Συγγραφέας:Διεθνές Συμπόσιο
 
Τίτλος:Actes du Colloque International, Historicité de l’ enfance et de la jeunesse
 
Τίτλος σειράς:Ιστορικό Αρχείο Ελληνικής Νεολαίας
 
Αριθμός σειράς:6
 
Τόπος έκδοσης:Αθήνα
 
Εκδότης:Γενική Γραμματεία Νέας Γενιάς
 
Έτος έκδοσης:1986
 
Σελίδες:709
 
Αριθμός τόμων:1 τόμος
 
Γλώσσα:Γαλλικά
 
Θέμα:Βιβλιογραφία
 
Διεθνή Συμπόσια
 
Κοινωνική ενσωμάτωση
 
Μαθητεία και εργασία
 
Νεανικά έντυπα
 
Νεανικές οργανώσεις
 
Νοοτροπίες και συμπεριφορές
 
Παιδεία-Εκπαίδευση
 
Τοπική κάλυψη:Ευρώπη
 
Περίληψη:Πρόκειται για μετάφραση στα γαλλικά των Πρακτικών του πρώτου επιστημονικού συμποσίου, που διοργάνωσε η επιτροπή του ΙΑΕΝ σε συνεργασία με την Εταιρεία Μελέτης Νέου Ελληνισμού. Το συμπόσιο, με θέμα «Ιστορικότητα της παιδικής ηλικίας και της νεότητας», έγινε στο αμφιθέατρο του Εθνικού Ιδρύματος Ερευνών από τη 1 έως τις 5 Οκτωβρίου 1984.
 
Άδεια χρήσης:Αυτό το ψηφιοποιημένο βιβλίο του ΙΑΕΝ σε όλες του τις μορφές (PDF, GIF, HTML) χορηγείται με άδεια Creative Commons Attribution - NonCommercial (Αναφορά προέλευσης - Μη εμπορική χρήση) Greece 3.0
 
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ANTONIA KIOUSSOPOULOU

L'ÂGE DU PERSONNEL POLITIQUE PENDANT LA GUERRE D'INDÉPENDANCE DE 1821 ET LA PÉRIODE DE CAPODISTRIA (1821-1832)

Déterminer l'âge et rassembler des informations sur la vie des hommes censés appartenir au personnel politique de la Grèce durant la période 1821-1832 a effectivement un sens, qui va au-delà des biographies ordinaires sur les héros de 1821; ces informations, une fois confrontées, nous permettent de nous représenter le potentiel humain employé dans l'organisation de l'État; nous pouvons aussi à travers celles-ci discerner des tendances ou des mentalités dans la vie politique de ces années-là.

Ce fut justement le premier objectif d'une recherche, qui se proposait d'étudier tout d'abord la présence et ensuite le rôle des jeunes dans les affaires politiques de la Grèce pendant la révolution et la période de Capodistria.

La première phase de cette investigation s'est achevée par la constitution d'un corpus de données concernant le personnel politique en son entier. Au cours de ce travail, les sources ont été répertoriées1 et, sur cette base, une liste de noms des membres du personnel politique a été

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1. Les principales sources utilisées furent: I. Archives

— Αθηναϊκόν Αρχείον (éd. I. Vlachoyannis) I, Athènes 1901.

— Αρχείον Ελληνικής Παλιγγενεσίας μέχρι της εγκαταστάσεως της βασιλείας, t. I-V, Athènes 1974-1978.

— Γενικά Αρχεία του Κράτους, Τα ιστορικά έγγραφα, του αγώνος του 1821 εις περιλήψεις και περικοπάς (éd. K. Diamandis), Athènes 1971.

— Ap.V. Dascalakis, Αρχείον Τζωρτζάκη-Γρηγοράκη. Ανέκδοτα ιστορικά έγγραφα Μάνης (1810-1835), Athènes 1976.

— Dinos Konomos, documents inédits des archives de Antonios Tzounis, Επετηρίς των Καλαβρύτων t. 2 (1970), p. 80-90.

— Georges Laïos, Ανέκδοτες επιστολές και έγγραφα του 1821. Ιστορικά δοκουμέντα από τα Αυστριακά Αρχεία, Athènes 1958.

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dressée; une fiche individuelle a réuni les données concernant chaque personnage, indiquant dates de naissance et de décès, son lieu d'origine, ses études, sa situation socio-professionnelle, ses fonctions politiques avant la révolution, dans la période 1821 -1832 et aussi après, son appartenance à un parti et tout autre activité signalée.

Je tenterai de donner une description des plus concises de ce matériau et, par la suite, je formulerai certaines questions ou des problèmes qui se posent et qui méritent réponse, pour que ce matériau désormais réuni, puisse être mis en valeur en tant que source historique. Nous avons inclus dans le personnel politique et répertorié les noms de 1535 personnes censées avoir influencé ou avoir été influencées par le pouvoir central dans le rapport politique qu'elles ont eu avec l'État. Plus précisément, on a répertorié tout d'abord les noms de ceux qui, au déclenchement de la révolution ont formé:

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— A.Z. Mamoukas, Τα κατά την αναγγέννησιν της Ελλάδος υπό διαφόρων Εθνικών Σννελεύσεων συνταχθέντα πολιτεύματα, le Pirée 1839.

— LA. Mélétopoulos, Η Φιλική Εταιρεία. Αρχείον Π. Σέκερη, Athènes 1967.

— V. Mexas, Οι Φιλικοί, Athènes 1937.

— Styl. Motakis, Συλλογή εγγράφων Ζαχαρία Πρακτικίδη (ή Τσιριγώτη). Έγγραφα των ετών 1810-1834, la Canée 1953.

— V. P. Panayotopoulos, Πίνακες Αρχείου Λουριώτη, Centre des Recherches Néohelléniques, Athènes 1963.

II. Journaux

— Γενική Εφημερίς της Ελλάδος, 1825-1832.

III. Mémoires

— Ν. Dragoumis, Ιστορικαί αναμνήσεις (éd. et ann. par. A. Anghelou), I-II, Athènes 1973.

— I. Makriyannis, Απομνημονεύματα (introduction et commentaire par Sp. I. Asdrachas), Athènes 1957.

