Συγγραφέας:Διεθνές Συμπόσιο
 
Τίτλος:Actes du Colloque International, Historicité de l’ enfance et de la jeunesse
 
Τίτλος σειράς:Ιστορικό Αρχείο Ελληνικής Νεολαίας
 
Αριθμός σειράς:6
 
Τόπος έκδοσης:Αθήνα
 
Εκδότης:Γενική Γραμματεία Νέας Γενιάς
 
Έτος έκδοσης:1986
 
Σελίδες:709
 
Αριθμός τόμων:1 τόμος
 
Γλώσσα:Γαλλικά
 
Θέμα:Βιβλιογραφία
 
Διεθνή Συμπόσια
 
Κοινωνική ενσωμάτωση
 
Μαθητεία και εργασία
 
Νεανικά έντυπα
 
Νεανικές οργανώσεις
 
Νοοτροπίες και συμπεριφορές
 
Παιδεία-Εκπαίδευση
 
Τοπική κάλυψη:Ευρώπη
 
Περίληψη:Πρόκειται για μετάφραση στα γαλλικά των Πρακτικών του πρώτου επιστημονικού συμποσίου, που διοργάνωσε η επιτροπή του ΙΑΕΝ σε συνεργασία με την Εταιρεία Μελέτης Νέου Ελληνισμού. Το συμπόσιο, με θέμα «Ιστορικότητα της παιδικής ηλικίας και της νεότητας», έγινε στο αμφιθέατρο του Εθνικού Ιδρύματος Ερευνών από τη 1 έως τις 5 Οκτωβρίου 1984.
 
Άδεια χρήσης:Αυτό το ψηφιοποιημένο βιβλίο του ΙΑΕΝ σε όλες του τις μορφές (PDF, GIF, HTML) χορηγείται με άδεια Creative Commons Attribution - NonCommercial (Αναφορά προέλευσης - Μη εμπορική χρήση) Greece 3.0
 
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VASSILIKI BOBOU-STAMATI

LES STATUTS INÉDITS

DE L'ASSOCIATION (NAZIONE) DES ÉTUDIANTS GRECS DE L'UNIVERSITÉ DE PADOUE

(17e-18e siècles)

L'importance de l'université de Padoue1 pour la renaissance culturelle de l'hellénisme contemporain est bien connue; la bibliographie grecque qui s'y rapporte est sans cesse enrichie par des ouvrages, fruits de la recherche effectuée sur les archives de Venise et de Padoue, qui constituent des sources de renseignements inépuisables pour notre histoire moderne. Nous disposons ainsi aujourd'hui des registres publiés d'inscriptions des étudiants grecs à l'université2 et nous connaissons aussi leurs publications pour les 17e et 18e siècles, lesquelles témoignent de leur participation impressionnante aux manifestations culturelles de l'université3.

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1. Voir G. Fedalto, Stranieri a Venezia e a Padova, dans la série Storia cultura veneta 1) dans le volume: Del primo quattrocento al concilia di Trento, III, I, Vicenza 1980, p. 499-501 et 2) dans le volume: Il seicento, Vicenza 1984, p. 251-279, où l'on trouve des éléments d'une grande importance sur les Grecs de Venise et de Padoue.

2. G. S. Ploumidis, "Αι πράξεις εγγραφής των Ελλήνων σπουδαστών του Πανεπιστημίου της Παδούης, partie A: Artisti 1634-1782, Επετηρίς Εταιρίας Βυζαντινών σπουδών, t. 37, 1969-1970, p. 260-33; partie Β: Legisti 1591-1809, Annexe, Partie A' Artisti, Επετηρίς Εταιρίας Βυζαντινών σπουδών, t. 38, 1971, p. 84-206 et partie A' Artisti (En supplément: années 1674-1701), Θησαυρίσματα t. 8, 1971, p. 188-204. Du même auteur, "Gli scolari greci nello studio di Padova", Quaderni per la Storia dell'Università di Padova, t. 4, 1971, et "Gli scolari oltramarini a Padova nei secoli XVI e XVII", Revue des Études Sud-Est Européennes, t. 10, 1972, p. 257-270, Idem, "Οι Έλληνες σπουδστές του Πανεπιστημίου της Πάδοβας", Δωδώνη, t. 12, 1983, p. 236-281.

3. V. l'ouvrage de A. Sterghellis, Τα δημοσιεύματα των Ελλήνων σπουδαστών του Πανεπιστημίου της Πάδοβας τον 17ον και 18ον αι., Athènes, 1970. Le premier chapitre se réfère en général à l'organisation de l'Université et au fonctionnement des 

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Il reste néanmoins beaucoup à faire, aussi bien en ce qui concerne l'histoire des collèges grecs de Padoue que sur les conditions de vie et d'études des Grecs à l'université.

C'est dans cet effort de recherche que s'inscrit le travail ici présenté; il a pour sujet la publication des statuts de l'organisation estudiantine grecque de Padoue, de la Nation glorieuse d'outre-mer l'Inclita Natio Ultramarina.

Ces statuts sont conservés manuscrits et restent, pour la plupart, inédits et inconnus. L'université de Padoue, le Studium, fut fondée dans les premières décennies du 13e siècle et s'est organisée sur le modèle de l'université médiévale la plus ancienne d'Italie, celle de Bologne. Son histoire est intimement liée à l'organisation et au fonctionnement des regroupements estudiantins, les Nazioni4 (lat. Nationes), que les étudiants étrangers d'une commune origine, les premiers dès 1260, avaient constitués sur le modèle des corporations de l'époque.

Initialement, les Nazioni5 avaient pour but la protection de leurs

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institutions universitaires ainsi qu'aux conditions d'études particulières des étudiants grecs à l'université de Padoue il s'agit d'informations précieuses apparaissant pour la première fois dans la bibliographie grecque. Les choses concernant le fonctionnement de la Nazione Oltramarina ainsi que l'information sur l'existence de Statuts inédits (p. 17-18 et n. 4) stimulèrent mon intérêt et m'ont amenée à la décision d'entreprendre leur présentation et leur publication.

4. Sur les Nazioni voir l'ouvrage spécial de P. Kibre, The Nations in the Medieval Universities, Cambridge (Mass.), 1948, p. 240. Une documentation abondante est aussi fournie par les travaux plus anciens de B. Brugi "Gli studenti Tedeschi e la S. Inquisizione a Padova nella seconda meta del secolo XVI", Atti del R. Istituto Veneto di scienze, lettere ed arti, t. VIII, 5, 1893-1894. Du même Gli scolari dello studio di Padova ne cinquecento, 2e éd., Padoue 1905 de même que ses travaux plus spécialisés, La Nazione tedesca dei giuristi dello studio di Padova nel secolo XVII (da documenti inediti), Monographie storiche sullo studio di Padova, Venezia 1922, p. 97105 et "Gli antichi scolari di Francia allo studio di Padova", Mélanges offerts à Émile Picot, I, Paris 1913, p. 536-555. Voir aussi Landucci Lando, La Nazione germanica degli scolari: l'università di Padova nel VII centenario della fondazione, numero unico, Padoue 1922. Des données statistiques intéressantes sont fournies dans M. Saibante, G. Vivarini, V. Voghera, "Gli studenti dell'Università di Padova dalla fine del 500 ai nostri giorni (studio statistico), Metron, t. 4, 1924-1925, en ce qui concerne plus spécialement notre sujet, voir p. 166-169 et 171-172.

