Συγγραφέας:Διεθνές Συμπόσιο
 
Τίτλος:Actes du Colloque International, Historicité de l’ enfance et de la jeunesse
 
Τίτλος σειράς:Ιστορικό Αρχείο Ελληνικής Νεολαίας
 
Αριθμός σειράς:6
 
Τόπος έκδοσης:Αθήνα
 
Εκδότης:Γενική Γραμματεία Νέας Γενιάς
 
Έτος έκδοσης:1986
 
Σελίδες:709
 
Αριθμός τόμων:1 τόμος
 
Γλώσσα:Γαλλικά
 
Θέμα:Βιβλιογραφία
 
Διεθνή Συμπόσια
 
Κοινωνική ενσωμάτωση
 
Μαθητεία και εργασία
 
Νεανικά έντυπα
 
Νεανικές οργανώσεις
 
Νοοτροπίες και συμπεριφορές
 
Παιδεία-Εκπαίδευση
 
Τοπική κάλυψη:Ευρώπη
 
Περίληψη:Πρόκειται για μετάφραση στα γαλλικά των Πρακτικών του πρώτου επιστημονικού συμποσίου, που διοργάνωσε η επιτροπή του ΙΑΕΝ σε συνεργασία με την Εταιρεία Μελέτης Νέου Ελληνισμού. Το συμπόσιο, με θέμα «Ιστορικότητα της παιδικής ηλικίας και της νεότητας», έγινε στο αμφιθέατρο του Εθνικού Ιδρύματος Ερευνών από τη 1 έως τις 5 Οκτωβρίου 1984.
 
Άδεια χρήσης:Αυτό το ψηφιοποιημένο βιβλίο του ΙΑΕΝ σε όλες του τις μορφές (PDF, GIF, HTML) χορηγείται με άδεια Creative Commons Attribution - NonCommercial (Αναφορά προέλευσης - Μη εμπορική χρήση) Greece 3.0
 
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Propp fut le fondateur de cette orientation recherchant dans toute narration le modèle général des fonctions, au-delà des thèmes concrets particuliers. Chaque narration est envisagée en tant que cheminement d'une action visant à faire disparaître une frustration, par exemple, la perte d'une personne, d'un objet précieux, etc. Les fonctions constantes concrétisées dans chaque narration sont, en ce qui concerne par exemple les contes russes, au nombre de 31 et se présentent, au premier niveau (le récit entendu ou lu), de diverses manières. La frustration assume, par exemple, la forme tantôt d'une perte d'un objet précieux (bague, etc.), tantôt elle est désignée comme une perte de la liberté ou maladie, etc. Le narratologue repère ces fonctions dans le texte (s'il s'agit d'une série de variantes à nombreux échantillons, les estimations sont plus pertinentes) et les ordonne selon le temps d'apparition, en constituant enfin le modèle/schéma général de la narration. Ensuite, on recherche les valeurs (values) représentées par chaque fonction ou par chaque motif et, en fin de compte, le rapport du modèle résultant au milieu social, culturel et historique, ou bien d'autres modèles, similaires, pris dans un autre genre de récits. Voici par exemple une série typique de fonctions narratives (Bremond: 1964, 9):

I Le méchant cause un dommage à un membre de la famille.

II Le malheur est connu. Le héros est invité ou sommé de réparer.

III Le héros accepte ou décide de réparer.

IV Le héros s'en va de chez lui.

V Le héros subit une première épreuve et trouve un assistant-collaborateur aux pouvoirs magiques.

VI Le héros réagit aux actes du donateur futur.

VII L'assistant se met à la disposition du héros.

VIII Le héros s'approche de l'objet recherché.

IX Le héros et le méchant s'affrontent dans un combat régulier.

X Le héros est blessé ou marqué.

XI Le méchant est vaincu.

XII Le mal est réparé.

XIII Le héros, incognito, gagne encore quelque chose et rentre chez lui.

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de la narration de Propp. Un aperçu comparatif des points de vue et méthodes qui pourraient être appliquées, dans l'étude pertinente de Gr. Ghizélis (1975) et dans les études appliquées exemplaires de Er. Kapsoménos (1978, 1980, etc.).

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XV On propose au héros une tâche difficile.

XVI Le héros est reconnu.

XVII L'imposteur ou le méchant est dévoilé.

XVIII Le héros revêt un aspect nouveau.

XIX L'imposteur ou le méchant est puni.

XX Le héros se marie et/ou monte sur le trône.

On essaie d'extraire des modèles analogues des contes d'autres peuples également, de sorte que la narratologie comparative repose sur une base plus concrète.

Comme nous l'avons précédemment mentionné, l'étude des œuvres populaires peut elle aussi appliquer de telles méthodes, puisque les œuvres populaires visent à établir le contact avec le plus grand public possible —c'est pourquoi elles se caractérisent par l'application intentionnelle de telles fonctions narratives. L'établissement d'une telle communication (chose qui arrive, par exemple, avec les séries à succès) constitue, sur le plan factuel, une communication à codes communs entre émetteur et récepteur— c'est-à-dire correspondante à la communication dans des communautés closes traditionnelles. D'où la pertinence des méthodes d'analyse typologique des mécanismes narratifs.

Dans les séries que nous étudions, les modèles narratifs de chacune dénotent aussi bien la capacité de l'auteur à les produire, que de leur public à les percevoir et à les accepter; ils dénotent en même temps le système de valeurs de tous les deux. Pour des raisons de concision, bornons-nous ici à examiner le modèle de la série au plus grand succès: le Petit Héros.

HÉROS DE LA NARRATION : Enfant-fantôme, Catherine, Spithas, autres assistants.

LEURS HOMOLOGUES MÉCHANTS : Agents allemands, italiens ou japonais, leurs collaborateurs volontaires ou involontaires.

FRUSTRATION : un personnage parmi les héros, les assistants ou les collaborateurs reçoit un coup de la part du méchant (captivité, la cause du combat en péril, mort, etc.)

DISPARITION DE LA FRUSTRATION : Retour du personnage ou coup analogue porté à l'ennemi.