— Michaïl Ikonomou, Ιστορικαί της Ελληνικής Παλιγγενεσίας, Athènes 1873.

— Georges Psyllas, Απομνημονεύματα του βίου μου, (éd. Eleuth. Prévélakis), Athènes 1974.

Les sources ne laissant pas transparaître d'autres informations que le lieu d'origine des membres du personnel politique, nous avons consulté des ouvrages à ce sujet et, tout d'abord, des encyclopédies et des dictionnaires. Les histoires locales et surtout des ouvrages traitant de la contribution à la lutte des combattants de régions données, ont été d'une grande utilité. Bien que ces ouvrages aient été consultés avec la plus grande réserve, concernant aussi bien le mode de leur composition que leurs informations souvent non prouvées, ils nous ont permis de compléter quelques fiches sur les personnes qui ont agi aux échelons les plus bas et qui, plus tard, disparaissent de la scène politique. Nous avons enfin utilisé des ouvrages qui soit sont des monographies concernant une personne précise, soit contenaient dans l'introduction des données biographiques pour quelques autres.

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— Les premières autorités locales (Sénat de Messenie, Ephorie de Karitaina, Ephorie générale, Ephorie de Imlakia, Communauté de l'Élide, Chancellerie de Corinthe, Chancellerie d'Argos, Parlement de Thessalie et Magnésie, Autorité des consuls de la Grèce orientale, Autorité d'Athènes, Ephorie générale du mont Athos, gouvernement d'Hydra).

— Les assemblées locales (ass. de Kaltetzai, de Zarakova, de la Grèce orientale, de la Grèce occidentale).

— Les premières autorités générales (Sénat du Péloponnèse, Sénat de la Grèce occidentale, Aréopage).

Ensuite ont été répertoriés les noms de ceux qui ont occupé les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, selon la distinction faite par la Constitution d'Épidaure. Il s'agit :

— des membres des Assemblées Nationales (1822-1832)

— des membres de l'Exécutif et du corps parlementaire (1822-1832)

— les membres du Comité Administratif de Grèce (1826, 1831-1832)

— les membres du Comité Vice-gouvernemental de Grèce (1826-1827)

— les membres du Parlement (1827), du Panhellénique (1828-1829) et du Sénat (1829-1832)

— les Directeurs des ministères et leurs employés

— les membres des tribunaux

— les membres des comités constitués pour assister la tâche du gouvernement et des Assemblées.

On a enfin répertorié les noms de tous ceux qui ont constitué l'administration des provinces, c'est-à-dire les membres des autorités régionales constituées malgré et après la création d'un pouvoir central, avant tout en Grèce continentale et dans les Îles de Hydra, Spetses et Psara (Comités Directeurs de la Grèce continentale orientale, de la mer Égée, Comité Directeur de la Grèce continentale occidentale et ainsi de suite); les gouverneurs des provinces nommés par le gouvernement et le personnel subalterne de l'administration des provinces. Le cas des notables des régions ou des communes nous a fait longuement réfléchir. Considérant que l'institution des notables conserve, au départ, une autonomie relative par rapport au pouvoir central et étant donné que, dans la mesure où ceux-ci influent sur lui par leurs représentants, ils sont signalés dans d'autres sources, nous n'avons pas répertorié les noms des notables pour la période allant jusqu'en 1828. Pour la période de Capodistria, quand l'administration régionale a été structurée plus rigoureusement

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et dépendait davantage du gouvernement, les notables ont été inclus dans le personnel politique.

Sur 360 des 1535 personnes inclues dans le personnel politique, rien d'autre n'est connu au moment précis où nous les rencontrons, excepté leur fonction politique. Il s'agit surtout d'individus agissant dans les couches les moins élevées de la hiérarchie.

Il n'a été possible de dresser une liste complète que pour 284 individus seulement, ce qui n'est pas un hasard. Un certain taux de perte de l'information mis à part, dû certainement à des lacunes dans la recherche, la manière dont les sources et les ouvrages consultés fournissent l'information relative est significative du poids spécifique assumé par chaque personnage dans la société néohellénique et, partant dans l'historiographie, et mériterait d'être étudiée pas seulement pour des raisons historiographiques.

Les informations pour les autres individus-membres du personnel politique sont éparses; elles concernent leur lieu d'origine, la date de leur décès et surtout leur itinéraire politique au cours des douze années. Enfin, on peut parfois en déduire leur date de naissance.

Quelques chiffres sont inévitables: 110 individus sur un total de 354 dont on connaît la date de naissance sont nés dans les années 1790-1799, ont donc de 30 à 40 ans à l'époque étudiée; 96 individus ont de 40 à 50 ans, nés entre 1780 et 1789 et 36 sont nés après 1800. Enfin, 107 individus sont nés avant 1780. Je ne crois pas utile de fournir pour eux des chiffres exacts; je noterai seulement qu'il y a une personne, Panoutsos Notaras, né en 1740, le plus âgé de tous. Son âge, 81 ans lors de la 1ère Assemblée nationale et, de l'autre côté, celui de Nicolaos Dragoumis, né en 1809, âgé donc de 19 ans quand il est nommé au secrétariat de Capodistria, fournissent un éventail de l'âge du personnel politique pour toute la période 1821-1832.

Considérant les pourcentages établis selon le lieu d'origine, nous avons les taux suivants: 25,5% du Péloponnèse, 23,4% de la Grèce continentale, 3,6% de l'Épire, 1,3% de la Thessalie, 1,3% de la Macédoine, 2% des îles Ioniennes, 15,8% des îles de la mer Égée, 4% de la Crète et 3% de l'Asie mineure et d'Odessa.

Quant à leur situation sociale, ces personnes sont, à titre indicatif, car certains parmi eux ne peuvent être classés dans une seule catégorie sociale: 52% de notables, 24,1% de commerçants-armateurs, 12,7% d'instituteurs-médecins-avocats, 9,2% de membres du clergé, 2% de Phanariotes.

