Συγγραφέας:Διεθνές Συμπόσιο
 
Τίτλος:Actes du Colloque International, Historicité de l’ enfance et de la jeunesse
 
Τίτλος σειράς:Ιστορικό Αρχείο Ελληνικής Νεολαίας
 
Αριθμός σειράς:6
 
Τόπος έκδοσης:Αθήνα
 
Εκδότης:Γενική Γραμματεία Νέας Γενιάς
 
Έτος έκδοσης:1986
 
Σελίδες:709
 
Αριθμός τόμων:1 τόμος
 
Γλώσσα:Γαλλικά
 
Θέμα:Βιβλιογραφία
 
Διεθνή Συμπόσια
 
Κοινωνική ενσωμάτωση
 
Μαθητεία και εργασία
 
Νεανικά έντυπα
 
Νεανικές οργανώσεις
 
Νοοτροπίες και συμπεριφορές
 
Παιδεία-Εκπαίδευση
 
Τοπική κάλυψη:Ευρώπη
 
Περίληψη:Πρόκειται για μετάφραση στα γαλλικά των Πρακτικών του πρώτου επιστημονικού συμποσίου, που διοργάνωσε η επιτροπή του ΙΑΕΝ σε συνεργασία με την Εταιρεία Μελέτης Νέου Ελληνισμού. Το συμπόσιο, με θέμα «Ιστορικότητα της παιδικής ηλικίας και της νεότητας», έγινε στο αμφιθέατρο του Εθνικού Ιδρύματος Ερευνών από τη 1 έως τις 5 Οκτωβρίου 1984.
 
Άδεια χρήσης:Αυτό το ψηφιοποιημένο βιβλίο του ΙΑΕΝ σε όλες του τις μορφές (PDF, GIF, HTML) χορηγείται με άδεια Creative Commons Attribution - NonCommercial (Αναφορά προέλευσης - Μη εμπορική χρήση) Greece 3.0
 
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VICTORIA NIKITA

APPRENTISSAGE ET AUTORITÉ CHEZ LES CHEFS D'ATELIER DE LA MACÉDOINE OCCIDENTALE, LES «COMPAGNIES» AU COURS DE TROIS GÉNÉRATIONS

Le sujet. Ce qui va suivre fait partie d'une recherche en cours ayant comme sujet les maîtres-ouvriers et, plus particulièrement, les tailleurs de pierre, les «pelekanoi», ainsi que le produit de leur travail en Macédoine occidentale. Par ce travail est entrepris, dans le village de Pentalofos —l'ancien Zoupani— et dans les villages d'artisans des environs, un relevé rigoureux du matériau vivant ou non, et ceci par respect envers cet espace: ceci comme contre-poids aux généralisations abusives sur certaines situations qu'on peut trouver dans des publications concernant ces villages, mais aussi à la disparition rapide du matériel.

Instruments de la recherche: On a employé jusqu'à présent surtout l'observation et les sources orales. Par l'observation et tous ses prolongements (photographie, dessin), nous avons vérifié les sources orales. En ce qui concerne les sources orales, on a suivi le procédé de l'interview semi-dirigée1, car il s'est révélé plus efficace dans la pratique. Nous avons interrogé 28 maîtres-ouvriers (13 parmi eux étaient aussi tailleurs de pierre) âgés de 75 à 80 ans environ, la plupart avec un niveau d'instruction ne dépassant pas la 3ème élémentaire2. Il a été prouvé

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1. Sur la technique de l'interview, mais aussi la bibliographie la plus importante sur l'histoire orale, v. St. Papadopoulos, Η χαλκοτεχνία στον ελληνικό χώρο 1900-1975 κατά τις προφορικές μαρτυρίες χαλκουργών Nauplie, ΠΛΙ. t. A, 1928, p. 46-54.

2. Les principaux informateurs sont: Zissis Kassos (1902-1981), Nicolas Koyopoulos (1904-1981), Nikos Tzimourelas 86 ans, Thymios Svoliantopoulos 85 ans, Charalambos Sourbitos 82 ans, Andréas Grammatikas 80 ans, Panayotis Tzimourelas 78 ans, Kostas Makrikostas 77 ans, Alkiviadis Koungoulos 76 ans, Thomas Zaras 74 ans, de Pentalofos. Andréas Papanicolaou 84 ans, Nikos Kikolpoulos 75 ans, frère Alexandros Datsios 73 ans, Athanasios Tzintzios 71 ans, de Chryssavghi. 

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1. Exemple d'un travail exécuté par le tailleur de pierre Vrangas en 1907 - 1908 dans la maison de Sophia Zouda à Dasylio.

(Photo G. Papanicolaou, K. Thomopoulos)

que les renseignements oraux étaient sûrs, c'est-à-dire dignes de foi, uniquement dans le cas où ils étaient convertis en histoires personnelles orales. Les maîtres-ouvriers se souviennent avec une exactitude presque mathématique de ce qui se rapporte à leur vie personnelle, bien moins

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Diamantis Diamantopoulos 80 ans, Vassilis Tassopoulos 75 ans, de Korifi. Dimitrios Papadimitriou 82 ans, Takis Karageorgos 80 ans, Constantin Vazikas 78 ans, Andréas Gogos 75 ans de Kalloni. Evanghelos Spanos 80 ans de Dilofo. Vassilis Tsouklas 74 ans, Nicolas Tsouklas 72 ans de Dassilio. Vassilis Tolios 80 ans de Agh. Kosmas, Yannis Stoupas 70 ans, Fotis Stoupas 64 ans de Eklissies. D'autres ont été interrogés en groupe et quelques-uns n'ont pas voulu que leur nom soit mentionné; l'enquête est cependant toujours en cours et leur décision n'est pas forcément définitive.