5. V. P. Kibre, op. cit., p. 3 sq. Durant la floraison culturelle des 12e et 13e siècles, Bologne et Paris furent les centres du savoir, rassemblant des étudiant de l'Europe entière. C'est dans ces Studia Generalia que se sont formées les premières sociétés universitaires, dont le caractère cosmopolite se manifeste dans la constitution des Nazioni, ces Collegia des étudiants étrangers. Les Nazioni font leur apparition à Bologne aux débuts du 13e siècle en tant que subdivision des Collèges des étudiants

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nationaux, la défense de leurs droits et des privilèges qui leur étaient accordés, mais également leur participation au fonctionnement universitaire, à l'élection du personnel enseignant, et à l'administration prise en charge par les étudiants eux-mêmes.

Plus tard, les étudiants italiens s'organisèrent aussi en Nazioni; celles-ci constituèrent les Universitates6. Ces dernières (les Universitates)

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étrangers en Droit elles ont été créées par le besoin de protection mutuelle et de sécurité collective à rencontre des autorités locales. En 1245, les étudiants conquirent le droit d'avoir leurs propres autorités indépendantes. A Paris, les Nazioni (13e siècle) n'étaient au début que des corporations de professeurs étrangers Du Boulay, l'historien de l'université de Paris au 17e siècle définissait la Nazioni en tant que regroupant des professeurs des Arts (la faculté au plus grand effectif de Paris) inscrits dans le même registre d'immatriculation, se pliant aux mêmes lois et aux mêmes défis. Plus tard, les Nazioni se sont créées dans d'autres universités et se sont maintenues jusqu'au 19e siècle.

On ne peut déterminer avec certitude pour quelle raison ces regroupements étudiants prirent le nom Nazioni. L'emploi de ce terme pour désigner les étudiants étrangers à Bologne est peut-être lié à l'usage romain de désigner ceux qui vivaient hors de la ville sous le terme de Nationes, synonyme d'«étranger». Le mot Natio (nation) a généralement au Moyen Âge une signification beaucoup plus restreinte que la notion socio-politique ou culturelle de la nation. Il était souvent employé en alternance avec le mot Gens, ou famille ou Clan, toujours par référence au lieu de naissance ou d'habitation. Cette référence au lieu de naissance a aussi été utilisée à Bologne, comme il résulte des Statuts des Nazioni. Le lieu de naissance n'a cependant pas constitué l'élément décisif pour l'inscription à la Nazione avant 1500. Parfois, et c'est le cas des Statuts des Allemands en 1497, l'accent était mis sur la communauté de langue; d'autres indications historiques pouvaient aussi servir de condition d'inscription. En tout cas, au début du 16e siècle à Padoue, c'était le lieu d'habitation du membre qui déterminait la Nazione.

6. Aux débuts du 13e siècle, et plus précisément en 1228, il y avait quatre Nazioni à Padoue: celles des Français, des Italiens, des Allemands et des Provençaux plus tard, en 1260, les étudiants en Droit, les Giuristi, s'organisèrent sur le modèle de Bologne en deux Universitates: celle des Ultramontani ou Transalpini et celle des Citramontani ou Cisalpini. Chacune de ces Universitates, ayant son propre Recteur jusqu'au 15e siècle, était constituée des Nazioni. Selon des Statuts de 1331, l'Universitate Oltramontana était constituée des Nazioni suivantes: Germana, celle de Bohême, de Hongrie, de Pologne, de Provence, de Bourgogne, de Catalogne, d'Espagne, d'Angleterre, d'Écosse et l'Ultramarina, c'est-à-dire celle d'outremer. Dans les statuts des Giuristi, de 1550, est mentionné que la Ultramarina comportait des Chypriotes: «Ultramarinorum una, quae Cypra vocatur». Elle englobe plus tard tous les étudiants des îles Ioniennes, de Crète, de l'Archipel, de la Grèce continentale, de Smyrne, de Constantinople et d'Alexandrie. A l'Università Citramontana appartenaient les Nazioni des originaires de Rome, de Sicile, de la région d'Ancône, de Lombardie, de Venise et de Dalmatie. C'est à partir de 1399 que les étudiants des Arts et de Médecine commencèrent à se détacher de ceux du Droit et acquérir peu

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ne furent au début que de simples unions des Nazioni mais, peu à peu, acquirent de l'autorité et évoluèrent au point d'assurer, en plus de leur propre juridiction, la marche des affaires universitaires concernant l'enseignement, puisqu'ils détenaient aussi l'administration par le truchement de leurs délégués, ayant en tête le Rectore, autorités élues parmi les représentants des Nazioni.

A l'époque où appartiennent les statuts ici présentés (milieu du 17e et début du 18e siècles), l'université (Studium) a la structure suivante7: le studium comporte deux universités ou facilitates, c'est-à-dire des facultés, l'Università Leggista, faculté de Droit et l'Università Artista, faculté de Médecine et de Philosophie. Chaque Università possède ses propres autorités universitaires distinctes, qui seront des étudiants jusqu'en 1739, élus pour un an dans les premiers jours du mois d'août, selon une procédure différente pour chaque faculté.

Les Nazioni fonctionnaient dans le cadre des Università, divisées en deux groupes: les Citramontani (les Cisalpins) comprenant les Italiens (chaque ville ayant sa propre Nazioni) et les Oltramontani (les Transalpins) englobant toutes les autres Nazioni étrangères, avec en tête la Nazione Germana; parmi elles aussi la Nazione Oltramarina (des gens d'outremer). A l'Oltramarina étaient admis, pour la faculté de Droit, uniquement des Grecs, tandis que pour la Médecine et la Philosophie en plus des Grecs, il y avait aussi des Illyriens, Dalmates, Istriens et Siciliens, sans que cette répartition soit fixe. Le droit avait ainsi 22 Nazioni, tandis que la mécedine et philosophie seulement 7. Comme par le passé (14e et 15e siècles), les Oltramarini étaient principalement des Chypriotes, leur Nazione s'appelait: Inclita Natio Ultramarina sive Cypria, ce qui est aussi inscrit sur son emblème. Les Oltramarini occupaient le neuvième rang parmi les Oltramontani en faculté de Droit et le troisième en faculté de Médecine et Philosophie8.

Chaque Nazione fonctionnait selon ses propres statuts, votés par la totalité de ses membres. Les deux facultés avaient leurs propres statuts distincts, publiés à plusieurs reprises au cours des 17e fit 18e siècles9, avec les modifications subséquentes. Ces statuts ne doivent pas être confondus avec les statuts des Nazioni.

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à peu leur autonomie. C'est ainsi qu'en 1465, sur une décision du Doge, ils sont eux aussi constitués en Nazioni distinctes au nombre de sept: Voir P. Kibre, op. cit., p. 116-117 et G. Fedalto et Stranieri, op. cit., (2), p. 526-528.

7. Voir A. Sterghellis, op. cit., p. 18 sq.

8. Ibid., p. 22, note 1.

9. Ibid., p. 11, note 1.

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La Nazioni, c'est la famille des nationaux; elle accueillait les jeunes qui venaient étudier à Padoue. Après avoir pris connaissance des statuts et avoir été informés de leurs obligations et privilèges en tant que membre de la Nazione, ils prêtaient serment d'en respecter les clauses. Dès qu'ils versaient la somme prévue pour leur inscription et obtenaient l'attestations officielle de membre, ils se présentaient au Recteur de la Faculté accompagnés d'un délégué de la Nazione pour effectuer leur inscription, matricola, une fois réglées là aussi leurs obligations financières.

