Συγγραφέας:Διεθνές Συμπόσιο
 
Τίτλος:Actes du Colloque International, Historicité de l’ enfance et de la jeunesse
 
Τίτλος σειράς:Ιστορικό Αρχείο Ελληνικής Νεολαίας
 
Αριθμός σειράς:6
 
Τόπος έκδοσης:Αθήνα
 
Εκδότης:Γενική Γραμματεία Νέας Γενιάς
 
Έτος έκδοσης:1986
 
Σελίδες:709
 
Αριθμός τόμων:1 τόμος
 
Γλώσσα:Γαλλικά
 
Θέμα:Βιβλιογραφία
 
Διεθνή Συμπόσια
 
Κοινωνική ενσωμάτωση
 
Μαθητεία και εργασία
 
Νεανικά έντυπα
 
Νεανικές οργανώσεις
 
Νοοτροπίες και συμπεριφορές
 
Παιδεία-Εκπαίδευση
 
Τοπική κάλυψη:Ευρώπη
 
Περίληψη:Πρόκειται για μετάφραση στα γαλλικά των Πρακτικών του πρώτου επιστημονικού συμποσίου, που διοργάνωσε η επιτροπή του ΙΑΕΝ σε συνεργασία με την Εταιρεία Μελέτης Νέου Ελληνισμού. Το συμπόσιο, με θέμα «Ιστορικότητα της παιδικής ηλικίας και της νεότητας», έγινε στο αμφιθέατρο του Εθνικού Ιδρύματος Ερευνών από τη 1 έως τις 5 Οκτωβρίου 1984.
 
Άδεια χρήσης:Αυτό το ψηφιοποιημένο βιβλίο του ΙΑΕΝ σε όλες του τις μορφές (PDF, GIF, HTML) χορηγείται με άδεια Creative Commons Attribution - NonCommercial (Αναφορά προέλευσης - Μη εμπορική χρήση) Greece 3.0
 
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Pantazis, et celle du deuxième périodique pour enfants, le Journal des Élèves, édité par le même en 18524.

Sur la base des données actuelles et suite à la recherche entreprise pour répertorier les revues pour jeunes dans le cadre du programme des Archives historiques de la jeunesse grecque, on a repéré 41 périodiques et journaux pour jeunes pour la période 1830-1914. Ce chiffre ne comprend pas des imprimés dont le titre seul aurait pu les faire entrer dans la catégorie de la revue pour jeunes, leur sommaire ne correspondant pas à la définition du genre qui est: des périodiques et des journaux s'adressant exclusivement à la jeunesse grecque, fussent-ils sa propre création ou pas.

La recherche pour retrouver les publications pour enfants et pour jeunes se propose d'en constituer un inventaire détaillé, c'est-à-dire d'esquisser un profil de chaque publication pour l'énumération des données suivantes.

1) Titre, sous-titre et exergue, 2) lieu et chronologie de la publication ainsi que l'imprimerie, 3) noms des éditeurs, directeurs ou/et des organes/instances collectives responsables de l'édition, 4) le nombre d'exemplaires et le prix du numéro et de l'abonnement , 5) le format, le nombre de pages et la périodicité de la publication ainsi qu'une brève caractérisation de chaque publication, 6) le sommaire et les collaborateurs et enfin 7) la bibliographie existante sur la publication en question et les bibliothèques où elle est conservée.

Nous venons de mentionner que, pour la période 1830-1914, 41 périodiques et journaux ont été repérés. En calculant par décennies, à partir de la première date de publication, nous obtenons:

pour la période

Nombre de publications

1831-1840

1

1841-1850

aucune

1851-1860

2

1861-1870

5

1871-1880

10

1881-1890

7

1891-1900

7

1901-1914

9

 

Total

 41 titres de journaux et périodiques  

 

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4. Le Journal des Élèves (Littéraire et d'Information) change trois ans après

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De ces 41 imprimés, ne sont conservés dans les bibliothèques publiques et privées d'Athènes, de Salonique et de Jannina, que 23 périodiques et journaux en tout, en séries complètes ou partielles. La recherche se poursuit pour les 18 restants, mais il est peu probable qu'on puisse les retrouver. Nos connaissances sur la plupart des périodiques qui nous manquent se fondent et se limitent à des mentions et références bibliographiques recouvrant d'habitude le titre, le lieu d'édition et des indications chronologiques.

Les villes dans lesquelles sont réparties les 41 publications de la période 1830-1914 sont: Athènes avec 25 publications (la capitale détient donc 61% de la production totale de la presse pour jeunes, un taux qui va de pair avec la situation plus générale dans l'édition de la presse périodique), Constantinople, où paraissent 4 périodiques, Alexandrie et Patras avec 3 chacune et enfin Héraklion, Smyrne, le Pirée, Hermoupolis, Limassol et Argos avec un seul périodique.

En ce qui concerne la durée de la publication de chaque périodique et, par extension, la moyenne de vie des publications pour enfants et pour jeunes, nos estimations devront se fonder uniquement sur les 23 publications pour lesquelles un examen à été pratiqué jusqu'à présent. Sur la base donc de ces données, nous observons que la totalité presque du 19ème siècle est monopolisée par deux revues Εφημερίδα των Παίδων (1868-1893) et la Διάπλασις των Παίδων qui débute en 1879 et continue jusqu'au milieu du 20ème siècle. Le reste des publications a une vie brève, avec une moyenne de vie d'environ un an; celles diffusées au début du 20ème siècle ont une durée plus longue, avec une moyenne de vie d'environ 2 ans.

La production de la période 1830-1914 n'est pas dans son ensemble particulièrement riche, au moins quant au nombre des publications et la durée de leur édition. Néanmoins, en repérant et en mettant en avant un nombre de publications sensiblement supérieur à celui connu par nous jusqu'ici, une première étape est accomplie sur la voie de l'étude de la presse périodique pour jeunes dans son ensemble. Sur la base des nouvelles données, on peut situer le périodique pour enfants et pour jeunes dans le cadre historique, social et éducatif de son époque, comme aussi suivre de près son itinéraire et son développement.

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sa parution de titre, de contenu et de forme, et fait une carrière jusqu'en 1881 en tant que Journal des Amis du Savoir. Ce changement doit être interprété comme une pièce à conviction supplémentaire quant à l'impuissance du public à soutenir pendant longtemps un périodique pour élèves-enfants, ceci au moins jusqu'à la fin des années 1860, époque de l'apparition du Journal des Enfants.

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ANNA MATTHÉOU

JOURNAUX POUR JEUNES DE LA PÉRIODE OTHONIENNE

Les journaux de la période othonienne constituent aux yeux du chercheur une véritable mosaïque de renseignements, dont la fonction est intégrée dans les actes et comportements politiques ayant lieu dans l'État grec de cette époque.

L'approche quantitative des publications de cette période (journaux et revues), tout en tenant compte de leur durée de parution, circonscrit une série de rapports qui aboutissent à deux constats de base: d'un côté, un grand nombre de publications et de l'autre un nombre infime de celles-ci qui dépassent disons les dix ans.