Le pouvoir politique est donc, dans la période 1821-1832, entre

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les mains de gens dont la plupart (39%) sont âgés de 30 à 40 ans. La première question qui surgit est relative à la période de la vie humaine représentée par cet âge à l'époque étudiée. Une information tirée de Fotakos peut nous aider: en décrivant dans ses Mémoires2 le campement grec de Valtetsi, il affirme que tous les chefs de guerre avaient "l'âge mûr, de 20 à 55 ans". De l'autre côté, Makriyannis se mettant à écrire à 32 ans dit qu'il a appris à lire en sa vieillesse3. Il se peut que ce ne soit qu'une façon de dire pour mieux souligner la difficulté de sa tentative, mais ils apparaît aussi qu'il ne se sent pas quelqu'un de jeune ou qui vient juste de franchir la frontière vague somme toute de l'âge jeune. G. Gazis enfin, dans son Dictionnaire de la révolution4, ne mentionne que rarement l'âge de ceux dont la biographie y figure et ceci seulement quand il s'agit de personnes très jeunes, d'après son propre terme, ou bien de gens âgés. Comme l'a montré une rapide vérification, ce n'est pas une coïncidence s'il s'agit de personnes de moins de 20 ans.

Il est vrai que toutes ces informations ne concernent que des militaires. Nous disposons cependant aussi des limites d'âge posées par les premières constitutions pour les éligibles et que nous pouvons considérer comme indicatives, même si l'on sait que ces constitutions ont été élaborées sur la base de principes culturels différents de celles de Fotakos ou de Makriyannis. C'est ainsi que la constitution d'Épidaure fixait la limite d'âge à 30 ans, laquelle est abaissée à 25 ans5 par une décision de l'assemblée d'Astros, s'adaptant, à notre avis, aux pratiques courantes.

Selon une des hypothèses, un homme ayant plus de 20 ans serait donc considéré à cette époque assez mûr pour assumer au moins quelques responsabilités, et inaugurerait une période de sa vie où le nombre de ses années n'a plus besoin d'être précisé. Cette période prend fin quand il atteint la vieillesse (Sissinis, par exemple, est mentionné en tant que vieux et n'a que 61 ans à ce moment, tandis que Kolokotronis, ayant 50 ans lorsque la révolution commence, est resté dans l'histoire comme "le vieux de la Morée".

Cette hypothèse étant valable -et elle serait d'autant plus 

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2. Fotakos, Απομνημονεύματα περί της Ελληνικής Επαναστάσεως, Athènes 1960, p. 94.

3. Ι. Makriyannis, op. cit., p. 14.

4. Georges Gazis, Λεξικόν της Επαναστάσεως και άλλα έργα, (éd. et ann. par L. Vranoussis), Jannina 1971.

5. Alex. Svolos, Ta ελληνικά συντάγματα 1822-1852: η συνταγματική ιστορία της Ελλάδος (éd. et ann. par L. Axélos), Athènes 1972, p. 26.

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confirmée, si l'on arrivait à établir par d'autres voies la moyenne de vie— nous pouvons avancer qu'aucun des membres du personnel politique n'est jeune pour son époque et n'appartient donc à une catégorie à part d'après son âge, qui l'aurait différencié des autres et l'aurait classé conséquemment dans la hiérarchie. En 1824, participent au corps exécutif aussi bien Asimakis Fotilas, âgé de 63 ans que C. Mavromichalis, né en 1797.

Est-ce que, en fin de compte, tous ces gens-là appartiennent à une même génération? Canellos Deliyannis, 42 ans, appartient-il à la même génération que Alex. Mavrocordatos, né en 1790 ou, à plus forte raison, Nic. Dragoumis?

Quels sont les traits qui différencient ces hommes, dont certains continuent à exercer quelque fonction politique analogue à celle qu'ils exerçaient avant la révolution, et d'autres n'inaugurent qu'à peine leur carrière politique? Et quant à ces derniers, les moins âgés, dans quelle ambiance chacun a-t-il grandi et par quels appareils idéologiques a-t-il été éduqué, pour se retrouver à un moment donné mêlé à la politique? Peut-on parler de conditions sociales différentes ou différenciées lors des années juste avant la révolution, et les confronter à la génération des hommes qui grandissent au milieu de celles-ci? Quel est enfin le mécanisme qui propulse ces hommes vers le pouvoir politique, par ailleurs en relation étroite avec leur origine sociale?

De telles interrogations surgissent, de sorte que l'âge à lui seul ne suffit pas à établir l'importance réelle du fait que même les jeunes personnes —ne serait-ce que d'après les critères actuels— participent à la construction de l'État en train de se constituer. L'âge ne peut non plus expliquer la surprise —peut-être celle d'un vieillard— de Rangavis qui, à peine arrivé en Grèce, a constaté que son cousin Grégoire Soutsos, né en 1802, occupait «malgré son âge» un siège au Panhellénique6.

Au point atteint maintenant par l'enquête présente, nous ne pouvons que décrire seulement les groupes que l'on peut discerner, d'hommes qui se mêlent pour la première fois à la politique dans les années 1821-1832; la plupart d'entre eux sont des enfants de familles de notables continuant la tradition familiale. Ils deviennent surtout des membres des assemblées nationales et fournissent les effectifs de l'administration provinciale. Malgré les différences dans leur éducation et leur poids politique, leur origine de notables est un facteur décisif pour la place qu'ils occupent dans la vie politique des années en question.

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6. Alex. R. Rangavis, Απομνημονεύματα, t. I, Athènes 1894, p. 225.

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D'autres arrivent de l'étranger; ce sont les étudiants des universités occidentales et les Phanariotes, des hommes qui ont vécu de près les changements survenus en Europe et qui ont été influencés par les idées révolutionnaires de leur temps. Ceux-ci, mis à part les chefs reconnus Mavrokordatos, Ypsilantis et Negris, se rendent indispensables grâce, à leur instruction, à la consolidation de l'appareil étatique et sont d'habitude nommés tout d'abord à des postes de secrétaires, tout en se chargeant d'un rôle actif dans les corps législatifs. Si nous ajoutons à ces deux groupes ceux, moins nombreux, des militaires et des quelques commerçants venant à la politique par la voie de la Filiki Étairia, nous obtenons une première image, schématique, du potentiel humain qui participe au pouvoir exécutif et législatif, compose les tribunaux et constitue peu à peu le corps des fonctionnaires.