Si l'on considère que très souvent les nouveaux candidats, les Pupilli, étaient très jeunes, ayant quelquefois moins de 15 ans, on pourra saisir l'importance de cette protection au sein de la Nazione et estimer la procédure entière dans ses justes dimensions.

Les statuts de la Nazione des Oltramarini nous ont été conservés en deux manuscrits. Le plus ancien, datant de 1663, se trouve à la bibliothèque universitaire de Padoue. L'autre plus récent, mais non daté, se trouve à la bibliothèque de St. Marc à Venise10.

Nous avons demandé et obtenu auprès des bibliothèques citées les microfilms des manuscrits inédits de ces statuts. Leur étude a confirmé qu'il s'agit là de documents d'un intérêt tout particulier, puisqu'ils constituent des témoignages officiels sur les conditions d'études mais aussi, plus généralement, nous révèlent la mentalité et le mode de vie des étudiants grecs à une époque si importante de notre histoire contemporaine. Nous avons donc jugé que leur publication s'imposait.

Le manuscrit de la bibliothèque de Padoue est de papier, son format est de 28,8x21,5 cm. Il est relié de cuir avec imprimée, bien qu'on la distingue mal, l'effigie du Recteur de cette année-là tandis qu'au verso est gravé en lettres d'or Statuta Inclitae Nationis Ultramarinae sive Cypriae. Il est composé de 51 feuillets numérotés dont le dernier est blanc. Suivent huit feuillets non numérotés contenant les ajouts d'époque ultérieure et à la fin dix feuillets blancs. L'écriture, très soignée, est celle d'un scribe expérimenté, avec des majuscules ornementées et de belles lettres très lisibles. Sur le premier feuillet est inscrit en majuscules: Statuti dell'Inclita Nazione Oltramarina et en bas de page, en dessous d'une vignette élégante: In Padoua 23 Marzo 1663.

Nous connaissons le scribe de ce manuscrit, lequel décline lui-même son identité à la fin: Paulus Corresius Cretensis Juris utriusque ac Philosophae Doctor, scribebat-1663. Des registres d'inscription, nous tenons

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10. Ibid., p. 17, note 4.

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l'information qu'il s'est inscrit pour la première fois en 1654 en Droit11, et de 1657 à 1661 en Médecine et Philosophie12.

Le «préambule» est un exemple typique de style rhétorique précieux de l'époque où il fut écrit (deuxième moitié du 17e siècle) et évoque l'esprit académique classicisant et le style baroque13. Après une introduction sur la nécessité des lois, dont la source se trouve en Grèce ancienne et à Rome, il conclut: les Oltramarini, en tant que Grecs qui, après la chute de leur glorieuse patrie, ont la chance «per pieta di qualche benefica stella» de vivre dans les glorieux Dominio Veneto, à l'instar de leurs sages ancêtres ont insaturé des lois pour bien gouverner leur Nazione, «con ordine aristocratico», car ils considèrent que la monarchie est, le plus souvent, tyrannique et odieuse.

Cependant, comme les temps changent et dans maintes circonstances les vieilles lois s'avèrent défectueuses, l'Assemblée de la nationalité a décidé, le 2 juillet 1655, de charger de leur révision les signataires, Regolatori et Riformatori delli Statuti, D: Stance da Corfu et D: Francesco da Rettino. Ces lois, transmises dans les Statuts, doivent être observées par les nationaux pour la plus grande gloire de la Nazione, comprenant tous les orthodoxes (di rito greco) et ceux d'outremer-Oltramarini, ainsi que ceux qui n'ont pas à Padoue leur propre Nationalité.

Dix-sept articles (Capitoli) définissent par la suite le mode de fonctionnement de la Nazione, les obligations et droits des délégués, et régissent les rapports entre celle-ci et ses membres.

L'article 1, intitulé «Delli Professori et numero della Nazione», mentionne de façon caractéristique: «Parce que la confusion naît là où tous commandent, et la tyrannie là où ne commande qu'un seul, pour cela notre Nazione, en tant que petite communauté démocratique, est dirigée non par un seul ni par tous, mais par six, choisis parmi ses membres, lesquels se distinguent par leur origine, leur vertu et leur bonne conduite. Ainsi sont élus ceux qui ont la meilleure réputation, et à ceux-ci sont accordés la puissance et l'autorité, ainsi que l'obligation de protéger plus que tout autre, les intérêts de la Nazione. Ces délégués sont les suivants: le Conseiller de la faculté de Droit—Consiglier Leggista, qui est le Capo della Nazione et le premier dans l'ordre, deux Conseillers de la Médecine et Philosophie: Consiglieri artisti, un Syndic de la Nazione

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11. G. S. Ploumidis, Αι Πράξεις, partie B, p. 93, n° 171.

12. Ibid., partie A, p. 267, n° 143, 163, p. 268, n° 176, 203 et p. 269, n° 208.

13. A. Sterghellis, op. cit., p. 55. Ce sont ces mêmes «facteurs culturels» repérés ici comme ayant influencé la production rhétorique et poétique. Les étudiants grecs, qui déterminent à mon avis le style des Statuts.

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et deux Receveurs (Essatori). Tous ceux-ci constituent le corps des délégués «officiali» et sont élus au scrutin secret pour un an, sans être rééligible, sauf dans le cas où il s'agit d'un personnage estimé et reconnu; même alors, il ne peut pas être élu à la même charge et avant qu'une année ne se soit écoulée. Pour assurer la protection de la Nazione, deux personnalités sont élues, des professeurs publics des premières chaires (Protettori - Protecteurs), un du Droit et l'autre de la Médecine ou de la Philosophie, lesquels, si ils désirent assister aux assemblées, font tenir celles-ci au domicile de l'un deux, et ils peuvent participer au vote avec le droit de double suffrage. Quand les professeurs-Prottetori ne son pas présents, les assemblées se tiennent au collège Paléokapa. Comme les Officiali doivent être d'une présence digne d'un représentant et délégué de la Nazione, l'existence d'un Bidello-Huissier se fait indispensable; c'est lui qui transmettra leurs commandements aux nationaux et, en général, sera au service de la Nazione. Il doit avoir l'expérience des choses de l'Université et connaître la ville, afin de se mouvoir à l'aise dans ces milieux, et il est rémunéré pour les services rendus.

L'article 2 fixe les conditions de la convocation de l'Assemblée et le mode par lequel est établi l'ordre du jour. Les sujets sont d'abord examinés par le Conseil des délégués, lesquels résolvent par un vote les questions simples, tandis que pour celles plus graves on convoque l'Assemblée des membres. Si le conseil d'administration, les Officiali, évite sans raison de convoquer l'assemblée, les membres ont la possibilité de le faire avec l'accord des 2/3 et après en avoir informé les Officiali par le truchement du Bidello, trois jours plus tôt selon la loi. Les décisions de cette assemblée sont valables si l'un des deux professeurs-protecteurs accepte d'y assister. On instaure également le secret pour les débats du conseil, dont les membres sont liés par serment de le garder.