Les pratiques concernant la lecture et la circulation des journaux sont révélatrices de la destination de ceux-ci. En schématisant, on peut dire que cette structure se définit pour un public instruit1, ce qui donne un nombre réduit d'abonnés, d'origine sociale précise (lettrés, commerçants, haut fonctionnaires), un tirage modeste et une diffusion remarquable par le truchement des cafés, où la lecture à haute voix est d'usage. C'est ainsi qu'est définie la réception de l'imprimé dans l'espace institué du café grec, une réception déterminée par un processus nécessairement original: le journal est une des motivations des réunions au café, car il permet un discours politique.

Le journal, prisonnier de son rôle principalement politique2, ainsi que la revue au caractère littéraire général, recèlent une thématique riche, que seuls une analyse systématique du contenu, le dénombrement des articles, des titres, des mots et des symboles pourraient déterminer, et également déclencher une élaboration des thèmes sous-jacents dans les rubriques éparses du 19ème siècle.

Quiconque aujourd'hui se poserait la question de l'existence des périodiques «pour enfants» ou «pour jeunes» dans les années 1833-62,

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1. En 1840, 12,5% de la population masculine a une instruction de base. V. D. Dakin, Η ενοποίηση της Ελλάδας, 1770-1923, MIET, Athènes 1982, p. 444. Ce pourcentage représente 52.823 personnes éduquées sur la population totale. V. Στατιστικαί Μελέται, 1821-1971, EKKE, Athènes 1972, p. 126.

2. La totalité presque des journaux de cette époque sont désignés comme politiques par leurs sous-titres ; il est révélateur que les matières sont conventionnellement ordonnées de façon que l'Intérieur (: la position politique du journal dans l'actualité) recouvre la plus grande partie des 4 pages, tandis que l'Étranger et les Faits divers sont d'habitude réduits pendant toute la période d'Othon.

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se rendrait compte que les publications pour enfants sont quantitativement sous-représentées par rapport au nombre total des publications mais aussi par rapport à celles qui ont une destination particulière (presse spécialisée): on ne peut repérer, durant toute cette période, que trois titres en tout, ce qui nous ramène à la revue littéraire qui, à travers un contenu très varié, traite aussi des questions d'éducation, d'enseignement et qui propose souvent des lectures pour jeunes3. Que peut-on donc appeler «presse pour jeunes» à cette époque? Une première approche consisterait dans la constitution d'un corpus, assemblage de toutes les publications et choix des œuvres qui, par leurs intentions et leur contenu «s'adressent à» ou «s'occupent» des enfants et des jeunes.

Cependant, la seule lecture des titres et des annonces de publication est souvent trompeuse. Nous pouvons citer à titre d'exemple la publication du Journal des Élèves, un titre qui semble introduire une innovation dans la presse; son objectif, figurant dans le premier numéro «est de servir de lecture utile pour le dimanche»4. Le Journal contient, les rubriques suivantes: 1) archéologie et philologie 2) des biographies surtout de l'Antiquité5, 3) mythologies, 4) histoire naturelle et «merveilles de la Nature», 5) «sciences et arts», ainsi que des présentations d'ouvrages. Le Journal des Élèves propose de la sorte un type idéalisé de lectures pour jeunes élèves: ce que ceux-ci devraient lire, en dehors de leurs manuels scolaires, pendant leur temps libre et dans un but de «connaissance sociale6»: «Parce que donc ils (les jeunes) ne doivent pas rester dans l'ignorance des événements aussi bien familiers qu'étrangers»7. Il semble que

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3. Un exemple nous est offert par la lecture du Journal de Andréas Laskaratos, ο Λύχνος, paraissant à Zante à partir de 1854 avec comme sous-titre: Journal familial visant à offrir des lectures utiles aux familles: Λύχνος met aussi en avant, à travers «ses lectures utiles» les besoins de la lecture pour enfants: a) en publiant des contes, des histoires brèves ou des prières, traduits surtout de l'anglais et de l'italien et b) en présentant des textes qui se réfèrent à l'enfant ou aux parents, écrits par lui-même, sa femme ou ses filles; enfin, il offre peut-être un solution en incitant les enfants de communiquer au Journal leurs ébauches littéraires.

4. N° 1/19 octobre 1852.

5. En 1852,13 des biographies se réfèrent à l'Antiquité, 6 à Byzance et une seule aux temps modernes.

6. L'emploi du terme «sociale» nous oblige de remarquer qu'à notre avis, la connaissance sociale voulue par le journal est assimilable au caractère encyclopédique et littéraire de ses articles. Tout compte fait, l'emploi et la mise en avant de cette caractéristique ne différencie pas ce journal des autres revues littéraires de l'époque.

7. Εφημερίς των Μαθητών, Ν° 1/19 octobre 1852.

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le Journal ait été diffusé dans les écoles8, et ce n'est-pas un hasard si son éditeur est D. Pantazis, auteur de manuels scolaires pour les écoles publiques et éditeur du Paidiki Apothiki9. Il est évident que le titre de ce Journal ne justifie aucunement sa parution; dans ce cas précis, le public des abonnés (lecteurs). A partir donc du numéro 116 10, le Journal des Élèves change de nom et devient le Journal des Amis du Savoir. L'avis de l'éditeur est formulé en des termes intéressants: "Le Journal des Élèves ayant eu la chance de compter parmi ses abonnés et lecteurs, non seulement des élèves, mais aussi des instituteurs et professeurs, ainsi que plusieurs savants, portera à partir du prochain numéro, le 117, avec l'autorisation de l'autorité compétente et selon l'opinion de la majorité de ses abonnés, le nom de 'Journal des Amis du Savoir'".

LΕFTERIS KARYATOGLOU

JOURNAUX POUR JEUNES (1862-1899)

Il existe très peu de journaux de la jeunesse, au cours du 19ème siècle, en comparaison au nombre des journaux politiques; ce qui en dit long sur le rôle de cette jeunesse dans les développements plus généraux de l'époque. Pendant la Seconde Monarchie, et plus particulièrement dans les années 1862-1890, nous pouvons mentionner:

a. H Νέα Γενεά (La Jeune Génération)

b. Εφημερίς των Παίδων (Le Journal des Enfants)

c. Ήβη (L'Adolescence)

d. Πανεπιστήμιον (L'Université)

a. La Jeune Génération paraît pour la première fois en 1862, au cœur de l'agitation et des manifestations politiques pour le renversement d'Othon, raison pour laquelle ce journal sera souvent persécuté. Nous avons maintes informations sous forme de plaidoyer avec des envolées tout à son éloge (par exemple, n° 4-31 janvier 1862, n° 5-19

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8. Ibid. Les abonnements sont effectués par MM. les instituteurs et les chefs des postes, pour la Grèce.

9. Αποθήκη Παιδική: il n'existe qu'un seul exemplaire du périodique à la B.N.: n° 2/30 septembre 1856.