Le problème qui se pose par la suite est à coup sûr celui de la contribution de chaque groupe et de ses membres à l'élaboration des nouvelles institutions; c'est dans cette contribution que l'on cherchera les avant-gardes, si jamais elles existent.

Je m'avoue dans l'impossibilité de répondre à cette question, ainsi qu'à d'autres pour le moment. Car le travail qui reste à faire pour l'étape suivante de cette recherche est important. Il faut surtout mettre en relation les pourcentages que je viens de citer par couple du type âge/origine, âge/statut social, âge/fonction politique, fonction politique/origine et ainsi de suite, et également établir, par une méthode statistique plus précise cette fois, les pourcentages correspondants, par périodes, entre 1821 et 1832. Il faut aussi étudier attentivement et évaluer l'évolution de ces hommes dans la période traitée et après celle-ci. Il est enfin nécessaire d'examiner les possibilités offertes par la société grecque pour la constitution de ses couches dirigeantes à une époque où le décor politique se modifie, et commence à se stabiliser.

Il me semble que, si je me bornais à formuler quelques conclusions concernant le fait que le personnel politique n'est pas considérablement renouvelé pendant ces années, que les facteurs locaux jouent un rôle décisif dans sa formation ou que des familles de politiciens se constituent —conclusions pouvant être tirées même maintenant— ceci irait presque de soi et aurait été facilement taxé d'insuffisance par quiconque aurait présent à l'esprit l'objectif initial de cette recherche.

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ΛΕΥΚΗ ΣΕΛΙΔΑ

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RENA STAVRIDI-PATRIKIOU

LA "COMPAGNIE ÉTUDIANTE" (1910) ET LE PROBLÈME DE L'APPROCHE DES MOUVEMENTS D'AVANT-GARDE

En 1910 est fondée à Athènes une association estudiantine sous le nom de Φοιτητική Συντροφιά (Compagnie étudiante), avec le but, d'après les statuts publiés, "de contribuer à l'avènement de la langue grecque vivante dans tous les genres de notre littérature écrite"1. Il s'agit donc d'une initiative collective organisée de jeunes partisans du démotique, qui se manifestent pour la première fois dans un milieu particulièrement sensible et de toute façon ouvertement hostile vis-à-vis du mouvement "démoticiste": l'Université.

L'association, tributaire de la mobilité et du renouvellement de personnes, propres aux unions étudiantes, cessera ses activités pour réapparaître deux fois encore sous le même nom, en 1915 et en 1921, et maintenir alors sans interruption sa présence au moins jusqu'en 1929. Il faudrait cependant réviser les dates plus ou moins connues de l'activité de la Compagnie étudiante, puisque des éléments ont été découverts prouvant qu'une association estudiantine a existé sous la même appellation dans les années 1931, 1932 et 1933. Il résulte aussi des mêmes témoignages que l'activité de la Compagnie étudiante s'est développée dans un espace plus large: il semblerait qu'en 1931, la même association ait fonctionné à l'Université de Salonique.

C'est donc d'abord dans une période dépassant les vingt ans qu'il faudra rechercher les éléments qui permettent de recenser l'activité et évaluer l'importance de cette association étudiante, qui a toujours gravité autour de l'idéologie du mouvement démoticiste. Cet axe idéologique

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1. V. le texte complet des statuts dans la revue Noumas, n° 380, 21 février 1910, p. 1. Le texte est signé, dans l'ordre, par Philippos Dragoumis, Miltos Koundouras, Costas Charitakis, Vassilis Rotas et Timos Ioannidis.

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qui, cependant, impose une référence permanente à l'histoire même du mouvement démoticiste, la variété des réactions sociales et politiques vis-à-vis de ce mouvement ainsi que le caractère fragmentaire de la présence et de l'activité de l'association rendent normale, au moins dans une première étape, une approche et une étude par périodes.

Pour les raisons mentionnées ci-dessus, cette brève présentation ne concerne que la première période de fonctionnement de l'association et se propose avant tout d'établir les moyens de rechercher et de concevoir les dimensions réelles des manifestations d'avant-garde signalées en Grèce dans la première décennie du 20ème siècle.

Quant au cadre temporel de la première période d'activité de la Compagnie étudiante, il y a une certitude: les statuts portent la date du 17 février 1910 et, en ce qui concerne la première interruption de son activité, un témoignage contemporain publié par l'un de ses membres la situe en été 1911 2. Il ne s'agit donc que d'une activité recouvrant un an et demi à peine.

C'est une association non reconnue. Les associations, avant le vote de la loi de 1914, étaient créées par décret royal édicté par le ministre de l'Intérieur. Le décret en question ainsi que les statuts étaient publiés au Journal Officiel. Les statuts de la Compagnie étudiante que nous connaissons, publiés dans la revue Noumas et écrits en langue démotique, n'auraient aucunement pu être présentés, au moins sous cette forme, à l'autorisation du ministre de l'Intérieur. L'hypothèse selon laquelle d'autres statuts auraient été présentés en langue «catharévoussa» (langue puriste) de manière à obtenir la constitution légale de l'association a aussi été examinée: les numéros du Journal Officiel de l'année 1910 ne mentionnent aucun décret royal s'y rapportant. Nous devons donc admettre qu'il s'agit d'une association absolument informelle.

Trente-trois membres ont été recensés jusqu'ici pour cette première période. Cependant, parmi ces 33, la qualité de membre n'est indéniable que pour seulement 14, puisqu'elle est explicitement mentionnée dans les documents rédigés par la Compagnie étudiante elle-même à l'époque de son fonctionnement. Sur leur qualité de membre, en ce qui concerne les 19 autres, il n'existe que des témoignages écrits ou oraux ultérieurs. Rechercher des données chiffrées dans ce genre d'enquêtes équivaut, il est vrai, à une marche sur des sables mouvants. Déjà en février 1911, dans une lettre publiée dans la revue Noumas et signée «Compagnon»,

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2. V. G. Κ., «Για τα μέλη της Φοιτητικής Συντροφιάς», in Δελτίο του Εκπαιδευτικού Ομίλου, t. 3, 1913, p. 341.