Tous les ans, trois jours avant l'assemblée générale de l'Université (Università Grande) pour l'élection des autorités rectorales, fixée pour le 1er et le 2 août, la Nazione se rassemble au lieu usuel où sont élus les nouveaux conseillers qui la représenteront.

Si le Recteur élu est de la Nazione des Oltramarini, c'est alors lui qui est tenu pour Capo della Nazione, les assemblées ont lieu chez lui et il a le droit de double vote.

Ont droit d'assister et de voter aux assemblées tous ceux qui sont de véritables étudiants et ont réglé leur cotisation, à condition qu'ils aient 15 ans accomplis, ce qu'ils doivent certifier par serment s'il y a

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contestation. Ceux qui portent des armes ne sont pas acceptés aux assemblées; ils sont obligés de les déposer pour avoir l'autorisation d'y pénétrer; si quelqu'un désobéit à l'avertissement d'un Officiale et tente de s'introduire de force et armé, il est sanctionné sévèrement. Les Docteurs poursuivant leurs études à Padoue sont acceptés à l'assemblée et ont le droit de vote.

Vu que, pour élire les autorités, il faut un jugement correct, et vu que le danger d'être influencé par des informations erronées ou suspectes pour quiconque ne connaît ni les personnes, ni les choses, seul a le droit de vote l'étudiant inscrit à la Faculté au moins deux mois plus tôt et qui a vécu pendant ce temps à Padoue.

A toutes les assemblées les nationaux, tant Leggisti que Artisti, votent tous sans distinction, car une Nazione doit vivre dans la concorde. Il serait inadmissible de se diviser, surtout en vue de décisions importantes où le jugement correct du plus grand nombre a un poids particulier.

Les décisions de la Nazione n'ayant pas d'autre but que le bien commun et, devant être prises dans une incorrotta giustitia, il a été décidé que, avant le scrutin, les membres prêtent serment de voter selon leur conscience. Les décisions sont prises à la majorité des voix. Si, lors de l'élection des délégués deux candidats totalisent le même nombre de voix, le vote est repris parmi les délégués sortants et, s'il y a encore égalité, on tire au sort.

Le chapitre 5 traite des obligations de la Nazione envers les autorités et des nationaux envers les délégués.

Une fois par an, les jours de Noël, la Nazione doit rendre hommage et présenter ses vœux aux autorités de la ville (le Capitano et le Podestà), tous les membres doivent participer à cette cérémonie, une absence injustifiée est punie d'une amende. Tous ensemble et chacun séparément sont obligés de s'intéresser et de défendre l'honneur et la bonne réputation de la Nazione; celui qui manque à ce devoir est puni d'exclusion.

Si jamais il arrive qu'un délégué ne remplisse pas ses devoirs et qu'il ne se plie pas à l'avertissement du Syndic, on convoque l'assemblée qui le remplace en l'excluant pour un an. Il n'est réintégré que s'il rend compte devant l'assemblée en public et réfute les accusations qui pèsent sur lui.

Les assemblées ne pardonnent que les absences justifiées; quiconque s'absente sans avoir prévenu le Syndic doit se justifier en se présentant à la prochaine assemblée et s'il y a doute prêter serment. C'est au Syndic de décider si sa justification est valable.

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Les délégués doivent veiller à ce que le nom de la Nazione ne soit pas compromis par des dédicaces en des recueils poétiques, des éloges, des discours ou même des images, faites pas des nationaux à d'autres personnes au nom de la Nazione, ces choses concernant habituellement les rapports privés. Font exception des dédicaces à des personnes appartenant aux autorités de la ville et aux professeurs.

Article 6: Della Cassa et danaro della Nazione

La Caisse est entre les mains du Bidello-Huissier, personnage de confiance élu pour quatre ans. Il y a trois clés détenues par des délégués: la première par le Bidello, la seconde par les Caissiers, qu'ils s'échangent alternativement chaque mois, la troisième par le Syndic et le second Conseiller des Médecins et Philosophes ainsi que toute autre somme concernant la Nazione. Le Syndic a la charge d'un registre de la Caisse où sont notées par le Bidello les sommes et toutes les transactions, tandis que dans l'autre registre, détenu par le Bidello, le Syndic note les sommes de sa propre main. La Caisse ne peut être ouverte sans la présence des trois délégués, qui ne sont pas autorisés à désigner un remplaçant. Dans le cas d'une absence sérieusement motivée, un des deux Conseillers doit être présent; la Caisse n'est ouverte qu'en leur présence et le Bidello met ou prend de l'argent.

Les responsables n'autorisent pas l'ouverture de la Caisse sans une décision, écrite, contresignée par les deux Conseillers; pour la produire, une procédure compliquée est suivie, où la voix du Syndic fait autorité. S'agissant d'une somme jusqu'à 10 livres, la proposition est soumise à l'assemblée et, après exposition des raisons, on procède au vote; elle est acceptée à la majorité des voix. S'il s'agit d'une somme plus élevée, il faut réunir au total 12 membres parmi les nationaux, les délégués étant inclus et leur faire prêter serment sur l'Évangile que leur visées sont pures: «di non aver cattiva intelligenza». La décision doit recueillir l'approbation des 3/4 des voix. Le Syndic appelle alors le Bidello, lui communique la somme décidée, afin de poursuivre la procédure. Des sanctions sévères sont prévues à l'encontre du Syndic s'il n'observe pas la procédure ci-dessus.

Tous les ans, les Inquisitori, la commission de contrôle, vérifie les registres et en acquitte les responsables.

Vu que l'argent de la Nazione «è il piu possente nervo della medisima», est son nerf le plus puissant, et que sans ce «instrumento», elle serait incapable d'agir avec dignité et de faire front à d'éventuelles offenses ou défendre ses privilèges, on décide pour cette raison que, parmi toutes les institutions, celles concernant la Caisse ne doivent jamais être 

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enfreintes et doivent être respectées dans toute leur ampleur et par tous: «Ceux qui proposeront de simplifier la procédure du prélèvement dans la Caisse seront punis».

Les articles suivants se réfèrent aux obligations et aux compétences des délégués, séparément pour chacun.

Au sujet des conseillers représentants principaux de la Nationalité, il est mentionné en général: ceux qui sont élus à ces postes importants doivent être «soggetti d'ogni conditione riguardevole», les chefs ne devant pas être moins nobles que les membres. C'est pourquoi, la Nationalité se doit de choisir toujours l'élite parmi les étudiants nationaux qu'elle inclut en son sein, et aussi ceux qui ont l'expérience des affaires universitaires, afin qu'ils soient en état de défendre les droits de la Nazione.

Dans l'article 9, concernant les obligations des délégués, nous noterons que la présence des Conseillers aux assemblées est obligatoire; s'ils s'absentent trois fois d'affilée sans justification sérieuse pouvant être attestée par serment si nécessaire, ils sont alors déchus de leur fonction. Il ne leur est pas permis non plus de désigner un remplaçant, s'ils se trouvent en personne à Padoue, ni de s'absenter pour prévenir le Syndic, par écrit ou en personne, et sans désigner un remplaçant.

