Συγγραφέας:Διεθνές Συμπόσιο
 
Τίτλος:Actes du Colloque International, Historicité de l’ enfance et de la jeunesse
 
Τίτλος σειράς:Ιστορικό Αρχείο Ελληνικής Νεολαίας
 
Αριθμός σειράς:6
 
Τόπος έκδοσης:Αθήνα
 
Εκδότης:Γενική Γραμματεία Νέας Γενιάς
 
Έτος έκδοσης:1986
 
Σελίδες:709
 
Αριθμός τόμων:1 τόμος
 
Γλώσσα:Γαλλικά
 
Θέμα:Βιβλιογραφία
 
Διεθνή Συμπόσια
 
Κοινωνική ενσωμάτωση
 
Μαθητεία και εργασία
 
Νεανικά έντυπα
 
Νεανικές οργανώσεις
 
Νοοτροπίες και συμπεριφορές
 
Παιδεία-Εκπαίδευση
 
Τοπική κάλυψη:Ευρώπη
 
Περίληψη:Πρόκειται για μετάφραση στα γαλλικά των Πρακτικών του πρώτου επιστημονικού συμποσίου, που διοργάνωσε η επιτροπή του ΙΑΕΝ σε συνεργασία με την Εταιρεία Μελέτης Νέου Ελληνισμού. Το συμπόσιο, με θέμα «Ιστορικότητα της παιδικής ηλικίας και της νεότητας», έγινε στο αμφιθέατρο του Εθνικού Ιδρύματος Ερευνών από τη 1 έως τις 5 Οκτωβρίου 1984.
 
Άδεια χρήσης:Αυτό το ψηφιοποιημένο βιβλίο του ΙΑΕΝ σε όλες του τις μορφές (PDF, GIF, HTML) χορηγείται με άδεια Creative Commons Attribution - NonCommercial (Αναφορά προέλευσης - Μη εμπορική χρήση) Greece 3.0
 
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M. RIGINOS

FORMES DE TRAVAIL ENFANTIN DANS L'INDUSTRIE ET L'ARTISANAT EN GRÈCE (1909-1936)

Par cette communication nous avons l'intention de formuler certaines hypothèses sur le rôle et le taux de participation des enfants et des jeunes aux activités du secteur secondaire, dans la Grèce des premières décennies de ce siècle.

L'éventail des âges vers lesquels va s'orienter notre analyse est délimité par l'article 3 du décret royal du 14/8/1913. D'après celui-ci sont tenus pour enfants, sans distinction de sexe, ceux qui sont âgés de 12 à 14 ans, et pour jeunes ceux de 14 à 18 ans1.

Les formes que le travail enfantin prend et, par conséquent, le type d'insertion et le degré de participation au procès de travail, sont fonction d'une série de paramètres comme le niveau de l'industrialisation, la taille des entreprises, le type des rapports de production, la division du travail et l'organisation de la production.

Dans les cas où prédominent le mode de production artisanal et les petits ateliers familiaux, les enfants, qui ont souvent des rapports de parenté avec le propriétaire s'initient à l'art du métier, en devenant, après leur apprentissage, des artisans qui soit succéderont à leur ex-patron, soit créeront leur propre entreprise.

La longue période d'apprentissage rend élevé le coût de la formation du travail qualifié, et du prix de celui-ci à un haut niveau dans le cadre de la faible mécanisation de l'industrie qui a besoin de ce type de travail.

Par contre, à un stade supérieur de développement industriel où le procès de travail a été morcelé en une série de simples gestes, les jeunes sont transformés par les mécanismes du marché en main d'œuvre

——————————

1. Ministère de l'Économie nationale, section du travail, Εργασία Γυναικών και Ανηλίκων, Νόμοι, Β. Διατάγματα, Εγκύκλιοι, Athènes 1919, p. 15.

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à bon marché, en simples surveillants des machines, fait qui entraîne une compression du niveau des salaires industriels2.

D'ailleurs l'ampleur de l'utilisation du travail enfantin est liée d'un côté aux restrictions de la législation sur le travail, au niveau de vie et à l'enseignement obligatoire, et d'un autre côté à la conjoncture et à la phase de l'évolution du cycle économique.

Les premières restrictions à l'entrée de la main d'œuvre enfantine dans le processus de production ont été imposées par la loi 4029 de 1912, d'après laquelle il est interdit d'employer les enfants qui n'ont pas 12 ans accomplis, comme ouvriers ou apprentis. Cependant cette même loi permet d'employer des enfants de plus de 10 ans dans des entreprises dirigées par leurs parents, à condition que les enfants ne soient pas utilisés pour servir les machines et de ne pas empêcher les jeunes ouvriers de fréquenter l'école élémentaires3.

La durée de la journée de travail est fixée pour les enfants de moins de 14 ans, à 6 heures, et pour les jeunes jusqu'à 18 ans, à 10 heures4. L'âge maximum pour le travail a été reporté à 14 ans par la loi 2271 de 1920 5. Les raisons qui poussent les jeunes à chercher du travail, surtout dans l'industrie, se résument soit à l'absence de parents, soit du fait qu'ils font partie de familles nombreuses.

Il est à remarquer que dans une enquête menée au cours de l'année 1921 par l'inspection du travail dans une manufacture de soie et 16 usines de textile de la région du Pirée, sur un total de 1949 ouvrières, dont 48,69% étaient âgées de 12 à 18 ans, 732, soit un pourcentage de 37,56 étaient orphelines d'un ou de deux parents et 759, soit 39% appartenaient à des familles nombreuses de 6-10 et quelquefois de 12 à 14 personnes. Les autres, en majorité âgées de plus de 22 ans étaient mariées ou veuves6. Quant au niveau culturel des travailleurs, toujours d'après le même échantillon, 70% des ouvrières étaient illettrées, 16,62% avaient poursuivi jusqu'en 3ème élémentaire, alors que seulement 13,88% avaient fréquenté plus de 4 classes7.

——————————

2. Sur le rôle du travail des enfants avant et après la révolution industrielle, voir Jean Sandrin, Enfants trouvés, enfants ouvriers, 17e - 19e siècles, Paris, éd. Aubier; 1982, en particulier p. 111-113.

3. Min. Éc. Nat., op. cit., p. 3.

4. Op. cit., p. 4.

5. G. Charitakis, Η Ελληνική Βιομηχανία, Athènes 1827, p. 124.

6. Ministère de l'Économie nationale, Direction du travail, Εκθέσεις του προσωπικού Επιθεωρήσεως Εργασίας επί της εφαρμογής των εργατικών νόμων, 1921, Athènes 1923, p. 82.