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de ce qui touche à leurs pères, et encore moins à leurs grands-pères; parlent souvent de ceux-ci au pluriel et désignent par là ce qu'eux-mêmes ont retenu de la tradition orale; ils se réfèrent alors à un autre système de valeurs, anhistorique, existant en dehors du quotidien.

En étudiant les modifications intervenues au cours de trois générations, on se limitera, à cause de la recherche et du traitement inachevés des données, à des points de repère relatifs aux étapes d'apprentissage des maîtres-ouvriers menant à l'étape finale, l'autorité; on va voir comment cette notion se transforme dans l'espace d'au moins trois générations.

Espace: Deux témoignages écrits nous suffisent pour situer dans leurs grandes lignes les communes dans leur espace historique (l'enquête est plus avancée quant à Zoupani): ce sont a) le codex du monastère de Zamborda3, qui nous fournit la date limite de 1692 et b) le décret impérial du sultan Mahmoud en 1836, dans lequel est confirmé que neuf villages (l'enquête est engagée dans tous)... avaient toujours été «des bourgs principaux»4. Des signatures de maîtres-ouvriers sur leurs propres œuvres viennent étayer ces témoignages déjà peu avant le milieu du 18e siècle. La signature la plus ancienne est de 1740, en l'église de Sainte-Kyriaki à Zagora du mont Pilion5.

2. Cheminée en pierre taillée (1934) dans la maison d'Eumorphie Mitraka à Pentalofos.

(Photo N. Stylianidis)

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3. Mich. Ath. Kalinderis, Γραπτά μνημεία από τη Δυτική Μακεδονία των χρόνων της Τουρκοκρατίας, Ptolémaïde 1940.

4. Mich. Ath. Kalinderis, Σημιεώματα ιστορικά της Δυτικής Μακεδονίας, Ptolémaïde, 1939, p. 49-50. Hormis Pentalofos, sont mentionnés les villages Kostantsiko (Galatini), Libochovo (Dilofo), Moirali (Chryssavghi), Krimini (Kriméni), Moirasan (Morfi), Svolian (Agh. Sotir), Mayer (Dasilio) et Borcha (Korifi).

5. Kitsos Makris, Λαϊκή τέχνη Πηλίου, Melissa, Athènes, 1976, p. 40. En général, les témoignages des maîtres-ouvriers de Zoupani en dehors de leur région sont riches;

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Il s'agit de villages — leur population varie aujourd'hui de 35 à 900 habitants qui, à cause de l'infertilité des sols et de la matière première abondante dans les parages, s'étaient spécialisés dans les techniques correspondantes. Le gros de la population masculine, à part l'émigration (à partir de la fin du siècle dernier vers l'Amérique) et l'élevage domestique (aujourd'hui, grâce à l'élevage, certains villages «subsistent» encore et offrent une image toute différente) s'étaient spécialisés dans la technique de la pierre: extraction, construction avec du mortier comme jointure, taille. Certains d'entre eux se sont spécialisés dans la technique du bois.

Nature du travail: Ces remarques sur la nature du travail, qui d'ailleurs sont connues —et c'est la raison pour laquelle elles sont glanées dans les interviews des informateurs octogénaires— servent de transition à celles qui vont suivre. On observera mieux ainsi les modifications survenues en trois générations en ayant pour références les informations des octogénaires actuels. Le métier est héréditaire: «... nous n'avions que de la pierre, nous avons donc travaillé la pierre», «et mon père et son grand-père... et depuis que je me souviens du monde», «ici, même si tu es un pope, tu es aussi artisan...». Les artisans n'ont pas appris à l'école; ils ont appris par l'observation et l'expérience: «nous regardions les maîtres; nous étions des apprentis; quand le maître se fatiguait... nous lui disions: va, petit père, je vais le faire» —«à la pause de midi, moi, jeune apprenti, je m'essayais à tailler la pierre de la même façon... le lendemain encore un petit peu»—«...Travail ... du matin au soir ... en terminant nous ne distinguions qu'à peine le cordeau». «On travaillait tous alors...»; l'habilité et l'amour du travail bien fait les rendaient des artisans dignes et réputés dans la communauté: «... je faisais de mon mieux, j'étais bon, en regardant le maître je me disais: je dois faire mieux», «... j'aimais tailler la pierre, j'étais le premier, bien que j'ai pas fait mes universités», «... j'ai essayé, je tenais mal le burin, j'ai renoncé et je ne fus que maçon», «... on avait de la rivalité, comment dire, de la compétition... et pas seulement avec les autres «compagnies» ... avec les autres ... et aussi entre nous».

D'après encore les témoignages des maîtres-ouvriers, le plus petit groupe de travail, la «compagnie», était formé de sept personnes: 2 maîtres-maçons, 2 qui extrayaient la pierre et construisaient aussi, un

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comme l'auteur les cite dans une autre communication (non publiée), elles recouvrent la totalité du 18ème siècle, plus souvent à Pilion, moins en Thessalie, et, au début du siècle, ils signent aussi dans le Péloponnèse.

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qui taillait et deux apprentis, un pour le mortier et l'autre pour la pierre.