L'article 11 concerne le «Conseiller des juristes»—Consiglier Leggista—, qui est le premier dans l'ordre et sur lequel repose l'administration de la Nazione. Le candidat à ce poste doit réunir les qualités suivantes. Il doit être né d'un mariage légitime, vivre avec ses propres moyens, avoir 20 ans accomplis, avoir étudié à Padoue les deux dernières années, dont la seconde en droit, et avoir payé ses cotisations. Le Consiglier Leggista a préséance sur les autres délégués, ainsi qu'un droit de double vote. Il convoque les assemblées et les conseils, ses propres propositions étant soumises au vote les premières. Il a le droit de contrôler à son gré registres et comptes ainsi que toute pièce s'y rapportant, d'opérer des saisies et de poursuivre jusqu'à la prison les débiteurs de la Nazione sans autre mandat, quand les dettes sont comptabilisées. C'est lui qui représente la Nazione et exprime ses vœux à Noël aux autorités de la ville, aux professeurs et au Recteur. Il est de son devoir de défendre et de protéger les étudiants aussi bien que la bonne réputation de la Nationalité; d'informer ses nationaux sur les affaires universitaires; il est de plus obligé de tenir un registre des rentrées et dépenses de la Nationalité, d'y noter aussi les débiteurs et de la transmettre à son successeur.

Les mêmes choses à peu près sont aussi valables pour le premier Conseiller des Médecins et Philosophes, le Consiglier Artista. Ayant les

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mêmes obligations et droits, il doit posséder les mêmes qualités. Il est le deuxième dans l'ordre, mais supérieur à tous les autres. C'est lui qui remplace le Conseiller du Droit, en son absence. Le deuxième Conseiller des Médecins et Philosophes doit avoir des qualités semblables. Il lui suffit cependant d'une seule année d'études et d'avoir plus de 18 ans.

L'article 14 traite du Syndic de la Nazione, qu'on ne doit pas confondre avec le Syndic de l'Université, qui est une personne ayant d'autres responsabilités, le conseiller juridique du Recteur en quelque sorte.

Le Syndic de la Nazione, parce qu'il occupe une des fonctions les plus sérieuses et responsables, doit être quelqu'un d'expérimenté, «provetto et prattico», ayant au moins deux années d'études à Padoue. Il doit veiller à ce que les décisions s'accordent toujours aux clauses des Statuts, tenir les registres de la Nazione et d'y rapporter en détail toutes les décisions de l'assemblée, ainsi que les clés de l'armoire où le registre est gardé. Il tient aussi, comme nous l'avons noté, un registre de la Caisse. Il détient les formulaires des certificats d'inscription aux facultés universitaires et encaisse de la part de chaque étudiant en première année 24 sous et de tous les autres 12 sous. Il encaisse aussi un ducat de chaque candidat au Doctorat. Lors de l'assemblée générale annuelle, il lit la liste des débiteurs et ne leur permet pas l'entrée. Il fait prêter serment aux membres de la Nazione avant les élections des nouveaux délégués, aussi bien qu'aux étudiants nouvellement inscrits. Il détient également le manuscrit des Statuts et en fournit un exemplaire au nouvel inscrit afin que celui-ci l'étudié en l'espace de 10 jours. Il a l'obligation et le droit de déclencher une procédure contre les étudiants, ou même les délégués, ne remplissant pas leurs obligations et informer la Nazione sur la décision à prendre. Il a le droit d'interrompre quiconque parle avec indécence aux assemblées et même d'éloigner ceux qui offensent un de leurs nationaux en paroles ou bien provoquent un scandale, et il fait infliger des peines correspondantes.

L'article 15 traite des Receveurs-Esattori, au nombre de deux, un du Regno et l'autre delle Isole. Ce sont des étudiants «provetti e prattici». Ils réclament le droit d'inscription des étudiants nouvellement inscrits, de cinq ducats de Venise et les versent immédiatement au Bidello, en présence du Syndic et du deuxième conseiller Artista. Ils encaissent aussi une somme de 25 sous des mêmes étudiants pour que la Nazione leur fournisse le certificat d'inscription à la Nazione, condition nécessaire pour leur inscription à l'Université.

Les obligations de l'étudiant nouvellement inscrit, «Del Pupillo», sont décrites dans l'article suivant, le 16. Notons que celui-ci a deux

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mois pour régler ses obligations financières de 12 sous. Il doit aussi accomplir, après son inscription, deux obligations supplémentaires: la Guantaria, c'est-à-dire de faire don à chaque Receveur d'une paire de gants d'une valeur de un demi ducat chacune, et l'Offeleria, c'est-à-dire d'offrir une consommation aux délégués d'un montant de 3 à 5 ducats vénitiens. Il doit étudier attentivement les Statuts et jurer de respecter ses clauses, d'obéir aux délégués, d'éviter les coteries et de défendre les droits de la Nazione. Le dernier article se réfère aux services du Bidello. Il est dans ses obligations de se renseigner auprès de chaque étudiant nouveau venu de son adresse, d'assister aux examens de doctorat des nationaux, d'avertir les membres des assemblées quand le conseiller de la faculté de Droit lui ordonnera. Il reçoit, pour ses services, 10 ducats vénitiens par an, en deux versements. Le Bidello jouit des privilèges des fonctionnaires universitaires. Il est également obligé d'avertir les Conseillers des Nationalités en vue des Conseils universitaires quand il est prévenu par le Bidello Generale de l'Université, et d'accompagner les délégués à ces Conseils pour le cas où ils auraient besoin de lui.

Comme nous l'avons noté lors de la description du manuscrit, à ce même codex ont été ajoutées, 74 ans plus tard en 1737, certaines modifications des clauses à l'article traitant de la Caisse et des obligations du Caissier. Il est aussi joint une copie du «Decretto», c'est-à-dire de la décision des autorités locales validant ces modifications. Les raisons qui ont amené ces modifications sont mentionnées en préambule: «Parce que la Caisse se trouve en un état déplorable à cause du mauvais gouvernement de nos prédécesseurs, le Consiglier Leggista, Athanasios Politis, de Corfou a réussi, avec l'examen et la faveur de notre Président, l'honorable abbé Nicolas Comnène Papadopoulos, et aussi avec l'assentiment de nos nationaux à remédier à ces nombreux abus. Ayant découvert que la cause du mal réside en nos nationaux élus au poste du Syndic de l'Université (à cette époque le Syndic fait aussi fonction de Recteur), et pour barrer à l'avenir la route à de tels abus, nous décidons: lorsque un Syndic est élu de notre Nazione, qu'il n'ait pas le droit de prendre dans la Caisse plus de 10 ducats, et ceci pour faire allumer les lumières de la ville (pour célébrer son élection). Les nationaux non plus ne doivent rien lui offrir en plus; s'ils le désirent, qu'ils lui fassent imprimer un sonnet».

Suivent les modifications. La plus importante est que la Caisse sera à présent tenue par une personne fiable, le Caissier, élu à vie et auquel la Nationalité pourra avoir recours chaque fois qu'elle en aura

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besoin. Le nombre des clés passe de trois à quatre, les conditions et les procédures de l'ouverture de la Caisse deviennent respectivement beaucoup plus sévères et beaucoup plus compliquées.

Il est intéressant de noter que désormais des facilités ne sont plus accordées aux étudiants de première année, mais que ceux-ci sont obligés de verser la totalité de la somme de leur inscription; dans le cas où un pauvre s'inscrit gratuitement, il n'aura pas le droit de prendre part aux assemblées. Suivent 8 articles brefs.

Le second manuscrit des statuts, se trouvant à la Bibliothèque Marcienne, est d'un format plus petit (24,5x18) et consiste en 80 feuillets numérotés, plus 15 blancs. Ils sont aussi soigneusement écrits de la main d'un calligraphe expérimenté.