7. Op. cit.

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Le niveau d'instruction des jeunes travailleurs est plus élevé parmi les apprentis, en particulier les hommes. Dans l'enquête que l'inspecteur du travail, N. Mikelis, a menée vers 1920 auprès de 1.436 apprentis d'Athènes et du Pirée, il estime le taux des illettrés à 13% pour Athènes et 19% pour le Pirée. Les pourcentages les plus élevés d'illettrés figurent parmi les apprentis du textile, suivent les scieries, les fabriques de chaussures, tandis que les apprentis des industries mécaniques sont considérés comme les plus instruits8. Pendant les guerres balkaniques, on observe pour la première fois le phénomène de l'entrée massive de femmes et d'enfants dans les usines, à cause de la mobilisation9. Lors du recensement industriel de 1920, les jeunes générations représentent 18,1% de l'ensemble des personnes employées dans le secteur de la transformation et 26% des ouvriers de l'industrie (voir tableau I en annexe). Les jeunes jusqu'à 18 ans en particulier s'élèvent à 21,5% des effectifs de la main d'œuvre masculine et à 42,57 de la féminine. Le pourcentage élevé de participation des jeunes filles parmi les ouvrières est expliqué en partie par le départ de ces dernières de la production après leur mariage; certaines continuent cependant à être actives, employées surtout dans le secteur des services10.

La présence du travail des enfants et des jeunes est assez importante dans la plupart des branches de l'industrie et varie de 9,87% dans l'industrie de production d'énergie à 49,1% dans l'industrie du vêtement.

Les garçons sont employés à un taux de 58,88% par le petit artisanat, tandis que 18,88% seulement travaillent dans des entreprises employant plus de 26 personnes. Leur présence est très forte dans des branches traditionnelles, comme la tannerie, la mécanique et l'industrie du bois et varient de 51% à 36% du total de ceux qui sont recensés en tant qu'ouvriers. Il faut noter que la moyenne de ceux qui sont employés dans les petites unités artisanales des branches en question s'élève à 2,5 personnes. Ce fait nous renvoie à une division traditionnelle du travail de type artisan/aide, apprenti. Ces derniers sont des garçons de 12-18 ans qui ne constituent pas à proprement parler une main d'œuvre, mais suivent une période de formation dans le but soit d'être le collaborateur de leur patron, soit de devenir eux-mêmes des petits propriétaires.

——————————

8. G. Charitakis, op. cit., p. 100.

9. A. Benarya, Ο επαγγελματικός αγών του ελληνικού προλεταριάτου, in Η πρώτη σταδιοδρομία του ελληνικού προλεταριάτου, Athènes 1975, p. 212.

10. Εκθέσεις του προσωπικού..., p. 74.

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Le taux élevé de garçons que l'on retrouve parmi les membres de la famille du propriétaire (32,5%), qui participent au fonctionnement de l'entreprise, nous maintiennent dans la même voie. Les filles travaillent à un taux de 51,66% dans la grande industrie et, plus particulièrement, dans les branches du textile et des vêtements, où elles représentent respectivement 24% et 49% de la main d'œuvre salariée. Ainsi les jeunes ouvrières constituent un groupe très important de la main d'œuvre dans ces branches et exercent des pressions au niveau de la rémunération du travail féminin. Par contre, 21% seulement des filles sont en apprentissage presque sans rémunération dans les petits ateliers de confection d'articles et de vêtements féminins (voir tableau II en annexe).

Après 1922 on observe, d'après les rapports du corps de l'inspection du travail, une recrudescence du travail des enfants ainsi qu'une orientation des jeunes de la population urbaine active, en particulier des filles, vers des branches qui ne nécessitent pas un apprentissage mais utilisent du travail non qualifié11.

Ce fait peut être attribué d'un côté au climat économique favorable de l'époque, qui créait pour l'industrie grecque des besoins supplémentaires en main-d'œuvre et, de l'autre côté, à l'existence d'un grand nombre d'orphelins, réfugiés d'Asie Mineure, lesquels, par leur entrée en usine, s'assuraient tout de suite du salaire indispensable à leur subsistance.

En 1930, les jeunes jusqu'à 18 ans dans les effectifs ouvriers de l'industrie augmentèrent de 17,2%. C'est ainsi que les garçons s'élèvent à 25% des hommes et les filles à 46% des femmes qui sont employées dans le secteur de la transformation (voir tableau III en annexe). Une autre indication sur la position, différente qu'occupent selon leur sexe les jeunes dans le cadre de l'organisation du travail, apparaît dans le fait que 69,5% des garçons âgés de 10-14 ans sont des apprentis. Ceci n'étant valable que pour 37,44% seulement des filles du même âge.

En passant au groupe des âges de 15-49 ans, les pourcentages des apprentis se réduisent à 38,8% des hommes et à 11% des femmes12. Après 1930, une baisse du pourcentage des enfants dans la production est accusée surtout dans la grande industrie, comme résultat de la

——————————

11. Ministère de l'Économie nationale, inspection du travail, Εκθέσεις και πεπραγμένα του σώματος Επιθεωρήσεως Εργασίας επί της εφαρμογής των εργατικών νόμων και των συνθηκών εργασίας εν Ελλάδι, 1931; Athènes 1934, p. 19 et 34.

12. G.S.Y.E. Μηνιαίον Στατιστικόν Δελτίον Ιαν.-Δεκ. 1931, p. 57.

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grande crise économique13. En 1930, le salaire moyen de l'apprenti était de 18,4 dr. pour les garçons jusqu'à 18 ans et de 15,4 pour les filles du même âge, tandis que le salaire ouvrier s'élevait à 30 dr. pour la première catégorie et à 24 dr. pour la deuxième14. Le groupe d'âges 10-19 ans participent à l'établissement du salaire ouvrier moyen à un taux de 21% pour les hommes et de 46% pour les femmes15. Ainsi, dans le premier des cas, le salaire enfantin ne représente que 47,62% de la moyenne des hommes, la distribution des salaires chez les hommes pouvant être caractérisée comme homogène. Dans le second cas, il y a compression des salaires des femmes, de sorte que 68% de la main d'œuvre féminine obtient un salaire égal ou inférieur à la moyenne, laquelle à son tour est établie à des niveaux à peine supérieurs de 11,5% au salaire correspondant des enfants.

En conclusion, on pourrait dire que le type de rémunération du jeune ouvrier résulte de son propre statut dans le cadre de sa participation aux activités de l'entreprise. Ainsi, la rémunération d'un apprenti dans un atelier artisanal consiste en l'apprentissage du métier et en une petite somme d'argent qui parfois, comme c'est le cas des apprenties de la confection, se rapproche de zéro.