10. V. Εφημερίς των μαθητών, n° 114/14 mai 1855, p. 468.

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mai 1862). Son caractère d'opposition ainsi que la couleur politique très marquée du contenu de ses articles ne lui permettront pas de faire une part aux préoccupations des jeunes comme celles que nous rencontrerons dans d'autres journaux1. Il mobilise la jeune génération ou, pour le moins, tente de le faire, en donnant bien sûr des explications sur cette tentative, faite dans une période troublée de la vie politique du pays. Il a dû se présenter des cas fréquents de malaise vis-à-vis de la politisation de la jeunesse, ce qui fait dire au journal, en première page de son premier numéro sous le titre de "la jeune génération": "Que vient faire donc la jeune génération dans l'arène politique? Pourquoi mêle-t-elle ses emportements et son manque d'expérience à l'organisation et à la marche de la cité, pour quelle raison délaisse-t-elle ses études et sa carrière pour se préoccuper de sujets auxquels de par son âge elle n'a aucun droit et sur lesquels de par son expérience elle ne peut émettre une opinion juste et réfléchie; pourquoi ne fait-elle pas confiance à l'âge expérimenté et mûr pour mener à bien les affaires de la cité? voici les questions de ceux qui, nombreux2, redoutent l'abnégation et l'enthousiasme de la jeunesse et lui envient l'élévation et la noblesse de ses pensées"3.

L'éditorial poursuit par quelque références obligées a la situation intérieure et internationale où la jeunesse joue le premier rôle: "ils oublient que, dans toute nation, c'est la jeunesse qui fut à la tête et le porte-drapeau des grandes réformes et des refontes radicales des cités... ils oublient qu'elle fut le promoteur de la récente résurrection italienne... ils oublient aussi que notre régénération nationale a eu pour champion et fondateur la jeune génération"4. Il est intéressant, à notre avis, de signaler également la conception que le journal se faisait du contenu social de ce terme: "la jeune génération n'est pas la jeunesse étudiante seule; la jeune génération est aussi la fleur de l'armée; la jeune génération est la fleur des commerçants, des propriétaires fonciers et des industriels; la jeune génération c'est trente mille marins sillonnant les mers du monde entier; la jeune génération, c'est la nation entière, la nation juvénile, pleine de vie, de sève et d'énergie"5. Le terme cesse d'être un récepteur passif de quelques messages moralisants et ambitionne de rassembler

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1. "Ήβη s'abstiendra de toute autre politique", Ήβη n° 1, Athènes, mars 1874.

2. A souligner la tentative indirecte du directeur de minimiser le rôle des réactions à une éventuelle participation des jeunes aux événements politiques.

3. N° 1, 20 janvier 1862.

4. H Νέα Γενεά n° 1, 20 janvier 1862.

5. Ibid.

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tous les éléments sociaux et politiques progressistes, qui promettront: une nation se gouvernant elle-même par ses autorités parlementaires et municipales, et le parachèvement de la grandeur nationale par le développement et l'organisation des éléments nationaux6.

b. Journal des Enfants. Celui-ci comme Adolescence évoluera dans un cadre tout à fait différent. Dans le contenu immuable de cette publication:

1. des histoires brèves aux conclusions moralisantes, d'incitation ou bien de dissuasion.

2. Mise en avant de vertus chrétiennes avec des références abondantes à la Bible.

3. Concours (questions d'histoire sainte) avec prix et félicitations aux meilleurs abonnés.

4. Lectures à intérêt encyclopédique (le poisson volant, le cèdre—Zénon le stoïcien, Épaminonde le Thébain, etc.).

5. De brefs articles composant une échelle des vertus, arme indispensable à l'avenir des jeunes amis du journal.

c. Adolescence. Dans ce journal, on constate de profonds changements dans le rapport entre journal et jeunes lecteurs. Des modèles de comportement de jeunes sont promus dans ce journal par des incitations directes et des impératifs, et non pas de manière indirecte et allusive. On peut lire en première page (n° 4, juin 1874) sous le titre de «Programme des jeunes»: «Excellent jeune homme, Désires-tu poser solidement la pierre angulaire de la félicité dans la vie? Garde le silence lorsque un sentiment d'animosité cherche à t'envahir (...) aide tes semblables dans leurs malheurs (...) et fais attention en choisissant tes amis (...) Sois attentif avant tout en ta fréquentation du sexe féminin (...) Jeune homme intègre sois l'honneur de ta maison, l'orgueil de tes proches et de tes amis, joyau et gloire de la patrie».

Adolescence contient aussi des récits historiques (Une femme audacieuse, Une jeune Grecque à la cour de Néron, Raphaël), des poésies, des devinettes, des statistiques, etc. Avant de conclure la présentation de ce journal, il est intéressant de citer l'éditorial du n° 6 (août 1874), intitulé «Aux jeunes filles»: «Jeunes filles, utilisez vos pouvoirs pour le bien; exercez votre influence sur les jeunes que vous rencontrez

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6. Ibid.

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non pas en leur montrant que vous ne songez qu'à changer de robes, soigner vos cheveux et votre visage (...), mais en les élevant à de plus hautes sphères en faisant montre de sentiments purs et (...)».

d. Université. Il s'agit bien sûr d'un journal étudiant; il y a un esprit de combat dans les articles du seul numéro dont nous avons disposé («Pour les institutions et le Droit», «Les étudiants et la presse»).

KOSTAS G. TSIKNAKIS

LA PRESSE POUR JEUNES 1915-1936

Jusqu'à aujourd'hui, la recherche sur les publications de jeunes des années 1915-1936 a recueilli environ 300 titres, dont la plus grande partie a été mise en fiches. Nous tenterons par la suite de décrire, bien entendu en lignes générales, ces publications pour jeunes, en faisant référence aux événements politiques et sociaux de l'époque, ce qui est nécessaire afin de tirer des conclusions utiles quant au caractère des publications en question.

Les années 1910-1920 constituent un tournant critique de l'histoire néo-hellénique. Les guerres des Balkans, suivies de la première guerre mondiale à laquelle la Grèce prend part, ne facilitent aucunement l'activité éditoriale. La pénurie de papier est grave, ce qui entraîne une augmentation de son prix. Les imprimeries connues à cette époque ne produisent plus de nouvelles publications, reculant devant les énormes dépenses. Les rares publications pour jeunes, dont la plupart survivent grâce aux subventions de l'État1, se trouvent en accord complet avec l'esprit régnant à cette époque. Un climat d'euphorie naît de la suite répétée des succès militaires grecs et de l'expansion territoriale attendue. Le mythe idéologique de la «Grande Idée» semble réalisable, ce que les publications en question ne manquent pas de signaler2. En même temps, on rappelle l'énorme responsabilité que

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1. Font partie de cette catégorie les périodiques scouts et religieux, qui sont sous la protection de la famille royale et qui ne manquent jamais de louer l'attitude de celle-ci dans les affrontements politiques de cette période.