Le préambule est écrit en lettres d'or, et le texte entier est encadré, les initiales sont en rouge et très soignées, comme le sont aussi les titres des 21 articles qui suivent. Sa présentation générale est très imposante.

Ce manuscrit n'est pas daté et son copiste n'est pas désigné. La donnée la plus positive pour sa datation est la présence du professeur Nicolas Comnène Papadopoulos14, mentionné en tant que Presidente et Padre della Nazione. Si en plus la condition figurant dans l'ancien Statut est toujours en vigueur, comme quoi le professeur-protecteur doit venir de la première chaire, il doit être daté d'après 1702, année en laquelle Papadopoulos occupe ce poste. Après comparaison des deux manuscrits, il résulte que le second est plus analytique, plus détaillé, d'une formulation plus sobre, et plus concrète.

On peut lire dans le préambule: «Parce que la Nazione Oltramarina l'une des plus éminentes parmi celles qui constituent cette Université, aussi bien par le nombre des étudiants que par son histoire longue et interrompue dans la vie universitaire, s'appuie surtout sur la nation grecque, 'principalmente resiede nella nazion greca'15 —mère des lois les plus célèbres et les plus parfaites qui ont été instaurées pour le bonheur des peuples et le gouvernement des Républiques, pour cela cette Nazione a toujours eu comme but, non seulement d'avoir ses propres lois, mais en plus des lois telles qu'elles la rendent la plus respectable, et dirigée par ses propres lois, d'incarner par la rectitude de son gouvernement

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14. Sur le professeur Nicolas Comnène Papadopoulos qui, pendant cinquante ans, enseigna les Droit canonique à l'Université de Padoue et qui écrivit aussi l'histoire de cette Université, voir A. Sterghellis, op. cit., p. 32-33, où l'on trouve aussi la bibliographie correspondante.

15. L'emploi du terme Nazioni dans le sens de «nation» à une époque si précoce est à signaler.

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une idée digne des Grecs: 'una idea alla greca', ce qui signifie une communauté prudente, vertueuse et irréprochable. C'est pourquoi elle a élaboré ses Statuts à partir de décisions prises en diverses circonstances, mûries après des discussions et qui sont le fruit de la prudence et de l'expérience. Comme cependant il est vain que des lois existent sans qu'elles soient connues de ceux pour lesquels elles ont été créées, puisque jusqu'à aujourd'hui les Statuts, réduits à un manuscrit (allusion faite assurément au manuscrit de 1663), restaient invisibles ou peu accessibles, pour cette raison le Conseil a décidé après mûre réflexion et à la majorité, après révision par notre professeur et père Sr Nicolo Abba Comnemo Papadopoli, de les faire imprimer: 'sia data alle stampe' après avoir obtenu l'autorisation du Serenissime Principe. C'est ainsi qu'une fois officiellement invalidés par les autorités publiques et accessibles à nos nationaux, il sera possible à ceux-ci de les étudier, de les respecter et de les protéger de tout abus qui pourrait être tenté, en privé ou en public, par mauvaise intention ou par indifférence, comme cela est arrivé par le passé. Puisque donc le professeur Papadopoulos a révisé un par un les articles, votés par la suite au scrutin secret par l'assemblée générale, on peut ajouter le Decretto qui permettra de le faire imprimer tel quel pour l'usage commun, preuve de la volonté de la Nazione de vivre à Padoue dans la décence et la réputation qui conviennent à un groupe de jeunes, qui loin de leur pays, n'ont d'autre but que de profiter des offres et privilèges, ainsi que de faire revivre au sein de la Nazione, non seulement l'ancienne gloire des sciences mais aussi celle des mœurs les plus nobles et les plus respectables».

On ignore cependant pourquoi ce rêve de la Nazione, de voir ses Statuts imprimés, n'a jamais été réalisé. Je mentionnerai encore quelques points très caractéristiques de ces Statuts.

Il est signalé dans l'article 1 que tous les nationaux doivent se montrer dignes des privilèges accordés par le Principe et, leur but étant leurs études, ils doivent se consacrer à elles, sinon ils seront exclus de la Nazione en tant que membres indignes d'elle.

Dans l'article 3, Del Dottorato e Dottore, on note que le but du séjour à Padoue est les «lauriers du doctorat» et que les étudiants sont obligés d'étudier avec application. S'ils se montrent négligents ou indifférents et n'obtempèrent pas malgré les avertissements des professeurs, ils sont renvoyés parce qu'indignes de fréquenter des jeunes qui étudient, préférant l'ignorance et l'indolence, «madre di tutti i vizii e principio d'ogni corrutella nella scolaresca».

Une autre clause caractéristique est à mon avis la suivante: le candidat

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docteur doit, afin de comparaître aux examens publics, subir un examen au moins une fois par le professeur de la Nazione et se conformer aux suggestions de celui-ci; car il ne faudrait pas que, lors de l'examen, il compromette la Nazione. Ce n'est qu'en se pliant à cette clause qu'il sera soutenu par la Nazione, laquelle l'accompagnera aux examens et l'attendra pour le reconduire, après son succès, en triomphe chez lui, dans la dignité qui convient à une telle Nazione.

Les docteurs, s'ils prolongent leur séjour à Padoue pour des études ultérieures ont le droit de participer aux assemblées, les nationaux étant tenus de les accepter avec respect et de leur céder les premières places. Dans l'article correspondant, il est mentionné que la Nazione ayant besoin d'une haute protection et ne pouvant, à Padoue même, avoir d'autres protecteurs que ses professeurs, recherche une personnalité à Venise qui se chargera à vie de la protéger (sur ce point on fait indirectement allusion à l'édit de 1674 qui, comme nous le savons, a interdit qu'un professeur se charge de protéger une Nazione autre que la Germana). On crée néanmoins une autre institution apparemment pour sortir de l'impasse: la Nazione fait élire parmi ses nationaux deux professeurs, un de chaque faculté, lesquels seront des surintendants «soprintendano», sans que cette charge soit nettement définie. Après leur élection, ils reçoivent des honneurs ainsi que les «emblèmes» de la Nazione qu'ils doivent afficher chez eux.

Le dernier article concerne la bibliothèque; il n'a pas son correspondant dans les anciens Statuts, ce qui prouve que la bibliothèque a été fondée plus tard. La Nazione a besoin d'une bibliothèque où les étudiants pourront recourir, ne pouvant pas, loin de leur patrie, disposer de bibliothèques privées.

Les conditions de fonctionnement de la bibliothèque, ainsi que ses ressources, sont fixées dans les articles suivants: la bibliothèque est abritée au domicile d'un professeur, «in suo mezado», au rez-de-chaussée où se trouve aussi d'habitude son bureau; les livres doivent être disposés sur des rayons séparés, et porter chacun les marques de la Nazione, être répertoriés dans un livre par le Syndic afin qu'ils soient reconnus si le professeur meurt ou se retire. Le professeur est aussi chargé, s'il déménage, du transfert de la bibliothèque de la Nazione.

Les ressources de la bibliothèque consistent en: un des huit ducats perçus lors de l'inscription des étudiants, l'écu que le docteur doit verser s'il s'est servi des livres, le ducat que le docteur paye s'il poursuit ses études à Padoue, toutes les pénalités en monnaie, un quart du surplus de la Caisse, quand celle-ci atteint les 20 ducats, un demi quand

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elle dépasse les 30, et enfin le prix du formulaire du certificat d'inscription édité par la bibliothèque. L'argent de la bibliothèque est à la disposition du professeur et ne rentre pas dans la Caisse.