Comme dans toute narration, le cours des fonctions est tel qu'à

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l'état initial régulier succède la frustration, tandis que toutes les fonctions qui s'ensuivent tendent à rétablir l'état de repos initial. La succession des fonctions dans les aventures des personnages du Petit Héros sont:

a. état normal: nos héros se trouvent dans leur refuge, entre deux aventures.

b. constatation d'un danger: soit ils constatent que la maison est en danger, soit un camarade est en retard, soit la radio transmet un message du général sur un danger qui menace les alliés et la Grèce.

c. acceptation de la tâche: tous ensemble, ou un parmi ceux qui restent, décident d'agir.

d. sortie: les personnages quittent la maison ou la Grèce.

e. première épreuve: les héros subissent le premier affrontement avec le méchant ou son représentant. La frustration initiale est échangée ou aggravée.

f. épreuve décisive: les héros, après un effort concerté, entrent en combat rangé avec l'ennemi.

g. victoire: le méchant est vaincu.

h. repos: l'état normal est rétabli ou rééquilibré.

Le modèle présenté ci-dessus est assez généralisé et ne reproduit pas tous les motifs de chaque aventure. Ceci parce que

1. Très souvent, l'auteur renverse la succession des fonctions, ou bien

2. Il oppose aux héros non pas les agents homologues (méchants), mais des entités équivalentes.

3. Les conflits initiaux sont multipliés.

4. Un cycle de l'aventure se répète, parce que le méchant n'est pas définitivement vaincu (mort apparente) ou bien parce que la frustration assume une autre forme durant l'action.

Notons également qu'au rôle de l'agent aux pouvoirs magiques des contes6 dans ces narrations correspondent, soit les facultés hors du commun du héros principal, G. Thalassis, soit les actes fortuits (mais finalement décisifs) de ses collaborateurs (avant tout de Spithas),soit, très rarement, des capacités surnaturelles (par exemple, la capacité de voir dans le noir, un sifflement curieux qui calme les chiens méchants, etc.).

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6. Cf. Ghizélis: 1975: 425 sq.

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C'est-à-dire que d'habitude l'élément extra-dramatique est peu développé, et donc la responsabilité comme le succès final de chaque mission est crédité exclusivement aux capacités des héros. Ces capacités constituent le premier élément idéologique important des récits; on peut aisément reconnaître parmi elles la bravoure, le sang-froid dans les situations difficiles, la rapidité des réactions, la capacité d'évaluer le comportement de l'adversaire, etc. L'élément magique est ainsi remplacé dans le Petit Héros par une série de facultés censées être positives, puisqu'elles constituent la clef de toute réussite des héros.

Un autre élément, qui fournit des informations idéologiques, est la substitution au cours de la narration d'une frustration de valeurs d'une signification plus ample à la frustration des personnes. C'est-à-dire, que la privation de la liberté du héros est toujours provisoire et est immédiatement remplacée par une privation des moyens importants pour atteindre un objectif plus vaste, comme par exemple un sabotage éventuellement réussi, la fuite de documents ultra-secrets vers l'ennemi, etc. On désigne de cette manière la subordination des valeurs personnelles à d'autres, plus générales. Il existe donc un supra-système, en dehors du rapport interne immédiat de chaque récit, lequel constitue la référence suprême. Ces transferts successifs des valeurs prennent la forme suivante:

PERSONNAGES/HÉROS → VALEURS ET FACULTÉS QU'ILS REPRÉSENTENT → PEUPLE ET/OU CULTURE AUXQUELS ELLES SONT PROPRES

Une réduction correspondante peut aussi être opérée dans le comportement des méchants; nous aboutissons dans ce cas à l'opposition de deux forces, dont les personnages sont des agents dans l'action narrative. Les forces en question sont d'un côté les peuples qui tiennent à leur liberté et, de l'autre, ceux qui s'efforcent de les soumettre par tous les moyens. Quels peuvent donc bien être ces deux mondes auxquels le récit fait allusion dans chaque aventure du Petit Héros? Le niveau des faits fournit suffisamment de données qui peuvent être combinées aux données syntaxiques (stylistiques), parmi celles-ci:

— le cadre historique général de ces aventures est la lutte contre les occupants allemands. Cette lutte du peuple grec était incontestablement considérée, dans les années 50 et 60, comme une lutte de la gauche. Le reste des forcés politiques ne font aucune mention à cette période, ou alors elles l'amalgament à la guerre civile qui l'a suivie, dans le but de la dénigrer.

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— les personnages des aventures reçoivent souvent des missions pour le compte des Alliés, mais c'est parce que le danger auquel ils sont affrontés dans leur propre pays concerne la totalité des luttes de libération contre l'Axe. En même temps, le fait que des Grecs ont reçu la mission révèle les faiblesses des Alliés.

A partir de ces remarques, nous sommes amenés à considérer la lutte de nos héros, non seulement comme une lutte contre les occupants allemands, etc., mais aussi contre tout occupant. Qui donc pourrait bien être tenu pour occupant dans les années de parution du Petit Héros? Et qui serait l'allié international dans la lutte contre les méchants? Les Occidentaux (chez lesquels nos héros sont souvent appelés pour aider les gouvernements) sont dépeints comme faibles, inorganisés, aux services incertains et irresponsables. Ceux de l'Est (actuel) ne sont nullement caractérisés. Or, dans un affrontement idéologique supposé —comme cela a lieu au fond de la structure narrative— les deux forces ne sont pas les mêmes: l'une reste indemne, tandis que les alliés occidentaux sont parés de défauts minimes mais décisifs. Ce très léger déséquilibre prête à une appréciation dirigée dans un sens évident.

Il existe un autre moyen encore de tirer des conclusions à partir de l'étude stylistique du Petit Héros. Comme par exemple, la série et l'enchaînement des fonctions narratives sont éventuellement très proches de plusieurs autres fonctions qui caractérisent l'aire culturelle exprimée par le public de ses lecteurs. Ceci apparaît à travers une analyse comparative des techniques narratives populaires de cette époque comme en témoignent des contes et des mythes. Pour le moment néanmoins une telle approche comparative est impossible, des recherches allant dans ce sens faisant encore défaut7.

8. L'«hellénisation» des personnages. Généralités. A l'opposé du Petit

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7. La publication présente est un résumé d'une étude plus large mise en œuvre depuis longtemps. Les analyses des modèles narratifs du Petit Héros et des autres séries ne sont pas encore achevées et, de toute façon, elles ne peuvent être publiées dans le cadre restreint de cette communication. L'absence d'analyses analogues sur d'autres formes du discours narratif populaire annonce les difficultés d'une comparaison définitive des modèles des séries pour enfants avec ceux propres aux récits d'avant et d'après la période examinée.

Il va de soi que les évaluations circonstancielles (par exemple, l'évaluation de l'interdiction des revues dans les écoles, leur condamnation par la gauche, etc.) constituent une approche également importante, omise ici même, mais qui a bien sûr sa place dans le cadre de l'étude plus large entreprise.