2. Le cas de la revue Ελληνική Νεότης (Jeunesse grecque) est significatif. Cinq numéros concernant la période 1917-1918 sont connus. Sur le frontispice, les 

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la jeune génération assume face à la nouvelle situation qui est en train de prendre forme. L'éducation de la jeune génération doit immédiatement se faire sur la base de ces critères et c'est la famille qu'on mobilise dans ce but, en tant que facteur fondamental de la formation de la personnalité. La famille est fréquemment incitée à assumer sa tâche de rénovation. C'est par ce moyen que la jeunesse, «espoir doré de la Patrie3» s'élèvera à la hauteur des circonstances.

Il nous faut souligner que les publications issues de la jeunesse même sont rares. Est-ce là le résultat de sa mise à l'écart de la vie sociale ou bien d'une absence de prise de conscience de son rôle particulier? Plutôt les deux. Les rares initiatives de jeunes dans les grands centres urbains arrivent à peine à articuler un discours vague et confus: présenter quelques problèmes des jeunes ainsi que des premières œuvres littéraires4.

L'année 1922 crée une situation entièrement nouvelle en Grèce; le mythe de la «Grande Idée» est définitivement abandonné. La catastrophe de l'Asie Mineure, l'expatriation et l'installation de centaines de milliers de réfugiés en Grèce inaugurent une nouvelle période qui voit son terme en 1936, avec l'instauration du régime dictatorial du 4 août. Le tracé définitif des frontières, par l'agrandissement du territoire de plus du double, ainsi que les efforts menés en faveur d'une assimilation sociale et économique de la population, créent des conditions toutes neuves. C'est une période d'intensification des luttes sociales et politiques, où les bouleversements culturels et sociaux (mouvement

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conceptions dominantes à cette époque se trouvent concrètement représentées: sur la bande sur fond d'aigle à deux têtes, une partie du titre (ΝΕΟΤΗΣ) en caractères gras. Cette bande est encadrée de deux représentations, le Parthénon à gauche et Sainte-Sophie à droite (chacune dans un cercle). A la «composition» entière s'ajoutent des motifs imités de l'Antiquité grecque (à droite) ainsi que le reste du titre (ΕΛΛΗΝΙΚΗ) dans la partie correspondante de l'autre côté.

3. Rev. Ελληνική Νεότης, n° 1, 25 décembre 1917, p. 4.

4. Il y a souvent aussi, bien sûr, des concours originaux auxquels les jeunes sont invités à répondre. C'est ainsi que le périodique Ο Φάρος της Μυτιλήνης (Le Phare de Mytilène), n° 1, Mytilène, 7 avril 1919, p. 8, annonce le concours suivant «C'est un fait accompli que Sainte-Sophie sera nôtre mais une question se pose: DEVRA-T-ON DEMOLIR ou NON SES MINARETS? Nous demandons que quiconque désire répondre à cette question, le fasse. C'est une question qui semble simple au début, mais en y réfléchissant, elle n'est pas si simple que cela. Notre «moi» étouffera-t-il, ou mieux, doit-il étouffer la voix de l'archéologie? Les réponses ne doivent pas être stéréotypées elles doivent reposer sur des arguments suffisants. Toutes les réponses seront publiées, dans l'ordre, dans le prochain numéro...». Les numéros suivants de la revue publient les réponses des jeunes ayant un intérêt certain quant aux conceptions dominant à cette époque.

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pour la langue démotique, idées socialistes) rencontrent un écho considérable parmi les jeunes. Ceux-ci s'efforcent de leur côté de se démarginaliser et de jouer un rôle décisif dans les développements en cours. Ils contestent l'ordre des choses existant et cherchent à mettre en avant leurs propres conceptions et idées.

Ces années offrent une image totalement différente en comparaison à la décennie précédente: les publications destinées aux jeunes sont, proportionnellement, moins nombreuses que celles dues à l'initiative des jeunes mêmes. Elles sont imprimées à Athènes par d'importantes maisons d'éditions, ou des associations (corps des scouts grecs, Croix Rouge grecque, organisations religieuses), leur tirage ne pouvant être fixé qu'approximativement5. Elles sont diffusées sur l'ensemble du territoire et ont comme collaborateurs des écrivains de renom. D'habitude elles ne paraissent que pour un certain temps -un ou deux ans- s'interrompant par la suite pour des raisons financières avant tout. Peu arrive à survivre et à paraître pendant plus longtemps6.

La thématique des publications de cette catégorie ne varie pas sensiblement par rapport à la période précédente. Elle a pour but d'engager la jeunesse dans une logique de conformité, rarement critique, aux faits environnants. Ne pas perturber l'ordre existant est un condition nécessaire et indispensable pour assurer la tranquillité et le calme7. Les jeunes doivent s'insérer dans cette ambiance et essayer d'améliorer

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5. Nous ne disposons, sur le tirage des revues de cette période, que des renseignements provenant de Στατιστική του ελληνικού περιοδικού τύπου κατά το έτος 1927, Athènes 1931, à utiliser avec réserve, comme aussi ceux donnés souvent par les publications elles-mêmes. Il faut également tenir compte de la différence entre le chiffre du tirage et celui de la diffusion, particulièrement élevée à l'époque citée.

6. Parmi les revues de cette catégorie, on distingue Ο Ερυθρός Σταυρός της Νεότητος, de la Croix-Rouge grecque (Athènes, 1824-1941), Παιδική Χαρά de Ar. I. Rallis (Athènes, 1921-1931 et 1935-1936) et Παιδικός Κόσμος de P. Anghelidis et G. Vlassos (Athènes, 1930-1939). La Διάπλασις των παίδων, dont la publication date du siècle précédent et continue sans interruption au cours de ces années, constitue un cas unique dans l'histoire de la presse périodique grecque et nécessite une étude à part. Son apport n'est pas étudié dans la présente étude.

7. Un cas caractéristique nous est offert par le journal Προσκοπική Ιδέα (l'idée scoute) de Serres, dont nous connaissons deux numéros de l'année 1928. Dans sa déclaration liminaire (n° 1, p. 1), le journal se propose comme but "le développement de l'éducation de l'esprit, une saine formation du caractère des jeunes, l'acquisition de principes moraux en surveillant de près leur vie ainsi que leur éducation, leur préparation pratique et, par-dessus tout, le renforcement conscient dans leur âme de l'amour envers Dieu, la patrie, leurs prochains, le développement de l'altruisme et de la bienfaisance, l'affirmation dans leur conscience de l'idée de famille".

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leur position sociale sans contestation aucune. Les publications en question regorgent d'articles moralisateurs et d'incitations, de poésies traditionnelles, de récits, histoires et contes ennuyeux se répétant inlassablement. Le mythe du «bon» citoyen8 y prédomine, celui qui réussit socialement et est récompensé de sa bonté et de son amour. Les dessins et les photos qui accompagnent les textes sont en accord complet avec ce qui précède, s'obstinant à représenter un monde beau, paisible et juste. Et ceci dans une société qui, malgré les affirmations rassurantes, bouillonnait de luttes et conflits sociaux et idéologiques, ainsi que de manœuvres para-politiques. Bien entendu, il y a dans cette catégorie des publications qui ne visent pas à former des enfants-récepteurs passifs. En inaugurant une page de courrier des lecteurs et des concours originaux, elles suscitent un dialogue et des interrogations féconds. Mais il s'agit malheureusement là d'exceptions qui, de surcroît, sont rares.