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ce qui laisse supposer un membre, il est question de 80 membres3. Dans une note de la rédaction de cette même revue sont mentionnés un mois après 110 membres4. L'écart est considérable entre ces 14 membres dont le nom est connu, qui apparaissent publiquement et ces 110, ce qui ne facilite en rien la recherche du pourcentage de la Compagnie étudiante dans le corps étudiant. Cependant, les chiffres d'origine officielle concernant ce groupe n'offrent pas une plus grande certitude.

Je n'ai pas pour autant l'intention de m'attaquer au problème des statistiques grecques et je tiens comme plus fiable le chiffre fourni par le bureau des statistiques du Ministère des cultes et de l'enseignement public pour l'année 1910-1911 (publié en 1912). Pour cette année-là, le total des étudiants de toutes les années dans les facultés de l'Université d'Athènes (rappelons que ce sont les facultés de Droit, de Théologie, de Philosophie, de Physique et Mathématique, de Médecine, ainsi que l'École de Pharmacie) était de 3358. Si l'on ajoute à ce chiffre les étudiants de l'École Normale —et il est probable que certains des membres de la Compagnie étudiante proviennent de cette école— ils sont 89 pour cette même année; on observe que le corps étudiant où la Compagnie étudiante puise ses membres est de l'ordre de 3.500 (3.467 pour être exact) étudiants. Si les membres de l'association sont bel et bien 110, il s'agit là d'un chiffre important qui implique certaines questions.

D'après ce que nous savons, le mouvement pour le démotique est, en 1910, tout sauf un mouvement de massé; le combat est toujours mené grâce surtout à des voix isolées de lettrés et d'intellectuels reconnus. Psicharis avait d'ailleurs publié en 1905 une liste des partisans du démotique, établie sur des critères assez lâches —ceux qui avaient fait paraître ne fût-ce qu'une traduction en démotique—qui ne comptait que 150 noms. Il notait même qu'il avait omis certains noms d'étudiants: «J'ai été obligé de rayer quelques noms», écrit-il «car on m'apprend d'Athènes qu'untel et untel sont en dernière année de Philologie, ils vont bientôt passer leur examen et, si nous imprimons leurs noms, ceci reviendrait à dire à leurs professeurs: frappez!... Des espions de XXX et de XXX enragent de savoir quels sont les étudiants de Philologie qui fréquentent les bureaux de Noumas»5.

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3. V. Noumas, IX, 1911, p. 141.

4. Ibid., p. 192.

5. G. Psicharis, «Τρομοκρατία», Ο Νουμάς, n° 133, 30 janvier 1905, p. 1. Ρόδα και Μήλα, t. E2, Athènes 1909, p. 33.

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De tels témoignages existent aussi pour les années suivantes et sont publiés dans Noumas, ce qui prouve que l'ambiance reste inchangée à l'Université d'Athènes jusqu'à l'année 1910, année où la Compagnie étudiante est fondée. Une telle ambiance nous laisse supposer que les 110 membres de la Compagnie étudiante ou plutôt les 96 d'entre eux qui continuent à se taire, se sentent avec raison menacés si leur appartenance à l'association «pour le démotique» venait à être connue. C'est probablement la raison pour laquelle il est aujourd'hui difficile de repérer leurs traces.

Néanmoins, si dans ce climat il n'y avait ne serait-ce que 110 «sympathisants» du démotique, il faut (1) penser que ce mouvement commençait à acquérir une base dans l'Université, qui n'était pas cristallisée mais consistait en une influence diffuse assez large et (2) nous demander si une différenciation n'avait pas commencé dans le corps étudiant lequel, au moins jusqu' alors, s'était montré fervent des conceptions scolastiques sur la langue exprimées par l'Université, ce qui était apparu de manière dramatique lors des batailles de la traduction en démotique des Évangiles et de l'Orestie.

D'après les éléments dont nous disposons —je cite à ce propos les statuts de la Compagnie étudiante réapparue en 1915 où la langue démotique n'est plus un but mais un instrument, les buts étant «...la propagation de la pensée libre et l'enracinement de la pure vérité dans la vie et l'éducation idéologique»— nous pouvons supposer qu'effectivement un processus s'était engagé sur la voie de l'élaboration d'idées de critique et de contestation sociale au sein de l'Université, ce qui néanmoins n'apparaîtra qu'ultérieurement, lorsque des groupes correspondants feront leur apparition en ce lieu.

Pour l'instant, il ne s'agit que d'un groupe de 14 étudiants connus, qui apparaissent et publient un «bulletin» accueilli par le combatif Noumas et développant une activité non seulement littéraire mais aussi parfois ayant un caractère d'intervention politique.

Il s'agit donc d'un groupe d'avant-garde. Mais par rapport à quoi? Comment peut-on décrire et étudier une avant-garde qui fait son apparition dans les conditions sociales de la Grèce au cours des premières quinze années du siècle? Un premier moyen, sans doute nécessaire, est d'étudier son action et ses textes: ce qu'elle a fait et ce qu'elle a dit. C'est la voie empruntée par la plupart des recherches qui ont un pareil objet, p.e. le mouvement démoticiste. On étudie le travail interne au sein d'un mouvement et on aboutit souvent à une description globale de celui-ci ou du groupe, des tendances diverses qui se manifestent à l'intérieur,

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des équilibres obtenus ou bien des ruptures apparues. Ces conclusions concernent normalement les idées et les conceptions qui ont dominé ou qui ont disparu dans le mouvement d'avant-garde même.

Il serait néanmoins plus urgent d'évaluer le caractère d'avant-garde d'un groupe «à l'envers», c'est-à-dire sur la base de la résistance opposée par la société à ce que le groupe en question exprimait et qui éventuellement troublait les équilibres sociaux et culturels existants.

Pour une telle investigation du cas de la Compagnie étudiante en tant qu'association d'avant-garde, je propose que les couples suivants soient étudiées: a) Compagnie étudiante et université, b) Compagnie étudiante et corps étudiant et c) Compagnie étudiante et opinion publique.