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Héros, les autres séries tirent leur modèle narratif des modèles étrangers du genre, ceux-ci s'imposeront finalement après 1967. Les fonctions narratives sont moins nombreuses, tendant à une ordonnance schématisée qui bannit toute fonction originale. En vue d'une présentation industrielle —et non plus simplement artisanale— la réduction des fonctions narratives est nécessaire, puisqu'elle contribue à éliminer les particularismes culturels des lecteurs-clients, en regroupant plus facilement les secteurs déviants de la masse des acheteurs. Lors cependant du transfert de ces mêmes modèles, ce «défaut» fut remplacé par une surcharge des traits idéologiques des personnages. C'est pourquoi les héros sont «hellénisés» ou bien subordonnés à des caractères ajoutés d'origine grecque et au comportement authentiquement grec. Cette méthode eut, à coup sûr, un certain succès, n'égalant pourtant jamais celui du Petit Héros. Ce qui fait la différence de fond entre le Petit Héros et les autres séries, c'est que l'auteur du premier n'a pas machinalement transposé les modèles étrangers, ni les a simplement adaptés à la réalité grecque, mais qu'il a réussi à créer des modèles narratifs basés sur les techniques traditionnelles qui, alors, étaient conformes aux caractéristiques culturelles des jeunes (au moins de ceux qui le lisaient). Ce n'est que par la référence à ces mécanismes qu'on peut expliquer la familiarité avec les personnages et l'intérêt des jeunes lecteurs, pendant si longtemps et à une telle dimension, pour les aventures des petits héros.

Néanmoins vers la fin des années 60, aussi bien le Petit Héros que les autres périodiques du genre connaissent une chute vertigineuse des ventes. La référence créative à des techniques narratives profondément enracinées, pas plus que l'«hellénisation» artificielle des personnages n'ont pu prolonger leur existence fortuite et transitoire. Déjà le public grec constitue une clientèle marginale mais non négligeable pour les séries étrangères correspondantes, produites désormais industriellement et en quête de nouveaux marchés. Non seulement, les États-Unis, mais aussi la France et surtout l'Italie, développent une production de B.D., acceptée d'autant plus facilement que le cinéma et la télévision sont devenus depuis longtemps les moyens dominants de communication. La production originale de telles séries est financièrement hors de question pour la corporation locale, de même que leur adaptation. Les produits étrangers sont ainsi tout simplement traduits ici et sont même publiés par les mêmes auteurs/éditeurs que les séries précédentes (Anémodouras, Stratikis, etc.). Ce qui est aussi le cas pour les livres de poche de la série rosé ou policiers, pour les feuilletons télévisés et, en général, toutes les productions narratives standardisées. Il serait banal

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de faire allusion dans le présent cadre au rôle aliénant (au niveau individuel et national) de la consommation de récits à structure narrative "passe-partout": une telle consommation dévalorise peu à peu par (désuétude) les particularismes nationaux, reproduits dans les modèles narratifs de chaque culture; les générations plus jeunes, de toute classe sociale et de tout pays, se nivelant artificiellement dans les nouveaux modes stéréotypés de perception. Et, ce que les anthropologues sociaux connaissent bien, les modèles narratifs nationaux sont des mécanismes non seulement de réception de sens, mais aussi un moyen de production de celui-ci. En termes plus simples, la façon de penser devient aussi simpliste et schématique que les modèles qui l'ont façonnée. Ne faudrait-il pas alors examiner d'autres manifestations de l'idéologie des jeunes (par exemple leur discours énoncé publiquement dans les années 70 et 80) avec ce même critère?

BIBLIOGRAPHIE

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Revue ΩΛΗΝ, 1982: Γ. Θαλάσσης "Φάντασμα: ο χιλιομετροδείκτης της μεταπολεμικής αγωνίας" (dans le même numéro, une interview de Th. Astritis).

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MARTHA KARPOZILOU KOSTAS TSIKNAKIS

ANNA MATTHEOU ANGHELIKI PANOPOULOU

LEFTERIS KARYATOGLOU ODETTE VARON

LA PRESSE POUR JEUNES 1830-1944

Dans le cadre du programme des Archives historiques de la jeunesse grecque inauguré par le Sous-secrétariat à la Jeunesse, il est prévu de dresser un inventaire des publications pour jeunes depuis la constitution de l'État grec jusqu'à nos jours. Cette recherche se propose de constituer des corpus de documents publiés dus à la jeunesse ou s'adressant à elle, le critère retenu étant une référence claire aux jeunes, que ce soit dans le titre ou le sous-titre. C'est-à-dire qu'on ne considère pas pour «jeunes», les publications qui sont tout simplement publiées par des jeunes, mais celles qui aspirent soit à s'adresser aux jeunes, soit de mettre en avant le statut juvénile de leurs rédacteurs; tous ceux qui, en fin de compte, utilisent le statut de jeunesse comme un moyen particulier de communication. Celles-ci peuvent être littéraires, religieuses, estudiantines, scoutes ou appartenir à des jeunesses politiques.

La constitution de cet inventaire viendra à l'appui d'une approche du phénomène de l'âge jeune, au sens que ces publications recèlent, des documents sur la double dimension de celui-ci, l'image qu'ont les jeunes d'eux-mêmes ainsi que la façon dont les adultes les perçoivent et s'adressent à eux. Une fiche sera créée pour chacune de ces publications, contenant l'identité de celle-ci, c'est-à-dire les éléments suivants: titre, sous-titre, exergue, lieu de publication et imprimerie, éditeur et directeur, tirage, prix, format, nombre de pages.

Hormis les éléments ci-dessus, purement bibliographiques, une description du périodique est également donnée, basée sur une caractérisation qui comprend des extraits des rédacteurs eux-mêmes sur les buts du périodique, et qui fait une mention la plus analytique possible du sommaire et des rédacteurs. Ensuite, sont localisés les numéros de chaque périodique dans les bibliothèques (publiques et privées),

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est photocopiée la première page du premier numéro et l'on procédera par la suite à une reproduction par microfilm.

Pour certaines catégories de publications, en rencontre des problèmes particuliers. Dans le cas par exemple des publications clandestines de l'occupation, la constitution d'un corpus est rendue pour la plupart d'entre eux impossible à cause du nombre infime des numéros conservés, éparpillés de plus en diverses bibliothèques ou archives personnelles, dont l'accès n'est pas toujours aisé. En parallèle à l'approche de la publication même, s'effectue également une recherche concernant la bibliographie afférente.