Les publications faites à l'initiative de la jeunesse ont une présentation toute différente. Une possibilité très réduite d'intervention, à travers les publications diffusées alors, qui aurait fait connaître leurs vues et une opposition à un monde profondément aliéné qui se meurt, constituent les raisons principales de la création de nombreuses associations culturelles lesquelles, hormis les conférences régulières, se proposent de publier, sans tarder, des illustrations de leurs thèses9.

Ces publications se proposaient, en plus de la présentation des thèses des associations culturelles, de patronner intellectuellement une mouvance en gestation. La création d'un grand nombre de ces associations comme aussi le travail de publication ne se sont pas limités à la capitale, comme c'était le cas jusqu'alors, mais ont embrassé 

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8. Les rares cas d'infraction à cette règle rencontrent la suspicion des familles censées être responsables de l'éducation des enfants. Dans la revue Ελληνόπουλα (Jeunes Grecs) est publié le roman de Christos Vassilakis, Mémoires d'un joueur de cartes. Il soulève une telle réaction que dès le deuxième numéro (juin 1924, p. 24), la revue publie l'avis suivant: «nous interrompons le roman de M. Vassilakis, Mémoires d'un joueur de cartes, jugé peu approprié pour les enfants à cause de son puissant réalisme étant convaincus cependant que le roman en question est de la plus haute moralité nous l'éditerons en volume, de sorte que ceux qui l'ont suivi et aimé se le procurent».

9. Les déclarations liminaires des publications où sont analysés avec précision les objectifs poursuivis sont d'un intérêt particulier. On souligne par exemple dans l'unique numéro de la revue Νεανική σκέψη (La pensée des jeunes) (Salonique, 1er décembre 1929): «Nous déclarons haut et fort que nous voulons créer demain, une fois entrés dans la vie, une société entièrement nouvelle et vraie, basée sur des idées justes, pour pouvoir sortir de l'ignorance et de l'inculture dont nous sommes les victimes».

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plusieurs centres de province, comme entre autres Salonique, Jannina, Arta, Trikala, Almyros, Lamia, Amfissa, Andritsaina, Héraklion, Khania, Chio, Samos. Les jeunes intellectuels, d'habitude lycéens ou étudiants, se tournent vers l'histoire locale et le folklore, composent leurs propres vers et dévoilent un monde personnel de communication et d'expression qui mérite une étude plus approfondie.

Les réflexions apposées sur le papier, souvent sous des pseudonymes caractéristiques, trahissent les hantises et ambitions juvéniles de leurs auteurs. Les publications de ce genre sont diffusées d'habitude à un nombre restreint d'exemplaires; souvent elles sont manuscrites, circulant directement de main en main, avec comme destinataires des jeunes aux intérêts similaires ou des associations culturelles aux objectifs voisins. La collaboration d'hommes de lettres reconnus ou bien de lettrés locaux est souvent sollicités, d'habitude avec succès. Cependant, leur parution ne dure que très peu: quelques mois ou, très rarement, un an. Celle-ci est suspendue puisqu'ils ne peuvent subvenir aux dépenses exorbitantes. Dans leurs pages, les appels réitérés aux abonnés pour le versement à temps de leurs abonnements illustrent de la manière la plus émouvante l'angoisse devant l'aboutissement évident d'un effort généreux. Les aspirations vagues et imprécises des rédacteurs convergent toujours à l'adoption d'un idéal nouveau; ils aspirent à faire une entrée fulgurante dans la vie, sans pourtant révéler ce à quoi en réalité ils aspirent. Mais peut-être cela n'est-il pas nécessaire10.

Vers la fin des années 1920 se multiplient considérablement les publications scolaires produites par des communautés d'élèves du pays en son entier11. Il n'a pas encore été confirmé jusqu'à aujourd'hui si ces publications ont été suscitées par le ministère de l'Éducation qui a accompli une œuvre considérable sous Georges Papandréou, ou bien si elles étaient le fait d'une simple imitation et d'une envie de se mettre en avant; les deux sont possibles. A travers ces publications qui, d'habitude, ont la vie brève, les communautés d'élèves s'efforcent

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10. La majorité des publications de cette catégorie prend nettement position en faveur de la langue démotique, en publiant même des articles sur le sujet. On signale dans les Λεσβιακές σελίδες (Pages de Lesbos) (n° 3, Mytilène, avril 1925, p. 16): «... Nous répétons pour que certaines voix se taisent: nous ne ferons pas la moindre concession quant à la langue de notre revue. Nous sommes de purs partisans du démotique, que ceux qui ne le sont qu'à moitié se taisent donc...».

11. Jusqu'à cette époque, l'activité éditoriale des écoles se limitait à quelques calendriers et albums. Peu d'écoles, privées surtout, avaient entrepris de publier des revues.

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souvent avec complaisance de faire connaître leur création: rédactions, poésies, récits, chroniques, descriptions d'activités culturelles ou sportives. Ils sont assistés par un certain nombre de professeurs favorables à ce genre d'entreprise. Malgré un sérieux apparent dans les textes, ceux-ci ne manquent pas de spontanéité juvénile ni de commentaires judicieux sur les problèmes des élèves de l'époque. Une mention spéciale doit être réservée aux publications estudiantines, car elles fournissent de précieux renseignements sur les fermentations culturelles et idéologiques de l'entre-deux-guerres. Ce sont les conditions mêmes régnant à l'Université d'Athènes qui imposent leur publication: mauvaises conditions de vie des étudiants, problèmes d'examens, affrontements idéologiques. Problèmes qui ne sont pas pour autant résolus par la création de l'Université de Salonique, les conflits allant s'aggravant. Les publications en question tentent d'opposer une forme d'expression différente de celle qu'offre l'Université. Φοιτιτική Συντροφιά (Compagnie étudiante), publiée dans les années 1926 et 1929 par l'association du même nom, le Δελτίον του Ακαδημαϊκού Ομίλου Φιλοσοφικής Σχολής (Bulletin de l'association académique de la faculté de Philosophie), édité à la même période par l'association du même nom, Μελέτη-Κριτική (Étude et critique), publiée en 1932-1933, par cette association, et bien d'autres, font preuve d'une problématique assez avancée pour l'époque, problématique d'une génération qui essaie d'associer aux intérêts culturels et aux appréhensions de la jeunesse, la lutte passionnée pour le changement social. Les problèmes sociaux, politiques et philosophiques font leur entrée dans leur quotidien en cherchent leur solution. Maintes publications faites dans certaines facultés (Philosophie, Médecine, Droit), à l'initiative del'O.K.N.E.12 (Fédération des jeunesses communistes de Grèce), présentent un intérêt quant aux conceptions de l'organisation communiste de la jeunesse concernant le rôle de la jeunesse grecque, bien que dans bon nombre de cas elles se bornent à une vaine répétition des décisions de la IIIème Internationale sur la question , sans aucune adaptation au cas spécifique de la Grèce.