Le Syndic tient un registre des dépenses de la bibliothèque. Un bibliothécaire est tiré au sort parmi les délégués. En plus de ses autres obligations, il tient le registre des prêts effectués après des formalités très strictes et pour une durée déterminée. Le bibliothécaire prend également soin lorsque un éminent compatriote arrive à Padoue de l'inviter à visiter la bibliothèque et de l'inciter, «con buona maniera», d'apporter son aide à celle-ci. Les noms des bienfaiteurs sont inscrits sur un livre spécial et leur portrait est accroché «ad perpetuam rei memoriam».

On garde aussi dans la bibliothèque le livre des décisions du Conseil, le Libro d'oro, ainsi que le livre des blasons des membres.

Des sanctions très sévères sont prévues pour quiconque cause des dégâts à l'encontre des livres de la bibliothèque. Il est exclu de la Nazione, son nom étant inscrit sur une liste spéciale; il n'en sera rayé que si, lui même ou l'un de ses descendants, dédommage la bibliothèque. Les articles concernant la bibliothèque sont affichés dans la salle où se trouve celle-ci. Dans les limites réduites de cette communication, il m'est impossible de fournir des éléments supplémentaires et, à plus forte raison, d'exposer et de discuter les problèmes qui surgissent durant la préparation de l'édition de ces textes. Je me suis bornée à donner un choix de ce que j'ai jugé particulièrement intéressant et, à mon avis, toujours actuel.

La publication de ces Statuts satisfait d'ailleurs un besoin plus général d'une investigation aux sources historiques de l'institution universitaire en tant qu'élément de la recherche sur l'histoire du savoir, dans le cadre de cette orientation moderne de la recherche historique organisée ces derniers temps, renouvelée grâce à l'impulsion reçue de l'histoire sociale et l'histoire des mentalités, laquelle s'étend à présent à la recherche sur l'histoire des savoirs et des institutions où le savoir a été cultivé. Luce Giard, dans son article «Histoire de l'Université et histoire du savoir»16, signale que l'étude de l'histoire de l'Université (de l'institution du savoir) conduit logiquement en quelque sorte à l'étude des contenus du savoir qui s'y énoncent, l'histoire de l'une éclairant l'histoire de l'autre.

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16. Voir l'article de Luce Giard, «Histoire de l'Université et l'histoire du savoir: Padoue (14e-16e siècle)», Revue de Synthèse, avril-juin 1983, p. 139-169 et en particulier p. 149.

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COSTAS LAPPAS

LES ÉTUDIANTS DE L'UNIVERSITÉ D'ATHÈNES PENDANT LE 19e SIÈCLE: UN PROGRAMME DE RECHERCHE

La communication suivante a comme sujet un programme de recherche inauguré il y a peu et visant à étudier le corps étudiant depuis la fondation de l'Université d'Athènes (1837) à la fin du 19ème siècle. Ce programme repose sur un matériau constitué par les immatriculations des étudiants et diplômés de cette Université. Le volume imposant de ce matériau, ainsi que la nécessité de mettre en valeur au plus haut degré possible les données offertes ont rendu presque obligatoire l'utilisation de l'ordinateur dans le traitement des immatriculations universitaires. En nous basant sur ce traitement, nous allons pouvoir reconstituer le mode de constitution de la population étudiante au 19ème siècle. Étant donné que le programme de recherche n'en est encore qu'à ses débuts, lesquels ne permettent pas de tirer des conclusions, je me bornerai à présenter les données matérielles de la recherche, les principes méthodologiques que j'ai observés et qui déterminèrent aussi le mode de traitement du matériau, les buts poursuivis par cette recherche et, enfin, certaines questions suggérées par l'étude globale de la question étudiante.

1. Le matériau utilisé couvre la période 1837-1891 et consiste en a) le registre des immatriculations des étudiants en première année, contenant 17.000 noms et b) celui des diplômés, de 7.500 noms. Le premier de ces registres est conservé aux archives de l'Université d'Athènes, tandis que le second est publié dans les compte-rendus annuels des recteurs de l'Université. Les registres d'inscription nous fournissent, hormis le nom et prénom et le prénom du père de chaque étudiant, des éléments supplémentaires suivants: son âge, son lieu d'origine, l'avoir foncier de sa famille, le lycée qu' il a fréquenté, la faculté et la date de

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son inscription, le nom et prénom du tuteur (souvent aussi sa profession), ses transferts éventuels d'une faculté à l'autre et, dans certains cas, l'année où il a obtenu son diplôme. Dans le registre des diplômés sont inscrits: le nom et prénom, le lieu d'origine, la faculté, la date d'obtention du diplôme et enfin la mention et la note de ce diplôme.

2. Les données ci-dessus ont été introduites dans l'ordinateur de la façon suivante: a) les noms des étudiants et des tuteurs ont conservé la forme de leur inscription dans les registres; même chose pour les noms des lieux d'origine et des lycées, à la différence près que ceux-ci ont été accompagnés d'un numéro de code conventionnel; b) les données des registres restants on été introduits dans l'ordinateur codifiées.

La codification des lieux d'origine a été effectuée sur la base de la plus petite division géographique, l'éparchie. La réduction à cette unité —et non pas à celle, plus large, du nome— a été jugée plus propre à la compréhension de la répartition géographique du corps étudiant, l'éparchie constituant au 19ème siècle une unité particulière dans le cadre du nome, souvent avec des traits qui la différencient grandement. Réduire à l'unité de ville ou de village aurait été impossible, mais aussi trompeur, puisque souvent on déclare comme lieu d'origine la seule région géographique et que, inversement, on désigne par le nom d'une ville de l'éparchie ou le nome. N'importe comment le village et la ville ne seront pas perdus, puisque, avec le numéro de code de l'éparchie on conserve aussi la forme initiale du lieu d'origine. Nous avons donc la possibilité, en nous basant sur une liste alphabétique des noms de lieux par éparchie de nous référer à tout moment aux lieux exacts d'origine.

L'avoir familial de l'étudiant est exprimé en valeur monétaire. Cette notification est le seul élément qui nous permette quelques approches concernant l'origine sociale des étudiants. S'agissant pourtant d'un élément dont la fiabilité n'est pas facile à contrôler, son utilisation intégrale implique éventuellement des risques. Si, cependant, les avoirs particuliers sont additionnés en unité de grandeur de l'avoir et sont comparés entre eux, nous disposerons d'un indice utile de la situation financière des étudiants.

Une autre faiblesse partielle de notre matériau est liée au lieu d'origine des étudiants: ceux-ci ont souvent tendance à déclarer non pas leur lieu d'habitation permanente au moment de leur inscription à l'université, mais bien leur lieu d'origine. Cette ambiguïté peut créer des problèmes autour de la répartition géographique des étudiants, mais pas au point de pouvoir altérer l'image statistique de chaque 

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région. C'est d'ailleurs le matériau même qui nous permet de contrôler, au moins à un certain degré, et de corriger les distorsions géographiques apparentes.