Il est vrai qu'à ce point se fait ressentir le manque de telles recherches bibliographiques, mais aussi d'études plus générales sur la presse. Nous procédons ainsi d'une manière quelque peu empirique, en nous appuyant sur le matériau original. Ce matériau même est susceptible d'un traitement ultérieur, qui montrera l'opinion de la jeunesse, à chaque époque, sur tout d'abord la publication elle-même et ensuite sur son impact social plus général.

Par son coté éphémère qui, conjointement à l'actualité et à sa large diffusion qui lui est propre, la publication périodique est un des moyens par excellence qui correspondent au désir d'expression et de communication de la jeunesse. Elle reflète et façonne en même temps les courants politiques, culturels ou autres des jeunesses de l'avant-garde, qui trouvent de la sorte un moyen d'expression. Là où les autres voies sont barrées et les obstacles insurmontables, le périodique offre toujours la possibilité d'une expression différente, moins contrôlée.

MARTHA KARPOZILOU

LA PRESSE POUR JEUNES (1830-1914)

La parution du premier périodique dans le territoire grec coïncide avec la signature du protocole de Londres, proclamant l'indépendance de la Grèce. Il est vrai que la revue Eos (l'aube)1, parue à Nauplie en

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1. Η Ηώς, σύγγραμμα περιοδικόν ασχολούμενον περί την φιλολογίαν, φιλοσοφίαν, περί τας επιστήμας, τέχνας, γεωργίαν, εμπόριον κ.τ.λ. était publiée par Emmanuel Antoniadis (1791-1863) du 1er février 1830 au 25 avril 1831. V. M. Papaioannou, «H εβδομαδιαία εφημερίς του Ναυπλίου «Η Ηώς», Πελοποννησιακή Πρωτοχρονιά» vol. 5, 1961, p. 137-146. C'est avec un titre similaire que parut à Athènes, pendant un an

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février 1830, n'est pas le premier périodique grec, étant précédée par ce qu'on appelle les revues d'avant la révolution, imprimées cependant dans leur totalité dans les centres d'édition européens. Il y a une différence fondamentale entre les périodiques gréco-européens (Le Mercure Littéraire, Nouvelles de l'Orient, Télégraphe Hellénique, Télégraphe Littéraire, Athéna, Calliopi, l'Abeille, le Musée)2 et ceux qui paraissent dans l'État grec à partir de 1830. Les premiers sont caractérisés par une uniformité quant à leurs objectifs, leur contenu et leur fonctionnement, tandis que les autres présentent dès le début une variété de genre remarquable, variété qui témoigne des conditions et besoins nouveaux et divers de l'État nouvellement constitué. Ainsi, tandis que les périodiques d'avant l'indépendance sont porteurs de l'esprit des Lumières et ont pour but le réveil de la nation, ceux de Grèce expriment, à peine parus, la composition en voie de transformation de la société et de l'État grecs.

Il est à remarquer qu'au cours des quinze premières années qui suivent la fondation de l'État grec, au moins treize catégories distinctes de périodiques sont constituées, recouvrant bien entendu et répondant à un large faisceau d'activités, d'intérêts et de recherches3. La fondation

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environ (7 février 1836-15 mars 1837) le périodique Ηώς, σύγγραμμα περιοδικόν φιλολογίας, επιστημών, βιομηχανίας και πολιτειογραφίας Ses éditeurs furent I. Ν. Levadieus (1800-1871) et Emm. Antoniadis installé entre-temps à Athènes. Il est à signaler que ces deux revues ont pour exergue commun l'adage de Salomon "Πενίαν και ατιμίαν αφαιρείται παιδεία".

2. Les revues d'avant la révolution ont été répertoriées dans leur totalité par le Centre de recherches néo-helléniques; v. Τα Ελληνικά Προεπαναστατικά Περιοδικά. Ευρετήρια, Α': Αθηνά, Καλλιόπη, Μέλισσα, Το Μονσείον. Επιμ.. Αγγελική Γαβαθά-Παναγιωτοπούλου, Αθήνα 1971. Β' Ερμής ο λόγιος (1811-1821) Επιμ.. Έμμ. Ν. Φραγκίσκος, Αθήνα 1976. Γ΄: Ειδήσεις διά τα Ανατολικά μέρη (1811), Ελληνικός Τηλέγραφος (1812-1836), Φιλολογικός Τηλέγραφος (1817-1821), Επιμ. Ρωξάνη Αργυροπούλου-Άννα Ταμπάκη, Athènes 1983. D'autre part les Archives Grecques de Littérature et d'Histoire ont programmé leur réimpression et publié déjà le premier volume de la série, v. Μέλισσα ή Εφημερίς Ελληνική, Athènes 1984. Sur la Melissa v. aussi Stamatis Karatzas, "Ο Αγαθόφρων Λακεδαιμόνιος και το παρισινό περιοδικό "Μέλισσα", Πελοποννησιακά, v. 3-4, 1958-1959, p. 241-262. Sur la revue Ερμής ο Λόγιος ή Φιλολογικαί Αγγελίαι voir Ekaterini Koumarianou, "Η πρώτη Ελληνική φιλολογική εφημερίδα, Ερμής ο Λόγιος, ή Φιλολογικαί Αγγελίαι, 1811-1813 et 1816-1821", Ελεύθερα Γράμματα (25 mars 1947), n° 63, p. 83-84 et (avril 1947), n° 64, 108; idem "Λόγιος Ερμής, κοσμοπολιτισμός, και εθνικός χαρακτήρας", Εποχές (octobre 1964), n° 18, p. 24-28; idem, "Λόγιος Ερμής, Αθησαύριστα κείμενα 1818-1815", Ο Ερανιστής, τ. 7, 1969, p. 33-112 et G. Laïos, Ο Ελληνικός τύπος της Βιέννης, Athènes, 1963, ρ.92-118.

3. Je traite en détail de la presse périodique grecque de la période 1830-1846

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de l'université et des sociétés de savants au milieu des années 1830 est observée et suivie par des revues qui occupent les secteurs de l'archéologie, de la médecine, du droit, et de la philologie. La politique de l'enseignement de Capodistria et du roi Othon s'accompagne de quelques revues d'enseignement et de pédagogie, tandis qu'une partie de la classe militaire issue de l'État de guerre permanent au cours de la décennie précédente soutient et appuie les publications militaires et de la marine qui paraissent. Par ailleurs, la situation politique nouvelle ainsi que les changements que connaît le pays sont à l'origine de la publication des revues politiques. Nous devons inclure dans cette catégorie une partie des revues satiriques qui s'occupent presque exclusivement des vicissitudes politiques. Un autre groupe de revues, également apparu dans les premières années de la création de l'État grec, traite des sujets de la science politique et des problèmes relatifs à la situation sociale; on appellerait aujourd'hui ces revues de «sciences sociales». L'Église est bien sûr représentée par ses propres publications ecclésiastiques et religieuses, tandis qu'à la même époque on signale l'apparition des périodiques «généraux» qui constituent les précurseurs, sinon les premiers spécimens du magazine littéraire/familial, c'est-à-dire un genre voué à un grand épanouissement et développement en Grèce, à partir du milieu du 19ème siècle.