L'opposition à l'intérieur de ces couples apparaît clairement dans deux exemples, puisés dans les événements politiques ci-dessous, survenus pendant la période d'activité de la Compagnie étudiante: en mars 1910, dans le cadre général de la revendication d'une épuration formulée par la «Ligue militaire» et conformément à la loi 3731/31.3.1910, il fut décidé d'étendre cette épuration au personnel professoral de l'Université d'Athènes. Par une mesure spéciale du Ministre de l'enseignement public, 17 professeurs sur 54 furent renvoyés trois mois après, mois pendant lesquels l'agitation fut vive.

La Compagnie étudiante a proclamé tout de suite, dès même sa première publication, qu'elle se déclarait en faveur de l'épuration6. La réaction des trois autres ensembles sus-mentionnés fut la suivante: l'Université a repoussé jusqu'à la possibilité offerte par la loi de constituer des commissions consultatives pour juger des cas, en déclarant qu'elle laissait le gouvernement assumer seul la lourde responsabilité d'un tel acte. Le corps étudiant ou une fraction de celui-ci, dont on n'a pu évaluer les effectifs, mais néanmoins assez importante pour provoquer des émeutes dans la rue, procéda à deux manifestations avec à leur tête le professeur G. Mistriotis, de la faculté de Philosophie, et présenta une pétition au Parlement et au ministère demandant le maintien des professeurs dans leurs fonctions.

Il est certainement plus difficile de décrire l'attitude de l'opinion publique. Il n'empêche que parmi les journaux athéniens, seul Acropolis, pro-gouvernemental, et le marginal Noumas livrèrent un combat pour soutenir cette action du gouvernement. Le reste des journaux, par exemple Athinai et Chronos consacrent en moyenne un article par

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6. V. Noumas, n° 384, 21 mars 1910, p. 4.

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jour deux mois durant, clouant au pilori la loi sur l'épuration de l'Université (notons entre parenthèses que pendant cette période d'autres lois sont aussi votées, concernant l'épuration d'autres services publics, par exemple de la Cour des comptes, qui pourtant ne provoquent pas une telle réaction). Dans les publications critiquant l'épuration de l'Université, une mention est faite à des étudiants qui ont manifesté leur admiration pour cette action du ministre de l'enseignement public. Le journal Athinai demande que ceux-ci «cessent d'être étudiants».

Le fait que la Compagnie étudiante se porte solidaire d'un acte gouvernemental ne doit pas prêter à confusion. L'épuration universitaire de 1910 offre un exemple caractéristique d'un phénomène qui n'est pas rare, où les résistances sociales se montrent plus puissantes que les décisions politiques. C'est ainsi que, dans les deux ans qui ont suivi et sous un gouvernement de E. Venizélos, la plupart des professeurs renvoyés furent nommés de nouveau.

L'autre exemple qui montre l'opposition entre la Compagnie étudiante et les trois ensembles sociaux et institutionnels mentionnés, ainsi que l'ampleur de la résistance que ceux-ci ont opposée, est offert par les événements de janvier-mars 1911 sur la consécration de la«catharévoussa» par la constitution de la IIe Assemblée de révision constitutionnelle.

Les positions des couples ci-dessus face aux événements étaient les suivantes: la Compagnie étudiante diffuse un tract, signé par un comité directeur de trois membres (Miltos Koundouras, Manos Vatalas, Mikhalis Ghionis) et daté du 28 février 1911, c'est-à-dire deux jours après l'ouverture du débat parlementaire sur l'article de la constitution concernant le problème de la langue. Il a pour titre «Protestation de la Compagnie étudiante» et porte en sous-titre «Au peuple». Cette protestation ne vise pas directement l'article de la constitution, mais elle constitue un manifeste où s'exprime l'indignation causée par les accusations portées contre la Compagnie étudiante, traitée d'organisation traître et anti-nationale, et qui affirme la foi en la «langue populaire». «Nous ne sommes pas l'instrument de l'étranger», écrivaient-ils, «ni ne touchons de l'argent de quiconque, mais nous soutenons la langue populaire par amour de la patrie... Nous chérissons notre Patrie et le Peuple, puisque nous écrivons la langue que le Peuple parle. Nous ne sommes pas des traîtres et des 'vulgaires' comme ne l'étaient évidemment pas ni Solomos ni Valaoritis».

Sans référence claire au débat qui se déroulait à la IIe Assemblée de révision constitutionnelle, il fut néanmoins distribué, comme il 

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résulte des éléments à notre disposition, pendant les manifestations étudiantes ou autres organisées à plusieurs reprises pendant le débat sur la langue. Noumas reprend même d'un journal de Patras un événement survenu lors de la distribution du tract de la Compagnie étudiante à une réunion ayant eu lieu à Patras à l'occasion de la visite de G. Mistriotis, alors en tournée dans les villes de province pour renforcer le sentiment populaire en faveur d'une protection constitutionnelle de la «catharévoussa».

Voici les réactions des trois ensembles devant les événements: a) L'Université: à l'initiative de G. Mistriotis est créé le «Comité de défense légitime de la langue nationale» avec pour présidents d'honneur deux métropolites, comme président Mistriotis même et comme membres, le procureur de la Cour de cassation, le doyen de l'université d'Athènes et d'autres professeurs de cette même université, b) le corps étudiant: est constitué le «Grand comité des étudiants» qui devient l'instigateur principal —surveillé par le comité de Mistriotis— des troubles qui ont lieu trois mois durant dans le but d'imposer à la constitution la clause sur la langue. La Compagnie étudiante est même désormais dénoncée ouvertement dans le document panégyrique publié dans les journaux par ce comité: «Les étudiants de l'Université nationale» peut-on lire, «restés aux premiers rangs pour la sauvegarde des reliques sacrées, la langue et la religion (...) désavouent avec indignation et livrent à l'anathème éternel de la patrie tous les adversaires et ennemis de notre langue nationale, ces représentants du peuple grec qui ont osé, du haut de cette tribune vénérée de l'Assemblée nationale, défendre le parler impur des «malliaroi», ainsi que la Compagnie étudiante, la honte de l'université nationale et de l'hellénisme tout entier»(...)7.