En d'autres termes ceci classe les apprentis dans une catégorie spéciale d'ouvriers qui correspond à des formes de production précapitalistes qui n'influent qu'indirectement sur le marché du travail. Par contre, la rémunération du jeune ouvrier employé dans l'industrie avec un statut de travailleur salarié, reflète plus ou moins la valeur de sa force de travail, en participant, suivant l'offre et la demande, à la fixation du niveau général des salaires.

——————————

13. Min. Éc. Nat., Insp. du travail, Εκθέσεις και πεπραγμένα..., p. 32.

14. G.S.Y.E., op. cit., p. 60.

15. Op. cit.

22

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ANNEXE

TABLEAU I

Composition de la main d'œuvre dans l'industrie et l'artisanat, 1920 (en %)

Branches

hommes —18 18—

total

f em —18

mes 18—

total

Total 18— 18—

Alimentation et

7

,67

79,27

86

,9

3

,5

9,55

13,06

11,1

88,82

tabac

Indust. chimiques

10

,39

77,37

88

,9

4

,19

8,65

12,24

14,5

85,50

Traitement des

17

,07

74,17

91

,24

4

,62

4,14

8,76

21,69

78,31

minéraux

Énergie

9

,87

89,8

99

,7

0,3

0,3

99,87

90,1

Métallurgie et 

30

,24

67,14

97

,42

1

,5

2,31

3,81

31,74

68,26

usines machines

Bois

26

,73

65,82

92

,54

2

,25

3,43

5,68

28,98

71,02

Textile

7

18,92

25

,9

26

,02

48,06

74,08

33,02

66,98

Industrie du cuir

43

51,75

95

,75

3

,62

2,26

5,28

46,02

53,0

Vêtements

12

,72

26,23

38

,95

36

,41

24,86

61,27

49,13

50,87

Papeteries

16

,65

43,27

59

,92

22

,9

17,01

40,91

39.5J

60,45

Total

16

,99

61,96

78

,95

8

,96

12,09

21,04

25,95

74,05

Source: G.S.Y.E., Recensement des entreprises artisanales et industrielles le 18.12.1920 (selon l'ancien calendrier)

TABLEAU II

Répartition des ouvriers d'industrie jusqu'à 18 ans par catégorie d'entreprises, 1920

Branches

Entreprises de 0-5 individus

Hommes     Femmes

Entreprises de 6-25 individus

Hommes      Femmes

Entreprises              de plus de 26

 Hommes     Femmes

Alimentation

1633

164

749

259

669

936

et tabac

Ind. chimiques Traitement des

206 85

21 15

104 120

87 23

72 216

46 76

minéraux

Énergie Métallurgie et ind. mécaniques Bois

5 1454

983

18 33

34 491

361

18

78

116

677

153

94 15

Textile

46

36

57

162

447

1845

Industrie du cuir

4098

178

1330

157

467

30

Vêtements

950

1345

197

1164

54

909

Papeteries Total

185

66

199

317

228

462

9645

1876

3642

2301

3093

4463

Source: op. cit.

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TABLEAU III

Composition de la main d'œuvre ouvrière dans l'industrie et l'artisanat Grec, 1930 (en %)

Branches

Hommes

 

Femmes

 

Total

 

18

18—

total

18

18—

total

18

18—

Alimentation

15

,17

65,55

80,72

7

12,28

19,28

22

,2

77,83

Ind. Chimiques

12

,35

62,54

74,89

11

,53

13,58

25,11

23

,9

76,1

Traitement des

16

,68

72,42

89,1

3

,83

7,4

11,2

20

,5

79,5

minerais

Bâtiment

11

,87

86,51

98,4

0

,2

1,3

1,5

12

,1

87,9

Énergie

7

,7

91,04

98,74

0

,18

1,07

1,25

7

,9

92,1

Métallurgie

24

,32

64,95

89,27

4

,38

6,34

10,72

28

,7

71,3

Ind. mécaniques

43

,24

53,3

96,54

1

,34

2,12

3,46

44

,6

55,4

Bois

39

,44

55,79

95,29

1

,79

2,98

4,77

41

,2

58,8

Ind. du cuir

31,98

63,16

95,14

2

,38

2,48

4,86

34

,3

65,7

Textile

7

,04

14,89

21,93

36

,88

41,19

78,07

43

,9

56,1

Vêtements

16

,92

23,08

40

30

,37

29,73

60

47

,2

52,8

Papeteries

19

,76

42,57

62,33

21

,37

16,30

37,67

41

,1

58,9

Tabac

5

,74

31,99

37,73

26

,51

34,76

62,27

33

,2

66,8

Divers

12

,76

55,74

70,5

11

,53

17,9

29,43

24

,3

75,7

Total

18

,59

55,57

74,16

11

,89

13,95

25,84

30

,48

69,54

Source: Γ.Σ.Υ.Ε.

Recensement des établissements

des

entreprises industrielles et

 

commerciales

effectué en

sept. 1930, Athènes

1934

Σελ. 339
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ΛΕΥΚΗ ΣΕΛΙΔΑ

Σελ. 340
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HÉLÈNE ELEGMITOU - ALEXANDRA BACALAKI

ÉCONOMIE DOMESTIQUE : LES DEVOIRS FÉMININS À TRAVERS LES MANUELS1

L'économie domestique figurait dans les programmes de plusieurs écoles de filles d'enseignement secondaire dès le milieu du 19ème siècle. Elle a été enseignée sans interruption, exclusivement aux filles, jusqu'à l'instauration de l'enseignement commun en 1979.

Les manuels les plus anciens que nous avons pu trouver, écrits dans le but d'être utilisés dans l'enseignement, sont: L'Économie domestique grecque-théorie et pratique de Xénophon D. Zygouras (1875), Abrégé d'économie domestique du même auteur (1878) et L'Économie domestique de Sapho Leontias (1887)2.

Les auteurs louent l'apport des anciens et en particulier de Xénophon en économie, en répétant les recommandations de l'"Économique"

——————————

1. L'analyse formulée ici, résultat d'une première approche du sujet et partie d'une recherche plus large, pour le moment inachevée, sur l'histoire de l'économie domestique dans l'enseignement grec, comporte par nécessité un caractère provisoire. Mme Gotsi nous a donné des exemplaires de manuels retirés du commerce. Mme E. Xirotiri nous a fait don de ses propres livres et Mme E. Fournaraki nous a renvoyées aux anciens manuels d'économie domestique. Nous tenons à les en remercier chaleureusement.