Nous rencontrons enfin en septembre 1836, parmi les catégories de périodiques citées ci-dessus, la publication du premier spécimen grec pour enfants, Παιδική αποθήκη: ouvrage périodique paraissant deux fois par mois pour les enfants grecs par D. Pantazis, Athénien —le périodique n'a connu en tout que deux numéros. Ce fait, c'est-à-dire la brièveté de la parution, est un des aspects principaux de la plupart des périodiques pour la période 1830-1845. L'existence brève des revues est liée à leurs finances maigres ou même misérables, ainsi qu'à l'absence d'une rédaction suffisamment nombreuse et stable. Ces deux facteurs avaient sans doute une influence négative sur la consolidation et sur la longévité des revues, celles-ci étant pour la plupart le résultat de l'initiative et du travail d'une ou deux personnes; tirées à peu d'exemplaires puisque leurs lecteurs étaient de facto limités.

En laissant de côté les revues scientifiques et spécialisées, qui s'adressent à un public précis et plus ou moins homogène, et en nous limitant aux périodiques qui s'adressent à un public de lecteurs plus large, nous pouvons affirmer que leur caractéristique principale, exprimant aussi

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dans un chapitre particulier de la thèse de doctorat en préparation sur «Les revues littéraires/familiales du 19ème siècle».

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la position idéologique de leurs éditeurs, est qu'ils se proposent d'être utiles au lecteur, en lui offrant des renseignements divers et des pratiques qui pourraient améliorer son niveau de vie. De ce point de vue, les revues font fonction, dans les premières années de la fondation de l'État grec, de substitut au manuel scolaire, destinées plus particulièrement à la génération qui a grandi pendant la révolution et la lutte et qui n'a pas eu l'occasion et la possibilité de s'instruire à l'école. Cependant, avec l'extension du réseau scolaire et les changements observés dans la vie économique et sociale du pays, dès la fin des années 1840, les revues se chargent d'un rôle plus complexe qui consiste en deux mots à offrir de l'utile et de l'agréable. Le lecteur moyen semble de moins en moins satisfait par les connaissances pratiques et les conseils utiles prodigués jusqu'alors par les périodiques et, à côté d'une vague culture générale encyclopédique qu'il identifie à l'utilité, il recherche la distraction que lui offrent, dans une large mesure, la nouvelle et le roman. De leur côté, les éditeurs essaient de parvenir à un équilibre entre la part «sérieuse» du contenu qu'ils estiment importante et par conséquent utile, et la part «légère» de celui-ci qu'ils désignent comme «agréable».

La deuxième caractéristique principale des périodiques du 19ème siècle, directement liée à la première, c'est-à-dire à l'association des contenus utiles et agréables, est la composition très particulière du public auquel ils s'adressent. Le désir des éditeurs de se rapprocher et d'atteindre un public le plus large possible est manifeste tout au long de l'itinéraire et du développement de la presse périodique et déterminant pour sa forme ultérieure. La diversité «horizontale» des lecteurs qu'ils attendent, c'est-à-dire la diffusion de la revue dans toutes les classes socio-économiques de la population, va de pair avec l'aspiration à une diversité «verticale» de celui-ci; c'est-à-dire une revue lue par tous les membres d'une même famille (l'unité qui, traditionnellement, représente tous les âges). De ce point de vue tout périodique général/à sujets variés/littéraire, s'adresse plus ou moins, et selon son orientation propre, également à la jeunesse grecque.

Ce point est, à mon avis, la cause principale de la faible représentation du périodique pour enfants et jeunes aussi bien quantitativement que qualitativement dans la Grèce du 19ème siècle. Le fait que le périodique littéraire/familial se charge de recouvrir au moins une partie des besoins de l'enfant et du jeune, agit comme un frein pour la parution de périodiques spécialisés pour enfants, de sorte que l'on observe une éclipse de quinze années entre la parution de Παιδική αποθήκη qui n'est de toute façon qu'un premier essai, isolé et sans prétention, de Dimitrios

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Pantazis, et celle du deuxième périodique pour enfants, le Journal des Élèves, édité par le même en 18524.

Sur la base des données actuelles et suite à la recherche entreprise pour répertorier les revues pour jeunes dans le cadre du programme des Archives historiques de la jeunesse grecque, on a repéré 41 périodiques et journaux pour jeunes pour la période 1830-1914. Ce chiffre ne comprend pas des imprimés dont le titre seul aurait pu les faire entrer dans la catégorie de la revue pour jeunes, leur sommaire ne correspondant pas à la définition du genre qui est: des périodiques et des journaux s'adressant exclusivement à la jeunesse grecque, fussent-ils sa propre création ou pas.

La recherche pour retrouver les publications pour enfants et pour jeunes se propose d'en constituer un inventaire détaillé, c'est-à-dire d'esquisser un profil de chaque publication pour l'énumération des données suivantes.

1) Titre, sous-titre et exergue, 2) lieu et chronologie de la publication ainsi que l'imprimerie, 3) noms des éditeurs, directeurs ou/et des organes/instances collectives responsables de l'édition, 4) le nombre d'exemplaires et le prix du numéro et de l'abonnement , 5) le format, le nombre de pages et la périodicité de la publication ainsi qu'une brève caractérisation de chaque publication, 6) le sommaire et les collaborateurs et enfin 7) la bibliographie existante sur la publication en question et les bibliothèques où elle est conservée.

Nous venons de mentionner que, pour la période 1830-1914, 41 périodiques et journaux ont été repérés. En calculant par décennies, à partir de la première date de publication, nous obtenons:

pour la période

Nombre de publications

1831-1840

1

1841-1850

aucune

1851-1860

2

1861-1870

5

1871-1880

10

1881-1890

7

1891-1900

7

1901-1914

9

 

Total

 41 titres de journaux et périodiques  

 

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4. Le Journal des Élèves (Littéraire et d'Information) change trois ans après

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De ces 41 imprimés, ne sont conservés dans les bibliothèques publiques et privées d'Athènes, de Salonique et de Jannina, que 23 périodiques et journaux en tout, en séries complètes ou partielles. La recherche se poursuit pour les 18 restants, mais il est peu probable qu'on puisse les retrouver. Nos connaissances sur la plupart des périodiques qui nous manquent se fondent et se limitent à des mentions et références bibliographiques recouvrant d'habitude le titre, le lieu d'édition et des indications chronologiques.