Quant à l'attitude de l'opinion, je ne mentionnerai pas dans son cas le recensement des publications de la presse dont résulte effectivement un grand nombre de textes demandant la reconnaissance de la «catharévoussa» dans la constitution, mais à un autre recensement, qui devra être effectué plus soigneusement qu'il ne l'a été jusqu'ici: il s'agit de l'évaluation du rapport des forces en présence dans la Ile Assemblée de révision constitutionnelle de 1911. C'est cette assemblée qui est créditée du fameux «compromis» sur la langue, justifié quatre ans plus tard, en 1915, par Venizélos en personne, en tant qu'indispensable au rétablissement de l'unanimité nationale, surtout en vue de la préparation des guerres balkaniques8.

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7. Journ. Χρόνος, numéro du 3 mars 1911.

8. Venizélos a fourni des explications sur son attitude à la IIe Assemblée de

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Cette interprétation semble plausible et plus ou moins imposée jusqu'à aujourd'hui. Il s'agit néanmoins d'un point de vue élaboré sur la base d'une analyse a posteriori de la tactique suivie par Venizélos à cette époque, afin d'assurer des conditions qui auraient permis la conduite des luttes nationales et renforcée, bien sûr, après les «confidences» qu'il a faites sur ce sujet à Alexandrie en 1915.

Cependant, le recensement des forces composant la IIe Assemblée de révision démontre que le «compromis» crédité à cette Assemblée et à Venizélos, en personne, ne concernait pas uniquement des forces politiques d'opposition mais aussi une grande partie du courant venizéliste. C'est-à-dire que si l'on regarde avec quelle ardeur les députés du parti libéral ont soutenu le vote de l'article de la constitution en question, et surtout combien et qui s'apposèrent à un règlement constitutionnel de l'affaire, on conclura que: a) la marche arrière n'a pas été faite seulement pour obtenir une unanimité au-dessus des partis, mais aussi pour sauvegarder la cohésion dans le parti et b) l'opinion qui a réclamé si fermement la reconnaissance de la «catharévoussa» n'a pas été façonnée uniquement par les éléments des vieux partis et la foule étudiante menée par G. Mistriotis, mais aussi par une fraction importante du monde venizéliste.

D'après les données chiffrées dont nous disposons sur la composition de la IIe Assemblée de révision, il résulte que le parti libéral exerçait pratiquement un contrôle total: sur un total de 346 sièges prévus, ce parti, suite à l'abstention de G. Théotokis, D. Rallis et K. Mavromikhalis, s'en est assuré 260. Pourtant, 18 seulement de ces 260 députés se sont manifestés contre le vote de l'article sur la langue, avec en tête les cinq députés du parti des «sociologues», élus bien sûr dans les listes venizélistes mais qui, d'après leur déclaration, maintenaient leur autonomie de parti. A part c'est-à-dire ce groupe de «sociologues», seuls 13 autres sur les 260 du parti libéral, ont combattu contre l'adoption dans la constitution de la clause sur la langue; leur trait commun étant qu'ils étaient tous élus pour la première fois au Parlement.

Il est évident que les forces qui s'opposèrent à la reconnaissance constitutionnelle de la «catharévoussa» étaient très peu nombreuses et par conséquent ne pouvaient à elles seules soutenir l'intention éventuelle de Venizélos de se dérober au vote de cet article. D'autre part, ces forces

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révision à un groupe de partisans du démotique qu'il a rencontré à Alexandrie en avril 1915. V. compte-rendu de cette rencontre dans la rev. Νέα Ζωή, t. 9, 1915, p. 379-382.

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étaient aussi tout à fait nouvelles non seulement dans l'arène politique, mais aussi pour les idées qu'elles exprimaient. Ceci, associé aussi au fait qu'une partie de ces idées provenaient du «corps étranger» constitué par les «sociologues» — doit avoir suscité de sérieuses réserves dans la grande majorité des députés de Vénizelos qui avaient derrière eux une longue vie parlementaire.

D'après donc ce qui précède, Vénizelos, mis à part ses adversaires politiques, les troubles étudiants et les positions véhémentes de la presse et de l'Église, a dû affronter un problème supplémentaire: un équilibre à maintenir parmi les libéraux, entre les forces nouvellement parues et les éléments bien plus nombreux des vieux partis qui l'avaient soutenu. Par conséquent, le poids de ces éléments ainsi que l'intention de Vénizelos de sauvegarder les équilibres et la cohésion dans le parti semblent avoir constitué les facteurs principaux qui l'amenèrent à une prise de position ambiguë au Parlement, qui a laissé le chemin ouvert au vote de la clause.

Ceci constitue le dernier exemple qui montre l'importance de l'évaluation du rapport réel des forces à chaque fois, afin de décrire et nous prononcer sur le caractère avant-gardiste des actions d'un groupe comme la Compagnie étudiante. Par ce moyen, nous découvrons des éléments d'avant-garde, non seulement dans les activités majeures déjà mentionnées de cette association, mais aussi dans ses activités secondaires.

Le même procédé devra amener à reconsidérer le terme de «compromis» utilisé, comme on le sait, si souvent dans la bibliographie pour décrire l'itinéraire par étapes et effectivement marqué d'hésitations du mouvement pour le démotique dans l'enseignement, auquel la Compagnie étudiante est indissolublement liée.

C'est d'ailleurs peut-être le seul et unique moyen d'éviter le risque d'approcher les phénomènes d'avant-garde d'autres époques avec des idées et images nées après-coup.

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ΛΕΥΚΗ ΣΕΛΙΔΑ

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GEORGES G. ALISSANDRATOS

LE «GROUPE ACADÉMIQUE» DE LA FACULTÉ DE PHILOSOPHIE DE L'UNIVERSITÉ D'ATHÈNES

Le «Groupe académique» de la faculté de Philosophie de l'Université d'Athènes (1925-1936) fut une association étudiante progressiste qui a évolué dans le cadre du mouvement démotique. Plusieurs de ces membres on offert plus tard des services éminents en tant que pédagogues, d'autres sont devenus des hommes de sciences et de lettres éminents.