2. Pour un seul de ces livres nous avons la certitude qu'il a été utilisé dans l'enseignement grec: l'Abrégé d'économie domestique (rédigé à l'usage des écoles élémentaires et des écoles de jeunes filles) il fut publié à Athènes et porte la signature du ministère des affaires religieuses et de l'éducation publique, A. Koumoundouros, qui le recommande "en tant qu'ouvrage utile pour les classes supérieures de l'enseignement en commun". L'Économie domestique grecque - Théorie et pratique de Xénophon Zygouras et l'Économie domestique de Sapho Leontias ont été publiés à Constantinople et portent l'imprimatur du ministère impérial compétent, ce fait ne signifiant aucunement qu'ils étaient inconnus en Grèce. On peut affirmer le contraire au moins quant à l'ouvrage de Leontias qui est présenté dans un article spécifique de la Gazette des Dames (1ère année, 1887, n° 30, p. 6), où il est même recommandé à l'usage scolaire.

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en faveur de l'ordre, de l'austérité de la discipline, du labeur ainsi que d'une répartition systématique des tâches, des compétences et des responsabilités dans la maison.

Zygouras (1875: 30-32) juge la définition de l'économie politique en tant que science et de l'économie domestique (qu'il traite le plus souvent tout simplement d'économie) en tant qu'art, non pertinente, puisqu'il considère que non seulement celles-ci sont régies par les mêmes principes, mais que c'est l'économie domestique qui est à l'origine de l'économie politique.

Léontias (1887, passim) désigne l'économie domestique comme «une science et un art» et considère (1887: 283) que, en tant qu'art, elle consiste en «sa partie pratique» et en tant que science en celle «théorique».

Les auteurs divergent sur l'importance respective des parties «théorique» et «pratique» de l'économie domestique, c'est-à-dire sur la priorité à accorder aux principes généraux de l'économie aussi bien que sur les conseils à donner pour exécuter des travaux concrets. Zygouras (1878: j' 13) s'en prend aux Européens parce que, à l'opposé des anciens, qui ont cultivé l'économie (domestique) «comme savoir primordial de bonne éducation», ils l'ont abaissée au rang de conseils pratiques, en privilégiant l'économie politique. Il oppose de surcroît (1878: στ') l'économie grecque à «l'enseignement faussé et vulgaire (qui) fait dépendre le bonheur familial d'une agréable décoration de la maison, de certaines recettes formelles pour nettoyer des meubles, des ustensiles et des vêtements, et enfin d'un certain goût abâtardi...». Léontias (1887: 281) pense que les questions d'ordre pratique «ne constituent pas le fond sérieux et riche de la notion (de l'économie domestique), mais ne représentent qu'un point d'un ensemble plus vaste».

A l'opposé de Zygouras, tenant les questions pratiques pour subalternes, Léontias (1887: ε΄) s'excuse de devoir commencer «par la partie pratique» et de placer celle-ci en premier, «ce qui pourrait sembler une innovation quelque peu étrange»; elle explique pourtant que «cette leçon, plus que toutes les autres, est fondée sur l'observation et l'expérience, dont sont déduites directement ses théories et ses règles». Les divergences des auteurs ne se limitent pas pour autant à la prépondérance de la «théorie» ou de la «pratique». Zygouras (1875: 36, 1878: 12) réduit l'économie domestique à la nécessité de parcimonie pour l'homme, tandis que Léontias (1887: 10) pense que «cette science et cet art éminents» naissent «de cette première et très importante énergie, activité, vie dans la maison».

Zygouras (1875: 30-32) est d'accord avec le professeur «Metziéros»

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(M. L. Mézières), qui en 1853, dans son ouvrage L'Économie considère que l'économie politique concerne la richesse nationale, tandis que celle privée (domestique) la richesse individuelle «laquelle est acquise par le travail, conservée par la parcimonie et augmentée par l'ordre et la patience». Zygouras développe, à l'intention des futures maîtresses de maison les principes et les procédés pour acquérir, conserver et augmenter la richesse, en y ajoutant l'investissement à l'ordre et à la patience. La richesse, dont la gestion incombe à la maîtresse de maison, rend possible le bonheur familial, défini comme la satisfaction de besoins qui doivent toujours restés dans les limites de l'austérité, qui est identifiée à la moralité (Zygouras, 1875, 1878, passim) et permettant aussi la bienfaisance (1875: 35). Enfin, la richesse est le moyen par lequel l'homme aspire à la perfection naturelle, morale et intellectuelle (Zygouras, 1875, 181). Le seul écart essentiel de Zygouras par rapport à son objet central, la richesse, est sa préoccupation envers la conduite de la maîtresse de maison vis-à-vis de ses proches et en particulier des «souffrants» dans le dernier chapitre de l'Abrégé «Diriger la maison».

Léontias accepte que l'économie domestique traite de l'acquisition, la conservation et l'augmentation de la richesse familiale. Cependant cette question ne la préoccupe qu'en partie, et, avant de la traiter (chap. IV), elle disserte sur le choix de la place du domicile, de son mobilier et de sa décoration (chap. I) aussi bien que sur l'«état physique, moral et esthétique des principales personnes de la maison» (chap. II), ainsi que leurs devoirs réciproques et vis-à-vis des tiers (chap. III). Dans le deuxième des trois chapitres qu'elle consacre à la richesse et qui traite de son emploi, Léontias se réfère aussi à la «satisfaction des besoins d'un point de vue économique et hygiénique» en donnant des consignes détaillées sur la préparation des aliments, l'entretien des vêtements et la «médecine familiale, pharmacologie et hospitalisation domestique». Elle loue aussi enfin l'austérité, mais elle insiste davantage que Zygouras sur le bon goût qui métamorphose et rend agréable les matériaux les plus simples (Léontias, 1887: 57-61 )3.

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3. Léontias (1877: 60) est très claire en ce que la femme de goût «ne confond point le luxe et le beau». De son côté, Zygouras (1875: p. e. 99) dénonce directement à plusieurs reprises les travaux d'ornementation des femmes comme un travail stérile. Ces points de vue semblent répondre indirectement à la question «dans quelle mesure l'enseignement des travaux manuels dans les écoles de filles faisaient dévier les élèves vers le luxe et l'apparence, surtout quand ces derniers se combinent à une «fausse imitation de l'Europe» et de «singerie», question qui, comme le signale S. Ziogou-Karasterghiou (1983: 91, 110, 113, 176) a préoccupé des enseignants et des intellectuels qui se sont intéressés à l'éducation féminine.

