de la question de la langue, il serait tôt ou tard promu au déclin. Lors donc de cette assemblée, l'article des statuts sur la langue a été modifié et le Groupe définit la langue démotique comme son instrument».

L'évolution progressiste aussi bien sur la langue que sociale au sein du «Groupe» apparaît aussi dans l'attitude du bureau vis-à-vis des autres association étudiantes de l'époque (ce qui nous apprend aussi les nuances de ces associations).

La décision du 21 novembre 1931 est à cet égard caractéristique. Je cite d'après le compte-rendu:

(e) on discute sur ΐ'attitude du Groupe face aux autres associations étudiantes. Il est décidé que le Groupe observe une attitude amicale vis-à-vis de toute association professionnelle, en particulier avec la Ligue des étudiants de la faculté de Philosophie, et qu'il sollicite ensuite le contact si c'est possible avec les associations de la faculté de Physique et de Mathématiques. Son attitude sera hostile envers l'association du «Progrès académique» ainsi qu'à l'«Association nationale de tous les étudiants»; il mènera une polémique contre cette dernière, s'agissant de questions de langue ou de liberté scientifique. Il sera favorablement disposé sur le plan scientifique envers la «Compagnie étudiante»22 et le «Groupe des étudiants d'avant-

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22. Sur la «Compagnie étudiante» et le «Progrès académique» voir les brèves publications suivantes: Linos Politis, «Η Φοιτητική συντροφιά και η ιστορία της», Νέα Εστία, t. 22, 1937, Ν° de Noël, p. 75-79; Al. Margaritis, «Φοιτητικοί σύλλογοι», Νέα Εστία, t. 23, 1938, p. 129 (additif à l'article de Politis). Linos Politis, «Τα φοιτητικά σωματεία», Νέα Εστία, ibid., p. 200 (réponse à la lettre de Margaritis), Takis Tactikos, «Ο Ακαδημαϊκός Όμιλος», Νέα Εστία, ibid., p. 200-201.

Takis Tacticos complète le premier article de Politis en ce qui concerne le «Groupe

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garde», sans se mêler du tout à leurs visées politiques et sociales. Son attitude sera simplement amicale envers le «Groupe universitaire d'Athènes pour l'Entente balkanique». Les membres du «Groupe académique» sont libres d'appartenir à n'importe quelle association estudiantine, mis à part le «Progrès académique» et le «Groupe national». (Signé:) Le président Thanassis Lycoyannis. Le secrétaire Nicos S. Zafiropoulos. Les membres K. Petraki, Théophilos Papagheorghiou, Christos Théodoratos, Costas Dimacopoulos, Babis Floratos».

Le «Groupe» décide par ailleurs, pour mieux agir sur les étudiants, de faire paraître de nouveau sa revue.

La question commence à être discutée au bureau du 17 novembre 1931. On discute sur le caractère de la revue le 30 novembre, et l'on décide que ce sera une revue «d'étude et de critique, c'est-à-dire une publication non pas strictement scientifique, mais plutôt théorique»— d'après le compte-rendu; le 13 décembre, il est décidé que «sa ligne sera également progressiste».

La nouvelle activité éditoriale du «Groupe» commence aussitôt. Le titre de la revue change en Étude-critique; Organe mensuel du «Groupe académique». Comme le titre l'indique, il consiste en deux parties: dans la première figurent des études et dans la seconde des notes de lecture. Dans la revue, d'après ses éditeurs «culmine en quelque sorte le travail entier («du Groupe»); notre tâche y sera en même temps négative et positive (critique), positive et créatrice (étude). Elle aidera les étudiants, non seulement à prendre position face aux diverses questions scientifiques (critique), mais être aussi créateurs, dans la mesure de leurs forces bien sûr. Elle n'aura pas de caractère strictement scientifique, les étudiants pouvant très peu apporter sur ce point, mais elle sera scientifique dans le sens large»23.

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académique», mais il ne connaît l'activité du «Groupe» qu'à partir seulement de 1928; il nous renseigne cependant sur l'activité du «Progrès académique». Il écrit: «A la «Compagnie étudiante» succéda le «Groupe académique» de la faculté de Philosophie, qui organisa maintes conférences scientifiques, des réunions régulières de ses membres très intéressantes, des excursions archéologiques ; il a publié aussi un bulletin périodique, l'Étude - Critique, où ont collaboré des éminents professeurs et des étudiants. Le «Groupe académique» des étudiants de la faculté de Philosophie fut actif à partir de 192§ avec des résultats impressionnants. Cependant la réaction ne manqua à aucun moment. Un autre groupe d'étudiants, partisans de la catharévoussa, langue morte, s'était organisé autour d'un certain «Progrès académique» qui a voulu agir sur un programme parallèle par réaction au «Groupe académique», sans se rendre compte que cette réaction renforçait le programme de celui-ci; il lui a aiguisé l'amour-propre et créé une compétition bienfaisante».

23. V. Μελέτη - Κριτική, n° 1, fév. 1932, p. 1.

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    6. Actes du Colloque, Historicite ...

    RENA STAVRIDI-PATRIKIOU

    LA "COMPAGNIE ÉTUDIANTE" (1910) ET LE PROBLÈME DE L'APPROCHE DES MOUVEMENTS D'AVANT-GARDE

    En 1910 est fondée à Athènes une association estudiantine sous le nom de Φοιτητική Συντροφιά (Compagnie étudiante), avec le but, d'après les statuts publiés, "de contribuer à l'avènement de la langue grecque vivante dans tous les genres de notre littérature écrite"1. Il s'agit donc d'une initiative collective organisée de jeunes partisans du démotique, qui se manifestent pour la première fois dans un milieu particulièrement sensible et de toute façon ouvertement hostile vis-à-vis du mouvement "démoticiste": l'Université.

    L'association, tributaire de la mobilité et du renouvellement de personnes, propres aux unions étudiantes, cessera ses activités pour réapparaître deux fois encore sous le même nom, en 1915 et en 1921, et maintenir alors sans interruption sa présence au moins jusqu'en 1929. Il faudrait cependant réviser les dates plus ou moins connues de l'activité de la Compagnie étudiante, puisque des éléments ont été découverts prouvant qu'une association estudiantine a existé sous la même appellation dans les années 1931, 1932 et 1933. Il résulte aussi des mêmes témoignages que l'activité de la Compagnie étudiante s'est développée dans un espace plus large: il semblerait qu'en 1931, la même association ait fonctionné à l'Université de Salonique.

    C'est donc d'abord dans une période dépassant les vingt ans qu'il faudra rechercher les éléments qui permettent de recenser l'activité et évaluer l'importance de cette association étudiante, qui a toujours gravité autour de l'idéologie du mouvement démoticiste. Cet axe idéologique

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    1. V. le texte complet des statuts dans la revue Noumas, n° 380, 21 février 1910, p. 1. Le texte est signé, dans l'ordre, par Philippos Dragoumis, Miltos Koundouras, Costas Charitakis, Vassilis Rotas et Timos Ioannidis.