Apprentissage - autorité. Témoignages oraux: L'apprentissage commençait à 10-13 ans; on adhérait à la «compagnie» où travaillait au moins le père. La durée des différentes étapes variait selon la conception et l'amour du travail de chacun, les exigences du maître-ouvrier qui enseignait, les conditions objectives extérieures; en tout cas l'apprentissage ne durait habituellement pas moins de 6 à 7 ans; 1ère étape6: apprenti. Il portait du mortier au début et plus tard il en préparait. 2ème étape: apprenti - il portait des pierres sur un mulet depuis la carrière jusqu'à l'endroit où la compagnie bâtissait. 3ème étape: maître-maçon de la partie interne du mur: «de l'intérieur le maçon construit moins bien». 5ème étape: maître-maçon de l'extérieur aussi, et des angles; il pouvait aussi devenir un spécialiste des loses c'est-à-dire des toits recouverts de loses. 6ème étape: aide-tailleur, «maître-artisan», était considéré comme un travail relativement aisé.

Le tailleur de pierre était donc, pour la génération des maîtres-ouvriers qui aujourd'hui ont plus de 80 ans, le chef de la «compagnie»: il a eu même le temps de faire l'ingénieur. C'était lui le responsable des affaires et des itinéraires. Sa tâche principale, dans cette génération, consistait à tailler les pierres d'angle, les angles de la construction, de tailler également les jambages de la porte, parfois des arcs de fenêtres, des colonnes, des bancs, des escaliers, des cheminées; à la limite aussi quelques simples reliefs sur la surface plane de la cheminée, ou quelques inscriptions gravées avec date sur un bâtiment privé ou public. C'est ainsi que cette génération définit l'autorité.

Dix ans après, chez les maîtres-ouvriers aujourd'hui presque septuagénaires, l'apprentissage et la spécialisation sont moindres; la preuve: très peu savent extraire les loses pour faire un toit; l'adresse du tailleur n'est aussi plus indispensable: il se borne à tailler des pierres d'angle pour «mener la compagnie». Ceci peut également être pris en charge par le maître-maçon. L'autorité s'arrête à la bonne construction.

Bien entendu, cette génération de maîtres-ouvriers a vécu et travaillé dans une période de transition; elle a parcouru presque toutes

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6. La description détaillée des étapes-phases traduit l'importance qu'avait pour eux-mêmes —les informateurs octogénaires— la grande durée de leur apprentissage évidemment, les frontières d'une phase à l'autre ne sont pas rigides puisqu'il ne s'agit pas d'apprentissage organisé selon un système, une institution ou un règlement interne de corporation.

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les étapes de l'apprentissage de la technique traditionnelle, elle l'a pratiqué et a été forcée de l'abandonner pour travailler la nouvelle technique (béton, chaux,). Selon les témoignages oraux, certains ont dissous la compagnie dès 1924-25, d'autres en 1939, un petit nombre après 1950. La plupart cependant en 1933-36, pour travailler dans des sociétés ou avec des promoteurs. Leur absorption graduelle (réticence personnelle plus ou moins grande à se détacher des vieilles structures) coïncide dans le temps avec le financement de travaux publics, routiers,

3. Exemple d'un travail des «grands-pères»: linteau de porte à Pentalofos (1790/6mars) les deux pierres d'angle sous le linteau taillé sont celles appelées «régulières».

(Photo N. Stylianidis)

d'adduction d'eau, d'assèchement et de construction d'habitations par l'État, sur la totalité du territoire7.

Or, dans la génération de leurs parents, la spécialisation s'impose et le travail du tailleur est plus compliqué; des échantillons du travail de leurs parents sont conservés, comme des bas-reliefs dans les cadres des cheminées, des plaques sculptées insérées dans les parties supérieures de maisons ou d'églises, construction soignée des murs (différences

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7. V. passim Ιστορία Ελληνικού Έθνους t. XV, Athènes 1978, p. 335-336.

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caractéristiques de ceux de Pyrsoyanni) en particulier bien entendu des bâtiments publics; c'est à peu près là que s'arrête l'autorité.

Mais c'est dans la génération de leurs grands-pères que la rigueur est encore plus grande quant aux exigences de la collectivité vis-à-vis des artisans. Par exemple, et nonobstant que beaucoup aujourd'hui considèrent le métier de carrier comme inférieur, on se souvient que «... il était important que le maître-ouvrier soit bon, car c'est de l'extraction de la pierre que dépend une bonne taille... et les grands-pères

4. Exemple d'un travail des «grands-pères» (1844) église de la Panagia à Dilofo (côté Est). Beau travail de taille sur un épistyle d'un seul bloc.

(Photo G. Papanicolaou, K. Thomopoulos)

étaient très attentifs à tout cela». Le tailleur de pierre disposait de toutes sortes de ciseaux «...des petits, des biseautés, pour traiter la pierre à la douce et réussir tout angle»; également des «peignes» ou «tarakia» pour «peigner les surfaces». Chacun des grands-pères actuels avait hérité d'une ou deux malles de ces outils non utilisés.

Il est certain, comme il est apparu dans leur attitude et leurs réponses, que même dans la génération de leurs parents, le travail «du matin au soir» n'était pas une activité principalement économique: «...Celui-là restait jusqu'à 5-6 heures de suite pour le finir... il taillait sans arrêt...

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ils faisaient fi du temps... c'était le système...».

Les contraintes collectives propres à une société traditionnelle ont également opéré dans la génération des grands-pères actuels: c'est-à-dire tout ce qui se rattache au travail, obéissance au chef de la compagnie; dépendance économique totale du maître-ouvrier/père de famille et respect absolu envers l'itinéraire de la «compagnie» du père; ce n'est

5. La génération d'aujourd'hui a pris soin de rétablir l'aigle bicéphale décapité (exécuté sans art ou à la hâte) en supprimant la lampe électrique que leurs aînés avaient placée: linteau de porte d'une maison de Pentalofos.

qu'après son retrait du travail ou après sa mort que les maîtres ouvriers octogénaires ont essayé de nouveaux chemins.