3. L'exploitation du matériau est effectuée sur des critères quantitatifs mais aussi qualitatifs. En plus des rapports de grandeur qui résulteront des données codifiées des immatriculations, on s'est efforcé de conserver et de classer les éléments qui nous permettent quelques approches qualitatives de la constitution du corps étudiant.

Les informations requises emprunteront alors deux formes: a) celle d'éléments quantitatifs, à travers lesquels sera tracée la courbe des phénomènes quantitatifs concrets et b) celle de listes de noms et de lieux principalement. Sur ces listes seront reproduits, par ordre alphabétique, les noms des étudiants, des diplômés, des tuteurs et des lieux d'origine.

En nous basant sur la liste alphabétique des étudiants, nous pouvons voir quelle est la participation de familles précises d'une région à l'enseignement supérieur: les membres de quelle famille vont à l'université, à quelle fréquence et dans quelles facultés; dans quelle mesure et à partir de quel moment se crée une tradition professionnelle de famille (médecins, avocats), qui influe sur le choix de la faculté. Cette étude —effectuée bien sûr en liaison avec la liste des lieux d'origine— ne peut évidemment se faire que par un échantillonnage; il va également de soi que son achèvement exigera une étude parallèle de la stratigraphie sociale de régions précises, moyennant d'autres sources.

Des approches similaires individualisées pourraient être effectuées aussi sur la base de la liste alphabétique des diplômés. La liste alphabétique des tuteurs des étudiants peut aussi nous fournir des renseignements intéressants. Toujours à un niveau individualisé et en fonction de la profession accompagnant le nom du tuteur, nous pouvons voir quels sont les rapports suggérés ou façonnés par l'institution de la tutelle: plus simplement, quels sont les groupes professionnels ou autres auxquels appartiennent les tuteurs, et à quel degré le lieu d'origine commun, observé à une plus grande échelle, des étudiants et tuteurs, dénote aussi certaines formes de dépendance. Notons en passant que grand nombre d'étudiants semble avoir comme tuteurs des députés et autres personnalités politiques. La fréquence à laquelle figurent en tant que tuteurs des professeurs d'université précis, tandis que d'autres sont totalement absents, n'est pas dénuée d'intérêt.

Ajoutons aussi que nous pouvons observer sur la liste des tuteurs,

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à quel rythme s'accroît au 19ème siècle, les tuteurs-parents ou proches des étudiants: ce phénomène observé en particulier dans la deuxième moitié du siècle témoigne du mouvement graduel des parents d'étudiants de la province vers la capitale. Cette mutation peut aussi être suivie dans les changements signalés, à la même époque, quant au lieu d'origine des étudiants appartenant à la même famille.

La partie principale du programme est pourtant l'étude statistique des registres d'immatriculation. Ses résultats seront reportés sur des tableaux comportant soit un type d'éléments (par exemple répartition des étudiants par facultés), soit deux ou plusieurs éléments combinés.

C'est ainsi que l'on peut étudier séparément la répartition des étudiants par faculté, et rechercher, sur le plan social, les causes qui provoquent de grandes ou petites concentrations d'étudiants dans les différentes facultés. Respectivement, les listes des lieux d'origine peuvent fonctionner aussi bien séparément que par rapport à la faculté d'inscription. C'est-à-dire, que nous avons la possibilité de voir, non seulement la répartition des étudiants dans l'espace géographique de l'État grec et, plus largement, de l'Orient, mais aussi la manière par laquelle le lieu d'origine influe sur le choix de la faculté: quelles facultés préfèrent les étudiants du pays aussi bien qu'étrangers (Grecs sous le joug turc) ou bien ceux provenant des régions montagneuses, des centres urbains ou des îles.

Des questions analogues peuvent être formulées également sur la base du patrimoine familial des étudiants: à quel degré ce patrimoine détermine-t-il le choix de la faculté d'inscription et, plus spécialement, à quel point correspond dans les faits l'opinion diffuse que les étudiants d'extraction sociale plus modeste préfèrent des facultés de type «conservateur», comme la faculté des Lettres ou de Théologie. Bien sûr, le patrimoine familial ne représente que de manière schématique l'origine sociale des étudiants, cette image peut cependant être vérifiée du complétée, dans une deuxième phase, à travers d'autres sources du même genre, comme sont les registres d'immatriculation des lycéens, où est indiquée la profession du père. De tels registres sont conservés dans plusieurs lycées du pays. L'identification des élèves en dernière année du lycée et des étudiants en première année est facilitée par la liste alphabétique de ceux-ci, ainsi que par la liste des lycées.

Cette dernière donnée, qui accompagne toujours le nom de l'étudiant, nous permet de saisir, dans la durée, la dynamique des lycées alimentant l'Université. D'un autre côté, la comparaison des lycées aux lieux d'origine peut nous indiquer ceux des lycées de l'État grec,

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    6. Actes du Colloque, Historicite ...

    VASSILIKI BOBOU-STAMATI

    LES STATUTS INÉDITS

    DE L'ASSOCIATION (NAZIONE) DES ÉTUDIANTS GRECS DE L'UNIVERSITÉ DE PADOUE

    (17e-18e siècles)

    L'importance de l'université de Padoue1 pour la renaissance culturelle de l'hellénisme contemporain est bien connue; la bibliographie grecque qui s'y rapporte est sans cesse enrichie par des ouvrages, fruits de la recherche effectuée sur les archives de Venise et de Padoue, qui constituent des sources de renseignements inépuisables pour notre histoire moderne. Nous disposons ainsi aujourd'hui des registres publiés d'inscriptions des étudiants grecs à l'université2 et nous connaissons aussi leurs publications pour les 17e et 18e siècles, lesquelles témoignent de leur participation impressionnante aux manifestations culturelles de l'université3.

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    1. Voir G. Fedalto, Stranieri a Venezia e a Padova, dans la série Storia cultura veneta 1) dans le volume: Del primo quattrocento al concilia di Trento, III, I, Vicenza 1980, p. 499-501 et 2) dans le volume: Il seicento, Vicenza 1984, p. 251-279, où l'on trouve des éléments d'une grande importance sur les Grecs de Venise et de Padoue.

    2. G. S. Ploumidis, "Αι πράξεις εγγραφής των Ελλήνων σπουδαστών του Πανεπιστημίου της Παδούης, partie A: Artisti 1634-1782, Επετηρίς Εταιρίας Βυζαντινών σπουδών, t. 37, 1969-1970, p. 260-33; partie Β: Legisti 1591-1809, Annexe, Partie A' Artisti, Επετηρίς Εταιρίας Βυζαντινών σπουδών, t. 38, 1971, p. 84-206 et partie A' Artisti (En supplément: années 1674-1701), Θησαυρίσματα t. 8, 1971, p. 188-204. Du même auteur, "Gli scolari greci nello studio di Padova", Quaderni per la Storia dell'Università di Padova, t. 4, 1971, et "Gli scolari oltramarini a Padova nei secoli XVI e XVII", Revue des Études Sud-Est Européennes, t. 10, 1972, p. 257-270, Idem, "Οι Έλληνες σπουδστές του Πανεπιστημίου της Πάδοβας", Δωδώνη, t. 12, 1983, p. 236-281.

    3. V. l'ouvrage de A. Sterghellis, Τα δημοσιεύματα των Ελλήνων σπουδαστών του Πανεπιστημίου της Πάδοβας τον 17ον και 18ον αι., Athènes, 1970. Le premier chapitre se réfère en général à l'organisation de l'Université et au fonctionnement des