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Le sens plus large attribué à l'économie domestique par Léontias apparaît d'ailleurs dans le fait qu'elle inclut l'éducation en ce qui concerne la richesse dans la «préparation» plus générale «physique et spirituelle de l'être humain, homme ou femme, en vue de devenir... de dignes promoteurs de la vie familiale d'un point de vue matériel aussi bien que moral» (1887: 282), ainsi que dans la désignation de l'économie domestique comme «science et art de la vie familiale» (1887: 282) ou bien «de l'activité, du mouvement et de la vie de la société et de la cité domestique» (1887: 10).

Ces deux auteurs considèrent le travail des femmes au foyer comme un devoir important, non seulement envers leur propre famille mais plus généralement envers la société, et pensent que les femmes ont besoin d'une formation appropriée afin de mener à bien leurs tâches.

Léontias (1887: 51) recommande à la maîtresse de maison d'avoir terminé «une école préparatoire ou le lycée» et de maîtriser l'économie domestique, tandis que Zygouras attribue un rôle particulier à la formation économique. Les connaissances jugées par lui indispensables pour que les femmes puissent accomplir la tâche de la conservation et de l'augmentation de la richesse comportent des notions et principes généraux de l'économie ainsi que des indications pour les investissements, les ventes et achats et transactions bancaires contenus dans ses ouvrages.

Les auteurs reconnaissent aux femmes la possibilité de travailler pour subvenir à leurs besoins, soit en utilisant les arts domestiques, soit en s'occupant de commerce, de la rédaction de registres, en travaillant aux télégraphes ou aux téléphones, en s'occupant de pédagogie, des accouchements, de thérapeutique, de pharmacie, des beaux-arts et, selon Léontias (1887: 109, 110), aussi de médecine. Ils recommandent une occupation rémunératrice surtout à des femmes nécessiteuses, en jugeant néanmoins plus approprié le travail à la commande, qui se combine plus aisément à celui de la maison, que le travail salarié (Zygouras, 1875: 103; 1875: 61, Léontias 1887: 130).

La prise en charge de la maison par les femmes découle de leurs qualités «naturelles». Léontias (1887: 106) considère que l'économie domestique concerne les deux sexes, puisque l'homme «se doit d'être (son) premier connaisseur et artisan, comme chef de famille en général». Mais la femme «est créée avec un corps plus fragile et plus sensible(...) et douée d'un esprit surpassant celui de l'homme en acuité, imagination et prévoyance, en affection, compassion et pressentiment du cœur, aussi bien qu'en patience et piété; mais elle lui est inférieure en ce qu'elle est timorée, méfiante, précautionneuse et timide. Ce sont ces 

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qualités mêmes, physiques et spirituelles, qui la désignent comme plus capable et plus compétente que l'homme pour les choses domestiques» (1887: 11-12). Les obligations premières de la femme sont à la maison, son «règne» (Léontias 1887: 11), où elle domine comme «une véritable reine» à côté du «véritable chef», son mari (Léontias 1887: 86).

De son côté, Zygouras (1875: 20) considère comme bases pour les travaux domestiques l'acuité naturelle d'esprit, la sensibilité et la patience de la femme, en quoi elle est supérieure à l'homme, plus audacieux, plus actif, plus solide et meilleur «à entreprendre». Le foyer est l'«arêne» de la femme (Zygouras 1878: ε'); l'économie son but «divin», sans lequel sa vie «est à tel point annulée qu'elle devient pire que celle des femelles des animaux» (1878: 105).

Les différences physiques entre femmes et hommes se présentent comme complémentaires. Léontias (1887: 14) pense que la convivialité conjugale «est basée sur la différence physique des hommes et des femmes» consacrée par le mariage, et elle prévient (1878: 65-68) qu'il faut par tous les moyens faciliter la tâche aux femmes. L'homme surtout «doit toujours avoir en esprit que la femme est ainsi créée par Dieu, afin quelle soit la joie et le bonheur de la famille; qu'elle est son égale devant Dieu et la nature» (Léontias), 1887: 67). Zygouras (1875: 106-107) est catégorique sur la question de la prise en charge par la femme de la bourse familiale; il signale qu'«il y a beaucoup d'hommes méfiants et orgueilleux, croyant qu'il est humiliant de se plier aux commandements financiers de la femme et trouvant de la sorte une ample liberté dans la voie d'une vie de débauches et de vices». Les auteurs mettent aussi l'accent sur la compétence exclusive de la maîtresse de maison sur la surveillance et l'éducation des enfants4.

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4. La question de la «nature» et de la vocation des femmes est particulièrement critique à cette époque: adversaires et partisans de leur éducation et de leur accès à la chose publique en général étayent leur argumentation sur des estimations concernant les différences physiques des sexes. Léontias et Zygouras considèrent que la préoccupation de la femme pour l'économie domestique ne découle pas de leur «nature» subalterne, mais de certaines qualités propres aux femmes présentées sous un jour positif. Selon la remarque de A. Psarra (1979: 4-10) sur les rédactrices des revues Thalia et Evridiki, les auteurs ne font pas reposer les différences de sexes sur l'infériorité ou la supériorité. Léontias et Zygouras identifient la femme avant tout à sa fonction de reproduction dans la maison, mais tiennent pour précieuse sa contribution à la famille et à la cité, en soulignant le caractère «civilisateur» de l'éducation féminine. C'est dire qu'ils mettent en avant la conception, très répandue en Europe pendant le 19ème siècle (Deem, 1978: 5) selon laquelle l'éducation des femmes est indispensable avant tout parce qu'elle peut assurer de meilleures 

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Les écoles de filles d'enseignement secondaire où l'économie domestique était enseignée formaient en commun de futures maîtresses de maison pour des familles aisées, et des institutrices (principalement des boursières). A part, leurs devoirs scolaires, les élèves s'occupaient en même temps de travaux manuels et de couture qui absorbaient un temps bien supérieur à l'économie domestique (Ziogou-Karasterghiou 1983: 90-91, 119-120, 147, 155).

Vers la fin du 19ème siècle, l'enseignement de cette matière s'est étendu aussi à des filles de familles pauvres, comme celle qui fréquentaient l'«École dominicale des femmes indigentes et des filles du Peuple» (1890) ou bien qui étudiaient à l'«École des travaux ménagers et professionnels» de l'«Association des femmes grecques» (1897).

Le contenu des ouvrages que nous avons examinés prouve que l'économie domestique se recoupe en partie avec d'autres matières préparant les élèves aux tâches de la maison; elle promet néanmoins un cadre théorique plus général qui les aidera à mettre en valeur leurs connaissances partielles. En ne jugeant qu'à partir des matières enseignées, cette leçon vise à préparer les filles des familles aisées au rôle de la maîtresse de maison dans la famille bourgeoise et, en même temps, à initier des filles de revenu plus modeste au modèle de bien être domestique valant pour les classes «civilisées».