Notons enfin la présence de publications qui propagent des idées monarchistes, parlent d'un renouveau et appellent la jeunesse à une action contre les idées socialistes. Nous devons distinguer parmi celles-ci la revue Εθνική Νεολαία (Jeunesse nationale)-Athènes, 1935, et le Journal

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12. On trouvera un inventaire détaillé des publications de l'Ο.Κ.Ν.Ε. ainsi que d'autres publications de gauche de l'entre-deux-guerres, dans le livre: Ο Κομμουνισμός στην Ελλάδα,, Έκδοσις Εθνικής Εταιρίας, Athènes 1937, p. 156-161.

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Μαθητικό Ξεκίνημα (les élèves en marche)-Athènes 1935, qui annoncent avant l'heure la dictature du 4 août.

ANGHELIKI PANOPOULOU

LA PRESSE POUR JEUNES 1936 -1941

L'instauration de la dictature du 4 août inaugure une période nouvelle dans l'histoire de la presse périodique. La dictature met brusquement fin à la problématique développée au cours des années précédentes dans les pages des publications de jeunes; en dominant toute expression de la vie publique, elle tentera d'imposer ses vues. 

La création de l'Ε.Ο.Ν. (Organisation nationale de la jeunesse) est suivie d'une tentative d'encadrement d'une grande partie de la jeunesse. Dans ce but, tous les moyens de manipulation sont utilisés: le culte du nationalisme, de l'anticommunisme, la foi dans le roi et dans le régime dictatorial sont nécessaires pour la débarrasser des idées communistes, qu'elle était censée avoir fait siennes au cours des précédentes années. Plusieurs publications servaient à propager les idées de l'Ε.Ο.Ν., en totale conformité avec l'idéologie du régime. Par ce moyen, le pouvoir étatique prend officiellement en charge la circulation des idées, ce qui justement fait la différence d'avec la période précédente. De cette manière, tout ce qui se faisait de positif est définitivement écarté. Aujourd'hui 60 titres représentent le fruit de la recherche sur les publications de la période de Métaxas. Nous tenterons d'en fournir une description et de «justifier» leur parution. Les publications nées avant la dictature qui continuent leur parution sans obstacle aucun sont peu nombreuses. Nous signalons Ερυθρός Σταυρός της Νεότητος (la Croix-Rouge de la jeunesse), Παιδικός κόσμος (Le monde des enfants), et bien entendu η Διάπλασις των Παίδων (La formation des enfants), qui continuera de paraître même sous l'occupation. Nous ne pouvons éviter le rapprochement entre la parution ininterrompue de ces périodiques et leur identité de vues avec le pouvoir. Dans une ambiance dominée par le culte des ancêtres, l'exacerbation religieuse, le nationalisme et la haine de toute nouveauté pouvant troubler cet équilibre précaire, ils ne représentaient aucunement un danger. Dans chaque article, les mêmes louanges sont inlassablement répétées en faveur du régime de Ioannis Métaxas et du

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roi qui, au dernier moment, ont évité le désastre pour guider la nation vers de nouvelles victoires. On souligne le rôle spécifique que la jeunesse doit assumer pour soutenir cet effort.

Une mention particulière doit être faite ici aux publications scoutes qui sont parmi les rares à ne pas se contenter d'acclamer le régime, mais exposent aussi les activités des groupes scouts et présentent leur réflexion. Ceci inquiéta le régime qui, voulant imposer ses vues, ordonna leur suppression et les intégra sans des groupes de l'Ε.Ο.Ν.

Une bonne partie des publications qui sont diffusées paraît à l'initiative de l'Ε.Ο.Ν. Organisée par comités régionaux, elle a pour but de propager ses thèses ainsi que de présenter ses activités par région. Son organe central s'appelle Νεολαία (La Jeunesse), tandis que paraissent aussi des publications locales, comme par exemple à Amaliada, à Khania et ailleurs1.

Le contenu des publications de l'Ε.Ο.Ν. se limite à glorifier le régime, ne faisant aucune part à la recherche d'orientations nouvelles. Chaque numéro comporte une multitude d'articles décrivant par le menu les succès de l'Ε.Ο.Ν. ou du régime. On essaie habilement de condamner la période précédente en tant que période désastreuse, pourrie et donc à éviter. On désapprouve le parlementarisme, cause de tant de malheurs, la circulation relativement libre des idées qui a permis aux idées progressistes de se diffuser, ainsi que le bannissement du roi. On proclame avec insistance les vues de Ioannis Métaxas qui, de manière confuse, parle d'un renouveau de la civilisation grecque et conseille aux jeunes de se joindre à ce nouvel effort.

En même temps y sont publiés des articles au contenu historique, folklorique ou philosophique, dus à des écrivains et des lettrés connus à l'époque, mais aussi de nos jours. Se réclamaient-ils des idées du régime ou bien les raisons en étaient-elles alimentaires? Il est difficile de répondre; il faudrait examiner chaque cas séparément pour se faire une opinion. Le matériau photographique occupe une part non négligeable de ces publications. D'innombrables activités et parades sont reproduites comme démonstration de la puissance de l'Ε.Ο.Ν. et de l'écho qu'elle rencontrerait auprès de la jeunesse.

Avec le déclenchement de la guerre gréco-italienne, ces publications, La Jeunesse exceptée, cessent de paraître. Mais, en même temps,

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1. A noter la parution des journaux: Κρητική νεότης (Jeunesse crétoise) (Khania 1939) et Δημιουργία (Création) (Amaliada 1938-1939). Pour la plupart, ils reproduisent des articles de Νεολαία (Jeunesse). Y collaborent aussi des lettrés locaux et sont publiées des informations sur les activités de l'Ε.Ο.Ν. dans la région.

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on prend garde de ne pas trancher entre sujets loyaux ou non à la nation. Car ceci est imposé par les nécessités de la guerre2. L'effort de l'armée grecque sur le front est loué et on rapporte les activités de l'E.O.N. en faveur des soldats (collectes, envoi de nourriture, etc.) L'entrée des armées allemandes en Grèce au printemps 41 porte le coup fatal. La période de l'occupation commence.

ODETTE VARON

LA PRESSE POUR JEUNES 1941-1944

Les publications de la jeunesse constituent pendant l'occupation (avril 41-octobre 44) un phénomène à part, entièrement déterminé par les conditions spéciales qui y régnaient. Dès avril 41, date où s'ébauche le mouvement de résistance de la jeunesse, la publication d'une presse clandestine est l'une de ses premières manifestations. L'itinéraire du mouvement de la jeunesse est inextricablement associé à la presse clandestine antifasciste, qui sert de voie principale de communication avec la jeunesse à laquelle il s'adresse. La presse reflète à son tour l'attitude de la jeunesse, enregistre ses frémissements et sa sensibilité.