Les villes dans lesquelles sont réparties les 41 publications de la période 1830-1914 sont: Athènes avec 25 publications (la capitale détient donc 61% de la production totale de la presse pour jeunes, un taux qui va de pair avec la situation plus générale dans l'édition de la presse périodique), Constantinople, où paraissent 4 périodiques, Alexandrie et Patras avec 3 chacune et enfin Héraklion, Smyrne, le Pirée, Hermoupolis, Limassol et Argos avec un seul périodique.

En ce qui concerne la durée de la publication de chaque périodique et, par extension, la moyenne de vie des publications pour enfants et pour jeunes, nos estimations devront se fonder uniquement sur les 23 publications pour lesquelles un examen à été pratiqué jusqu'à présent. Sur la base donc de ces données, nous observons que la totalité presque du 19ème siècle est monopolisée par deux revues Εφημερίδα των Παίδων (1868-1893) et la Διάπλασις των Παίδων qui débute en 1879 et continue jusqu'au milieu du 20ème siècle. Le reste des publications a une vie brève, avec une moyenne de vie d'environ un an; celles diffusées au début du 20ème siècle ont une durée plus longue, avec une moyenne de vie d'environ 2 ans.

La production de la période 1830-1914 n'est pas dans son ensemble particulièrement riche, au moins quant au nombre des publications et la durée de leur édition. Néanmoins, en repérant et en mettant en avant un nombre de publications sensiblement supérieur à celui connu par nous jusqu'ici, une première étape est accomplie sur la voie de l'étude de la presse périodique pour jeunes dans son ensemble. Sur la base des nouvelles données, on peut situer le périodique pour enfants et pour jeunes dans le cadre historique, social et éducatif de son époque, comme aussi suivre de près son itinéraire et son développement.

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sa parution de titre, de contenu et de forme, et fait une carrière jusqu'en 1881 en tant que Journal des Amis du Savoir. Ce changement doit être interprété comme une pièce à conviction supplémentaire quant à l'impuissance du public à soutenir pendant longtemps un périodique pour élèves-enfants, ceci au moins jusqu'à la fin des années 1860, époque de l'apparition du Journal des Enfants.

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ANNA MATTHÉOU

JOURNAUX POUR JEUNES DE LA PÉRIODE OTHONIENNE

Les journaux de la période othonienne constituent aux yeux du chercheur une véritable mosaïque de renseignements, dont la fonction est intégrée dans les actes et comportements politiques ayant lieu dans l'État grec de cette époque.

L'approche quantitative des publications de cette période (journaux et revues), tout en tenant compte de leur durée de parution, circonscrit une série de rapports qui aboutissent à deux constats de base: d'un côté, un grand nombre de publications et de l'autre un nombre infime de celles-ci qui dépassent disons les dix ans.

Les pratiques concernant la lecture et la circulation des journaux sont révélatrices de la destination de ceux-ci. En schématisant, on peut dire que cette structure se définit pour un public instruit1, ce qui donne un nombre réduit d'abonnés, d'origine sociale précise (lettrés, commerçants, haut fonctionnaires), un tirage modeste et une diffusion remarquable par le truchement des cafés, où la lecture à haute voix est d'usage. C'est ainsi qu'est définie la réception de l'imprimé dans l'espace institué du café grec, une réception déterminée par un processus nécessairement original: le journal est une des motivations des réunions au café, car il permet un discours politique.

Le journal, prisonnier de son rôle principalement politique2, ainsi que la revue au caractère littéraire général, recèlent une thématique riche, que seuls une analyse systématique du contenu, le dénombrement des articles, des titres, des mots et des symboles pourraient déterminer, et également déclencher une élaboration des thèmes sous-jacents dans les rubriques éparses du 19ème siècle.

Quiconque aujourd'hui se poserait la question de l'existence des périodiques «pour enfants» ou «pour jeunes» dans les années 1833-62,

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1. En 1840, 12,5% de la population masculine a une instruction de base. V. D. Dakin, Η ενοποίηση της Ελλάδας, 1770-1923, MIET, Athènes 1982, p. 444. Ce pourcentage représente 52.823 personnes éduquées sur la population totale. V. Στατιστικαί Μελέται, 1821-1971, EKKE, Athènes 1972, p. 126.

2. La totalité presque des journaux de cette époque sont désignés comme politiques par leurs sous-titres ; il est révélateur que les matières sont conventionnellement ordonnées de façon que l'Intérieur (: la position politique du journal dans l'actualité) recouvre la plus grande partie des 4 pages, tandis que l'Étranger et les Faits divers sont d'habitude réduits pendant toute la période d'Othon.

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se rendrait compte que les publications pour enfants sont quantitativement sous-représentées par rapport au nombre total des publications mais aussi par rapport à celles qui ont une destination particulière (presse spécialisée): on ne peut repérer, durant toute cette période, que trois titres en tout, ce qui nous ramène à la revue littéraire qui, à travers un contenu très varié, traite aussi des questions d'éducation, d'enseignement et qui propose souvent des lectures pour jeunes3. Que peut-on donc appeler «presse pour jeunes» à cette époque? Une première approche consisterait dans la constitution d'un corpus, assemblage de toutes les publications et choix des œuvres qui, par leurs intentions et leur contenu «s'adressent à» ou «s'occupent» des enfants et des jeunes.