Bien que la richesse familiale et la vie au foyer constituent des aspects inséparables du bien être domestique bourgeois, l'accentuation différente mis par Zygouras et Léontias sur ces aspects montre que le terme d'économie domestique est imprécis dès le départ. Cette imprécision est confirmée par la thématique différente de deux manuels publiés dans le premier quart du 20ème siècle, différence qui annonce aussi le morcellement de l'économie domestique en des domaines spécialisés qui prévaudra désormais dans les manuels.

Irini Pratsika (1915) consacre un volume à des conseils pratiques

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conditions pour les hommes et les enfants dans la famille.

Les points de vue de Zygouras et de Léontias sont modérés si on les compare aux thèses plus radicales de Parreine sur le travail en tant que condition nécessaire de l'émancipation féminine. Ils divergent pourtant radicalement des conceptions de lettrés comme G. Manousos, Diététique pédagogique et pédagogie (1884: 213-223); Anna Serouiou éditrice et directrice de l'hebdomadaire féminin Famille (1897), Aristidis Spathakis et Simonidis Vlavianos, qui écrivent dans le même périodique; ainsi que le traducteur de Fénelon, Ch. Nikolaïdis Filadelfeus (1875), lesquels considèrent le foyer comme l'unique lieu qui convienne aux femmes et insistent inlassablement sur les conséquences néfastes qu'impliqué l'émancipation et le trop d'instruction des femmes pour la famille et la nation.

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pour la propreté et l'entretien du ménage, tandis que Ekaterini Varouxaki (1923) considère la santé comme base de la richesse et consacre la plus grande partie de son livre à son acquisition et sa conservation. Mais, même au sujet de ces livres, on ne peut affirmer s'ils ont été effectivement utilisés dans l'enseignement et à quelle ampleur. L'enseignement de cette matière dans les "lycées" de filles n'était pas nécessairement basé sur un manuel.

D'après les témoignages de femmes qui ont fréquenté le "lycée" avant la guerre, il semblerait que l'économie domestique était enseignée sans manuels; on insistait le plus souvent sur les travaux manuels et la couture.

Les premiers manuels utilisés systématiquement dans l'enseignement secondaire, mais aussi dans les écoles de travaux ménagers, furent les Notions de puériculture de Eustathia Lambrou (1953) et les Éléments sur les aliments et ses applications à la préparation de la nourriture de Eustathia Lambrou et de Ekaterini Alexopoulou (1956). L'économie domestique-Diététique et savoir-vivre de Eugénie Xirotiri et de Popi Chourdaki (1959), ainsi qua la Puériculture et Thérapeutique de Eugénie Xirotiri publiée plus tard, ont eu un grand retentissement et connurent de nombreuses rééditions.

Ces premiers ouvrages sont suivis par un grand nombre de manuels. Jusqu'en 1983 plus de trente livres ont paru, la plupart publiés après 1970. Les manuels sont rédigés sur la base du programme analytique de l'économie domestique pour chaque classe et reçoivent l'autorisation de publication du ministère de l'éducation. Les enseignants ont le droit d'utiliser n'importe lequel des ouvrages autorisés5.

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5. Même si nous savons que les manuels d'après-guerre ont été utilisés dans l'éducation, il nous faut signaler que leur seule lecture ne suffit pas à se faire une idée du contenu de l'enseignement de cette matière ni de son impact.

Les livres scolaires s'adressent à la jeunesse, mais ne fournissent pas d'indications sur les réactions des enfants à ce qui y est écrit. De même, les livres révèlent le contenu de la leçon comme celui-ci est formulé par les auteurs ou encore, souvent, comme ils est agréé par l'État, et non pas comme il est façonné dans la pratique de l'enseignement. Cet écart est considérable dans le cas de l'économie domestique. Avec d'autres matières secondaires (musicales, techniques, la gymnastique), elle semble échapper suffisamment au formalisme et à l'uniformité qui, comme l'ont signalé A. Dimaras (2, 1984) et Ch. Noutsos (1979) prévalent dans l'enseignement grec. D'après les témoignages de professeurs d'économie domestique, l'enseignement de cette matière avait un caractère "libre", résultant de la nécessité dans laquelle se trouvaient les professeurs à adapter la leçon "aux besoins des élèves", c'est-à-dire aux données sociales présentes à chaque fois, et aussi de ce que la "conformité" à la lettre des programmes détaillés ne faisait pas l'objet d'un contrôle direct de l'État.

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Comme c'est aussi le cas pour les livres de Zygouras, Léontias, Pratsika et Varouxaki dans les manuels d'après-guerre le «domicile» comprend le foyer, le mobilier, les membres de la famille et les serviteurs, rarement mentionnés dans les livres plus récents et toujours en ajoutant «s'ils existent». Chaque ouvrage traite pourtant en détail une ou plusieurs dimensions et fonctions particulières de la maison, c'est-à-dire qu'il se réfère à des domaines distincts de l'économie domestique correspondant aux parties de la matière à enseigner, définies par les programmes analytiques.

Le terme d'économie domestique n'apparaît pas souvent dans ces textes spécialisés. Dans les domaines de l'habillement, de l'habitat et de la connaissance des aliments ou diététique, l'accent est mis avant tout sur la description des matières premières, de la composition, fabrication et traitement du tissu, de l'habitation (y compris le mobilier) et des aliments ainsi que sur l'estimation des biens matériels d'après des critères d'hygiène, d'esthétique et pratique. Ces domaines correspondent à des thèmes considérés comme appropriés aux élèves les plus jeunes, tandis que l'éducation familiale, traitant des rapports inter-familiaux, du budget familial, de la puériculture et de l'éducation des enfants, est d'habitude enseignée dans les classes supérieures. La thérapeutique concerne ceux qui s'adressent aux malades à domicile et l'éducation sociale développe les obligations du savoir-vivre. Ces domaines accompagnent le plus souvent la connaissance des aliments ou l'éducation familiale.

Cette économie domestique de l'après-guerre, à dimensions multiples, est bien plus proche de celle de Léontias que de la stricte observance par Zygouras des questions concernant la richesse. Il semble cependant que bien que l'économie domestique ne recouvre qu'une faible partie de l'emploi du temps des élèves (Noutsos, 1979: 328-329), la matière s'élargit pour englober des notions pratiques et théoriques, qui auparavant appartenaient à des matières particulières. Ainsi, l'enseignement des travaux manuels et de la couture est incorporé au domaine de l'habillement —les manuels appropriés contiennent au minimum souvent les points les plus élémentaires— tandis que la puériculture et la pédagogie deviennent à leur tour partie prenante de l'économie domestique6.