Tout cela dans une période de grands changements pour la jeunesse, où une prise de conscience nouvelle imprègne des couches de celle-ci de plus en plus larges. C'est justement cette conscience nouvelle, la conscience résistante, qui constitue le fil conducteur de la presse pour jeunes; elle traverse tous les aspects de la vie, le quotidien le plus trivial et les mentalités et conceptions, marque de son sceau profondément

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2. Une déclaration liminaire du journal Εξόρμησις (Organe de liaison de l'E.Ο.Ν. avec nos soldats au combat), paraissant à Athènes pendant les mois de la guerre et s'adressant à tous les soldats sans exclusive, présente un intérêt certain: «Nous avons conçu tout d'abord Εξόρμησις comme un moyen de communication entre l'E.Ο.Ν. et les compagnons de lutte que la Patrie a appelés au combat suprême. Serait-il cependant concevable, dans les flammes de la guerre qui replonge notre génération aux sources premières des vertus ancestrales, de distinguer parmi les combattants unis dans une même lutte indivisible, ceux qui proviennent de l'organisation et ceux qui ont été tenus hors d'elle pour raison d'âge, d'occupation et de souci du quotidien? Ne luttent-ils pas tous ensemble, côte à côte? Leurs cœurs ne battent-ils pas pour le même but, pour ce même pays lumineux, sous le même drapeau bleu et blanc? Qui oserait alors séparer ce qui est inséparable? Certainement pas nous».

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la jeunesse de cette époque. L'effort de survie quotidien emprunte désormais des voies différentes, la tentative de solution individuelle des problèmes de tous les jours étant quasiment vouée à l'échec. Les circonstances mêmes incitent aux regroupements et occasionnent un esprit nouveau de solidarité. Des différends s'aplanissent, des ponts sont jetés entre des couches de la société qui, jusqu'alors, n'avaient pas eu les moyens de communiquer. Quelques interdits sont levés, ailleurs de nouvelles barrières s'élèvent et de toute façon, les mentalités changent. Le terrain est propice aux aspirations et aux idéologies les plus diverses, lesquelles se proposent de construire une société nouvelle. Cette aspiration a déjà clairement pris forme bien avant la Libération.

De nouvelles valeurs se substituent aux anciennes, des croyances ancestrales sont renversées et, sur des questions cruciales, des ruptures naissent d'avec les mentalités d'antan. Parmi ces questions, nous allons en citer une qui offre un exemple des plus nets d'un renversement dans les conceptions. Il s'agit de la place de la femme dans la société, de son rôle et de ses propres caractéristiques. La jeune fille qui prend contact avec le mouvement en adhérant à une organisation aperçoit s'ouvrir devant elle des voies nouvelles. Ses horizons s'élargissent, des champs d'activité nouveaux lui sont offerts où elle ne tardera pas à faire preuve de ses capacités. Nombreux sont, dans ces publications, les textes qui, rédigés par des jeunes femmes, se réfèrent à leur lutte pour la «double» libération; elles essaient de formuler de quelle façon elles la vivent et l'imaginent. Ceci n'est qu'une des composantes du phénomène global que nous avons défini comme prise de conscience nouvelle de la jeunesse.

Une approche de la presse pour jeunes de cette époque nous permettra d'observer de plus près certaines dimensions de ce phénomène complexe. La presse est un outil de travail adéquat qui, de par sa nature immédiate et éphémère, peut beaucoup mieux que d'autres formes d'expression relever l'apparition de changements dans leur cours et cristalliser leurs étapes successives.

L'idéologie apte à recevoir le phénomène nouveau était, bien sûr, celle de la gauche. Par son intervention pertinente, la gauche gagne à sa cause des jeunes de plus en plus nombreux, qui en son sein trouvent un débouché à leur désir d'action et d'interventions efficaces. Ce phénomène n'échappe pas à la gauche et elle se rend compte que l'E.Α.Μ. (FNL) des jeunes, qui avait succédé à l'O.Κ.Ν.Ε. au début de l'occupation n'est pas le cadre le plus adéquat. C'est ainsi qu'en février 1943, l'E.P.O.N. (organisation unifiée panhellénique des jeunes) est enfin

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créée par auto-dissolution de l'E.Α.Μ. des jeunes et l'intégration de quelques autres organisations résistantes de jeunesse. Ce nouveau cadre peut recevoir le raz-de-marée des jeunes et mobiliser leur désir de résistance. L'E.P.O.N. a bien saisi le message de l'époque, ce qui explique son essor fulgurant.

Bien que la presse pour jeunes soit apparue dès les premiers mois de l'occupation, elle va culminer à partir de la création de l'E.Ρ.Ο.Ν. Parmi 306 titres de publications relevés jusqu'ici, 219 représentent des publications de l'E.Ρ.Ο.Ν. Les 87 titres restants correspondent soit à d'autres organisations de gauche, la plupart absorbées par l'E.Ρ.Ο.Ν., soit à des organisations de droite, soit enfin ne dépendent d'aucune organisation et ont un caractère tout autre.

Nous distinguerons ainsi trois grandes catégories dans les publications de cette période: publications de gauche (la plus grande partie revenant à l'E.Ρ.Ο.Ν.), publications de droite (en très petit nombre) et publications indépendantes. Cette troisième catégorie consiste en feuilles éditées surtout par de jeunes étudiants ou intellectuels témoignant des tendances et préoccupations intellectuelles de la partie la plus avancée de la jeunesse. Elles reflètent également de manière très vivante la totalité de la vie étudiante et de ce qui se passe dans les universités. Leur position idéologique est généralement de gauche, sans pourtant se réclamer d'organisations précises.

PUBLICATIONS DE LA DROITE

Il y en a environ 15 appartenant aux organisations de jeunesse suivantes: Jeunesses royalistes de Grèce (B.N.E.), Union des jeunes royalistes-nationalistes (E.B.E.N.), Union nationale de jeunes (E.D.N.), Organisation des jeunesses nationales unifiées (O.E.E.N.), Union panhellénique des jeunes combattants (P.E.A.N.) et Brigade sacrée (I.T.). Certaines de ces organisations sont à l'instigation des allemands et des italiens, elles sont encadrées par des ex-cadres de la dictature de Métaxas et ont pour but d'endiguer le mouvement populaire en le dénigrant et en désorientant les gens. D'autres, par contre, comme la P.E.A.N. sont de véritables organisations résistantes de jeunes aux opinions de droite. Son organe était Δόξα (La Gloire), qui publiera sans aucune interruption 100 numéros et fut l'un des journaux de droite les plus importants. Ελληνικά Νειάτα (Jeunesses grecques) de l'I.Τ. connurent environ 25 numéros et Μεγάλη Ελλάς (Grande Grèce) organe du Comité central de l'E.D.E.E, environ 100. Les autres journaux ne connaissent

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qu'un nombre infime de numéros et ils ne représentent que de façon fictive cette jeunesse en question.