Évaluation du travail. Enfin, les remarques des informateurs actuels au sujet de l'ouvrage de contemporains, plus ou moins jeunes qu'eux-mêmes, sont révélatrices; ils évaluent les produits du travail selon les critères de l'«art populaire».

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a) Sur le travail de leurs contemporains et de ceux qui sont immédiatement plus jeunes, ils n'hésitent pas à critiquer ou encore à faire leurs propres louanges. «L'art a désormais disparu; il est tombé en désuétude», «on se disait, c'est fini ce métier... il ne nous servira plus», «maintenant, ce qu'on fait ce n'est rien», «tout est prêt, ils ne bougent pas... ne font rien d'eux-mêmes», «moi j'étais brave, c'est de mes propres bras que j'ai fait tout ça» «Tiens, Nikos avait un frère qui était inégalable, un bon tailleur de pierre! Nous, on venait après».

b) Sur la génération de leurs parents, presque tous ont soutenu qu'elle fut meilleure que la leur, car «ils possédaient à fond l'art» (c'est-à-dire la technique, condition nécessaire à l'art populaire), car «ils avaient la passion du travail bien fait». «On se disait, qui sont les meilleurs du village? ...Untel, untel, on les connaissait tous».

c) Mais c'est l'œuvre de leurs grands-pères qui les laisse admiratifs et ceci au-delà de l'intérêt du chercheur contemporain et du décalage dans le temps qui les fascine: «J'en avais un de grand-père! Va demander, insurpassable à l'ouvrage, à la taille» — «Un authentique tailleur de pierre, pour te dire, un vrai sculpteur» — «Ils prenaient la pierre et la transformaient en fleur» (c'est-à-dire une science parfaite du matériel, condition nécessaire à l'«art populaire»). Et, bien entendu, tous les informateurs sans exception se souviennent, peuvent nommer, s'émeuvent aussi souvent en se référant aux artisans «uniques», quand le temps qui les en sépare n'est pas trop loin (on a là la preuve que le prétendu «anonymat» et la fausse

6. Exemple d'un travail des «grands-pères»: exécution soignée des pierres d'angle dans une  maison de Dilofo.

 (Photo G. Papanicolaou, K. Thomopoulos)

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«communauté», par bonheur aujourd'hui dépassés, ne sont que constructions savantes).

Le cas, par exemple de Vrangas8, tailleur de pierre, est caractéristique: «celui-là était un véritable génie; il dessinait sur la terre; il surpassait même des ingénieurs, bien qu'illettré». «Il n'y a pas eu son égal comme tailleur de pierre dans le village... Je ne me souviens pas d'en avoir entendu parler...».

Comportement: Ils respectent et honorent le travail de leurs prédécesseurs mais, en pratique, pas autant que leurs parents; la preuve en est que bon nombre parmi leurs parents utilisaient les pierres taillées (pierres d'angle, plaques, pierres de cheminée et autres) de l'ancienne maison dans la nouvelle. Très peu parmi ceux d'aujourd'hui ont pris le même soin. Quant à la génération de leurs enfants, qui dans une forte proportion continue le même métier sous sa forme moderne —aujourd'hui ouvriers du bâtiment ou maîtres d'œuvre— elle a pris soin de ne conserver que le minimum. La conjoncture historique (occupation, guerre civile et leurs séquelles), mais aussi l'ignorance du processus long et compliqué de la connaissance du métier a fortement contribué à leur comportement.

La génération enfin de leurs enfants, les jeunes qui aujourd'hui ont de 20 à 25 ans, comme à présent la question de la civilisation néohellénique paraît extrêmement en vogue, cherche (par divers moyens selon les cas) à conserver tout ce qui, dans leur histoire locale, est menacé.

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8. L'auteur a déjà repéré et relevé une grande partie de son œuvre conservée.

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M. RIGINOS

FORMES DE TRAVAIL ENFANTIN DANS L'INDUSTRIE ET L'ARTISANAT EN GRÈCE (1909-1936)

Par cette communication nous avons l'intention de formuler certaines hypothèses sur le rôle et le taux de participation des enfants et des jeunes aux activités du secteur secondaire, dans la Grèce des premières décennies de ce siècle.

L'éventail des âges vers lesquels va s'orienter notre analyse est délimité par l'article 3 du décret royal du 14/8/1913. D'après celui-ci sont tenus pour enfants, sans distinction de sexe, ceux qui sont âgés de 12 à 14 ans, et pour jeunes ceux de 14 à 18 ans1.

Les formes que le travail enfantin prend et, par conséquent, le type d'insertion et le degré de participation au procès de travail, sont fonction d'une série de paramètres comme le niveau de l'industrialisation, la taille des entreprises, le type des rapports de production, la division du travail et l'organisation de la production.

Dans les cas où prédominent le mode de production artisanal et les petits ateliers familiaux, les enfants, qui ont souvent des rapports de parenté avec le propriétaire s'initient à l'art du métier, en devenant, après leur apprentissage, des artisans qui soit succéderont à leur ex-patron, soit créeront leur propre entreprise.

La longue période d'apprentissage rend élevé le coût de la formation du travail qualifié, et du prix de celui-ci à un haut niveau dans le cadre de la faible mécanisation de l'industrie qui a besoin de ce type de travail.

Par contre, à un stade supérieur de développement industriel où le procès de travail a été morcelé en une série de simples gestes, les jeunes sont transformés par les mécanismes du marché en main d'œuvre

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1. Ministère de l'Économie nationale, section du travail, Εργασία Γυναικών και Ανηλίκων, Νόμοι, Β. Διατάγματα, Εγκύκλιοι, Athènes 1919, p. 15.