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6. L'économie domestique enseignée au lycée comprend des notions et des consignes sur l'éducation des enfants, enseignées auparavant dans les matières pédagogiques et contenues dans des ouvrages spécialisés, comme la Pédagogie domestique ou de l'éducation des enfants à domicile, de Ar. Spathakis (1889) ainsi que

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Le contenu des livres varie surtout d'après leur sujet. A l'intérieur de chaque domaine les manuels se recoupent dans une grande mesure quant aux connaissances fournies, l'ordre des textes et parfois même dans la formulation. Cependant, en même temps que par leur adaptation en langue populaire et souvent par l'adjonction de photos, les manuels qui paraissent vers la fin des années 70 et jusqu'en 1983 présentent quelques innovations dans leur contenu par rapport aux premiers ouvrages de l'après-guerre. Les références à la tradition gréco-chrétienne se font rares ou disparaissent, les rapports entre les membres de la famille apparaissent plus égalitaires, la hiérarchie familiale moins rigoureuse, l'éducation des enfants met aussi l'accent sur des valeurs comme la créativité et l'initiative, les chapitres sur l'éducation sociale mentionnent la «simplification» survenue dans les règles du savoir-vivre et, enfin, c'est la consommation qui est proposée comme fonction de base du ménage: l'éducation du consommateur accompagne la connaissance des aliments aussi bien que l'éducation familiale. Ces changements sont le résultat d'ajouts et de coupures des textes de base correspondants plus anciens, ce qui n'équivaut pas à une refonte radicale des manuels7. L'objectif permanent des ouvrages en question reste toujours la préparation des femmes aux tâches domestiques.

Certains auteurs mentionnent directement les buts de la matière et de leurs ouvrages qui sont la préparation des futures épouses, mères et ménagères; elles mentionnent aussi la vocation innée des femmes qui les rendent, seules, aptes au travail domestique, aussi bien que de leurs besoins qui sont satisfaits par leur apport continuel. Eustathia Lambrou cite par exemple (1953: 118) «les mots de saint Paul 'La femme sera sauvée par l'enfantement et l'éducation de ses enfants' (I ép. à Tim. b15)»; Eugénie Xirotiri (1959: 4) explique que son livre vise à la transmission des notions que doit avoir «une bonne ménagère pour qu'elle puisse répondre aux besoins vitaux de sa famille» et Varvara Trombeta (1973: 5) dit entre autres que la leçon «essaie de préparer les mères de la nouvelle génération à se montrer dignes de leur rôle».

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l'ouvrage de G. Manousos, qui consacre aussi un chapitre spécial à des conseils «sur la probité des mœurs, la décence et la bonne conduite» (1884: 224-238).

7. Dans les grandes lignes, ces innovations visent à moderniser en quelque sorte les valeurs et les modèles qui reproduisent l'amalgame idéologique pré-bourgeois, comme le constate A. Frangoudaki (1978: 135-137), dans les livres de lectures qui orientent les enfants vers les conceptions et les modes de vie traditionnels de la vie rurale (Frangoudaki, 1978: 49), les livres d'économie domestique mettent en avant la vie à la ville.

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Ces livres cependant, ainsi que tous ceux qui ne comportent pas de mentions directes à la destinée des femmes en général, prodiguent des renseignements et des estimations formulés de manière impersonnelle concernant les matières premières ou la confection des produits, laquelle présuppose un travail hors domicile et spécialisé (ils dissertent par exemple sur la fabrication de tissus, produits d'hygiène, tapis industriels, meubles, le traitement d'aliments etc.) Les informations "objectives" dans ces livres côtoient des descriptions des devoirs de la ménagère et des conseils, formulés souvent d'une manière également impersonnelle, ce qui confère un caractère officiel et objectif aux exigences du travail domestique8. Les règles de travail contenues ou présumées, dans les livres visent à minimiser le temps et l'argent requis pour chaque tâche et à obtenir le maximum de rendement pour la ménagère dans chacune d'elles. L'usage rationnel du temps ne réduit pas malgré tout le temps global de son travail, mais lui permet avant tout d'en faire davantage9.

Les descriptions neutres du mobilier répondent d'une manière également objective à la question "que doit contenir une maison?" La description détaillée de divers articles trahissent peut-être chez les auteurs une tendance au formalisme. Cependant, au moins dans les ouvrages plus anciens, les descriptions du genre: qu'est-ce qu'une cuvette de cabinet, un bidet, une cuisinière électrique, etc., visaient plutôt à recommander ses articles à des élèves probablement non familiarisées avec l'équipement moderne. Les conseils sur l'usage et l'installation de divers objets d'équipement présupposent leur existence en tant qu'éléments indispensables de la maison moderne.

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8. En analysant les témoignages recueillis auprès des ménagères anglaises, Ann Oakley (1974: 110-112, 183-184) écrit que les règles et critères du travail leur permettent de percevoir les travaux particuliers comme un tout, "un travail", de manifester leur responsabilité personnelle envers la maison, et enfin que la satisfaction que ressentent les ménagères à cause de leur travail dépend de leur conformité au exigences du ménage par le respect de règles et de critères. Les ménagères objectivent ces exigences et ces règles -elles les ressentent comme quelque chose d'extérieur, sentiment qui justement semble être renforcé par les manuels scolaires. Toujours d'après les découvertes de Oakley, les règles et critères contribuent au prolongement des travaux: les heures de travail de la ménagère sont d'autant plus nombreuses que ses exigences sont plus élevées.

9. C'est le contraire qui aurait constitué un paradoxe, puisque, comme le signale le groupe de travail de Skoupa (1979: 75), le travail domestique se présente pour les femmes comme prolongement naturel ou bien comme vérité de leur existence, comme un devoir qui va de pair avec leur amour des personnes auxquelles elles

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Parmi les innovations qui apparaissent dans les manuels parus après le milieu des années 70, les mentions du travail des femmes hors domicile sont particulièrement intéressantes; celles-ci deviennent plus détaillées dans les ouvrages plus récents, sans pourtant faire référence à des professions précises.

Ce nouveau statut des femmes suscite des commentaires isolés qui encouragent les hommes à participer aux travaux domestiques; ils doivent à présent aider à la maison. Ces commentaires n'annulent pas pour autant le caractère primordial de l'occupation féminine dans la maison. C'est ainsi que, dans le même manuel et qui plus est à la même page (Papageorgiou, 1983: 31) l'homme est incité «à prendre conscience qu'il a exactement les mêmes responsabilités que sa femme en ce qui concerne le ménage et les enfants», et la mère d'enfants en bas âge qui travaille est informée que «la solution la meilleure à son problème consiste à ne pas travailler pendant leurs premières années (1-5 ans)»; (on adjoint à ces commentaires la photo d'un père travaillant dans une cuisine ultra-moderne avec ses deux enfants).