Cependant, la seule lecture des titres et des annonces de publication est souvent trompeuse. Nous pouvons citer à titre d'exemple la publication du Journal des Élèves, un titre qui semble introduire une innovation dans la presse; son objectif, figurant dans le premier numéro «est de servir de lecture utile pour le dimanche»4. Le Journal contient, les rubriques suivantes: 1) archéologie et philologie 2) des biographies surtout de l'Antiquité5, 3) mythologies, 4) histoire naturelle et «merveilles de la Nature», 5) «sciences et arts», ainsi que des présentations d'ouvrages. Le Journal des Élèves propose de la sorte un type idéalisé de lectures pour jeunes élèves: ce que ceux-ci devraient lire, en dehors de leurs manuels scolaires, pendant leur temps libre et dans un but de «connaissance sociale6»: «Parce que donc ils (les jeunes) ne doivent pas rester dans l'ignorance des événements aussi bien familiers qu'étrangers»7. Il semble que

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3. Un exemple nous est offert par la lecture du Journal de Andréas Laskaratos, ο Λύχνος, paraissant à Zante à partir de 1854 avec comme sous-titre: Journal familial visant à offrir des lectures utiles aux familles: Λύχνος met aussi en avant, à travers «ses lectures utiles» les besoins de la lecture pour enfants: a) en publiant des contes, des histoires brèves ou des prières, traduits surtout de l'anglais et de l'italien et b) en présentant des textes qui se réfèrent à l'enfant ou aux parents, écrits par lui-même, sa femme ou ses filles; enfin, il offre peut-être un solution en incitant les enfants de communiquer au Journal leurs ébauches littéraires.

4. N° 1/19 octobre 1852.

5. En 1852,13 des biographies se réfèrent à l'Antiquité, 6 à Byzance et une seule aux temps modernes.

6. L'emploi du terme «sociale» nous oblige de remarquer qu'à notre avis, la connaissance sociale voulue par le journal est assimilable au caractère encyclopédique et littéraire de ses articles. Tout compte fait, l'emploi et la mise en avant de cette caractéristique ne différencie pas ce journal des autres revues littéraires de l'époque.

7. Εφημερίς των Μαθητών, Ν° 1/19 octobre 1852.

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le Journal ait été diffusé dans les écoles8, et ce n'est-pas un hasard si son éditeur est D. Pantazis, auteur de manuels scolaires pour les écoles publiques et éditeur du Paidiki Apothiki9. Il est évident que le titre de ce Journal ne justifie aucunement sa parution; dans ce cas précis, le public des abonnés (lecteurs). A partir donc du numéro 116 10, le Journal des Élèves change de nom et devient le Journal des Amis du Savoir. L'avis de l'éditeur est formulé en des termes intéressants: "Le Journal des Élèves ayant eu la chance de compter parmi ses abonnés et lecteurs, non seulement des élèves, mais aussi des instituteurs et professeurs, ainsi que plusieurs savants, portera à partir du prochain numéro, le 117, avec l'autorisation de l'autorité compétente et selon l'opinion de la majorité de ses abonnés, le nom de 'Journal des Amis du Savoir'".

LΕFTERIS KARYATOGLOU

JOURNAUX POUR JEUNES (1862-1899)

Il existe très peu de journaux de la jeunesse, au cours du 19ème siècle, en comparaison au nombre des journaux politiques; ce qui en dit long sur le rôle de cette jeunesse dans les développements plus généraux de l'époque. Pendant la Seconde Monarchie, et plus particulièrement dans les années 1862-1890, nous pouvons mentionner:

a. H Νέα Γενεά (La Jeune Génération)

b. Εφημερίς των Παίδων (Le Journal des Enfants)

c. Ήβη (L'Adolescence)

d. Πανεπιστήμιον (L'Université)

a. La Jeune Génération paraît pour la première fois en 1862, au cœur de l'agitation et des manifestations politiques pour le renversement d'Othon, raison pour laquelle ce journal sera souvent persécuté. Nous avons maintes informations sous forme de plaidoyer avec des envolées tout à son éloge (par exemple, n° 4-31 janvier 1862, n° 5-19

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8. Ibid. Les abonnements sont effectués par MM. les instituteurs et les chefs des postes, pour la Grèce.

9. Αποθήκη Παιδική: il n'existe qu'un seul exemplaire du périodique à la B.N.: n° 2/30 septembre 1856.

10. V. Εφημερίς των μαθητών, n° 114/14 mai 1855, p. 468.

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mai 1862). Son caractère d'opposition ainsi que la couleur politique très marquée du contenu de ses articles ne lui permettront pas de faire une part aux préoccupations des jeunes comme celles que nous rencontrerons dans d'autres journaux1. Il mobilise la jeune génération ou, pour le moins, tente de le faire, en donnant bien sûr des explications sur cette tentative, faite dans une période troublée de la vie politique du pays. Il a dû se présenter des cas fréquents de malaise vis-à-vis de la politisation de la jeunesse, ce qui fait dire au journal, en première page de son premier numéro sous le titre de "la jeune génération": "Que vient faire donc la jeune génération dans l'arène politique? Pourquoi mêle-t-elle ses emportements et son manque d'expérience à l'organisation et à la marche de la cité, pour quelle raison délaisse-t-elle ses études et sa carrière pour se préoccuper de sujets auxquels de par son âge elle n'a aucun droit et sur lesquels de par son expérience elle ne peut émettre une opinion juste et réfléchie; pourquoi ne fait-elle pas confiance à l'âge expérimenté et mûr pour mener à bien les affaires de la cité? voici les questions de ceux qui, nombreux2, redoutent l'abnégation et l'enthousiasme de la jeunesse et lui envient l'élévation et la noblesse de ses pensées"3.

L'éditorial poursuit par quelque références obligées a la situation intérieure et internationale où la jeunesse joue le premier rôle: "ils oublient que, dans toute nation, c'est la jeunesse qui fut à la tête et le porte-drapeau des grandes réformes et des refontes radicales des cités... ils oublient qu'elle fut le promoteur de la récente résurrection italienne... ils oublient aussi que notre régénération nationale a eu pour champion et fondateur la jeune génération"4. Il est intéressant, à notre avis, de signaler également la conception que le journal se faisait du contenu social de ce terme: "la jeune génération n'est pas la jeunesse étudiante seule; la jeune génération est aussi la fleur de l'armée; la jeune génération est la fleur des commerçants, des propriétaires fonciers et des industriels; la jeune génération c'est trente mille marins sillonnant les mers du monde entier; la jeune génération, c'est la nation entière, la nation juvénile, pleine de vie, de sève et d'énergie"5. Le terme cesse d'être un récepteur passif de quelques messages moralisants et ambitionne de rassembler

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1. "Ήβη s'abstiendra de toute autre politique", Ήβη n° 1, Athènes, mars 1874.

2. A souligner la tentative indirecte du directeur de minimiser le rôle des réactions à une éventuelle participation des jeunes aux événements politiques.