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à bon marché, en simples surveillants des machines, fait qui entraîne une compression du niveau des salaires industriels2.

D'ailleurs l'ampleur de l'utilisation du travail enfantin est liée d'un côté aux restrictions de la législation sur le travail, au niveau de vie et à l'enseignement obligatoire, et d'un autre côté à la conjoncture et à la phase de l'évolution du cycle économique.

Les premières restrictions à l'entrée de la main d'œuvre enfantine dans le processus de production ont été imposées par la loi 4029 de 1912, d'après laquelle il est interdit d'employer les enfants qui n'ont pas 12 ans accomplis, comme ouvriers ou apprentis. Cependant cette même loi permet d'employer des enfants de plus de 10 ans dans des entreprises dirigées par leurs parents, à condition que les enfants ne soient pas utilisés pour servir les machines et de ne pas empêcher les jeunes ouvriers de fréquenter l'école élémentaires3.

La durée de la journée de travail est fixée pour les enfants de moins de 14 ans, à 6 heures, et pour les jeunes jusqu'à 18 ans, à 10 heures4. L'âge maximum pour le travail a été reporté à 14 ans par la loi 2271 de 1920 5. Les raisons qui poussent les jeunes à chercher du travail, surtout dans l'industrie, se résument soit à l'absence de parents, soit du fait qu'ils font partie de familles nombreuses.

Il est à remarquer que dans une enquête menée au cours de l'année 1921 par l'inspection du travail dans une manufacture de soie et 16 usines de textile de la région du Pirée, sur un total de 1949 ouvrières, dont 48,69% étaient âgées de 12 à 18 ans, 732, soit un pourcentage de 37,56 étaient orphelines d'un ou de deux parents et 759, soit 39% appartenaient à des familles nombreuses de 6-10 et quelquefois de 12 à 14 personnes. Les autres, en majorité âgées de plus de 22 ans étaient mariées ou veuves6. Quant au niveau culturel des travailleurs, toujours d'après le même échantillon, 70% des ouvrières étaient illettrées, 16,62% avaient poursuivi jusqu'en 3ème élémentaire, alors que seulement 13,88% avaient fréquenté plus de 4 classes7.

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2. Sur le rôle du travail des enfants avant et après la révolution industrielle, voir Jean Sandrin, Enfants trouvés, enfants ouvriers, 17e - 19e siècles, Paris, éd. Aubier; 1982, en particulier p. 111-113.

3. Min. Éc. Nat., op. cit., p. 3.

4. Op. cit., p. 4.

5. G. Charitakis, Η Ελληνική Βιομηχανία, Athènes 1827, p. 124.

6. Ministère de l'Économie nationale, Direction du travail, Εκθέσεις του προσωπικού Επιθεωρήσεως Εργασίας επί της εφαρμογής των εργατικών νόμων, 1921, Athènes 1923, p. 82.

7. Op. cit.

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Le niveau d'instruction des jeunes travailleurs est plus élevé parmi les apprentis, en particulier les hommes. Dans l'enquête que l'inspecteur du travail, N. Mikelis, a menée vers 1920 auprès de 1.436 apprentis d'Athènes et du Pirée, il estime le taux des illettrés à 13% pour Athènes et 19% pour le Pirée. Les pourcentages les plus élevés d'illettrés figurent parmi les apprentis du textile, suivent les scieries, les fabriques de chaussures, tandis que les apprentis des industries mécaniques sont considérés comme les plus instruits8. Pendant les guerres balkaniques, on observe pour la première fois le phénomène de l'entrée massive de femmes et d'enfants dans les usines, à cause de la mobilisation9. Lors du recensement industriel de 1920, les jeunes générations représentent 18,1% de l'ensemble des personnes employées dans le secteur de la transformation et 26% des ouvriers de l'industrie (voir tableau I en annexe). Les jeunes jusqu'à 18 ans en particulier s'élèvent à 21,5% des effectifs de la main d'œuvre masculine et à 42,57 de la féminine. Le pourcentage élevé de participation des jeunes filles parmi les ouvrières est expliqué en partie par le départ de ces dernières de la production après leur mariage; certaines continuent cependant à être actives, employées surtout dans le secteur des services10.

La présence du travail des enfants et des jeunes est assez importante dans la plupart des branches de l'industrie et varie de 9,87% dans l'industrie de production d'énergie à 49,1% dans l'industrie du vêtement.

Les garçons sont employés à un taux de 58,88% par le petit artisanat, tandis que 18,88% seulement travaillent dans des entreprises employant plus de 26 personnes. Leur présence est très forte dans des branches traditionnelles, comme la tannerie, la mécanique et l'industrie du bois et varient de 51% à 36% du total de ceux qui sont recensés en tant qu'ouvriers. Il faut noter que la moyenne de ceux qui sont employés dans les petites unités artisanales des branches en question s'élève à 2,5 personnes. Ce fait nous renvoie à une division traditionnelle du travail de type artisan/aide, apprenti. Ces derniers sont des garçons de 12-18 ans qui ne constituent pas à proprement parler une main d'œuvre, mais suivent une période de formation dans le but soit d'être le collaborateur de leur patron, soit de devenir eux-mêmes des petits propriétaires.

——————————

8. G. Charitakis, op. cit., p. 100.

9. A. Benarya, Ο επαγγελματικός αγών του ελληνικού προλεταριάτου, in Η πρώτη σταδιοδρομία του ελληνικού προλεταριάτου, Athènes 1975, p. 212.