Le «Groupe académique» fut créé le 21 janvier 1925 —date où ses statuts ont été autorisés— et fonctionna jusqu'en février 1936, onze années au total. Mais il y eut des intervalles assez longs, pendant lesquels l'association se trouva inactive ou inexistante. Les premiers statuts du «Groupe»1 nous apprennent qu'il avait pour but «le développement aussi bien scientifique en philologie que encyclopédique en général de ses membres» (art. 1) et que pour le réaliser il organisait des conférences ou des lectures «d'un contenu scientifique ou philologique» —je crois que ce dernier a le sens de «littéraire»— des excursions et tout ce qui pourrait être jugé utile (art. 2). Les conférences et lectures étaient données soit par des professeurs et autres savants et lettrés connus, soit par des membres du «Groupe». Les conférences étaient suivies d'un débat (art. 3).

Lors de sa création, le «Groupe» n'avait ni orientation politique ou sociale, ni parti-pris sur la langue. L'article 4 de ses statuts interdisait les manifestations politiques et sociales ainsi que les discussions sur la langue: «Le Groupe a pour unique but le développement de [ses] membres, et s'abstient de toute manifestation politique, sociale ou sur la langue. Toute discussion sur la question contemporaine de la langue

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1. Publié intégralement dans la rev. Δελτίον Ακαδημαϊκού Ομίλου Φιλοσοφικής Σχολής Πανεπιστημίου, n° 1, janvier 1926, p. 29-30.

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est interdite». D'après l'art. 5, le «Groupe» pouvait entrer en contact avec d'autres associations estudiantines, en particulier celles des étudiants de la faculté de Philosophie, «ce contact pourtant», ajoute l'article, «doit se borner au seul plan scientifique».

Ces clauses restrictives des statuts font évidemment preuve d'un conservatisme social et linguistique; il me faut cependant affirmer dès le début que, malgré les clauses en question, le «Groupe» laissait une liberté de langue absolue dans les conférences et les publications de ses membres. Ceci apparaît dans les études des quatre numéros de son Bulletin, 1926, (j'y reviendrai plus tard) et est confirmé par la note suivante du premier numéro de ce Bulletin (janvier 1926, p. 31): «Rappel nécessaire: Afin de progresser le plus rapidement possible vers son but, le Groupe a posé pour principe de rester étranger à toute manifestation politique, sociale ou sur la langue (v. Stat. art. 4). C'est pourquoi il n'a jamais voulu, par ses déclarations, ses documents, ses invitations, etc. aborder la question de la langue. Il l'a considérée comme question hors discussion dès le début, sans conclusion effective, et c'est pourquoi il l'a exclue des statuts. De même que, lors des réunions du groupe, les orateurs utilisent la langue qui leur convient, les études publiées dans le Bulletin seront pareillement écrites dans la langue préférée de l'auteur».

Malgré tout, le «Groupe académique» a, dès le début dans la question de la langue, penché vers le camp du démotique. Le titre de «Groupe académique» montre déjà l'influence du «Groupe pour l'enseignement» du mouvement démotique (1910 et suiv.) comme aussi le titre de sa revue, parue en 1926, Bulletin du Groupe académique, rappelle de Bulletin du Groupe pour renseignement (1911-1924, 11 vol.).

Il n'est pas exclu que les clauses restrictives mentionnées dans les statuts aient servi une arrière-pensée politique, c'est-à-dire de ne pas empêcher l'autorisation de l'Association dans une période difficile pour le pays. En effet, le climat politique et social à l'époque où fut créé le «Groupe», ainsi que sa première période (1925-1926) est très mouvementé et instable, marqué par des coups d'État répétés à la suite de la catastrophe d'Asie mineure en 1922: réfugiés, révolte de l'armée (Plastiras), exécution des Six, putsch métaxiste de Leonardopoulos et Gargalidis (octobre 1923), proclamation de la République par l'Assemblée le 25 mars 1924 (gouvernement Al. Papanastassiou) et finalement dictature de Théodore Pangalos (25 juin 1925 au 21/22 août 1926; il fut renversé par Condylis). A propos du climat culturel de l'époque,

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    ANTONIA KIOUSSOPOULOU

    L'ÂGE DU PERSONNEL POLITIQUE PENDANT LA GUERRE D'INDÉPENDANCE DE 1821 ET LA PÉRIODE DE CAPODISTRIA (1821-1832)

    Déterminer l'âge et rassembler des informations sur la vie des hommes censés appartenir au personnel politique de la Grèce durant la période 1821-1832 a effectivement un sens, qui va au-delà des biographies ordinaires sur les héros de 1821; ces informations, une fois confrontées, nous permettent de nous représenter le potentiel humain employé dans l'organisation de l'État; nous pouvons aussi à travers celles-ci discerner des tendances ou des mentalités dans la vie politique de ces années-là.

    Ce fut justement le premier objectif d'une recherche, qui se proposait d'étudier tout d'abord la présence et ensuite le rôle des jeunes dans les affaires politiques de la Grèce pendant la révolution et la période de Capodistria.

    La première phase de cette investigation s'est achevée par la constitution d'un corpus de données concernant le personnel politique en son entier. Au cours de ce travail, les sources ont été répertoriées1 et, sur cette base, une liste de noms des membres du personnel politique a été

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    1. Les principales sources utilisées furent: I. Archives

    — Αθηναϊκόν Αρχείον (éd. I. Vlachoyannis) I, Athènes 1901.

    — Αρχείον Ελληνικής Παλιγγενεσίας μέχρι της εγκαταστάσεως της βασιλείας, t. I-V, Athènes 1974-1978.

    — Γενικά Αρχεία του Κράτους, Τα ιστορικά έγγραφα, του αγώνος του 1821 εις περιλήψεις και περικοπάς (éd. K. Diamandis), Athènes 1971.

    — Ap.V. Dascalakis, Αρχείον Τζωρτζάκη-Γρηγοράκη. Ανέκδοτα ιστορικά έγγραφα Μάνης (1810-1835), Athènes 1976.

    — Dinos Konomos, documents inédits des archives de Antonios Tzounis, Επετηρίς των Καλαβρύτων t. 2 (1970), p. 80-90.

    — Georges Laïos, Ανέκδοτες επιστολές και έγγραφα του 1821. Ιστορικά δοκουμέντα από τα Αυστριακά Αρχεία, Athènes 1958.