Selon la remarque de N. Anagnostopoulos, dans sa préface à Παράνομος Τύπος 1941-1944 (p. 13): "La presse de droite fut minime. Par contre, la presse clandestine de gauche avait tout submergé". Il apparaît clairement que la droite a sous-estime le rôle de l'imprimé, en particulier de celui pour les jeunes. Quant aux deux ou trois journaux mentionnés, ils paraissent tous à Athènes, la presse de droite n'ayant jamais atteint la province. N. Anagnostopoulos remarque également: "il n'y a pas de doute que la presse de droite était aussi représentée, mais elle n'est pas sortie d'Athènes, à l'opposé de celle de gauche" (ibid., p. 13). Nous relevons donc une approche radicalement différente selon les organisations de jeunesse de droite ou de gauche, sur la question de la presse.

PUBLICATIONS DE LA GAUCHE

L'E.P.O.N. est parmi les organisations de gauche celle qui édite le plus grand nombre de publications. La presse de l'E.Ρ.Ο.Ν. constitue par elle-même un phénomène à part, ce qu'on peut constater même à partir de son volume par rapport aux autres publications. Parmi les 306 titres que la bibliographie ainsi que toutes sortes de références ont repéré jusqu'ici, on a pu avoir une connaissance directe de 199 publications; parmi les 306 titres, 219 appartiennent à l'E.P.O.N. et parmi les 199 publications répertoriées, 119 sont de l'E.Ρ.Ο.Ν. Nous ne possédons que pour très peu d'entre elles des séries complètes, pour d'autres nous avons des numéros isolés, nombreuses étaient celles représentées par 2-3 numéros seulement. La constitution d'un corpus des publications présente de nombreuses difficultés, étant donné que les bibliothèques publiques officielles, c'est-à-dire la Bibliothèque Nationale de Grèce (EBE), la Bibliothèque du Parlement (BB) et la Bibliothèque Benaki ne disposent que de rares exemplaires. Si l'on considère que la partie la plus importante fut diffusée en province, ainsi que les conditions de clandestinité sous lesquelles elle était éditée et diffusée aussi bien en province qu'à Athènes, on comprend aisément pourquoi cette presse n'est pas parvenue jusqu'aux bibliothèques publiques. D'après certaines informations, une partie qui y est parvenue fut détruite dans la période qui suivit la Libération. Le résultat en est que si l'on excepte la période de diffusion légale de Nouvelle Génération, organe central de l'E.Ρ.Ο.Ν., dont existent des séries aussi bien dans l'EBE que dans la BB, rares sont les autres publications de l'époque dont celles-ci disposent. De ce

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fait, l'investigation se poursuivit à la Bibliothèque de l'Union des rédacteurs des quotidiens d'Athènes (E.S.H.E.A.), aux Archives de la résistance du Musée Benaki, aux Archives littéraires et historiques grecques (E.L.I.A.), aux Archives du secrétariat d'État à la presse et à l'information, aux Archives de la "Résistance nationale unie", aux Archives de la société d'étude et d'illustration de l'œuvre de l'E.P.O.N. et, enfin, à la source principale, aux Archives du conseil central de l'E.Ρ.Ο.Ν.

Une comparaison avec les publications d'autres organisations fait immédiatement ressortir que, parmi toutes celles-ci, c'est l'E.P.O.N. qui attribue à la presse le poids le plus important, en faisant d'elle un moyen des plus considérables pour approcher la jeunesse et lui offrir une tribune d'expression. Un phénomène sans précédent se produit quand, avec la création de l'E.Ρ.Ο.Ν., le pays est submergé par une multitude de publications. Celles-ci se distinguent par une conception tout autre, chaque membre à l'instruction la plus rudimentaire pouvant participer aux publications de l'organisation dans son village le plus reculé. C'est le départ de journaux ronéotypés, dactylographiés ou même manuscrits de 2 à 4 pages, avec images et dessins, portant l'indication: organe de l'E.P.O.N. de tel village. Dans les grandes villes de province, les journaux sont imprimés, souvent même bien imprimés si l'on songe aux conditions de clandestinité, d'un format plus grand et paraissent plus régulièrement. Leurs équipes sont composées de membres et de cadres plus expérimentés, qui font passer la ligne de l'organisation dans des articles idéologiques.

Pourtant, le fait le plus significatif est qu'avec l'E.P.O.N. la presse devient réellement de masse, lève des interdits et des préjugés. Éditeurs et rédacteurs ne sont plus uniquement que des cadres expérimentés et qualifiés; parmi les obligations des membres on retrouve celle d'apporter son concours à la presse. C'est là l'élément nouveau que l'E.P.O.N. apporte à la publication pour jeunes; elle l'affranchit des cadres où elle était gardée jusqu'alors, privilège des étudiants et des grands centres urbains pour l'amener en province, à la campagne, au village. On ne cesse de rappeler dans ces publications: "Nous attendons des correspondances de tous les éponites, de tous nos membres". Et la demande rencontre un écho certain, ce qui confère à ces publications un caractère propre, plein de créativité et de spontanéité.

Leur uniformité dans la forme et dans le contenu est impressionnante concernant des publications venant des quatre coins du pays. Ce fait est-il dû à la discipline envers la ligne de l'organisation ou bien reflète-t-il une unanimité plus profonde? La vie et l'authenticité que

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    6. Actes du Colloque, Historicite ...

    Pantazis, et celle du deuxième périodique pour enfants, le Journal des Élèves, édité par le même en 18524.

    Sur la base des données actuelles et suite à la recherche entreprise pour répertorier les revues pour jeunes dans le cadre du programme des Archives historiques de la jeunesse grecque, on a repéré 41 périodiques et journaux pour jeunes pour la période 1830-1914. Ce chiffre ne comprend pas des imprimés dont le titre seul aurait pu les faire entrer dans la catégorie de la revue pour jeunes, leur sommaire ne correspondant pas à la définition du genre qui est: des périodiques et des journaux s'adressant exclusivement à la jeunesse grecque, fussent-ils sa propre création ou pas.

    La recherche pour retrouver les publications pour enfants et pour jeunes se propose d'en constituer un inventaire détaillé, c'est-à-dire d'esquisser un profil de chaque publication pour l'énumération des données suivantes.

    1) Titre, sous-titre et exergue, 2) lieu et chronologie de la publication ainsi que l'imprimerie, 3) noms des éditeurs, directeurs ou/et des organes/instances collectives responsables de l'édition, 4) le nombre d'exemplaires et le prix du numéro et de l'abonnement , 5) le format, le nombre de pages et la périodicité de la publication ainsi qu'une brève caractérisation de chaque publication, 6) le sommaire et les collaborateurs et enfin 7) la bibliographie existante sur la publication en question et les bibliothèques où elle est conservée.

    Nous venons de mentionner que, pour la période 1830-1914, 41 périodiques et journaux ont été repérés. En calculant par décennies, à partir de la première date de publication, nous obtenons:

    pour la période

    Nombre de publications

    1831-1840

    1

    1841-1850

    aucune

    1851-1860

    2

    1861-1870

    5

    1871-1880

    10

    1881-1890

    7

    1891-1900

    7

    1901-1914

    9

     

    Total

     41 titres de journaux et périodiques  

     

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    4. Le Journal des Élèves (Littéraire et d'Information) change trois ans après