10. Εκθέσεις του προσωπικού..., p. 74.

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Le taux élevé de garçons que l'on retrouve parmi les membres de la famille du propriétaire (32,5%), qui participent au fonctionnement de l'entreprise, nous maintiennent dans la même voie. Les filles travaillent à un taux de 51,66% dans la grande industrie et, plus particulièrement, dans les branches du textile et des vêtements, où elles représentent respectivement 24% et 49% de la main d'œuvre salariée. Ainsi les jeunes ouvrières constituent un groupe très important de la main d'œuvre dans ces branches et exercent des pressions au niveau de la rémunération du travail féminin. Par contre, 21% seulement des filles sont en apprentissage presque sans rémunération dans les petits ateliers de confection d'articles et de vêtements féminins (voir tableau II en annexe).

Après 1922 on observe, d'après les rapports du corps de l'inspection du travail, une recrudescence du travail des enfants ainsi qu'une orientation des jeunes de la population urbaine active, en particulier des filles, vers des branches qui ne nécessitent pas un apprentissage mais utilisent du travail non qualifié11.

Ce fait peut être attribué d'un côté au climat économique favorable de l'époque, qui créait pour l'industrie grecque des besoins supplémentaires en main-d'œuvre et, de l'autre côté, à l'existence d'un grand nombre d'orphelins, réfugiés d'Asie Mineure, lesquels, par leur entrée en usine, s'assuraient tout de suite du salaire indispensable à leur subsistance.

En 1930, les jeunes jusqu'à 18 ans dans les effectifs ouvriers de l'industrie augmentèrent de 17,2%. C'est ainsi que les garçons s'élèvent à 25% des hommes et les filles à 46% des femmes qui sont employées dans le secteur de la transformation (voir tableau III en annexe). Une autre indication sur la position, différente qu'occupent selon leur sexe les jeunes dans le cadre de l'organisation du travail, apparaît dans le fait que 69,5% des garçons âgés de 10-14 ans sont des apprentis. Ceci n'étant valable que pour 37,44% seulement des filles du même âge.

En passant au groupe des âges de 15-49 ans, les pourcentages des apprentis se réduisent à 38,8% des hommes et à 11% des femmes12. Après 1930, une baisse du pourcentage des enfants dans la production est accusée surtout dans la grande industrie, comme résultat de la

——————————

11. Ministère de l'Économie nationale, inspection du travail, Εκθέσεις και πεπραγμένα του σώματος Επιθεωρήσεως Εργασίας επί της εφαρμογής των εργατικών νόμων και των συνθηκών εργασίας εν Ελλάδι, 1931; Athènes 1934, p. 19 et 34.

12. G.S.Y.E. Μηνιαίον Στατιστικόν Δελτίον Ιαν.-Δεκ. 1931, p. 57.

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grande crise économique13. En 1930, le salaire moyen de l'apprenti était de 18,4 dr. pour les garçons jusqu'à 18 ans et de 15,4 pour les filles du même âge, tandis que le salaire ouvrier s'élevait à 30 dr. pour la première catégorie et à 24 dr. pour la deuxième14. Le groupe d'âges 10-19 ans participent à l'établissement du salaire ouvrier moyen à un taux de 21% pour les hommes et de 46% pour les femmes15. Ainsi, dans le premier des cas, le salaire enfantin ne représente que 47,62% de la moyenne des hommes, la distribution des salaires chez les hommes pouvant être caractérisée comme homogène. Dans le second cas, il y a compression des salaires des femmes, de sorte que 68% de la main d'œuvre féminine obtient un salaire égal ou inférieur à la moyenne, laquelle à son tour est établie à des niveaux à peine supérieurs de 11,5% au salaire correspondant des enfants.

En conclusion, on pourrait dire que le type de rémunération du jeune ouvrier résulte de son propre statut dans le cadre de sa participation aux activités de l'entreprise. Ainsi, la rémunération d'un apprenti dans un atelier artisanal consiste en l'apprentissage du métier et en une petite somme d'argent qui parfois, comme c'est le cas des apprenties de la confection, se rapproche de zéro.

En d'autres termes ceci classe les apprentis dans une catégorie spéciale d'ouvriers qui correspond à des formes de production précapitalistes qui n'influent qu'indirectement sur le marché du travail. Par contre, la rémunération du jeune ouvrier employé dans l'industrie avec un statut de travailleur salarié, reflète plus ou moins la valeur de sa force de travail, en participant, suivant l'offre et la demande, à la fixation du niveau général des salaires.

——————————

13. Min. Éc. Nat., Insp. du travail, Εκθέσεις και πεπραγμένα..., p. 32.

14. G.S.Y.E., op. cit., p. 60.

15. Op. cit.

22

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ANNEXE

TABLEAU I

Composition de la main d'œuvre dans l'industrie et l'artisanat, 1920 (en %)

Branches

hommes —18 18—

total

f em —18

mes 18—

total

Total 18— 18—

Alimentation et

7

,67

79,27

86

,9

3

,5

9,55

13,06

11,1

88,82

tabac

Indust. chimiques

10

,39

77,37

88

,9

4

,19

8,65

12,24

14,5

85,50

Traitement des

17

,07

74,17

91

,24

4

,62

4,14

8,76

21,69

78,31

minéraux

Énergie

9

,87

89,8

99

,7

0,3

0,3

99,87

90,1

Métallurgie et 

30

,24

67,14

97

,42

1

,5

2,31

3,81

31,74

68,26

usines machines

Bois

26

,73

65,82

92

,54

2

,25

3,43

5,68

28,98

71,02

Textile

7

18,92

25

,9

26

,02

48,06

74,08

33,02

66,98

Industrie du cuir

43

51,75

95

,75

3

,62

2,26

5,28

46,02

53,0

Vêtements

12

,72

26,23

38

,95

36

,41

24,86

61,27

49,13

50,87

Papeteries

16

,65

43,27

59

,92

22

,9

17,01

40,91

39.5J

60,45

Total

16

,99

61,96

78

,95

8

,96

12,09

21,04

25,95

74,05

Source: G.S.Y.E., Recensement des entreprises artisanales et industrielles le 18.12.1920 (selon l'ancien calendrier)