3. N° 1, 20 janvier 1862.

4. H Νέα Γενεά n° 1, 20 janvier 1862.

5. Ibid.

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tous les éléments sociaux et politiques progressistes, qui promettront: une nation se gouvernant elle-même par ses autorités parlementaires et municipales, et le parachèvement de la grandeur nationale par le développement et l'organisation des éléments nationaux6.

b. Journal des Enfants. Celui-ci comme Adolescence évoluera dans un cadre tout à fait différent. Dans le contenu immuable de cette publication:

1. des histoires brèves aux conclusions moralisantes, d'incitation ou bien de dissuasion.

2. Mise en avant de vertus chrétiennes avec des références abondantes à la Bible.

3. Concours (questions d'histoire sainte) avec prix et félicitations aux meilleurs abonnés.

4. Lectures à intérêt encyclopédique (le poisson volant, le cèdre—Zénon le stoïcien, Épaminonde le Thébain, etc.).

5. De brefs articles composant une échelle des vertus, arme indispensable à l'avenir des jeunes amis du journal.

c. Adolescence. Dans ce journal, on constate de profonds changements dans le rapport entre journal et jeunes lecteurs. Des modèles de comportement de jeunes sont promus dans ce journal par des incitations directes et des impératifs, et non pas de manière indirecte et allusive. On peut lire en première page (n° 4, juin 1874) sous le titre de «Programme des jeunes»: «Excellent jeune homme, Désires-tu poser solidement la pierre angulaire de la félicité dans la vie? Garde le silence lorsque un sentiment d'animosité cherche à t'envahir (...) aide tes semblables dans leurs malheurs (...) et fais attention en choisissant tes amis (...) Sois attentif avant tout en ta fréquentation du sexe féminin (...) Jeune homme intègre sois l'honneur de ta maison, l'orgueil de tes proches et de tes amis, joyau et gloire de la patrie».

Adolescence contient aussi des récits historiques (Une femme audacieuse, Une jeune Grecque à la cour de Néron, Raphaël), des poésies, des devinettes, des statistiques, etc. Avant de conclure la présentation de ce journal, il est intéressant de citer l'éditorial du n° 6 (août 1874), intitulé «Aux jeunes filles»: «Jeunes filles, utilisez vos pouvoirs pour le bien; exercez votre influence sur les jeunes que vous rencontrez

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6. Ibid.

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non pas en leur montrant que vous ne songez qu'à changer de robes, soigner vos cheveux et votre visage (...), mais en les élevant à de plus hautes sphères en faisant montre de sentiments purs et (...)».

d. Université. Il s'agit bien sûr d'un journal étudiant; il y a un esprit de combat dans les articles du seul numéro dont nous avons disposé («Pour les institutions et le Droit», «Les étudiants et la presse»).

KOSTAS G. TSIKNAKIS

LA PRESSE POUR JEUNES 1915-1936

Jusqu'à aujourd'hui, la recherche sur les publications de jeunes des années 1915-1936 a recueilli environ 300 titres, dont la plus grande partie a été mise en fiches. Nous tenterons par la suite de décrire, bien entendu en lignes générales, ces publications pour jeunes, en faisant référence aux événements politiques et sociaux de l'époque, ce qui est nécessaire afin de tirer des conclusions utiles quant au caractère des publications en question.

Les années 1910-1920 constituent un tournant critique de l'histoire néo-hellénique. Les guerres des Balkans, suivies de la première guerre mondiale à laquelle la Grèce prend part, ne facilitent aucunement l'activité éditoriale. La pénurie de papier est grave, ce qui entraîne une augmentation de son prix. Les imprimeries connues à cette époque ne produisent plus de nouvelles publications, reculant devant les énormes dépenses. Les rares publications pour jeunes, dont la plupart survivent grâce aux subventions de l'État1, se trouvent en accord complet avec l'esprit régnant à cette époque. Un climat d'euphorie naît de la suite répétée des succès militaires grecs et de l'expansion territoriale attendue. Le mythe idéologique de la «Grande Idée» semble réalisable, ce que les publications en question ne manquent pas de signaler2. En même temps, on rappelle l'énorme responsabilité que

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1. Font partie de cette catégorie les périodiques scouts et religieux, qui sont sous la protection de la famille royale et qui ne manquent jamais de louer l'attitude de celle-ci dans les affrontements politiques de cette période.

2. Le cas de la revue Ελληνική Νεότης (Jeunesse grecque) est significatif. Cinq numéros concernant la période 1917-1918 sont connus. Sur le frontispice, les 

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    6. Actes du Colloque, Historicite ...

    Propp fut le fondateur de cette orientation recherchant dans toute narration le modèle général des fonctions, au-delà des thèmes concrets particuliers. Chaque narration est envisagée en tant que cheminement d'une action visant à faire disparaître une frustration, par exemple, la perte d'une personne, d'un objet précieux, etc. Les fonctions constantes concrétisées dans chaque narration sont, en ce qui concerne par exemple les contes russes, au nombre de 31 et se présentent, au premier niveau (le récit entendu ou lu), de diverses manières. La frustration assume, par exemple, la forme tantôt d'une perte d'un objet précieux (bague, etc.), tantôt elle est désignée comme une perte de la liberté ou maladie, etc. Le narratologue repère ces fonctions dans le texte (s'il s'agit d'une série de variantes à nombreux échantillons, les estimations sont plus pertinentes) et les ordonne selon le temps d'apparition, en constituant enfin le modèle/schéma général de la narration. Ensuite, on recherche les valeurs (values) représentées par chaque fonction ou par chaque motif et, en fin de compte, le rapport du modèle résultant au milieu social, culturel et historique, ou bien d'autres modèles, similaires, pris dans un autre genre de récits. Voici par exemple une série typique de fonctions narratives (Bremond: 1964, 9):

    I Le méchant cause un dommage à un membre de la famille.

    II Le malheur est connu. Le héros est invité ou sommé de réparer.

    III Le héros accepte ou décide de réparer.

    IV Le héros s'en va de chez lui.

    V Le héros subit une première épreuve et trouve un assistant-collaborateur aux pouvoirs magiques.

    VI Le héros réagit aux actes du donateur futur.

    VII L'assistant se met à la disposition du héros.

    VIII Le héros s'approche de l'objet recherché.

    IX Le héros et le méchant s'affrontent dans un combat régulier.

    X Le héros est blessé ou marqué.

    XI Le méchant est vaincu.

    XII Le mal est réparé.

    XIII Le héros, incognito, gagne encore quelque chose et rentre chez lui.

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    de la narration de Propp. Un aperçu comparatif des points de vue et méthodes qui pourraient être appliquées, dans l'étude pertinente de Gr. Ghizélis (1975) et dans les études appliquées exemplaires de Er. Kapsoménos (1978, 1980, etc.).