Le caractère très limité des «solutions» proposées ainsi que leur fréquente annulation par des commentaires, qui présupposent une identification de la femme à la maison, témoignent de la conception

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rendent des services. En tant que devoir donc, elle n'a aucune matérialité ou signification économique, mais seulement une signification éthique.

10. N. Skouteri-Didaskalou (1980: 35-49) parle des femmes coincées entre la production et la reproduction en général, ainsi que du caractère «de réserve» du travail hors foyer des femmes, qui répond aux exigences du capital et de la famille, en se référant (1980: 46) au caractère indicatif de la contradiction mise en avant entre le rôle des femmes à domicile et dans la production.

La façon dont le capital s'accommode ou juge indispensable la prise en charge du travail domestique par les femmes, et comment celle-ci contribue à l'exploitation de la main-d'œuvre est l'objet d'amples débats et polémiques qui dépassent les limites de ce rapport. La complexité de cette question ne doit cependant pas faire oublier que confier les travaux domestiques aux femmes, non seulement facilite de plusieurs manières la domination des membres mâles de leur classe sociale dans la production, mais aussi leur offre de grandes gratifications à domicile.

Le «non-travail» des femmes est indispensable à la survie des hommes (Rowbotham, 1974: 113). Les références aux objectifs et aux fonctions de la famille en général, qui abondent dans les livres, dissimulent le coût et les significations différentes qu'ont ceux-ci pour chacun de ses membres.

Quant au caractère primordial, selon les manuels, de l'entretien de la maison par les femmes qui travaillent, il semble que celui-ci soit de toute façon maintenu, d'après des données montrant que les femmes travaillant dans les pays du capitalisme avancé se chargent de la plus grande partie du travail à la maison (Hartmann, 1981: 27).

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que les redistributions des rôles dont l'espace privé est susceptible, sont limitées. Les travaux que la ménagère doit alors confier aux membres de la famille doivent s'accorder à leur sexe et à leur âge: les garçons doivent ranger leurs affaires, les filles mettre la table, le père faire les courses etc. (Trombeta 1979: n. III 38). Ces redistributions ont encore pour objectif le fonctionnement normal de la maison et la possibilité, de faciliter la tâche de la ménagère, tandis qu'elles ne l'aident pas du tout à assumer ses responsabilités en dehors de la maison. Le travail hors domicile est donc pour la femme une complication et une responsabilité supplémentaires auxquelles elle doit s'adapter: «il faut qu'elle soit calme et non pas angoissée, sourire et non pas gémir (...) elle ne doit pas jouer à la victime» (Trombeta 1979, n. III 38). Les responsabilités féminines pas excellence ne changent pas; ce sont celles de ménagères envers leur mari et leurs enfants à la maison. Le revenu de leur travail (quand il est mentionné) est présenté comme un supplément et les problèmes des «femmes au travail» (titre des chapitres concernés) comme résultat de leurs rôles différents (et en fin de compte contradictoires) à la maison et au travail10. Mais «travaillant doublement dans et hors de la maison (la femme) assume intégralement ses obligations familiales et sociales» (Sdrin-Sfakianos 1977: 125).

Les manuels publiés jusqu'à la fin des années 70 ne s'adressaient par définition qu'aux jeunes filles. Par contre, ceux qui ont circulé après 1978 ont été enseignés dans des classes mixtes. Dans tous les livres, on retrouve des formules neutres, vagues ou ambiguës quant au genre des personnes qui sont chargées des diverses activités ainsi que des recommandations à la première personne du pluriel. Mais dans les livres plus récents, les formules qui concrétisent et clarifient des expressions comme «la personne», «les parents», «l'homme» ou «la famille» en déterminant la distribution des rôles parmi les membres de la famille, désignent en même temps le mode par lequel des commentaires divers concernent des élèves des deux sexes. Ainsi par exemple, Ariane Gardelea (1983: 108) après avoir mentionné les qualités «que doit posséder la personne qui se chargera des soins au malade» dans le titre du chapitre concerné, elle explique que «la personne la plus appropriée pour soigner le malade est son parent le plus proche, sœur, mère, épouse» et juste après elle utilise les formules de rechange, «l'infirmier ou l'infirmière»11.

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11. Le manuel de la première classe du secondaire (Kokkevi, Kokolaki-Fadel, Khasapidou, Dekavalla) publié en 1984 sort des limites de ce rapport, justement parce qu'il représente la première tentative systématique de moderniser cette matière. C'est le premier ouvrage d'économie domestique à être édité par l'O.E.D.B. (Organisme

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    M. RIGINOS

    FORMES DE TRAVAIL ENFANTIN DANS L'INDUSTRIE ET L'ARTISANAT EN GRÈCE (1909-1936)

    Par cette communication nous avons l'intention de formuler certaines hypothèses sur le rôle et le taux de participation des enfants et des jeunes aux activités du secteur secondaire, dans la Grèce des premières décennies de ce siècle.

    L'éventail des âges vers lesquels va s'orienter notre analyse est délimité par l'article 3 du décret royal du 14/8/1913. D'après celui-ci sont tenus pour enfants, sans distinction de sexe, ceux qui sont âgés de 12 à 14 ans, et pour jeunes ceux de 14 à 18 ans1.

    Les formes que le travail enfantin prend et, par conséquent, le type d'insertion et le degré de participation au procès de travail, sont fonction d'une série de paramètres comme le niveau de l'industrialisation, la taille des entreprises, le type des rapports de production, la division du travail et l'organisation de la production.

    Dans les cas où prédominent le mode de production artisanal et les petits ateliers familiaux, les enfants, qui ont souvent des rapports de parenté avec le propriétaire s'initient à l'art du métier, en devenant, après leur apprentissage, des artisans qui soit succéderont à leur ex-patron, soit créeront leur propre entreprise.

    La longue période d'apprentissage rend élevé le coût de la formation du travail qualifié, et du prix de celui-ci à un haut niveau dans le cadre de la faible mécanisation de l'industrie qui a besoin de ce type de travail.

    Par contre, à un stade supérieur de développement industriel où le procès de travail a été morcelé en une série de simples gestes, les jeunes sont transformés par les mécanismes du marché en main d'œuvre

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    1. Ministère de l'Économie nationale, section du travail, Εργασία Γυναικών και Ανηλίκων, Νόμοι, Β. Διατάγματα, Εγκύκλιοι, Athènes 1919, p. 15.