TABLEAU II

Répartition des ouvriers d'industrie jusqu'à 18 ans par catégorie d'entreprises, 1920

Branches

Entreprises de 0-5 individus

Hommes     Femmes

Entreprises de 6-25 individus

Hommes      Femmes

Entreprises              de plus de 26

 Hommes     Femmes

Alimentation

1633

164

749

259

669

936

et tabac

Ind. chimiques Traitement des

206 85

21 15

104 120

87 23

72 216

46 76

minéraux

Énergie Métallurgie et ind. mécaniques Bois

5 1454

983

18 33

34 491

361

18

78

116

677

153

94 15

Textile

46

36

57

162

447

1845

Industrie du cuir

4098

178

1330

157

467

30

Vêtements

950

1345

197

1164

54

909

Papeteries Total

185

66

199

317

228

462

9645

1876

3642

2301

3093

4463

Source: op. cit.

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TABLEAU III

Composition de la main d'œuvre ouvrière dans l'industrie et l'artisanat Grec, 1930 (en %)

Branches

Hommes

 

Femmes

 

Total

 

18

18—

total

18

18—

total

18

18—

Alimentation

15

,17

65,55

80,72

7

12,28

19,28

22

,2

77,83

Ind. Chimiques

12

,35

62,54

74,89

11

,53

13,58

25,11

23

,9

76,1

Traitement des

16

,68

72,42

89,1

3

,83

7,4

11,2

20

,5

79,5

minerais

Bâtiment

11

,87

86,51

98,4

0

,2

1,3

1,5

12

,1

87,9

Énergie

7

,7

91,04

98,74

0

,18

1,07

1,25

7

,9

92,1

Métallurgie

24

,32

64,95

89,27

4

,38

6,34

10,72

28

,7

71,3

Ind. mécaniques

43

,24

53,3

96,54

1

,34

2,12

3,46

44

,6

55,4

Bois

39

,44

55,79

95,29

1

,79

2,98

4,77

41

,2

58,8

Ind. du cuir

31,98

63,16

95,14

2

,38

2,48

4,86

34

,3

65,7

Textile

7

,04

14,89

21,93

36

,88

41,19

78,07

43

,9

56,1

Vêtements

16

,92

23,08

40

30

,37

29,73

60

47

,2

52,8

Papeteries

19

,76

42,57

62,33

21

,37

16,30

37,67

41

,1

58,9

Tabac

5

,74

31,99

37,73

26

,51

34,76

62,27

33

,2

66,8

Divers

12

,76

55,74

70,5

11

,53

17,9

29,43

24

,3

75,7

Total

18

,59

55,57

74,16

11

,89

13,95

25,84

30

,48

69,54

Source: Γ.Σ.Υ.Ε.

Recensement des établissements

des

entreprises industrielles et

 

commerciales

effectué en

sept. 1930, Athènes

1934

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ΛΕΥΚΗ ΣΕΛΙΔΑ

Σελ. 340
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HÉLÈNE ELEGMITOU - ALEXANDRA BACALAKI

ÉCONOMIE DOMESTIQUE : LES DEVOIRS FÉMININS À TRAVERS LES MANUELS1

L'économie domestique figurait dans les programmes de plusieurs écoles de filles d'enseignement secondaire dès le milieu du 19ème siècle. Elle a été enseignée sans interruption, exclusivement aux filles, jusqu'à l'instauration de l'enseignement commun en 1979.

Les manuels les plus anciens que nous avons pu trouver, écrits dans le but d'être utilisés dans l'enseignement, sont: L'Économie domestique grecque-théorie et pratique de Xénophon D. Zygouras (1875), Abrégé d'économie domestique du même auteur (1878) et L'Économie domestique de Sapho Leontias (1887)2.

Les auteurs louent l'apport des anciens et en particulier de Xénophon en économie, en répétant les recommandations de l'"Économique"

——————————

1. L'analyse formulée ici, résultat d'une première approche du sujet et partie d'une recherche plus large, pour le moment inachevée, sur l'histoire de l'économie domestique dans l'enseignement grec, comporte par nécessité un caractère provisoire. Mme Gotsi nous a donné des exemplaires de manuels retirés du commerce. Mme E. Xirotiri nous a fait don de ses propres livres et Mme E. Fournaraki nous a renvoyées aux anciens manuels d'économie domestique. Nous tenons à les en remercier chaleureusement.

2. Pour un seul de ces livres nous avons la certitude qu'il a été utilisé dans l'enseignement grec: l'Abrégé d'économie domestique (rédigé à l'usage des écoles élémentaires et des écoles de jeunes filles) il fut publié à Athènes et porte la signature du ministère des affaires religieuses et de l'éducation publique, A. Koumoundouros, qui le recommande "en tant qu'ouvrage utile pour les classes supérieures de l'enseignement en commun". L'Économie domestique grecque - Théorie et pratique de Xénophon Zygouras et l'Économie domestique de Sapho Leontias ont été publiés à Constantinople et portent l'imprimatur du ministère impérial compétent, ce fait ne signifiant aucunement qu'ils étaient inconnus en Grèce. On peut affirmer le contraire au moins quant à l'ouvrage de Leontias qui est présenté dans un article spécifique de la Gazette des Dames (1ère année, 1887, n° 30, p. 6), où il est même recommandé à l'usage scolaire.

Σελ. 341
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en faveur de l'ordre, de l'austérité de la discipline, du labeur ainsi que d'une répartition systématique des tâches, des compétences et des responsabilités dans la maison.

Zygouras (1875: 30-32) juge la définition de l'économie politique en tant que science et de l'économie domestique (qu'il traite le plus souvent tout simplement d'économie) en tant qu'art, non pertinente, puisqu'il considère que non seulement celles-ci sont régies par les mêmes principes, mais que c'est l'économie domestique qui est à l'origine de l'économie politique.

Léontias (1887, passim) désigne l'économie domestique comme «une science et un art» et considère (1887: 283) que, en tant qu'art, elle consiste en «sa partie pratique» et en tant que science en celle «théorique».

Les auteurs divergent sur l'importance respective des parties «théorique» et «pratique» de l'économie domestique, c'est-à-dire sur la priorité à accorder aux principes généraux de l'économie aussi bien que sur les conseils à donner pour exécuter des travaux concrets. Zygouras (1878: j' 13) s'en prend aux Européens parce que, à l'opposé des anciens, qui ont cultivé l'économie (domestique) «comme savoir primordial de bonne éducation», ils l'ont abaissée au rang de conseils pratiques, en privilégiant l'économie politique. Il oppose de surcroît (1878: στ') l'économie grecque à «l'enseignement faussé et vulgaire (qui) fait dépendre le bonheur familial d'une agréable décoration de la maison, de certaines recettes formelles pour nettoyer des meubles, des ustensiles et des vêtements, et enfin d'un certain goût abâtardi...». Léontias (1887: 281) pense que les questions d'ordre pratique «ne constituent pas le fond sérieux et riche de la notion (de l'économie domestique), mais ne représentent qu'un point d'un ensemble plus vaste».

A l'opposé de Zygouras, tenant les questions pratiques pour subalternes, Léontias (1887: ε΄) s'excuse de devoir commencer «par la partie pratique» et de placer celle-ci en premier, «ce qui pourrait sembler une innovation quelque peu étrange»; elle explique pourtant que «cette leçon, plus que toutes les autres, est fondée sur l'observation et l'expérience, dont sont déduites directement ses théories et ses règles». Les divergences des auteurs ne se limitent pas pour autant à la prépondérance de la «théorie» ou de la «pratique». Zygouras (1875: 36, 1878: 12) réduit l'économie domestique à la nécessité de parcimonie pour l'homme, tandis que Léontias (1887: 10) pense que «cette science et cet art éminents» naissent «de cette première et très importante énergie, activité, vie dans la maison».

Zygouras (1875: 30-32) est d'accord avec le professeur «Metziéros»

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    6. Actes du Colloque, Historicite ...

    VICTORIA NIKITA

    APPRENTISSAGE ET AUTORITÉ CHEZ LES CHEFS D'ATELIER DE LA MACÉDOINE OCCIDENTALE, LES «COMPAGNIES» AU COURS DE TROIS GÉNÉRATIONS

    Le sujet. Ce qui va suivre fait partie d'une recherche en cours ayant comme sujet les maîtres-ouvriers et, plus particulièrement, les tailleurs de pierre, les «pelekanoi», ainsi que le produit de leur travail en Macédoine occidentale. Par ce travail est entrepris, dans le village de Pentalofos —l'ancien Zoupani— et dans les villages d'artisans des environs, un relevé rigoureux du matériau vivant ou non, et ceci par respect envers cet espace: ceci comme contre-poids aux généralisations abusives sur certaines situations qu'on peut trouver dans des publications concernant ces villages, mais aussi à la disparition rapide du matériel.

    Instruments de la recherche: On a employé jusqu'à présent surtout l'observation et les sources orales. Par l'observation et tous ses prolongements (photographie, dessin), nous avons vérifié les sources orales. En ce qui concerne les sources orales, on a suivi le procédé de l'interview semi-dirigée1, car il s'est révélé plus efficace dans la pratique. Nous avons interrogé 28 maîtres-ouvriers (13 parmi eux étaient aussi tailleurs de pierre) âgés de 75 à 80 ans environ, la plupart avec un niveau d'instruction ne dépassant pas la 3ème élémentaire2. Il a été prouvé

    ——————————

    1. Sur la technique de l'interview, mais aussi la bibliographie la plus importante sur l'histoire orale, v. St. Papadopoulos, Η χαλκοτεχνία στον ελληνικό χώρο 1900-1975 κατά τις προφορικές μαρτυρίες χαλκουργών Nauplie, ΠΛΙ. t. A, 1928, p. 46-54.

    2. Les principaux informateurs sont: Zissis Kassos (1902-1981), Nicolas Koyopoulos (1904-1981), Nikos Tzimourelas 86 ans, Thymios Svoliantopoulos 85 ans, Charalambos Sourbitos 82 ans, Andréas Grammatikas 80 ans, Panayotis Tzimourelas 78 ans, Kostas Makrikostas 77 ans, Alkiviadis Koungoulos 76 ans, Thomas Zaras 74 ans, de Pentalofos. Andréas Papanicolaou 84 ans, Nikos Kikolpoulos 75 ans, frère Alexandros Datsios 73 ans, Athanasios Tzintzios 71 ans, de Chryssavghi.